CAPE ratio (Shiller) : ce que la valorisation du marché actions dit des rendements à 10 ans
Le CAPE ratio (Cyclically Adjusted Price-Earnings, ou « PER de Shiller ») compare le prix des actions à la moyenne des bénéfices réels des 10 dernières années. À la mi-septembre 2026, il s'établit autour de 40,6 à 40,9 pour le S&P 500 selon les agrégateurs qui republient la base de données de Robert Shiller — soit le deuxième niveau le plus élevé depuis 1881, derrière le pic de la bulle internet de fin 1999. La littérature académique documente une corrélation historique forte entre le niveau de CAPE au moment de l'investissement et le rendement réel annualisé réalisé sur les 10 années suivantes. Ce n'est ni une martingale de market timing ni une preuve qu'il faut arrêter d'investir : c'est une donnée à connaître, avec ses limites, avant de se demander si son allocation reste adaptée à ce niveau de valorisation.
Sommaire · 8 sections
- 01Ce que mesure le CAPE ratio
- 02D'où vient cet indicateur : Campbell, Shiller et le prix « Nobel » 2013
- 03Le niveau actuel du CAPE et ce qu'il signifie
- 04Ce que dit la relation historique entre CAPE et rendements à 10 ans
- 05Les limites sérieuses du CAPE comme indicateur
- 06Et pour les actions européennes ou l'indice MSCI World ?
- 07Ce que ça change, concrètement, pour un épargnant qui investit en DCA
- 08Ce qu'il faut retenir
Quiconque investit en ETF monde ou en S&P 500 depuis quelques années a probablement déjà croisé ce chiffre dans la presse financière : le « CAPE ratio » ou « PER de Shiller » du marché américain approche des niveaux qui n'ont été atteints qu'une seule fois dans l'histoire, juste avant l'éclatement de la bulle internet. La question qui suit, légitime, est simple : est-ce que ça veut dire que les actions sont trop chères, et qu'il faut faire quelque chose ? La réponse honnête tient en deux temps. D'abord, ce que mesure vraiment cet indicateur et ce qu'il permet de dire, avec un niveau de rigueur statistique correct — une corrélation historique documentée, pas une prédiction. Ensuite, ses limites bien réelles, qui font que même les économistes qui l'utilisent le plus sérieusement refusent d'en faire un signal de market timing. Pour l'argument qui consiste à diversifier un portefeuille mondial avec des petites et moyennes capitalisations lorsque les grands indices sont chers, voir notre article sur les small caps et les mid caps.
Ce que mesure le CAPE ratio
Le PER (price-earnings ratio) classique divise le cours d'une action ou d'un indice par son bénéfice par action sur les 12 derniers mois. Le problème de ce calcul est qu'il est très sensible au cycle économique : en haut de cycle, les bénéfices des entreprises sont gonflés et le PER paraît artificiellement bas ; en creux de cycle (une récession, une crise), les bénéfices s'effondrent et le PER classique explose sans que les prix aient forcément bougé — ce qui donne des signaux trompeurs au pire moment.
Le CAPE ratio (Cyclically Adjusted Price-Earnings Ratio), aussi appelé PER de Shiller, corrige ce défaut en divisant le cours actuel non pas par le bénéfice de l'année en cours, mais par la moyenne des bénéfices réels — c'est-à-dire ajustés de l'inflation — des 10 dernières années. L'idée est de lisser un cycle économique complet pour obtenir une mesure de valorisation plus stable et moins sensible à un pic ou un creux ponctuel de rentabilité.
- —PER classique = Cours actuel / Bénéfice par action des 12 derniers mois
- —CAPE ratio = Cours actuel / Moyenne des bénéfices réels par action des 10 dernières années
D'où vient cet indicateur : Campbell, Shiller et le prix « Nobel » 2013
Le CAPE n'est pas une invention marketing récente. Sa base académique remonte à un papier de John Y. Campbell et Robert J. Shiller, « Stock Prices, Earnings, and Expected Dividends », publié dans le Journal of Finance en juillet 1988 (également diffusé comme document de travail du NBER la même année). Les deux chercheurs y montrent, sur des données américaines couvrant la période 1871-1986, qu'une moyenne longue des bénéfices réels constitue un bon prédicteur de la valeur actualisée des dividendes futurs — un résultat qui reste solide même en tenant compte de l'information déjà contenue dans les prix de marché.
L'indicateur a été popularisé bien au-delà du monde académique par le livre de Robert Shiller, « Irrational Exuberance », publié en 2000 — l'année même où la bulle internet a commencé à se dégonfler, ce qui a donné une résonance particulière à l'ouvrage. Shiller a reçu en 2013 le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel (couramment appelé « prix Nobel d'économie »), partagé avec Eugene F. Fama et Lars Peter Hansen, pour leurs travaux d'analyse empirique des prix des actifs. Depuis, le CAPE du S&P 500 est calculé et publié en continu, notamment via la base de données que Shiller met à disposition et que plusieurs sites financiers republient et actualisent quotidiennement.
Le niveau actuel du CAPE et ce qu'il signifie
Au 14 septembre 2026, le Shiller PE Ratio du S&P 500 s'établissait à 40,90 selon multpl.com, un site qui republie directement la base de données de Robert Shiller. D'autres agrégateurs publiant la même série arrivent à des valeurs très proches sur la même période (autour de 40,6 à 40,7), avec de petits écarts qui tiennent à des différences mineures de méthodologie ou de date de mise à jour des bénéfices trimestriels — il n'existe pas une valeur unique et parfaitement consensuelle à la décimale près, mais une fourchette resserrée autour de 40,6-40,9 qu'il est raisonnable de retenir pour situer le niveau actuel. Nous vous invitons à vérifier la valeur du jour sur multpl.com/shiller-pe au moment de votre lecture, puisque ce chiffre évolue chaque jour avec le cours de l'indice.
| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| CAPE S&P 500 au 14/09/2026 | ≈ 40,6 à 40,9 | multpl.com, base de données Shiller republiée |
| Moyenne historique depuis 1881 | ≈ 17,4 | multpl.com |
| Médiane historique depuis 1881 | ≈ 16,1 | multpl.com |
| Point le plus haut jamais atteint | 44,2 (décembre 1999, bulle internet) | multpl.com |
Deux constats découlent directement de ce tableau. Le premier est que le marché américain se paie aujourd'hui environ 2,3 fois sa moyenne historique de long terme — un écart qui n'a rien d'anodin. Le second est que ce niveau reste, à ce jour, inférieur au pic de décembre 1999 (44,2), ce qui en fait le deuxième plus élevé de l'histoire de la série depuis 1881, et non le premier. Cette nuance compte : elle évite de transformer un niveau élevé en « record absolu jamais vu », ce qu'il n'est pas tout à fait.
Ce que dit la relation historique entre CAPE et rendements à 10 ans
C'est ici que l'indicateur devient utile pour un épargnant, et c'est aussi ici qu'il faut être le plus rigoureux. Plusieurs travaux, dans la continuité directe de Campbell et Shiller, ont cherché à mesurer statistiquement la relation entre le niveau de CAPE au moment où l'on investit et le rendement réel (net d'inflation) réalisé sur les 10 années suivantes. Cliff Asness, cofondateur du gérant quantitatif AQR Capital Management, a publié en 2012 un papier resté une référence sur le sujet, « An Old Friend: The Stock Market's Shiller PE », qui trie chaque mois entre 1926 et 2010 selon le décile de CAPE de départ et calcule le rendement réel moyen réalisé sur les 10 années suivantes pour chaque décile. Sa conclusion, reprise depuis par de nombreux gérants et chercheurs, est celle d'une relation monotone : plus le CAPE de départ est bas, plus le rendement réel à 10 ans a historiquement été élevé en moyenne, et inversement plus le CAPE de départ est haut, plus ce rendement a historiquement été faible — avec, dans les déciles les plus chers, une probabilité non négligeable de rendement réel proche de zéro, voire négatif, sur la décennie suivante.
Nous n'avons pas pu retrouver et vérifier en direct le tableau chiffré précis, décile par décile, de ce papier AQR au moment de la rédaction de cet article — seule la méthodologie et la conclusion qualitative (la relation monotone décroissante) ont pu être recoupées via plusieurs analyses secondaires concordantes. Si ce chiffre vous intéresse précisément, nous vous recommandons de consulter directement la publication AQR plutôt que de vous fier à un chiffre repris de seconde main. Dans le même esprit, le gérant Research Affiliates indique, dans une publication intitulée « CAPE Fear: Why CAPE Naysayers Are Wrong », que le logarithme du CAPE présente une corrélation avec les rendements boursiers réalisés à 10 et 20 ans supérieure à 80 % en valeur absolue sur environ 90 années de données — un chiffre que nous rapportons ici à titre indicatif, également non vérifié en accès direct sur le document source, à recouper vous-même avant de vous en servir comme d'une donnée définitive.
Une corrélation historique, pas une prédiction certaine
Il faut être précis sur ce que cette relation dit et ne dit pas. Elle décrit un lien statistique observé sur des données passées entre un niveau de départ et un rendement réalisé ensuite — ce n'est ni une loi de la physique, ni une garantie, ni un signal permettant de deviner le bon moment pour sortir du marché ou y rentrer à court terme. Des périodes de CAPE élevé ont été suivies de rendements décennaux très corrects (les années 1990 en offrent un exemple), tout comme des périodes de CAPE bas ont parfois été suivies de rendements décevants. Le CAPE dit quelque chose sur la probabilité et la tendance moyenne, pas sur ce qui va se passer précisément dans votre cas. Nos propres calculs sur les données de Shiller, selon le niveau de CAPE au départ, figurent dans notre article sur les rendements historiques des actions. Un des gérants institutionnels qui utilise le plus systématiquement cette logique, Vanguard, l'intègre d'ailleurs comme un ancrage parmi d'autres — pas le seul facteur — dans son modèle de prévision de rendements à long terme (le Vanguard Capital Markets Model), qui combine le CAPE ajusté à une estimation de juste valeur tenant compte des taux d'intérêt et de l'inflation à 10 ans. Selon les projections publiées par Vanguard au 31 décembre 2025 (données à recouper au moment de votre lecture, ce type de prévision étant révisé régulièrement), le rendement annualisé attendu pour les actions américaines sur les 10 années suivantes se situait dans une fourchette d'environ 3,9 % à 5,9 %, nettement inférieure aux rendements moyens historiques du marché américain sur longue période.
Les limites sérieuses du CAPE comme indicateur
Le CAPE reste un indicateur discuté, y compris par des économistes qui ne le rejettent pas en bloc. Trois critiques reviennent régulièrement dans la littérature et méritent d'être prises au sérieux plutôt que balayées.
Les changements de normes comptables faussent la comparaison dans le temps
Le calcul du CAPE repose sur des bénéfices comptables publiés selon les normes GAAP, qui ont changé plusieurs fois depuis 1988. Le traitement des dépréciations de goodwill après 2001-2002, ainsi que les importantes dépréciations comptables enregistrées lors de la crise de 2008-2009, ont mécaniquement réduit les bénéfices moyens sur 10 ans à certaines périodes sans que cela reflète une dégradation économique comparable de la même ampleur — ce qui peut gonfler artificiellement le CAPE calculé sur ces fenêtres. Cette critique, portée notamment par l'économiste Jeremy Siegel, fragilise en partie la comparabilité stricte du CAPE d'une décennie à l'autre. Nous rapportons cet argument tel qu'il est repris dans plusieurs analyses secondaires, sans avoir pu recouper le détail chiffré de son impact exact sur le niveau actuel du ratio.
Le basculement des dividendes vers les rachats d'actions
Historiquement, les entreprises américaines redistribuaient l'essentiel de leur capital excédentaire sous forme de dividendes. Depuis plusieurs décennies, une part croissante de ce capital est redistribuée sous forme de rachats d'actions (buybacks), qui réduisent le nombre d'actions en circulation plutôt que de verser un dividende visible. Toutes choses égales par ailleurs, une entreprise qui privilégie les rachats d'actions voit ses bénéfices par action progresser plus vite mécaniquement (moins d'actions au dénominateur), ce qui peut rendre les comparaisons de CAPE entre une époque dominée par les dividendes et une époque dominée par les buybacks moins directement comparables qu'il n'y paraît. C'est un point de méthode réel, mais dont l'ampleur précise sur le niveau actuel du CAPE reste, à notre connaissance, difficile à chiffrer avec certitude.
Une composition d'indice qui a profondément changé
Le S&P 500 d'aujourd'hui n'est plus composé des mêmes entreprises, avec les mêmes profils, que le S&P 500 d'il y a 10 ans. Le poids croissant de quelques méga-capitalisations technologiques à très forte croissance et à faible intensité capitalistique crée un décalage : le prix actuel de l'indice reflète le poids de ces sociétés aujourd'hui, alors que le calcul du CAPE moyenne des bénéfices sur 10 ans qui incluent des années où ces mêmes sociétés pesaient beaucoup moins dans l'indice. L'exemple souvent cité est celui de Nvidia, dont le poids dans l'indice aurait fortement progressé sur la décennie à mesure que ses bénéfices explosaient — un chiffre de croissance de plusieurs milliers de pourcents sur 10 ans circule dans certaines analyses, mais nous ne l'avons pas recoupé à une source primaire suffisamment fiable pour le reprendre tel quel ici ; retenez seulement le mécanisme, pas le chiffre précis. Ce phénomène de composition changeante rend, selon certains analystes, la comparaison du CAPE actuel avec celui des décennies antérieures moins directe qu'un simple chiffre unique ne le laisse penser.
Aucune de ces trois critiques n'invalide le CAPE en tant qu'indicateur de tendance de valorisation de long terme — elles expliquent surtout pourquoi il faut le lire comme un signal parmi d'autres, avec du recul, plutôt que comme un chiffre unique et infaillible qui dirait précisément « le marché est cher de X % ».
Et pour les actions européennes ou l'indice MSCI World ?
La série CAPE de Shiller porte historiquement sur le seul marché américain, qui bénéficie de plus d'un siècle de données comptables homogènes — un luxe qu'aucun autre grand marché boursier ne possède au même degré. Il existe cependant des tentatives de calcul équivalent pour d'autres zones géographiques. Selon Siblis Research, un cabinet de recherche indépendant, le CAPE d'un indice mondial regroupant environ 3 000 des plus grandes sociétés cotées (marchés développés et émergents) s'établissait à 29,12 au 1er juillet 2026, et celui de l'indice STOXX Europe 600 (qui couvre 17 pays européens) à 23,63 à la même date, avec un PER courant de 19,67 et un PER prévisionnel de 15,37 pour l'Europe. Ces chiffres, s'ils sont exacts, situeraient les actions européennes et, dans une moindre mesure, un panier mondial diversifié, à des niveaux de valorisation nettement inférieurs à celui du seul S&P 500 — cohérent avec le constat, largement partagé, que la cherté actuelle du marché actions est concentrée sur les États-Unis et en particulier sur quelques grandes valeurs technologiques.
Il faut cependant être précis sur ce point : nous n'avons trouvé aucune source publique reconnue publiant un CAPE ratio officiel et spécifiquement calculé par MSCI lui-même pour l'indice MSCI World. Le chiffre de Siblis Research porte sur un indice mondial construit selon sa propre méthodologie, pas sur l'indice MSCI World au sens strict — ne le confondez pas avec une donnée officielle MSCI. Si vous investissez en ETF MSCI World, comme nous l'évoquons dans notre article sur le choix entre ETF MSCI World ou lignes détaillées, gardez à l'esprit que le poids des États-Unis dans cet indice dépasse aujourd'hui largement les deux tiers : la valorisation moyenne de votre ETF monde reste donc très influencée par le niveau du CAPE américain, même si elle ne s'y résume pas entièrement.
Ce que ça change, concrètement, pour un épargnant qui investit en DCA
Nous n'avons trouvé, dans cette recherche, aucune étude nommée et sourcée qui établirait un lien statistique direct entre le niveau de CAPE au démarrage et la stratégie optimale de versements programmés (DCA) par opposition à un investissement en une fois (lump sum). Le point qui suit relève donc de notre analyse de conseillers, présentée comme telle, et non d'une conclusion académique établie — à ce titre, nuançons-le clairement.
Dans notre article sur les versements programmés ou l'investissement en une fois, nous montrons, données Vanguard et Schwab à l'appui, que le lump sum bat statistiquement le DCA dans la majorité des configurations historiques, simplement parce que le marché monte plus souvent qu'il ne baisse. Cette conclusion ne dépend pas du niveau de valorisation de départ — elle reste globalement vraie même quand le CAPE est élevé. Un CAPE à 40 ne signifie donc pas, à lui seul, qu'il faille arrêter d'investir ou cesser ses versements programmés : ce serait transformer un indicateur de tendance statistique en signal de market timing, ce que la littérature elle-même déconseille.
Ce qu'un niveau de CAPE élevé peut en revanche légitimement interroger, c'est le degré de concentration d'une allocation. Un épargnant massivement investi sur le seul S&P 500, ou sur des valeurs technologiques américaines en particulier, porte une exposition beaucoup plus sensible à ce niveau de valorisation qu'un épargnant diversifié sur plusieurs zones géographiques, plusieurs classes d'actifs, voire des instruments à profil de risque différent. C'est un argument de diversification, pas un argument de sortie du marché — et c'est aussi la raison pour laquelle certains épargnants s'intéressent, en complément d'une poche actions, à des solutions qui offrent un profil de rendement différent, comme les produits structurés en assurance-vie, dont nous détaillons par ailleurs les coûts réels et les risques propres (ce ne sont ni des produits sans risque, ni une martingale contre la valorisation élevée du marché actions — juste un profil de risque distinct, à comprendre avant de s'y engager).
Un CAPE élevé signifie-t-il qu'un krach est imminent ?
Non. Le CAPE mesure un niveau de valorisation relatif à l'historique, pas un déclencheur de correction à court terme. Des marchés chers peuvent rester chers, ou devenir encore plus chers, pendant plusieurs années avant qu'une correction ne survienne — et le moment précis d'une correction n'est prévisible par aucun indicateur connu, CAPE compris.
Faut-il arrêter ses versements programmés (DCA) quand le CAPE est élevé ?
Rien dans la littérature ne le recommande. Les données historiques sur DCA vs lump sum favorisent l'investissement régulier ou immédiat indépendamment du niveau de valorisation de départ. Un CAPE élevé est un argument de diversification de l'allocation, pas d'arrêt des versements.
Le CAPE actuel de 40 est-il un record historique absolu ?
Non. C'est le deuxième niveau le plus élevé depuis 1881 selon la série republiée par multpl.com, derrière le pic de décembre 1999 (44,2) au sommet de la bulle internet.
Le CAPE fonctionne-t-il aussi bien pour prédire les rendements à 1 an ou 2 ans ?
Non, et c'est un point important : la relation statistique documentée par Campbell, Shiller puis par des travaux comme celui de Cliff Asness (AQR) porte sur des horizons longs, typiquement 10 ans. Sur des horizons courts (1 à 3 ans), le pouvoir explicatif du CAPE sur les rendements réalisés est beaucoup plus faible et peu fiable.
Existe-t-il un CAPE officiel pour l'indice MSCI World ?
Nous n'avons trouvé aucune source publique reconnue publiant un CAPE calculé et diffusé par MSCI lui-même pour cet indice. Des cabinets de recherche indépendants comme Siblis Research publient un CAPE pour un indice mondial construit selon leur propre méthodologie, à ne pas confondre avec une donnée officielle MSCI.
Ce qu'il faut retenir
Le CAPE ratio du S&P 500 se situe, à la mi-septembre 2026, autour de 40,6 à 40,9 — un niveau environ 2,3 fois supérieur à sa moyenne historique depuis 1881, et le deuxième plus élevé jamais enregistré. La littérature académique, depuis Campbell et Shiller jusqu'aux travaux plus récents de gérants comme AQR, Research Affiliates ou Vanguard, documente une corrélation historique robuste entre un CAPE de départ élevé et des rendements réels moyens plus faibles sur les 10 années suivantes — une tendance statistique, pas une prédiction certaine, et un indicateur qui a ses limites méthodologiques réelles (normes comptables, buybacks, composition changeante de l'indice). Concrètement, cela ne justifie ni d'arrêter d'investir ni de tenter du market timing sur la base de ce seul chiffre ; cela peut en revanche légitimement interroger le degré de concentration géographique et sectorielle d'une allocation. C'est précisément ce type de question — votre allocation actuelle est-elle cohérente avec votre horizon, votre tolérance au risque et votre exposition réelle aux marchés les plus chers — qu'un point structuré permet de objectiver. Vous pouvez réaliser votre bilan patrimonial en ligne pour y voir clair sur votre situation avant toute décision.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni une recommandation personnalisée d'achat, de vente ou d'arbitrage : les données de valorisation citées (CAPE ratio, niveaux historiques, projections de rendement) décrivent des tendances statistiques passées et ne préjugent en rien des performances futures des marchés. Les chiffres cités (niveau du CAPE, moyennes historiques, données Siblis Research, projections Vanguard) proviennent de sources tierces à la date indiquée et sont susceptibles d'évoluer rapidement ; vérifiez-les au moment de votre lecture, notamment sur multpl.com/shiller-pe pour la valeur actualisée du CAPE du S&P 500. Certains chiffres mentionnés dans cet article, signalés comme tels dans le texte, n'ont pu être recoupés qu'auprès de sources secondaires et méritent une vérification complémentaire avant toute utilisation. Tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision d'allocation ou d'arbitrage, faites le point sur votre situation personnelle avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
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