Small caps et mid caps : une prime de taille de 1,5 % par an sur un siècle aux États-Unis mais nulle depuis 1980, une corrélation de 0,8 à 0,95 avec le MSCI World et des ETF qui coûtent environ deux fois plus cher
Ajouter des ETF de petites et moyennes capitalisations pour diversifier un portefeuille d'actions mondiales est un argument courant, fondé sur l'idée que ces titres seraient « décorrélés » du MSCI World. Les données ne le confirment pas : leur corrélation avec le MSCI World est de 0,8 à 0,95 selon la fréquence et l'indice, leur volatilité et leurs baisses en crise sont plus fortes, et la prime de taille, d'environ 1,5 % par an sur un siècle aux États-Unis, est nulle ou négative depuis 1980. Ce que ces indices apportent réellement : une concentration bien plus faible par valeur (4,2 % dans les dix premières lignes contre 26,6 %), mais 62 % d'exposition aux États-Unis et des frais de fonds environ deux fois plus élevés. Les chiffres, les sources, les règles du PEA et les limites de chaque calcul.
Sommaire · 8 sections
- 01Ce que sont les small caps et les mid caps
- 02La prime de taille : ce que disent les études
- 03Un siècle de données américaines : nos calculs
- 04Les indices mondiaux aujourd'hui : moins concentrés, plus volatils
- 05« Décorrélées » : ce que montrent les corrélations
- 06Comment y accéder, à quel coût, dans quelle enveloppe
- 07Le PEA : une éligibilité qui tient à l'engagement du gestionnaire
- 08Ce que la comparaison peut se permettre de conclure, et ce qu'elle laisse ouvert
L'argument revient souvent quand les indices d'actions mondiales atteignent des niveaux élevés : plutôt que de tout mettre dans un ETF MSCI World ou S&P 500, on ajouterait des ETF de petites et moyennes capitalisations, « décorrélés des marchés », qui rattraperaient l'écart. Il repose sur trois idées distinctes : les petites entreprises rapportent plus que les grandes, elles évoluent différemment, et elles échappent à la concentration des grandes valeurs américaines. Chacune se vérifie à part. Cet article utilise les fiches d'indices MSCI du 31 août 2026, la bibliothèque de données de Kenneth French pour les États-Unis (série mise à jour en septembre 2026), la littérature académique et les documents d'informations clés de dix fonds.
Ce que sont les small caps et les mid caps
Il n'existe pas de définition unique. Selon la méthodologie des indices MSCI (édition d'août 2026), chaque pays est découpé selon la part de sa capitalisation flottante : le segment « grandes capitalisations » couvre environ 70 % du marché, le segment « standard » (grandes et moyennes, qui est le MSCI World) environ 85 %, et l'ensemble avec les petites environ 99 %. Les moyennes capitalisations représentent donc environ 15 % du marché de chaque pays, les petites environ 14 %. Le seuil ne dépend pas d'un montant unique mondial : la méthodologie donne pour les pays développés une fourchette de 8,14 à 18,72 milliards de dollars de capitalisation pour la frontière du segment standard, sur des données au 20 juillet 2026.
Concrètement, l'indice MSCI World Small Cap compte 3 866 sociétés, d'une capitalisation flottante moyenne de 2,8 milliards de dollars et médiane de 1,6 milliard ; le MSCI World Mid Cap compte 739 sociétés, de 17,7 milliards en moyenne. Ce ne sont donc pas des micro-capitalisations. Les autres fournisseurs d'indices (Russell, STOXX) ont leurs propres seuils : deux ETF « small caps » ne détiennent pas forcément les mêmes sociétés, et l'indice MSCI World Small Cap n'est pas l'indice MSCI World SMID, qui regroupe les petites et les moyennes.
La prime de taille : ce que disent les études
La « prime de taille » est l'écart de rendement moyen entre petites et grandes capitalisations. Elle a été documentée puis discutée pendant quarante ans. Le tableau résume les études que nous avons lues, avec leur période et leur limite principale.
| Étude | Marché et période | Résultat | Limite |
|---|---|---|---|
| Banz, Journal of Financial Economics (1981) | Actions du NYSE, 1926-1975 | Les petites sociétés ont des rendements ajustés du risque plus élevés ; l'effet est concentré sur les très petites sociétés | L'auteur écrit ignorer si la taille est la cause ou seulement le substitut d'un autre facteur |
| Fama et French, Journal of Finance (1992) et Journal of Financial Economics (1993) | États-Unis, 1963-1991 | La taille et le rapport valeur comptable sur cours expliquent les écarts de rendements moyens ; la taille devient un facteur (SMB) | Une période, un pays ; l'interprétation en facteur de risque est contestée |
| Fama et French, Journal of Financial Economics (2012) | Amérique du Nord, Europe, Japon, Asie-Pacifique | Les primes de valeur et de momentum diminuent avec la taille ; la tarification des risques n'est pas intégrée entre régions | Ne confirme pas la prime de taille partout |
| Asness, Frazzini, Israel, Moskowitz et Pedersen, Journal of Financial Economics (2018) | États-Unis 1926-2012, 24 marchés internationaux | Facteur de taille de 0,23 % par mois sur 1926-2012, dont 2,30 % en janvier contre 0,04 % de février à décembre ; −0,04 % par mois sur 1980-1999 ; 0,13 % par mois hors États-Unis, non significatif | La prime ne réapparaît qu'en neutralisant la qualité des sociétés : ce n'est pas ce que détient un ETF standard |
| Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook (2016) | États-Unis et Royaume-Uni | La prime de taille est devenue négative pendant les périodes de hausse des taux | Explications avancées présentées comme spéculatives par les auteurs ; copie tierce du document lue |
Trois enseignements ressortent. La prime a été mesurée surtout entre 1926 et 1979 ; elle s'est nettement affaiblie après sa publication ; et elle semble concentrée dans les très petites sociétés et en janvier. Une étude générale de McLean et Pontiff (Journal of Finance, 2016) documente que le rendement des anomalies boursières baisse de 58 % après leur publication, sans porter spécifiquement sur la taille. Le débat sur son origine, compensation d'un risque ou erreur de mesure, n'est pas tranché : écrire que la prime de taille n'existe pas serait aussi faux que de la présenter comme acquise.
Un siècle de données américaines : nos calculs
Pour vérifier par nous-mêmes, nous avons calculé, à partir des fichiers publics de Kenneth French (données mensuelles de juillet 1926 à juillet 2026, actions cotées aux États-Unis, dividendes réinvestis, en dollars nominaux, hors frais et impôts), le rendement du facteur SMB, portefeuille théorique long petites capitalisations et court grandes capitalisations, sur plusieurs périodes.
| Période | Rendement annualisé du facteur SMB | Lecture |
|---|---|---|
| 1927-2025 | +1,47 % par an | Statistiquement peu significatif (t = 1,85) ; SMB positif dans 50 années civiles sur 99 |
| 1927-1979 | +2,90 % par an | La prime est concentrée dans cette période |
| 1980-1999 | −1,22 % par an | Négatif |
| 2000-2025 | +0,67 % par an | Non significatif |
| 1993-2025 (après la publication de Fama et French) | −0,19 % par an | Nul |
| 2010-2025 | −1,48 % par an | Négatif |
Le facteur SMB est un portefeuille théorique, sans frais ni coûts de transaction : il n'est pas ce que reçoit l'acheteur d'un ETF. Les rendements de portefeuilles réels de petites et de grandes sociétés, pondérés par la capitalisation, donnent la même image.
| Période (États-Unis, dollars, annualisé) | 30 % les plus petites | 30 % les plus grandes | Petites (moyenne de trois portefeuilles) | Grandes (moyenne de trois portefeuilles) |
|---|---|---|---|---|
| Juillet 1926 - juillet 2026 | 11,72 % | 10,26 % | 12,15 % | 11,23 % |
| 1927-1979 | 11,98 % | 8,34 % | 11,89 % | 9,69 % |
| 1980-1999 | 13,71 % | 17,81 % | 15,84 % | 17,48 % |
| 2000 - juillet 2026 | 9,87 % | 8,42 % | 10,05 % | 9,57 % |
| Août 2016 - juillet 2026 | 11,82 % | 15,45 % | 12,24 % | 15,53 % |
Sur des fenêtres glissantes de dix ans, le portefeuille des 30 % les plus petites a battu celui des 30 % les plus grandes dans 66,7 % des cas depuis 1926 (722 fenêtres sur 1 082), mais dans 40,2 % des cas pour les fenêtres commençant à partir de 1980 (177 sur 440) et dans aucune des 80 fenêtres entièrement postérieures à 2010. L'écart médian annualisé est de +1,49 point sur l'ensemble, mais de −1,31 point à partir de 1980, et la dernière fenêtre de dix ans, d'août 2016 à juillet 2026, donne −3,15 points par an. Ces fenêtres se chevauchent : elles ne sont pas indépendantes.
Trois précautions. Ces données sont américaines. Le portefeuille des 30 % les plus petites contient 1 883 sociétés d'une taille moyenne de 0,5 milliard de dollars en juillet 2026 : c'est un univers de micro-capitalisations, très inférieur à celui du MSCI World Small Cap, et les portefeuilles équipondérés de telles valeurs gonflent la prime par des coûts de transaction irréalistes. Enfin, la période de 1927 à 1979, seule à montrer une prime nette, précède la publication des études qui l'ont rendue connue.
Les indices mondiaux aujourd'hui : moins concentrés, plus volatils
| Fiches MSCI au 31 août 2026 (dollars, rendements bruts) | MSCI World | MSCI World Mid Cap | MSCI World Small Cap | MSCI Europe Small Cap |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de sociétés | 1 280 | 739 | 3 866 | 836 |
| Poids des dix premières valeurs | 26,61 % | 4,88 % | 4,21 % | 5,84 % |
| Poids des États-Unis | 72,14 % | 60,52 % | 61,76 % | 0 % |
| Rendement annualisé sur 10 ans | 13,56 % | 10,35 % | 10,80 % | 8,84 % |
| Volatilité annualisée sur 10 ans | 14,86 % | 16,37 % | 17,98 % | 20,03 % |
| Baisse maximale (2007-2009) | −57,46 % | −60,49 % | −61,08 % | −68,19 % |
| Rendement du dividende | 1,50 % | 1,93 % | 1,92 % | 2,88 % |
| P/E sur résultats passés | 23,20 | 21,14 | 24,99 | 18,04 |
| P/E sur résultats prévus | 18,55 | 17,02 | 16,32 | 14,00 |
| Cours sur valeur comptable | 4,12 | 2,62 | 2,14 | 1,75 |
Deux constats s'opposent. D'une part, l'argument de la concentration du MSCI World est étayé : les États-Unis pèsent 72 % de l'indice et ses dix premières valeurs 27 %. Les indices de petites et moyennes capitalisations sont bien moins concentrés par valeur : les dix premières lignes du World Small Cap ne pèsent que 4,2 %. D'autre part, ces indices restent exposés à 60 à 62 % aux États-Unis : ajouter du World Small Cap ne fait pas sortir de l'économie américaine. Les petites capitalisations européennes, elles, sont sans États-Unis, mais avec une volatilité de 20 % et une baisse maximale de 68 % en 2007-2009.
Sur dix ans, le World Small Cap a rapporté 10,80 % par an contre 13,56 % pour le World : ce sont des performances passées, en dollars, qui ne préjugent pas de l'avenir. Les valorisations se lisent avec prudence : le P/E sur résultats passés du World Small Cap (24,99) est plus haut que celui du World (23,20), tandis que le P/E prévisionnel (16,32) et le rapport cours sur valeur comptable (2,14) sont plus bas. Les petites capitalisations comprennent des sociétés aux bénéfices faibles ou négatifs, et la méthode d'agrégation des ratios n'est pas indiquée sur les fiches : nous ne tirons de ces chiffres aucune conclusion sur l'opportunité d'investir.
« Décorrélées » : ce que montrent les corrélations
Une corrélation de 1 signifie que deux séries évoluent ensemble, une de 0 qu'elles n'ont aucun lien. Deux sources donnent les ordres de grandeur. Aux États-Unis, sur les rendements mensuels de 1926 à 2026, la corrélation entre les petites et les grandes capitalisations est de 0,83 pour les portefeuilles extrêmes et de 0,91 pour les petites et grandes séparées à la médiane ; elle est de 0,77 et 0,86 depuis 2000. Sur 2012-2025, la corrélation entre les rendements annuels du MSCI World et du MSCI World Small Cap est de 0,95, et de 0,97 avec le MSCI World Mid Cap, mais elle ne repose que sur 14 années : c'est une indication, non un résultat statistique robuste.
La corrélation ne baisse pas quand le marché baisse. Aux États-Unis, dans les 10 % de mois où le marché recule le plus, la corrélation entre petites et grandes reste de 0,76, et la baisse moyenne est de 11,4 % pour les petites contre 8,6 % pour les grandes. Sur la période récente, le World Small Cap a perdu 13,48 % en 2018 contre 8,20 % pour le World, et 18,37 % en 2022 contre 17,73 %. En 2024, il a gagné 8,65 % contre 19,19 %. Sur les 14 années de 2012 à 2025, il a fait mieux que le World cinq fois seulement.
Le mot « décorrélées » n'est donc pas soutenu. Une corrélation de 0,8 laisse un bénéfice de diversification réel mais faible : les rendements diffèrent d'une année sur l'autre, sans se compenser dans les crises. Nous n'avons pas comparé ces actifs avec des obligations d'État de qualité, dont le comportement en crise est différent, ni trouvé la corrélation mensuelle des deux indices MSCI, qui n'est pas publiée gratuitement.
Comment y accéder, à quel coût, dans quelle enveloppe
Le tableau relève les frais indiqués dans les documents d'informations clés de dix fonds, consultés en septembre 2026. C'est un relevé de faits sur un petit échantillon, non représentatif du marché, et non une recommandation : les fonds sont cités comme exemples de chaque catégorie. Les frais de gestion et les coûts de transaction sont ceux du document, en pourcentage annuel.
| Fonds (indice) | Frais de gestion | Coûts de transaction | PEA | Document |
|---|---|---|---|---|
| iShares Core MSCI World (IE00B4L5Y983) | 0,20 % | 0,00 % | Non | 3 septembre 2026 |
| Amundi PEA Monde, réplication par swap (FR001400U5Q4) | 0,20 % | 0,00 % | Oui | 28 avril 2026 |
| iShares MSCI World Small Cap (IE00BF4RFH31) | 0,35 % | 0,01 % | Non | 4 septembre 2026 |
| SPDR MSCI World Small Cap (IE00BCBJG560) | 0,45 % | 0,01 % | Non | 19 février 2026 |
| Amundi MSCI EMU Small Cap ESG (LU1598689153) | 0,40 % | 0,20 % | Oui | 15 juin 2026 |
| iShares MSCI EMU Small Cap (IE00B3VWMM18) | 0,58 % | 0,03 % | Non | 9 avril 2026 |
| Amundi MSCI Europe Small Cap ESG (LU1681041544) | 0,23 % | 0,24 % | Non | 15 juin 2026 |
| Amundi Russell 2000, réplication par swap (LU1681038672), indicateur de risque 5 | 0,35 % | 0,00 % | Oui | 5 juin 2026 |
| iShares MSCI Europe Mid Cap (IE00BF20LF40) | 0,15 % | 0,04 % | Non | 9 avril 2026 |
| Fonds actif de petites et micro-capitalisations européennes (FR0011558246) | 2,34 %, plus 15 % de la surperformance | 0,35 % | Oui, et PEA-PME | 31 juillet 2026 |
Sur les six ETF de petites capitalisations du tableau, les frais de gestion moyens sont de 0,39 %, et de 0,48 % avec les coûts de transaction, contre 0,20 % pour les deux ETF MSCI World relevés : environ 2 à 2,4 fois plus. Les indicateurs de risque des documents sont de 4 sur 7, comme pour le MSCI World, sauf 5 pour l'ETF sur le Russell 2000, et la période de détention recommandée est de cinq ans. Le fonds actif coûte 2,34 % de frais de gestion plus une commission de surperformance, ce qui rejoint la fourchette de notre article sur les ETF et les fonds actifs. Les écarts entre le cours acheteur et vendeur ne sont pas chiffrés dans ces documents ; la seule source primaire que nous avons trouvée, une étude de l'AMF de février 2017 sur des données de 2015, indique qu'environ 90 % des transactions sur ETF se font à moins de 0,25 % de la valeur liquidative et cite les ETF de petites capitalisations comme un segment à risque particulier. Sur la lecture d'une performance de fonds actif sur ce segment, voir notre article sur les performances depuis la création.
Le PEA : une éligibilité qui tient à l'engagement du gestionnaire
Selon l'article L221-31 du Code monétaire et financier, un OPCVM est éligible au PEA s'il emploie plus de 75 % de ses actifs en titres éligibles, c'est-à-dire des actions de sociétés de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen. Le gestionnaire doit s'engager sur ce quota de manière permanente dans un document produit à l'AMF, et indiquer la proportion effective dans ses rapports (art. R221-111-2). Il n'existe pas de liste officielle centralisée : la preuve se trouve dans le prospectus, le rapport annuel ou la fiche du fonds. Le tableau montre ce que cela donne : un ETF de petites capitalisations de la zone euro est annoncé éligible, et un autre, sur le même segment, ne l'est pas ; un ETF sur les petites capitalisations américaines est annoncé éligible par réplication à swap. Selon notre lecture, l'éligibilité tient donc à l'engagement du gestionnaire et non au seul indice.
Ce mécanisme est celui du débat sur l'exclusion envisagée des ETF à réplication synthétique du PEA, que notre article sur le projet de loi de finances 2027 suit : à la date de rédaction, nous n'avons trouvé aucun texte ni amendement sur ce point. Le PEA-PME, distinct du PEA, a un plafond de versements de 225 000 €, cumulé avec le PEA classique (art. L221-32-1 ; BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-55), et suppose des sociétés de moins de 5 000 salariés avec un chiffre d'affaires inférieur ou égal à 1,5 milliard d'euros ou un total de bilan inférieur ou égal à 2 milliards, ou cotées et de capitalisation inférieure à 2 milliards (art. L221-32-2) ; un fonds PEA-PME doit détenir plus de 75 % de ces sociétés. Les règles de retrait et de versement du PEA sont détaillées dans notre article sur le PEA depuis la loi Pacte.
En assurance-vie, les unités de compte peuvent comprendre des actions de SICAV et des parts de fonds communs de placement (Code des assurances, art. L131-1 et R131-1) : la présence d'un ETF de petites capitalisations dépend du contrat, et les frais du contrat s'ajoutent à ceux du fonds, ce que rappellent les documents d'informations clés. Hors enveloppe, en compte-titres ordinaire, tous ces fonds sont accessibles.
Ce que la comparaison peut se permettre de conclure, et ce qu'elle laisse ouvert
- —Prime de taille : documentée sur un siècle aux États-Unis, concentrée avant 1980, nulle ou négative depuis ; non observée de façon fiable hors des États-Unis ; réapparaît seulement en écartant les sociétés de mauvaise qualité, ce que ne fait pas un indice pondéré par la capitalisation.
- —Décorrélation : non soutenue ; corrélation de 0,8 à 0,95, baisses plus fortes en crise.
- —Concentration : très inférieure par valeur (4,2 % contre 26,6 % dans les dix premières lignes), mais 62 % d'exposition aux États-Unis.
- —Coût : de l'ordre de 2 à 2,4 fois celui d'un ETF MSCI World dans l'échantillon relevé.
- —Ce que nous n'avons pas établi : le rendement futur, l'effet d'un cycle de taux, la corrélation mensuelle des indices MSCI, la performance en euros (les fiches lues sont en dollars) et la liquidité chiffrée fonds par fonds.
La question utile n'est donc pas de savoir si les petites capitalisations « rattrapent » les grandes, mais quelle place elles ont dans un portefeuille déjà construit, avec quel horizon, dans quelle enveloppe et pour quelle part du capital. Notre article sur les rendements d'actions de long terme rappelle les limites des séries historiques, et celui sur le CAPE celles des valorisations. Pour situer cette poche dans votre patrimoine, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.
Les small caps sont-elles décorrélées du MSCI World ?
Non. La corrélation annuelle entre le MSCI World et le MSCI World Small Cap est de 0,95 sur 2012-2025 (14 années), et la corrélation mensuelle aux États-Unis entre petites et grandes capitalisations est de 0,77 à 0,91 selon la définition. En 2018 et 2022, le World Small Cap a baissé plus que le World ou autant.
La prime de taille existe-t-elle ?
Elle a été mesurée à environ 1,5 % par an sur 1927-2025 aux États-Unis, mais elle est concentrée avant 1980 et nulle ou négative depuis (−1,22 % par an sur 1980-1999, −1,48 % sur 2010-2025). Hors des États-Unis, elle est faible et non significative dans l'étude de 2018. Son origine, risque ou erreur de mesure, reste débattue.
Les small caps réduisent-elles la concentration d'un portefeuille mondial ?
Par valeur, oui : les dix premières lignes du MSCI World Small Cap ne pèsent que 4,21 %, contre 26,61 % pour le MSCI World. Par pays, moins : les États-Unis pèsent 61,76 % du World Small Cap contre 72,14 % du World.
Un ETF small caps coûte-t-il plus cher qu'un ETF MSCI World ?
Dans les documents relevés, oui : 0,39 % de frais de gestion en moyenne pour six ETF de petites capitalisations, 0,48 % avec les coûts de transaction, contre 0,20 % pour deux ETF MSCI World, soit environ 2 à 2,4 fois. L'échantillon est petit et non représentatif.
Peut-on détenir des small caps dans un PEA ?
Oui, si le fonds s'engage à employer plus de 75 % de ses actifs en titres éligibles (art. L221-31). Un ETF sur les petites capitalisations de la zone euro peut l'être, un autre sur le même segment non ; il faut lire le prospectus ou la fiche. Un PEA-PME, plafonné à 225 000 € cumulés avec le PEA, vise les sociétés de taille limitée.
Les small caps sont-elles plus risquées ?
Leur volatilité annualisée sur dix ans est de 17,98 % pour le MSCI World Small Cap contre 14,86 % pour le MSCI World, et leur baisse maximale de 2007-2009 de 61,08 % contre 57,46 %. L'indicateur de risque des documents d'informations clés est de 4 sur 7 pour les deux, sauf 5 pour un ETF sur le Russell 2000.
Le MSCI World Small Cap est-il moins cher que le MSCI World ?
Selon les fiches d'août 2026, son P/E sur résultats passés (24,99) est plus élevé que celui du MSCI World (23,20), mais son P/E prévisionnel (16,32 contre 18,55) et son rapport cours sur valeur comptable (2,14 contre 4,12) sont plus bas. Ces ratios ne suffisent pas à conclure sur l'opportunité d'investir.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les fonds cités le sont comme exemples d'un relevé de frais, sans recommandation ni sélection : l'adéquation d'un placement dépend de la situation de chaque investisseur. Un investissement en actions peut entraîner une perte en capital, pouvant être totale ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les fiches MSCI sont exprimées en dollars, rendements bruts, et leurs chiffres ne sont pas ceux d'un ETF en euros après frais. Les calculs sur les données de Kenneth French portent sur les actions américaines, en dollars nominaux, hors frais et impôts, et leurs portefeuilles ne correspondent à aucun indice MSCI ; les corrélations annuelles MSCI reposent sur 14 observations. L'interprétation de l'éligibilité au PEA fondée sur l'engagement du gestionnaire est notre lecture des textes. Les frais des fonds sont ceux des documents d'informations clés consultés en septembre 2026 et sont susceptibles de changer. Sources : MSCI, fiches d'indices au 31 août 2026 (World, World Mid Cap, World Small Cap, Europe Small Cap) et méthodologie des indices Global Investable Market (août 2026) ; Kenneth R. French, Data Library (fichiers mis à jour le 4 septembre 2026) ; Banz, Journal of Financial Economics, 1981 ; Fama et French, Journal of Finance, 1992, et Journal of Financial Economics, 1993, 2012 et 2015 ; Asness, Frazzini, Israel, Moskowitz et Pedersen, Journal of Financial Economics, 2018 ; van Dijk, Journal of Banking & Finance, 2011 ; McLean et Pontiff, Journal of Finance, 2016 ; Credit Suisse Global Investment Returns Yearbook 2016 ; documents d'informations clés et fiches mensuelles des fonds cités ; Code monétaire et financier, articles L221-30, L221-31, L221-32-1, L221-32-2, R221-111-2 et D221-113-5 ; BOFiP BOI-RPPM-RCM-40-50-20-20 et BOI-RPPM-RCM-40-55 ; Code des assurances, articles L131-1 et R131-1 ; AMF, étude sur les ETF (février 2017).

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
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