Ouvrir une assurance-vie avec 1 000 € pour « prendre date » : ce que ça change vraiment
Prendre date sur une assurance-vie, c'est faire démarrer l'horloge fiscale des huit ans, qui court dès le premier versement, même de 1 000 €, et profite ensuite à tout le contrat. C'est réel, mais étroit : pour un contrat ouvert aujourd'hui, il n'existe qu'un seul palier, à huit ans, et l'antériorité ne change rien à la fiscalité au décès, qui dépend de l'âge de l'assuré à chaque versement. Côté avance, trois des quatre règlements d'assureurs étudiés exigent six mois d'ancienneté du contrat, pas six mois après un versement donné. Pour un épargnant qui investira dans trois à six mois, le gain se limite donc à ces quelques mois, et il n'a de valeur que si le contrat ouvert est celui qu'il aurait choisi de toute façon.
Sommaire · 9 sections
- 01Que veut dire « prendre date » sur une assurance-vie ?
- 02Combien rapporte une antériorité de six mois, de trois ans, de huit ans ?
- 03Prendre date change-t-il quelque chose à la fiscalité au décès ?
- 04Faut-il ouvrir tôt pour pouvoir emprunter sur son contrat ?
- 05Quels risques à ouvrir un contrat « pour la date » avant d'avoir choisi ?
- 06Que change réellement la date d'ouverture d'une assurance-vie ?
- 07Dans quels cas prendre date tôt est-il vraiment utile ?
- 08Questions fréquentes
- 09Ce qu'il faut retenir
Un héritier d'une quarantaine d'années doit toucher, dans trois à six mois, de l'ordre d'un million d'euros après la vente d'un appartement. Il est venu s'informer très en amont, « pour bien prendre mon temps », et il a posé sa ligne dès le début : « tant que je n'ai pas vendu, j'observe ». Cette situation, présentée ici de façon anonymisée et simplifiée, ressemble à beaucoup d'autres. En fin d'échange, une suggestion est arrivée, celle que l'on entend très souvent, y compris de la part de professionnels : « essayez quand même d'ouvrir les contrats prochainement, même avec pas beaucoup : 1 000 € par assurance. Ça vous fait prendre date pour la fiscalité et pour la possibilité d'emprunter sur votre contrat ; au pire, vous aurez deux fois 1 000 € placés et vous n'irez pas plus loin. »
Sa réponse, lucide, tient en deux phrases : « je n'ai pas à prendre une date extrêmement à l'avance, ma problématique, c'est dans trois à six mois », nous a dit ce client, et « il y a des bonnes assurances où on ne peut pas mettre uniquement 1 000 €, il y a des minimums ». Elle est plus juste qu'elle n'en a l'air. Cet article vérifie ce que « prendre date » change au rachat, à l'avance et au décès, chiffre l'avantage d'une antériorité de quelques mois, de trois, de cinq et de huit ans, et dit dans quels cas l'argument est précieux, et dans quels cas, comme ici, il est faible.
Que veut dire « prendre date » sur une assurance-vie ?
Prendre date, c'est fixer le point de départ de détention du contrat. Service-public l'explique ainsi : à l'ouverture, un premier versement marque le début du placement, il n'existe pas de montant minimum obligatoire pour ce premier versement, et chaque assureur peut librement fixer le sien. Sur le plan fiscal, ce point de départ est bien celui du premier versement : pour les contrats souscrits depuis le 1er janvier 1990, le BOFiP précise que la durée « s'entend de la seule durée effective, courue entre la date du premier versement et la date de dénouement ou de rachat partiel du contrat, quelles que soient les modalités de paiement des primes » (BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20, § 120).
Ouvrir avec 1 000 € puis verser davantage est donc parfaitement ordinaire : l'horloge est celle du contrat, pas celle de chaque versement, et pour un contrat récent aucune pondération par le montant des primes ne la corrige. Les huit ans courent depuis ces 1 000 € de départ et s'appliquent à tout ce que le contrat contient au jour du rachat. Rien, dans la définition de la durée, ne subordonne le démarrage de l'horloge à l'importance du premier versement, même si l'administration reste libre, comme toujours, de contester une opération dont le seul but serait fiscal.
Que donnent ces huit ans ? Pour des primes versées aujourd'hui, trois choses, que résume service-public et que prévoit l'article 125-0 A du CGI. Avant huit ans, les gains rachetés sont imposés à 12,8 %. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune, s'applique aux gains rachetés ; puis le taux est de 7,5 % pour la fraction des gains correspondant à 150 000 € de primes et de 12,8 % au-delà (BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-15, § 140 à 190). Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'ajoutent dans tous les cas, avant comme après huit ans.
Combien rapporte une antériorité de six mois, de trois ans, de huit ans ?
Un point surprend d'abord : pour un contrat ouvert aujourd'hui, il n'y a qu'un seul palier fiscal. Les paliers intermédiaires que l'on cite parfois (35 % avant quatre ans, 15 % de quatre à huit ans) ne concernent que les produits des primes versées avant le 27 septembre 2017 (BOFiP BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20, § 130). Pour des primes versées depuis, un contrat de six mois, de trois ans, de cinq ans ou de sept ans et onze mois est traité de la même façon : 12,8 % sur les gains. Ce qui compte, c'est d'avoir franchi huit ans au jour du rachat.
Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation. Un contrat vaut 160 000 €, dont 120 000 € de primes versées après 2017, soit 40 000 € de gains (25 % de la valeur). Son titulaire, une personne seule, en rachète 30 000 € pour financer un projet. Le contrat est investi en unités de compte, de sorte que les gains n'ont pas encore supporté de prélèvements sociaux, et les taux forfaitaires s'appliquent, sans option pour le barème. Ces chiffres sont choisis pour que le calcul se lise facilement : ils ne décrivent aucun dossier réel.
- 1.Part de gains du rachat (formule du BOFiP, BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 80 : rachat moins primes multipliées par le rapport entre le rachat et la valeur du contrat) : 30 000 − 120 000 × 30 000 / 160 000 = 7 500 €.
- 2.Contrat de moins de huit ans : 12,8 % × 7 500 € = 960 € d'impôt sur le revenu, sans abattement.
- 3.Contrat de huit ans révolus : (7 500 − 4 600) × 7,5 % = 217,50 € (les primes sont inférieures à 150 000 € : tous les gains sont au taux de 7,5 %).
- 4.Prélèvements sociaux, dans les deux cas : 17,2 % × 7 500 € = 1 290 €.
| Ancienneté du contrat au jour du rachat | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total prélevé | Net perçu sur 30 000 € |
|---|---|---|---|---|
| Six mois, trois ans, cinq ans ou sept ans | 960,00 € | 1 290,00 € | 2 250,00 € | 27 750,00 € |
| Huit ans révolus | 217,50 € | 1 290,00 € | 1 507,50 € | 28 492,50 € |
| Écart | 742,50 € | 0 € | 742,50 € | + 742,50 € |
Lecture : le palier de huit ans vaut ici 742,50 € sur un rachat de 30 000 €, et 960 € pour un couple, dont l'abattement de 9 200 € absorbe la totalité des 7 500 € de gains. Mais ces chiffres ne mesurent pas ce que rapportent six mois d'antériorité en plus : ils mesurent ce que rapporte le fait d'avoir franchi huit ans. Prendre date aujourd'hui plutôt que dans six mois avance ce franchissement de six mois, rien de plus. L'avantage n'existe donc que pour un rachat qu'on serait contraint de faire pendant ces six mois-là, ni avant ni après. Si la date du rachat est libre, il suffit d'attendre, et le coût de ne pas avoir pris date est nul. C'est l'intuition de ce client : « ma problématique, c'est dans trois à six mois ».
Plus la somme investie est élevée, moins ce palier pèse en proportion, à cause du seuil de 150 000 €. Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation : 1 000 000 € de primes versées après 2017, tous contrats confondus (le seuil est personnel, BOFiP § 160 et 170), une personne seule, 100 000 € de gains rachetés. Après huit ans, seule la fraction 150 000 / 1 000 000, soit 15 % des gains (15 000 €), est éligible au taux de 7,5 %, et l'abattement de 4 600 € s'impute d'abord sur elle (article 125-0 A) : (15 000 − 4 600) × 7,5 % + 85 000 × 12,8 % = 780 + 10 880 = 11 660 €. Avant huit ans : 100 000 × 12,8 % = 12 800 €. Le palier vaut 1 140 €, soit 1,14 point de gains, avant des prélèvements sociaux identiques (17 200 €). Il compte à long terme, mais il ne justifie pas à lui seul d'engager un contrat avant d'avoir choisi lequel.
Prendre date change-t-il quelque chose à la fiscalité au décès ?
Non, et c'est là que l'argument « prendre date pour la fiscalité » est le plus souvent mal compris. La fiscalité de l'assurance-vie au décès ne dépend pas de la date d'ouverture du contrat, mais de l'âge de l'assuré à chaque versement. L'administration fiscale l'écrit pour les contrats souscrits depuis le 13 octobre 1998 : si l'assuré avait moins de 70 ans lors du versement, les sommes provenant de ces primes bénéficient d'une exonération de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI) ; s'il avait plus de 70 ans, les primes sont prises en compte dans la succession après un abattement global de 30 500 € (article 757 B), un régime que détaille notre article sur l'assurance-vie après 70 ans.
Les grandes dates historiques que l'on cite, 1983, 1991, 1997, 2017, sont des dates de contrats ou de primes anciens : un contrat ouvert en 2026 ne peut plus les atteindre. Pour lui, les versements faits avant le soixante-dixième anniversaire de l'assuré relèvent d'un régime, ceux d'après d'un autre. À une quarantaine d'années, ce qu'il faut surveiller, ce sont donc les dates de ses versements, pas celle de l'ouverture. Un conjoint marié ou pacsé bénéficiaire, lui, est exonéré dans tous les cas.
Faut-il ouvrir tôt pour pouvoir emprunter sur son contrat ?
La loi ne fixe aucune ancienneté. L'article L132-21 du Code des assurances dispose seulement que « dans la limite de la valeur de rachat du contrat, l'assureur peut consentir des avances au contractant » : c'est une faculté de l'assureur, pas un droit du client. Service-public ajoute que l'avance n'est possible que si le contrat la prévoit, dans les conditions du règlement général des avances de l'assureur. C'est donc ce règlement qui fixe un délai, s'il y en a un. Voici ce que disent quatre règlements publiés par des assureurs (versions de 2024 à 2026).
| Règlement des avances | Ancienneté exigée | Montant maximal | Durée de l'avance | Taux |
|---|---|---|---|---|
| Suravenir (contrat distribué par Fortuneo, réf. 03.2026) | Six mois à compter de la date d'effet du contrat | 60 % de la valeur de rachat | 3 ans, renouvelable une fois | Fixé chaque année (4,00 % indiqué pour 2026) |
| Spirica (règlement applicable au 1er mars 2026) | Contrat d'une durée révolue d'au moins 6 mois | 60 % de la valeur atteinte, avance minimale de 2 000 € | 3 ans, renouvelable deux fois (9 ans au plus) | TME majoré de 1 point |
| Generali Vie (règlement de juin 2024) | Contrat d'une durée révolue d'au moins six mois | 60 % de la valeur atteinte | 3 ans, renouvelable une fois (6 ans au plus) | Le plus élevé du TRA ou du TME majoré de 1 point |
| GIE Afer (règlement du 24 mars 2026) | Aucune, hors expiration du délai de renonciation de 30 jours | 80 % de l'épargne en fonds en euros (seul support avançable), minimum 100 € | À rembourser en principe sous 3 ans | 3,64 % pour 2026 |
Le constat est net. Trois règlements sur quatre exigent six mois d'ancienneté, comptés depuis l'ouverture du contrat et non depuis le versement d'une somme précise. Ce qui a été expliqué à ce client sur ce point est donc exact : on peut ouvrir avec 1 000 € et verser un million six mois plus tard, l'avance porte alors sur la valeur du contrat à la date de la demande, dans la limite de la quotité. Chez Afer, aucun délai de ce type : l'ancienneté n'est pas une règle générale du marché, comme le rappelle notre article sur le crédit lombard et l'avance sur assurance-vie, et se vérifie contrat par contrat.
Reste à mesurer ce que cela vaut pour lui. Prendre date aujourd'hui avance de six mois au plus le moment où une avance devient possible sur un contrat alimenté plus tard. Cela compte pour qui sait qu'il voudra emprunter dès l'arrivée des fonds, par exemple pour un apport ; quelqu'un qui dit « j'observe » n'a pas encore de projet. Trois réserves s'imposent. L'acceptation reste discrétionnaire : Spirica parle d'une avance octroyée « à sa discrétion », le GIE Afer d'une « acceptation discrétionnaire ». L'avance est un prêt à rembourser, avec intérêts, destiné à un besoin ponctuel. Enfin l'administration peut la requalifier en rachat si elle sert en réalité à disposer définitivement des fonds : les règlements le rappellent eux-mêmes. Quant au nantissement auprès d'une banque, c'est un autre mécanisme, avec ses propres conditions.
Quels risques à ouvrir un contrat « pour la date » avant d'avoir choisi ?
Le premier risque n'est pas financier, il est d'engagement. La date ne profite qu'à l'argent qui entre dans ce contrat-là. Si, dans trois mois, le bon contrat pour un million d'euros est un autre, chez un autre assureur, les 1 000 € de départ n'auront servi à rien, ou vous auront conduit à y verser le million « parce qu'on y a déjà une date ». Or aucun transfert d'un assureur à l'autre ne préserve l'ancienneté : l'article 125-0 A du CGI n'écarte les conséquences d'un dénouement que pour une transformation par avenant ou « par la souscription d'un nouveau bon ou contrat auprès de la même entreprise d'assurance », et cette transformation n'est pas un droit, comme nous le détaillons dans notre article sur les vieux contrats. Ouvrir pour prendre date, c'est choisir son assureur avant de comparer.
Deuxième point, les minimums, et ce client a raison de le soulever. Il n'existe pas de minimum légal : chaque assureur fixe le sien. Beaucoup de contrats en ligne acceptent un premier versement de 500 €, de sorte que 1 000 € passent. Mais les gammes patrimoniales et les contrats luxembourgeois fixent en pratique des tickets d'entrée bien supérieurs, souvent de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d'euros, à lire dans la notice de chaque contrat. Sur ceux-là, « ouvrir avec 1 000 € » est le plus souvent impossible, et l'on entend parfois que, par un cabinet, « on a la main » pour y parvenir. Un intermédiaire peut solliciter une dérogation ; le minimum reste celui de l'assureur, et toute dérogation se vérifie par écrit.
Troisième point, le coût d'un contrat presque vide : il est généralement faible. Sur le contrat Afer, par exemple, le droit d'adhésion est de 20 €, une seule fois quel que soit le nombre d'adhésions, et les frais de gestion annuels de 0,475 % de l'épargne représentent moins de 5 € par an sur 1 000 €, hors frais sur versement éventuels (notice de novembre 2024). « Ça coûte cher d'ouvrir pour rien » est donc un argument faible : le vrai coût est dans la mauvaise décision, pas dans la ligne de frais. Deux contrats à 1 000 € ne font pas non plus deux fois mieux : l'abattement annuel est unique par foyer, tous contrats confondus (BOFiP BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 250 à 270), et le seuil de 150 000 € est personnel. Les vraies raisons de détenir plusieurs contrats sont ailleurs, dans notre article Faut-il plusieurs contrats d'assurance-vie ?.
Reste le filet du délai de renonciation. Selon service-public, « une fois le contrat signé, vous avez 30 jours calendaires pour changer d'avis », et l'assureur restitue l'intégralité des sommes versées. Mais renoncer à un contrat, c'est aussi renoncer à sa date. Ce client avait d'ailleurs entendu, dans le même rendez-vous, la phrase la plus utile de la séance : « ne subissez jamais l'impression qu'il faut investir maintenant ; si ce n'est pas fait aujourd'hui et que c'est dans deux mois, ce n'est pas grave ». Elle vaut pour l'ouverture d'un contrat comme pour son alimentation, et la différence entre un délai réel et une urgence fabriquée est détaillée dans notre article sur les périodes de souscription et les enveloppes limitées.
Que change réellement la date d'ouverture d'une assurance-vie ?
| Sujet | Dépend-il de la date d'ouverture ? | Ce qui compte réellement |
|---|---|---|
| Taux d'impôt au rachat (12,8 % ou 7,5 %) | Oui, par la durée du contrat | Huit ans de durée effective, comptés depuis le premier versement |
| Abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € | Oui pour la date de départ, non pour le montant | Un seul abattement par an et par foyer, tous contrats confondus, non reportable |
| Seuil de 150 000 € de primes | Non | Primes versées, tous contrats de la personne confondus |
| Fiscalité au décès (articles 990 I et 757 B) | Non | Âge de l'assuré à chaque versement (70 ans) |
| Avance sur le contrat | Oui, si le règlement fixe un délai | Six mois d'ancienneté chez trois assureurs sur quatre ; aucun délai, hors renonciation, chez le quatrième |
| Changement d'assureur | Oui : l'ancienneté est perdue | Seule la transformation chez le même assureur la préserve (article 125-0 A, I, 2°) |
| Donation d'un contrat de capitalisation | L'ancienneté suit le contrat, en pratique | Le BOFiP ne le dit expressément que pour les contrats d'avant 1990 : à faire confirmer par un notaire |
Dans quels cas prendre date tôt est-il vraiment utile ?
- —Un jeune adulte qui épargnera par petits versements pendant des décennies. Ouvrir le contrat au premier euro épargné fait courir l'horloge sans rien attendre : ce n'est pas un argument commercial, c'est la conséquence de commencer tôt.
- —Un rachat dont la date est imposée, par exemple un projet à financer dans huit ans. Mais alors c'est l'argent réel qu'il faut verser tôt, pas 1 000 € symboliques.
- —Un besoin d'avance connu dès l'arrivée des fonds, avec un contrat déjà choisi dont le règlement impose six mois.
- —Un contrat de capitalisation destiné à être donné, si l'ancienneté suit bien le donataire (à confirmer avec le notaire).
- —L'approche des 70 ans : ce n'est pas l'ouverture qui compte, mais de verser avant l'anniversaire.
Dans les autres cas, la date d'ouverture est neutre. Quand l'argent arrive dans quelques semaines ou quelques mois, que le contrat n'est pas encore choisi et qu'aucun rachat ni avance n'est prévu dans les six premiers mois, ouvrir avec 1 000 € ne coûte presque rien et n'apporte presque rien. C'est le cas de notre héritier : son sujet est de choisir où placer un million d'euros, pas de gagner trois mois d'ancienneté. La méthode raisonnable : écrire ses besoins (rachats ou avance à prévoir dans les six premiers mois), choisir le contrat sur ses critères, ouvrir ensuite seulement si l'attente est longue et si le contrat retenu accepte un premier versement modeste, puis verser le reste quand la décision est prise.
Questions fréquentes
Peut-on ouvrir une assurance-vie avec 1 000 € ?
Souvent oui : il n'existe pas de minimum légal et chaque assureur fixe le sien (service-public). Certaines gammes patrimoniales et luxembourgeoises exigent bien davantage.
Les huit ans comptent-ils depuis l'ouverture ou depuis chaque versement ?
Depuis le premier versement, pour le contrat entier : le BOFiP retient la durée effective entre la date du premier versement et celle du rachat, quelles que soient les modalités de paiement des primes (BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20, § 120).
Si j'ouvre avec 1 000 € puis verse un million, les huit ans comptent-ils pour le million ?
Oui, l'ancienneté est celle du contrat. Mais le million reste soumis au seuil de 150 000 € de primes : au-delà, la fraction correspondante des gains est taxée à 12,8 % même après huit ans.
Ouvrir deux contrats à 1 000 € double-t-il l'abattement de 4 600 € ?
Non. L'abattement est unique par an et par foyer, tous contrats confondus, et le seuil de 150 000 € est personnel, tous contrats confondus.
Peut-on emprunter sur son contrat tout de suite après l'ouverture ?
La loi n'impose aucun délai, mais le règlement des avances de l'assureur en fixe souvent un : six mois d'ancienneté du contrat dans trois des quatre règlements cités, aucun chez Afer hors renonciation. L'assureur peut aussi refuser.
Prendre date change-t-il les droits de succession ?
Non. Au décès, ce qui compte est l'âge de l'assuré à chaque versement : avant 70 ans, exonération de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I) ; après, abattement global de 30 500 € sur les primes (article 757 B).
Puis-je renoncer si je regrette d'avoir ouvert ?
Oui, dans les 30 jours calendaires suivant la signature, avec restitution des sommes versées. Renoncer revient aussi à renoncer à la date que l'on voulait prendre.
Ce qu'il faut retenir
Prendre date n'est ni une astuce ni un argument vide : l'horloge des huit ans court depuis le premier versement et profite à tout le contrat. Mais pour un épargnant dont l'argent arrive dans trois à six mois, elle ne rapporte que ces quelques mois, ne change rien à la fiscalité au décès, et ne vaut que si le contrat ouvert est le bon. Ne subissez jamais l'impression qu'il faut investir maintenant : le client de cette histoire l'avait compris seul.
L'erreur qui coûte cher n'est pas de perdre six mois d'ancienneté. C'est d'ouvrir un contrat par réflexe, d'y verser un million parce qu'une date y est déjà prise, puis de ne plus pouvoir changer d'assureur sans la perdre. La prochaine lecture logique : les critères qui font un bon contrat, frais, supports, clause bénéficiaire, à examiner avant toute ouverture.
Le Rempart Financier accompagne ce type de décision, de la comparaison des contrats à leur ouverture : pour situer votre projet dans l'ensemble de votre patrimoine, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé, ni une recommandation d'ouvrir, de ne pas ouvrir ou de choisir un contrat. Les exemples chiffrés sont illustratifs : ils reposent sur les hypothèses indiquées dans le texte, sans rendement après le rachat, et sur les taux et seuils de 2026, qui évoluent. Les règlements d'avances, les minimums de versement et les frais varient selon les assureurs et changent : à vérifier dans les documents contractuels de chaque contrat avant toute décision, de même que le maintien de l'ancienneté en cas de donation d'un contrat de capitalisation, à faire confirmer par un notaire. Les assureurs et contrats cités le sont uniquement comme exemples factuels. Sources : Code général des impôts, articles 125-0 A (I, 1° et 2°, et II), 200 A (1, B), 757 B et 990 I ; Code des assurances, articles L132-21 et L132-5-1 ; BOFiP BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20 (§ 120 et 130, version du 30 juin 2022), BOI-RPPM-RCM-20-15 (§ 140 à 190, version du 21 juin 2021) et BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 (§ 80 et 250 à 300, version du 30 juin 2022) ; service-public.fr, fiches « Contrat d'assurance-vie : fonctionnement » (vérifiée le 25 septembre 2026), « Contrat d'assurance-vie : souscription » (vérifiée le 25 septembre 2026) et « Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ? » (vérifiée le 15 avril 2026) ; impots.gouv.fr, « Je suis bénéficiaire d'une assurance-vie, comment la déclarer ? » ; règlements des avances de Suravenir (contrat Fortuneo Vie, réf. 4005-18, 03.2026), de Spirica (applicable au 1er mars 2026), de Generali Vie (juin 2024) et du GIE Afer (24 mars 2026) ; notice du contrat Afer (édition de novembre 2024) ; pages produit publiques de Linxea Spirit 2 et de Lucya Cardif (versement initial de 500 €), consultées le 5 octobre 2026. Le Rempart Financier est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, rémunéré notamment par rétrocessions sur les opérations qu'il accompagne. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
Sources : Ouvrir une assurance vie avec 1 000 € pour « prendre date » · Assurance vie après 70 ans · Faut-il plusieurs contrats d'assurance vie ? · Assurance vie en banque ou chez un courtier : ce qui change au décès