Faut-il attendre la présidentielle de 2027 pour investir en actions européennes ?
Au 30 septembre 2026, la France pèse 14,79 % de l'indice MSCI Europe (22,55 % pour le Royaume-Uni) et seulement 8,3 % à 9,68 % des petites et moyennes valeurs européennes. Le risque politique français n'est pas nul pour un fonds européen, mais il s'y dilue : en juin 2024, le CAC 40 a perdu 6,2 % en une semaine, le STOXX Europe 600 2,4 %. Quant à attendre les 18 avril et 2 mai 2027, c'est un pari de calendrier : sur les cinq présidentielles depuis 2002, patienter depuis début octobre a fait acheter plus cher quatre fois sur cinq. Aucun de ces chiffres ne dit ce que les marchés feront.
Sommaire · 9 sections
- 01À quelle date a lieu la présidentielle de 2027, et que signifie « attendre » ?
- 02La France pèse-t-elle vraiment lourd dans un fonds européen ?
- 03Le risque politique français se transmet-il à un fonds européen diversifié ?
- 04Qu'a coûté ou rapporté d'attendre une présidentielle depuis 2002 ?
- 05Combien coûte d'attendre douze mois, quelle qu'en soit la raison ?
- 06Les petites et moyennes entreprises européennes sont-elles moins exposées à la France ?
- 07Comment penser le calendrier sans prétendre le deviner ?
- 08Questions fréquentes
- 09Ce qu'il faut retenir
Un investisseur déjà très exposé à l'indice MSCI World, qui place environ 2 000 € par mois et prévoit de lancer un nouveau dispositif d'investissement en début d'année, nous a répondu, en substance, à propos d'une éventuelle ligne en actions européennes : l'Europe, il n'y est pas du tout, et cela attendra l'élection. Tant qu'on ne sait pas où va la France, « qui est quand même un gros acteur européen », investir en Europe lui paraît aberrant ; peut-être en 2027 ou en 2028. Il précisait n'avoir pas de grosse poche de cash disponible tout de suite. La situation est présentée de façon anonymisée et simplifiée, et ses propos sont des paraphrases.
Ce raisonnement n'a rien d'absurde : l'écart entre le taux à dix ans de l'État français (l'OAT) et celui de l'État allemand (le Bund) a dépassé 120 points de base le 30 septembre 2026, son niveau le plus élevé depuis 2012, selon la presse financière. Mais sa phrase contient trois hypothèses qu'on peut tester : la France pèse lourd dans un fonds européen, son incertitude politique s'y transmet, et attendre la présidentielle protège. Cet article les confronte à des données publiques. Il ne dit ni s'il faut investir en Europe, ni ce que les marchés feront : il mesure.
À quelle date a lieu la présidentielle de 2027, et que signifie « attendre » ?
Le premier tour aura lieu le dimanche 18 avril 2027 et le second tour le dimanche 2 mai 2027, selon le calendrier publié par service-public.fr après la décision du Conseil des ministres du 1er juillet 2026. Au 6 octobre 2026, il reste environ six mois et demi avant le premier tour, près de sept mois avant le second. « Attendre » peut donc vouloir dire trois choses : attendre le premier tour, le second, ou, comme le disait cet investisseur, 2028. Plus l'horizon s'allonge, moins le calendrier électoral compte et plus comptent les événements sans date de fin : budgets, notation de la dette, conjoncture mondiale.
La France pèse-t-elle vraiment lourd dans un fonds européen ?
Un indice « Europe » ne se confond ni avec la zone euro, ni avec la France. Voici le poids des principaux pays dans les indices de référence, en capitalisation boursière ajustée du flottant : fiches MSCI du 30 septembre 2026 (EMU et World publiées en dollars, les autres en euros), composition du STOXX Europe 600 au 31 août 2026.
| Indice | France | Royaume-Uni | Suisse | Allemagne | Pays-Bas |
|---|---|---|---|---|---|
| MSCI Europe (386 valeurs) | 14,79 % | 22,55 % | 14,16 % | 13,62 % | 9,45 % |
| STOXX Europe 600 (17 pays) | 15,0 % | 22,9 % | 13,7 % | 13,4 % | 7,9 % |
| MSCI EMU (zone euro) | 27,13 % | hors indice | hors indice | 24,97 % | 17,32 % |
| MSCI Europe Mid Cap (212 valeurs) | 9,68 % | 17,45 % | 11,02 % | moins de 8,85 % | moins de 8,85 % |
| MSCI Europe Small Cap (833 valeurs) | 8,3 % | 29,41 % | 9,63 % | 9,3 % | moins de 8,3 % |
| MSCI World (1 249 valeurs) | 2,24 % | 3,41 % | moins de 2,24 % | moins de 2,24 % | moins de 2,24 % |
Trois constats. Avec 14,79 % du MSCI Europe et 15,0 % du STOXX Europe 600, la France est le deuxième pays, derrière le Royaume-Uni mais à peine devant la Suisse et l'Allemagne : environ un euro sur sept. Aucune des dix premières lignes de MSCI Europe n'est française (ASML, HSBC, Roche, Shell, Novartis, AstraZeneca, Nestlé, Siemens, SAP, Banco Santander). Dans la zone euro, enfin, le poids de la France est presque doublé (27,13 %) et trois de ses valeurs figurent dans les dix premières lignes (Schneider Electric, TotalEnergies, Safran) : tout dépend de l'indice qu'on achète.
« Un gros acteur européen », disait cet investisseur. La formule se vérifie dans la zone euro, où la France est le premier pays de l'indice. Elle se nuance dans un fonds européen au sens large, où le Royaume-Uni et la Suisse pèsent ensemble 36,71 %, près de deux fois et demie le poids de la France.
Exemple chiffré. Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation : 10 000 € placés dans un ETF qui réplique exactement chaque indice, ventilés selon les poids du 30 septembre 2026, avant frais et sans écart de réplication.
| Pour 10 000 € placés dans l'indice | Actions françaises | Actions allemandes | Actions britanniques | Actions suisses |
|---|---|---|---|---|
| MSCI Europe | 1 479 € | 1 362 € | 2 255 € | 1 416 € |
| MSCI EMU (zone euro) | 2 713 € | 2 497 € | hors indice | hors indice |
| MSCI Europe Mid Cap | 968 € | moins de 885 € | 1 745 € | 1 102 € |
| MSCI Europe Small Cap | 830 € | 930 € | 2 941 € | 963 € |
| MSCI World | 224 € | moins de 224 € | 341 € | moins de 224 € |
Deux enseignements. La part française d'un fonds européen va d'environ 800 à 1 500 € pour 10 000 € selon qu'on parle de petites ou de grandes valeurs, contre 2 713 € dans la zone euro. Et choisir un indice Europe plutôt que la zone euro, c'est prendre un risque de change : 3 671 € de ces 10 000 € (Royaume-Uni et Suisse) sont en livres et en francs suisses, sans compter les couronnes nordiques. Le risque politique français n'est pas un risque de change pour un résident de la zone euro ; la livre et le franc suisse, eux, en sont un.
À titre de comparaison, un ETF MSCI World contient déjà 224 € de France pour 10 000 €, contre 7 294 € d'actions américaines : aucun indice n'est sans risque pays, et une poche de marchés émergents n'en retire pas : elle en ajoute d'autres, que détaille notre article sur les ETF marchés émergents. Pour situer cette part dans un portefeuille réel, notre article sur l'ETF MSCI World ou les lignes détaillées explique ce que contient un World et quand détailler ses lignes.
Le risque politique français se transmet-il à un fonds européen diversifié ?
Par trois canaux, de force inégale. Le premier est mécanique : si les actions françaises reculaient de 10 % et que toutes les autres restaient stables, l'indice MSCI Europe perdrait environ 1,5 % (14,79 % de 10 %) ; c'est de l'arithmétique, pas un scénario. Le deuxième est l'activité réelle : selon l'étude d'EY du 24 juin 2025, les groupes du CAC 40 réalisent plus des trois quarts de leur activité hors de France, si bien qu'une cotation à Paris n'est pas une exposition à la seule économie française. Le troisième est financier et plus rapide : banques, taux d'emprunt de l'État et coût du capital peuvent réagir aux nouvelles politiques même quand le chiffre d'affaires n'en dépend pas.
L'épisode de juin 2024 en donne la mesure. Après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin, le CAC 40 a perdu 6,2 % sur la semaine, sa pire semaine depuis le début de la guerre en Ukraine, et a clôturé à 7 503,27 points le 14 juin ; l'écart OAT-Bund s'établissait autour de 73 points de base, au-delà de 80 en séance selon les sources. Sur la même semaine (clôtures du 7 au 14 juin), le STOXX Europe 600 reculait de 2,4 % : environ 2,6 fois moins que l'indice français.
Deux ans plus tard, les trajectoires ont divergé : du 7 juin 2024 au 30 septembre 2026, le CAC 40 est à −0,5 % et le STOXX Europe 600 à +21,3 % (cours de clôture, hors dividendes). Cet écart ne se réduit pas à la politique, car les deux indices n'ont ni les mêmes secteurs ni les mêmes pays, et il ne dit rien de l'avenir. Il montre qu'un indice 100 % français et un indice européen diversifié peuvent s'éloigner fortement quand une inquiétude touche d'abord la France. En 2026, de fin décembre 2025 au 2 octobre, le CAC 40 recule de 3,1 % alors que le STOXX Europe 600 progresse de 6,5 %, après l'abaissement de la note de la France de AA- à A+ par Fitch le 12 septembre 2025.
« Là tout de suite, ça me paraît aberrant » : l'intuition de cet investisseur trouve donc un appui dans les prix, puisque le stress français se voit dans les cours français. Elle est nettement atténuée dans un fonds diversifié, où la France n'est qu'un septième de l'indice et où les grands groupes français réalisent l'essentiel de leur activité hors de France. Atténuée ne veut pas dire annulée : en juin 2024, le STOXX Europe 600 a bel et bien reculé.
Qu'a coûté ou rapporté d'attendre une présidentielle depuis 2002 ?
Pour le mesurer, nous avons comparé, pour les cinq dernières présidentielles, deux dates : début octobre de l'année précédente (la position de cet investisseur aujourd'hui) et le premier jour de Bourse après le second tour, puis les douze mois suivants. Les calculs reposent sur les cours de clôture publiés par Yahoo Finance pour le CAC 40 (depuis 1990) et le STOXX Europe 600 (série disponible depuis avril 2004), hors dividendes, qui ajouteraient quelques points (2,87 % par an pour MSCI Europe selon sa fiche de septembre 2026). Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
| Présidentielle (1er / 2nd tour) | CAC 40 : attendre | CAC 40 : 12 mois après | STOXX 600 : attendre | STOXX 600 : 12 mois après |
|---|---|---|---|---|
| 2002 (21 avril / 5 mai) | +4,7 % | −30,0 % | série indisponible | série indisponible |
| 2007 (22 avril / 6 mai) | +14,9 % | −16,4 % | +13,7 % | −16,2 % |
| 2012 (22 avril / 6 mai) | +4,5 % | +22,0 % | +10,7 % | +18,4 % |
| 2017 (23 avril / 7 mai) | +20,2 % | +2,6 % | +14,9 % | −1,0 % |
| 2022 (10 avril / 24 avril) | −0,7 % | +16,8 % | −1,4 % | +4,9 % |
Lecture : « attendre » mesure la variation de l'indice entre début octobre et le lendemain du second tour ; « 12 mois après », les douze mois suivants. Un chiffre positif dans « attendre » signifie que celui qui a patienté a acheté plus cher. C'est le cas quatre fois sur cinq pour le CAC 40 (de +4,5 % à +20,2 %) et trois fois sur quatre pour le STOXX 600 ; seul 2022 aurait récompensé l'attente, de peu.
L'autre face : en 2002 et en 2007, celui qui avait attendu le second tour a ensuite perdu 30,0 % et 16,4 % sur le CAC 40 en un an. Rien n'indique que l'élection en soit la cause : ces reculs coïncident avec la fin de la bulle internet puis la crise financière, et le S&P 500 a lui aussi reculé sur les mêmes douze mois (−11,2 % et −7,7 %, hors dividendes).
Cinq observations ne font pas une statistique, et elles ne disent rien de 2027. La recherche académique invite à la même prudence : dans une étude de 27 pays de l'OCDE publiée en 2008, la composante propre à chaque pays de la variance des rendements boursiers peut facilement doubler la semaine d'une élection, surtout quand l'écart est étroit. Elle documente une hausse de la volatilité, pas un sens de variation. Quant au « peut-être en 2027 ou 2028 », il change la nature de la question : au-delà du second tour, il n'y a plus de date butoir, seulement l'impression de « voir clair », qui se déplace à mesure qu'on avance.
Combien coûte d'attendre douze mois, quelle qu'en soit la raison ?
Mettons les élections de côté et prenons toutes les périodes de douze mois commençant le premier jour de Bourse de chaque mois : 258 pour le STOXX Europe 600 (mai 2004 à octobre 2025). Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation : 10 000 € disponibles, investis tout de suite ou après douze mois d'attente, hors dividendes et hors intérêts du cash.
| Situation sur le STOXX Europe 600 | Fréquence | Variation médiane sur 12 mois | Pour 10 000 € |
|---|---|---|---|
| L'indice a monté (l'attente a coûté) | 69,0 % des périodes (178 sur 258) | +13,3 % | 1 330 € de hausse manquée |
| L'indice a baissé (l'attente a protégé) | 31,0 % des périodes (80 sur 258) | −10,7 % | 1 070 € de baisse évitée |
| Pire période : mars 2008 à mars 2009 | 1 période | −47,8 % | 4 780 € de baisse évitée |
Sur l'ensemble des périodes, la variation médiane est de +8,9 %, et le CAC 40 donne un résultat voisin (hausse dans 67,0 % des 427 périodes depuis avril 1990). La fiche de MSCI Europe va dans le même sens : onze des quatorze années civiles de 2012 à 2025 sont positives (rendement net, en euros), les trois négatives étant 2018 (−10,57 %), 2020 (−3,32 %) et 2022 (−9,49 %).
Deux lectures honnêtes coexistent. Dans environ sept périodes sur dix, attendre a coûté de l'argent, et le gain manqué médian (+13,3 %) dépasse la perte évitée médiane (−10,7 %). Mais dans environ une période sur trois, l'indice a reculé, parfois de près de moitié, et celui qui attendait a évité tout ou partie de la baisse. Personne ne sait à l'avance dans laquelle des deux situations il se trouve : c'est ce qui fait de l'attente un pari. La logique de répartition dans le temps, et la raison pour laquelle épargner chaque mois n'est déjà pas du « tout investir d'un coup », sont détaillées dans notre article sur les versements programmés.
Reste le cas de cet investisseur : pas de grosse poche de cash. « Attendre » ne veut alors pas dire garder des liquidités pour acheter après l'élection, mais décider où vont les versements des prochains mois, donc quel risque pays comporte chaque destination : dans le MSCI World, les États-Unis pèsent 72,94 % au 30 septembre 2026. Ce n'est un argument ni pour, ni contre l'Europe : le risque pays existe partout.
Les petites et moyennes entreprises européennes sont-elles moins exposées à la France ?
On entend souvent, y compris de la part de professionnels, cet argument en faveur des petites et moyennes entreprises européennes : elles seraient cotées à des niveaux jugés bas et distribueraient des flux, de sorte que, même sans pouvoir revendre ses titres, on continuerait à percevoir des dividendes. Il se teste sur cinq points.
Le poids de la France : 9,68 % du MSCI Europe Mid Cap, derrière le Royaume-Uni (17,45 %), la Suisse (11,02 %) et l'Italie (10,06 %) ; 8,3 % du MSCI Europe Small Cap, derrière le Royaume-Uni (29,41 %), la Suède (11,56 %), la Suisse (9,63 %) et l'Allemagne (9,3 %). C'est moins que dans MSCI Europe (14,79 %), et l'effet d'une inquiétude française y est mécaniquement plus dilué. L'exposition réelle : le poids par pays de cotation ne dit pas où se fait le chiffre d'affaires, et ces fiches MSCI ne publient pas l'équivalent de la statistique du CAC 40. On présume souvent les petites valeurs plus tournées vers leur marché national ; c'est plausible, mais cela ne se lit pas sur une fiche d'indice et se vérifie dans le rapport du fonds. Le fonds lui-même : un fonds géré activement n'est pas son indice, sa part de France peut être plus élevée ou plus faible, et son reporting donne le chiffre qui compte. Sur ce choix, notre comparatif ETF ou fonds actifs reprend frais, écarts de performance et angles morts.
Les « niveaux jugés bas » : au 30 septembre 2026, le PER prévisionnel (le cours rapporté aux bénéfices attendus) est de 13,31 pour MSCI Europe Small Cap, 14,15 pour Mid Cap, 14,20 pour MSCI Europe et 17,92 pour MSCI World ; le rendement du dividende de 2,98 %, 3,02 %, 2,87 % et 1,52 %. Ces indices sont donc moins chers que le World, c'est un fait ; qu'ils soient « bas » par rapport à leur propre histoire est une autre affirmation, que ces fiches ne permettent pas de vérifier. Les limites de ces comparaisons de valorisation sont détaillées dans notre article sur le CAPE de Shiller.
Les flux : 2,98 % de rendement, c'est 298 € de dividendes par an pour 10 000 € investis, avant impôt ; cela ne protège pas d'une baisse des cours. La fiche de MSCI Europe Small Cap indique une baisse maximale de 65,64 % (juin 2007 à mars 2009), contre 58,54 % pour MSCI Europe (juillet 2007 à mars 2009). Sur dix ans, MSCI Europe Small Cap a rendu 7,46 % par an net en euros, contre 9,04 % pour MSCI Europe et 12,69 % pour MSCI World. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Prime de taille et corrélation avec le World sont traitées dans notre article sur les small caps et mid caps.
Comment penser le calendrier sans prétendre le deviner ?
Trois attitudes existent, et aucune ne supprime l'incertitude. Attendre est un pari : il suppose de deviner à la fois qu'un événement défavorable surviendra et que le point d'entrée suivant sera meilleur. Lisser est une méthode : répartir ses versements ne prédit rien, cela évite de dépendre d'une seule date d'entrée. Ne rien faire est aussi un choix, avec un coût mesurable : +8,9 % de variation médiane sur douze mois pour le STOXX Europe 600 depuis 2004, contre −10,7 % dans les périodes baissières.
« Voir clair » est par ailleurs une promesse fragile. Un scrutin désigne ceux qui gouvernent ; il ne fixe pas à lui seul la trajectoire des finances publiques, qui dépend ensuite de budgets, de votes et de la conjoncture. Les tensions se sont d'ailleurs poursuivies après les législatives anticipées de 2024 : note abaissée par Fitch en septembre 2025, écart de taux au plus haut depuis 2012 fin septembre 2026. La vraie question tient moins à la date qu'à la taille de la ligne et à la perte qu'on peut encaisser : une baisse maximale de 58,54 % a été constatée sur MSCI Europe entre juillet 2007 et mars 2009. Si un tel scénario est insupportable, repousser l'investissement de sept mois ne règle rien ; s'il est supportable, la date d'entrée pèse bien moins.
Questions fréquentes
Quand a lieu la présidentielle de 2027 ?
Le dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour et le dimanche 2 mai 2027 pour le second, selon service-public.fr, après la décision du Conseil des ministres du 1er juillet 2026.
Combien pèse la France dans un ETF Europe ?
14,79 % de l'indice MSCI Europe au 30 septembre 2026 (1 479 € pour 10 000 €), 15,0 % du STOXX Europe 600 au 31 août 2026, 9,68 % de MSCI Europe Mid Cap et 8,3 % de MSCI Europe Small Cap. Un fonds géré activement peut s'écarter de ces poids.
Un fonds européen diversifié baisse-t-il autant que le CAC 40 si la France est en difficulté ?
Pas dans la même proportion : la semaine de l'annonce de la dissolution en juin 2024, le CAC 40 a reculé de 6,2 % et le STOXX Europe 600 de 2,4 % (hors dividendes). Il a donc reculé aussi.
Un ETF Europe en euros est-il exposé au risque de change ?
En partie : il détient des actions cotées en livres, en francs suisses et en couronnes, sauf version couverte. Royaume-Uni et Suisse représentent ensemble 36,71 % de MSCI Europe au 30 septembre 2026 ; MSCI EMU, indice de la zone euro, n'en comporte pas.
Investir après l'élection est-il plus sûr ?
Rien ne le démontre. Sur les cinq dernières présidentielles, attendre depuis début octobre aurait fait acheter plus cher quatre fois sur cinq (CAC 40, hors dividendes), et les baisses de 2002 et 2007 ont suivi des marchés baissiers mondiaux. Cinq observations ne font pas une règle.
Ce qu'il faut retenir
Résolution : attendre la présidentielle n'est ni interdit ni déraisonnable, mais c'est un pari de calendrier, et les chiffres rassurent sur un point : un fonds européen diversifié ne se confond pas avec la France, qui pèse 14,79 % de MSCI Europe et moins de 10 % des petites et moyennes valeurs. Rappel : l'attente a un coût mesurable (+8,9 % de variation médiane sur douze mois pour le STOXX Europe 600 depuis 2004, et quatre présidentielles sur cinq où patienter a fait acheter plus cher), et le risque ne disparaît pas avec un scrutin. Dans les deux sens, la bonne mesure reste la taille de la ligne et la perte qu'on peut encaisser : pour la suite logique, notre article sur le profil de risque explique comment distinguer ce qu'on accepte de perdre de ce que sa situation permet d'absorber.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et rien dans cet article ne constitue une prévision. Le Rempart Financier est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine : situer chaque risque dans un patrimoine d'ensemble, avant de choisir une date d'entrée, est l'objet d'un rendez-vous patrimonial. Pour commencer, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement personnalisé ni une recommandation d'investir ou de ne pas investir dans une zone géographique, un indice ou un fonds : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et la valeur d'un investissement en actions peut baisser comme monter. Les données de marché citées sont datées et doivent être vérifiées à leur date de publication ; la situation de chaque investisseur doit être examinée avec un professionnel avant toute décision. Sources : service-public.gouv.fr, « Élection 2027 » (calendrier des 18 avril et 2 mai 2027, publié le 2 juillet 2026, décision du Conseil des ministres du 1er juillet 2026) ; fiches d'indice MSCI au 30 septembre 2026 : MSCI Europe Index (EUR), MSCI EMU Index (USD), MSCI Europe Mid Cap Index (EUR), MSCI Europe Small Cap Index (EUR), MSCI World Index (USD) ; fiche STOXX Europe 600 (composition au 31 août 2026) ; EY, 19e édition du profil financier du CAC 40 (communiqué du 24 juin 2025) ; Tradingsat, article du 14 juin 2024 sur la semaine du CAC 40 après la dissolution ; La finance pour tous, 17 septembre 2025 (décision de Fitch du 12 septembre 2025) ; France Épargne, 30 septembre 2026 (écart OAT-Bund) ; Białkowski, Gottschalk et Wisniewski, « Stock market volatility around national elections », Journal of Banking and Finance, 32(9), 2008, pp. 1941-1953 ; calculs du cabinet sur les cours de clôture du CAC 40 et du STOXX Europe 600 publiés par Yahoo Finance jusqu'au 2 octobre 2026, hors dividendes, avec les limites indiquées dans le texte. Le Rempart Financier est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, rémunéré notamment par rétrocessions sur les opérations qu'il accompagne. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
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