Détenir des parts de SCPI dans une SCI : à l'IR la fiscalité est celle de la détention directe, à l'IS deux couches d'impôt sans amortissement, aucune obligation légale d'expert-comptable et l'IFI reste dû à chaque niveau
Une SCPI est déjà une société transparente : la loger dans une SCI à l'IR ne change pas la fiscalité, et la loger dans une SCI à l'IS ajoute une couche d'impôt sans l'amortissement qui justifie l'IS pour l'immobilier en direct, puisque les SCPI n'amortissent pas leurs immeubles. Selon la tranche du foyer, IS puis prélèvement forfaitaire coûtent 41,7 à 48,6 % du revenu, contre 47,2 % à 58,2 % à l'IR pour un foyer taxé à 30 ou 41 %. Aucune loi n'impose un expert-comptable, et l'IFI s'applique à chaque niveau de la chaîne. Le raisonnement, les chiffres, le financement, et les cas où une SCI se justifie malgré tout.
Sommaire · 10 sections
- 01Une SCPI est déjà transparente, la SCI s'y ajoute
- 02SCI à l'IR : la même fiscalité, une formalité de plus
- 03SCI à l'IS : IS puis dividendes, le calcul
- 04Le vrai défaut de l'IS : aucun amortissement, une sortie sans abattement
- 05Les deux affirmations : ce que vaut chacune
- 06Le coût annuel : un chiffre qu'aucune source institutionnelle ne donne
- 07L'IFI : la SCI n'est pas un écran
- 08Financement et compte courant d'associé
- 09Quand une SCI se justifie malgré tout
- 10Les questions à poser sur un montage SCI et SCPI
Des cabinets de gestion, des banques privées et des sites de placement proposent parfois d'acheter des parts de SCPI par l'intermédiaire d'une société civile immobilière. Deux affirmations circulent à ce sujet : une SCI à l'impôt sur les sociétés ferait payer l'impôt de la société puis l'impôt sur les dividendes, et une SCI obligerait à recourir à un expert-comptable. Toutes deux contiennent une part de vrai et une part d'image. Cet article les examine à partir des textes, pour l'associé personne physique résident fiscal français, et s'appuie sur notre article sur le choix entre SCI à l'IR et à l'IS, qui traite l'immobilier détenu en direct.
Une SCPI est déjà transparente, la SCI s'y ajoute
Selon l'article 239 septies du Code général des impôts, les SCPI dont l'objet est conforme au Code monétaire et financier n'entrent pas dans le champ de l'impôt sur les sociétés : chacun de leurs membres est personnellement imposable, pour la part des bénéfices correspondant à ses droits, à l'impôt sur le revenu ou, s'il s'agit d'une personne morale relevant de cet impôt, à l'impôt sur les sociétés. Un particulier qui détient des parts de SCPI en direct déclare donc des revenus fonciers, au barème de l'impôt sur le revenu, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
Une SCI qui n'a pas opté pour l'impôt sur les sociétés est aussi transparente (CGI, art. 8) : ses associés sont imposés directement sur leur quote-part. Une SCI à l'IR qui détient des parts de SCPI ne crée donc aucun niveau d'imposition supplémentaire. Une SCI à l'IS, à l'inverse, est imposée sur le résultat qui lui est attribué par la SCPI. Selon l'article 238 bis K du Code général des impôts, lorsque des droits dans une société de personnes sont inscrits à l'actif d'une société à l'IS, la part de bénéfice correspondante est déterminée selon les règles applicables au bénéfice de cette société (BOFiP BOI-BIC-BASE-10-20-10).
SCI à l'IR : la même fiscalité, une formalité de plus
La SCI à l'IR qui détient des parts de SCPI dépose la déclaration 2072-S. La notice de l'administration prévoit une ligne pour les revenus ou déficits provenant de parts détenues dans d'autres sociétés immobilières non soumises à l'impôt sur les sociétés, dont les SCPI. Chaque associé reporte ensuite sa quote-part en revenus fonciers, sur la déclaration 2044 ou directement sur la 2042 selon le cas (BOFiP BOI-RFPI-CHAMP-30-20, § 250 et 260). Le BOFiP ne traite pas expressément le cas d'une SCI à l'IR qui détient des SCPI, chaîne de sociétés transparentes : cette application est une lecture des textes.
Le régime des intérêts d'emprunt suit celui des revenus fonciers. Selon le BOFiP (BOI-RFPI-BASE-20-80, § 130), les membres de sociétés immobilières non soumises à l'IS déduisent leur quote-part des intérêts des emprunts contractés par la société pour acquérir les immeubles, et les intérêts des prêts contractés à titre personnel pour acquérir leurs droits sociaux. L'application à un emprunt contracté par la SCI pour acheter des parts de SCPI n'est pas écrite expressément et se déduit par analogie ; un rescrit est prudent pour un montage à crédit. Le déficit foncier résultant des seuls intérêts d'emprunt ne s'impute que sur les revenus fonciers des dix années suivantes (CGI, art. 156, I, 3°). Une SCPI de rendement, qui verse 4 à 5 % de distribution avec un crédit à 3 ou 4 %, peut produire ce cas : les intérêts absorbent une grande partie du revenu, mais l'excédent n'est jamais imputable sur le revenu global.
Côté comptabilité, aucune disposition ne prévoit de bilan certifié pour une SCI à l'IR. Le Code civil (art. 1856) impose au gérant de rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an, par un rapport écrit d'ensemble, et le site de l'administration pour les entreprises précise que le gérant doit tenir une comptabilité. Deux points sont à vérifier avant le montage : l'objet social des statuts doit permettre de souscrire des parts de société, un acte étranger à l'objet social pouvant être opposé au gérant, et les associés répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leurs parts (Code civil, art. 1857), ce qui compte lorsque la SCI emprunte.
SCI à l'IS : IS puis dividendes, le calcul
Une SCI qui a opté pour l'impôt sur les sociétés paie l'IS sur sa quote-part de revenus de SCPI, au taux de 25 % ou, sous conditions, de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (CGI, art. 219, I). Le taux de 15 % suppose un chiffre d'affaires inférieur ou égal à 10 millions d'euros et un capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Lorsque la SCI distribue le résultat à ses associés personnes physiques, ils paient ensuite le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème. Le BOFiP (BOI-RFPI-CHAMP-30-20, § 120) confirme la mécanique : un revenu de société soumise à l'IS est imposé à l'IS lors de sa réalisation, puis, lorsqu'il est distribué, au nom des associés au titre des revenus mobiliers.
| Sur 100 € de revenu net imposable issu de SCPI | Prélèvement total | Reste à l'associé |
|---|---|---|
| SCI à l'IR, tranche à 11 % | 28,20 € | 71,80 € |
| SCI à l'IR, tranche à 30 % | 47,20 € | 52,80 € |
| SCI à l'IR, tranche à 41 % | 58,20 € | 41,80 € |
| SCI à l'IR, tranche à 45 % | 62,20 € | 37,80 € |
| SCI à l'IS à 25 %, tout distribué | 48,55 € | 51,45 € |
| SCI à l'IS à 15 %, tout distribué | 41,69 € | 58,31 € |
| SCI à l'IS, bénéfice conservé dans la société | 25 € ou 15 €, l'impôt sur la distribution étant reporté | 75 € ou 85 € restent dans la société |
Le tableau additionne la tranche marginale et les prélèvements sociaux de 17,2 % pour l'IR, avant les contributions sur les hauts revenus (CEHR et CDHR, voir CEHR et CDHR), les charges déductibles et le crédit d'impôt éventuel. Il conduit à des points d'égalité : l'IS distribué à 25 % coûte autant que l'IR pour une tranche d'environ 31 %, et l'IS à 15 % pour une tranche d'environ 24,5 %. À 11 %, l'IR est moins cher ; à 41 % ou 45 %, l'IS distribué est moins cher, de 10 à 16 points. Si les bénéfices sont conservés, l'IS reporte l'impôt sur la distribution sans le supprimer : la sortie, par dividende ou boni de liquidation, supporte 31,4 %.
Ces écarts ne comptent ni le coût de la comptabilité d'une société à l'IS, ni l'absence de l'avantage qui fait choisir l'IS pour l'immobilier en direct. Le seuil de 42 500 € correspond, à un taux de distribution de 4,91 % (moyenne 2025 selon l'ASPIM et l'IEIF), à environ 865 000 € de parts, en supposant que le bénéfice imposable égale la distribution ; c'est un ordre de grandeur, avant les frais de la SCI.
Le vrai défaut de l'IS : aucun amortissement, une sortie sans abattement
La raison fiscale habituelle de recourir à l'IS pour un immeuble détenu en direct est l'amortissement du bâti, qui réduit le résultat imposable. Elle disparaît ici. Le règlement de l'Autorité des normes comptables n° 2016-03 sur les SCPI (art. 131-33) prévoit que les immeubles et terrains, après leur entrée dans le patrimoine, ne font l'objet ni d'amortissement ni de dépréciation, sauf destruction physique significative. Le BOFiP (BOI-BIC-BASE-10-20-10, § 150) précise que les amortissements d'une société de personnes ne sont admis chez l'associé à l'IS que s'ils sont pratiqués dans les écritures de la société de personnes. Une SCI à l'IS qui détient des parts de SCPI n'a donc rien à amortir sur l'immeuble. Nous n'avons trouvé aucun texte qui l'autorise à amortir les parts elles-mêmes, et des sources secondaires concordantes indiquent qu'elle ne le peut pas : ce point est à vérifier.
À la revente, la plus-value réalisée par une société à l'IS sur des parts de SCPI est en principe imposée au taux normal, sans abattement pour durée de détention (CGI, art. 219, I, a quater et a quinquies ; BOFiP BOI-BIC-BASE-10-20-10, § 170). La qualification exacte de ces parts, titres de participation ou titres de portefeuille, pour la SCI n'est pas tranchée dans les sources lues. À l'inverse, pour une SCI à l'IR, la plus-value relève du régime des particuliers, avec exonération d'impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans, comme le détaille notre article sur les parts de SCPI reçues en héritage.
Enfin, l'option pour l'IS n'est pas anodine : elle est notifiée avant la fin du troisième mois de l'exercice, et elle devient irrévocable si la société n'y renonce pas au plus tard au cours du cinquième exercice suivant celui de l'option (CGI, art. 206, 3, b et 239).
Les deux affirmations : ce que vaut chacune
La première, selon laquelle une SCI à l'IS avec des SCPI « fait payer l'IS puis les dividendes », est exacte dans sa mécanique et trop simple dans sa conclusion. La double couche existe, mais elle est moins lourde que l'IR pour un foyer très imposé, et l'IS reporte l'impôt tant que les bénéfices ne sont pas distribués. Ce qui est vrai, c'est que la SCI à l'IS perd son seul avantage habituel, l'amortissement, et la sortie ne bénéficie d'aucun abattement de durée. Selon notre lecture, à tranche basse c'est perdant, à tranche haute et avec une longue période sans distribution il peut être gagnant, et à aucun moment la SCI ne crée d'avantage par elle-même : elle déplace le moment et le taux de l'impôt.
La seconde, selon laquelle une SCI oblige à avoir un comptable, est fausse comme obligation légale. Aucune disposition que nous avons lue n'impose le recours à un expert-comptable, ni pour une SCI à l'IR ni pour une SCI à l'IS. Le monopole de la profession, défini par l'ordonnance du 19 septembre 1945, porte sur la tenue des comptes d'autrui ; l'Ordre des experts-comptables lui-même le décrit comme concernant les entreprises qui ne souhaitent pas effectuer ces opérations en interne. Elle est en revanche plausible en pratique pour l'IS : une société soumise à l'IS doit tenir une comptabilité probante, déposer une déclaration de résultats avec liasse fiscale, et les relevés spéciaux pour les provisions ; un dirigeant peut le faire lui-même, mais la charge technique est réelle. Une SCI, même à l'IS, ne dépose pas ses comptes au greffe (INPI). À l'IR, la déclaration 2072-S et un rapport annuel du gérant se gèrent sans professionnel.
Le coût annuel : un chiffre qu'aucune source institutionnelle ne donne
La création d'une société civile coûte 79,71 € de formalités (60,38 € d'immatriculation et 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs), plus l'annonce légale, selon service-public.fr. Les honoraires d'un expert-comptable sont libres, sans barème, et nous n'avons pas trouvé de statistique institutionnelle par type de société : la fourchette de 1 000 à 2 000 € par an qui circule reste, à ce jour, non sourcée. L'arithmétique est en revanche simple : sur 100 000 € de parts de SCPI, un revenu distribué de 4,91 % représente 4 910 € ; un coût annuel de 1 000 €, s'il devait être engagé, absorberait 20 % de ce revenu, soit un point de rendement. Ce coût est un exemple de calcul, non une donnée de marché.
S'y ajoutent les frais propres aux SCPI, indépendants de la SCI : l'AMF indique des frais d'entrée de 5 à 12 % et des frais de gestion annuels de 8 à 10 % des revenus, et rappelle que le capital n'est pas garanti ; notre article sur les SCPI dites sans frais d'entrée détaille ces frais, et celui sur le blocage des retraits le risque de liquidité.
L'IFI : la SCI n'est pas un écran
Selon l'article 965, 2° du CGI, les parts de sociétés entrent dans l'assiette de l'IFI à hauteur de la fraction de leur valeur représentative de biens ou droits immobiliers détenus directement ou indirectement. Le BOFiP (BOI-PAT-IFI-20-20-20-10, § 1, 10 et 60) précise que cela vaut quelle que soit la forme juridique et le régime d'imposition de la société, et à travers un ou plusieurs niveaux d'interposition. Les parts de la SCI entrent donc dans l'assiette, et la fraction immobilière des SCPI qu'elle détient remonte jusqu'à l'associé. Le choix entre IR et IS ne change pas l'assiette. Notre article sur l'immobilier sans IFI par l'obligation détaille le raisonnement.
La valeur retenue est la valeur vénale au 1er janvier, sous le contrôle ultérieur de l'administration. Nous n'avons pas trouvé de position expresse qui fixe la valeur d'une part de SCPI pour l'IFI, prix de retrait, valeur de réalisation ou quote-part immobilière ; les sociétés de gestion publient en pratique une valeur destinée à l'IFI, sources secondaires à vérifier, et la déclaration doit être cohérente avec elles. Un point supplémentaire concerne le financement : si l'associé prête à la SCI par compte courant, cette dette n'est pas prise en compte pour évaluer les parts, sauf s'il justifie qu'elle n'a pas été contractée dans un objectif principalement fiscal (CGI, art. 973, II ; BOFiP BOI-PAT-IFI-20-30-30, § 30). Le calcul d'ensemble de l'IFI (seuil, dettes déductibles, décote) est détaillé dans notre mode d'emploi de l'IFI 2026.
Financement et compte courant d'associé
Pour une SCI à l'IS, les intérêts d'un emprunt bancaire sont en principe une charge déductible du résultat ; nous n'avons pas trouvé de disposition qui l'écarte pour l'achat de parts d'une société de personnes. Les intérêts versés aux associés sur leur compte courant sont déductibles dans la limite d'un taux plafond, qui est la moyenne annuelle des taux trimestriels de référence : 4,33 % pour un exercice de douze mois clos entre le 30 juin et le 29 septembre 2026 (BOFiP BOI-BIC-CHG-50-50-30). Cette limite ne s'applique pas à une SCI civile à l'IR, qui n'exerce pas d'activité commerciale. Le régime complet du compte courant (déductibilité selon le type de SCI, IFI, donation de parts, abus de droit) fait l'objet de notre article dédié.
Quand une SCI se justifie malgré tout
La SCI n'apporte pas d'avantage fiscal en soi pour des parts de SCPI, mais elle peut avoir un intérêt patrimonial. La donation de parts de SCI avec réserve d'usufruit permet de transmettre progressivement tout en conservant les revenus ; le Code civil (art. 1844) attribue le droit de vote au nu-propriétaire sauf pour l'affectation des bénéfices, sous réserve de convention contraire, et les statuts peuvent organiser la gérance. La SCI peut aussi structurer une détention à plusieurs, en couple ou en famille, avec des règles de gouvernance. Notre article sur la SCI et la transmission détaille le mécanisme. Pour des parts de SCPI détenues par une société à l'IS, l'usufruit temporaire est un autre outil, traité dans notre article sur l'usufruit de SCPI par une société.
Une précision sur la valeur des parts lors d'une donation : il n'existe pas de décote officielle pour des parts de SCI. Le guide de l'administration sur l'évaluation des titres de sociétés (édition de 2026) indique un abattement de non-liquidité d'un ordre de grandeur de 10 % pour les SCI qui n'ont pas de revenus, seulement lorsque la valeur mathématique est retenue ; pour une SCI qui perçoit des revenus, comme une SCI qui détient des SCPI, les méthodes classiques s'appliquent. La décote pour fiscalité latente n'est pas reconnue par la jurisprudence dans la gestion d'un patrimoine immobilier destiné à produire des revenus (Cour de cassation, 14 novembre 2018, n° 17-15.167 ; 26 septembre 2018, n° 17-20.000). Un montage présenté avec une décote automatique de 10 ou 15 % sur les parts de la SCI est donc une affirmation à vérifier.
Les questions à poser sur un montage SCI et SCPI
- 1.Quel régime fiscal la SCI a-t-elle choisi, et pourquoi ? À l'IS, l'option est irrévocable si la société n'y renonce pas avant la fin du cinquième exercice. Demander le calcul comparatif sur dix ans, avec la sortie.
- 2.Quel avantage la SCI apporte-t-elle que la détention directe ne donne pas ? Transmission, gouvernance, détention à plusieurs : si la réponse est fiscale, demander la base légale.
- 3.Qui tient la comptabilité, et à quel coût annuel ? Demander le montant en euros. Une SCI à l'IR se gère avec la 2072-S et un rapport du gérant ; une SCI à l'IS exige une comptabilité probante et une liasse fiscale.
- 4.Les statuts permettent-ils de souscrire des parts de SCPI ? Sinon, le gérant peut être exposé à un acte étranger à l'objet social.
- 5.La SCI emprunte-t-elle ? Dans ce cas, rappeler que les associés répondent indéfiniment des dettes, et demander l'analyse écrite de la déductibilité des intérêts.
- 6.Comment l'IFI est-il déclaré ? La valeur des parts de SCI et de SCPI, la fraction immobilière et le traitement d'un compte courant d'associé doivent figurer dans une note.
- 7.Que se passe-t-il à la sortie ? Plus-value d'une société à l'IS sans abattement de durée, plus-value de particuliers avec abattements pour une SCI à l'IR, et prix de retrait de la SCPI.
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Une SCI change-t-elle la fiscalité des parts de SCPI ?
Pas à l'IR : la SCPI et la SCI sont toutes deux transparentes (CGI, art. 239 septies et 8), et l'associé déclare des revenus fonciers comme en détention directe. À l'IS, la SCI est imposée sur sa quote-part au taux de 25 % ou de 15 % sous conditions, puis les distributions supportent le prélèvement forfaitaire de 31,4 %.
La double imposition d'une SCI à l'IS est-elle toujours perdante ?
Non. IS puis prélèvement forfaitaire coûtent 48,55 € ou 41,69 € sur 100 € de revenu, contre 47,20 € à 58,20 € à l'IR pour une tranche de 30 % ou 41 %. L'IS distribué est plus cher qu'à l'IR pour une tranche inférieure à environ 31 % ou 24,5 %. Le désavantage réel est l'absence d'amortissement et d'abattement de durée à la sortie.
Peut-on amortir des parts de SCPI dans une SCI à l'IS ?
Les SCPI n'amortissent pas leurs immeubles (règlement ANC 2016-03, art. 131-33), et l'amortissement d'une société de personnes n'est admis chez l'associé à l'IS que s'il est pratiqué par cette société. Nous n'avons trouvé aucun texte qui autorise l'amortissement des parts elles-mêmes ; à vérifier.
Faut-il obligatoirement un expert-comptable pour une SCI ?
Non. Aucun texte lu ne l'impose, ni à l'IR ni à l'IS. Le gérant doit tenir une comptabilité et rendre compte annuellement aux associés (Code civil, art. 1856). À l'IS, la comptabilité doit être probante et accompagnée d'une liasse fiscale, ce qui rend l'aide d'un professionnel plausible. Le coût annuel n'est pas sourcé.
La SCI protège-t-elle de l'IFI ?
Non. Les parts de SCI entrent dans l'assiette à hauteur de la fraction immobilière, et la fraction immobilière des SCPI détenues par la SCI y remonte, à travers un ou plusieurs niveaux de sociétés (CGI, art. 965, 2° ; BOFiP BOI-PAT-IFI-20-20-20-10). Le choix IR ou IS ne change pas l'assiette.
Les intérêts d'un emprunt de la SCI sont-ils déductibles ?
À l'IR, les intérêts sont déductibles des revenus fonciers ; l'application à un emprunt de la SCI pour acheter des parts de SCPI se déduit par analogie du BOFiP. Un déficit dû aux seuls intérêts ne s'impute que sur les revenus fonciers des dix années suivantes. À l'IS, ils sont déductibles du résultat.
Une donation de parts de SCI bénéficie-t-elle d'une décote de 10 à 15 % ?
Pas automatiquement. Le guide de l'administration de 2026 cite un abattement indicatif de 10 % pour les SCI sans revenus, sur la valeur mathématique. Pour une SCI qui détient des SCPI et perçoit des revenus, les méthodes classiques s'appliquent, et la décote pour fiscalité latente n'est pas reconnue par la jurisprudence citée.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil juridique ou fiscal personnalisé, et ne visent aucune SCPI ni aucune société de gestion en particulier : l'intérêt d'une SCI dépend de la situation de chaque associé, de la composition de la SCI, de son financement et de son objectif de transmission. Le capital investi en parts de SCPI n'est pas garanti et la revente peut demander plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Les taux de distribution passés ne préjugent pas des résultats futurs. Le tableau des prélèvements est un calcul arithmétique illustratif pour 100 € de revenu net imposable, avant la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, les charges, les crédits d'impôt et le coût de la comptabilité. Le raisonnement selon lequel la SCI n'apporte aucun avantage fiscal en soi est notre lecture cumulée des textes, non une position de l'administration ; l'application du BOFiP à la chaîne SCI et SCPI, l'amortissement des parts de SCPI par une SCI à l'IS, la qualification des parts pour la plus-value, la valeur IFI d'une part de SCPI, la déductibilité d'un emprunt de la SCI et le coût annuel de la comptabilité sont à vérifier auprès d'un fiscaliste ou par rescrit. Sources : Code général des impôts, articles 8, 31, 156, 206, 219, 238 bis K, 239, 239 septies, 965, 973 et 974, et 200 A ; BOFiP BOI-BIC-BASE-10-20-10, BOI-RFPI-CHAMP-30-20, BOI-RFPI-BASE-20-80, BOI-PAT-IFI-20-20-20-10, BOI-PAT-IFI-20-30-30 et BOI-BIC-CHG-50-50-30 ; règlement de l'Autorité des normes comptables n° 2016-03 (SCPI), art. 131-33 ; Code civil, articles 1844, 1855, 1856 et 1857 ; ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945 ; notice DGFiP de la déclaration 2072-S ; service-public.fr (SCI et coût des formalités de création) ; INPI, dépôt des comptes annuels ; Ordre des experts-comptables, questions fréquentes ; DGFiP, guide de l'évaluation des entreprises et des titres de sociétés (2026) ; Cour de cassation, 14 novembre 2018 (n° 17-15.167) et 26 septembre 2018 (n° 17-20.000) ; AMF, fiche « Investir dans une SCPI » (décembre 2023) ; ASPIM et IEIF, communiqué du 10 février 2026 ; Code de la sécurité sociale, article L136-8.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Un ou deux points de frais de gestion par an, ça a l'air de rien. Sur 20 ans, avec 100 000 € placés, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.
Sources : Simulateur de frais de placements · Tarifs et transparence