Le Rempart FinancierLe Rempart Financier
← Apprendre·Fiscalité & optimisation
PROBLÈMES

Contributions sur les hauts revenus : la CEHR (3 % puis 4 % au-delà de 250 000 €) et la CDHR (jusqu'à 20 % du revenu retraité), qui les paie, le calcul avec des dividendes au PFU, des plus-values et des revenus exceptionnels, l'acompte de décembre et jusqu'à quand

Par Alexandre Pollet·Mis à jour le 21 septembre 2026·10 min de lecture
L'essentiel

Deux contributions s'ajoutent à l'impôt sur le revenu des foyers les plus aisés. La contribution exceptionnelle (CEHR, article 223 sexies du CGI) applique 3 % puis 4 % au revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € pour un célibataire (500 000 € pour un couple) ; elle date des revenus de 2011 et concerne aussi les non-résidents. La contribution différentielle (CDHR, article 224), créée par la loi de finances pour 2025 et modifiée par celle pour 2026, complète l'impôt d'un foyer domicilié en France jusqu'à 20 % de son revenu retraité, après imputation de l'impôt sur le revenu, de la CEHR et, pour un couple, de 12 500 €. Elle touche surtout les revenus du capital taxés au prélèvement forfaitaire unique : un salarié à 300 000 € n'est pas redevable, un dirigeant à 400 000 € dont 340 000 € de dividendes doit 20 876 € de CDHR. Sur les revenus de 2025, elle a rapporté 0,4 Md€ au budget de l'État pour 2,0 Md€ attendus, selon la Cour des comptes. L'acompte des revenus de 2026 est dû entre le 1er et le 15 décembre 2026.

Sommaire · 10 sections
  1. 01Deux contributions, deux logiques
  2. 02La CEHR : 3 % puis 4 % du revenu fiscal de référence
  3. 03La CDHR : la formule, la décote et ce que « 20 % » veut dire
  4. 04Quel revenu compte : PFU, dividendes, plus-values, apport-cession
  5. 05Revenus exceptionnels : le quart
  6. 06Quatre exemples chiffrés
  7. 07L'acompte de décembre et les pénalités
  8. 08Non-résidents, départ et arrivée en France
  9. 09Ce que disent les chiffres officiels
  10. 10Jusqu'à quand ?

On confond souvent les deux contributions. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) existe depuis les revenus de 2011 : c'est un barème à deux taux sur le revenu fiscal de référence. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est récente : créée par la loi de finances pour 2025, modifiée par celle pour 2026, elle vise à ce qu'un foyer très aisé ne paie pas, au titre de l'impôt sur le revenu, sensiblement moins de 20 % de son revenu. Elle touche surtout des revenus du capital taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU), ce qui en fait un sujet de dirigeants, d'associés et de cédants.

Les règles de la CDHR ne sont pas exactement les mêmes pour l'impôt de 2026 (revenus de 2025) et pour celui de 2027 (revenus de 2026, dont l'acompte tombe en décembre 2026). Cet article donne les textes, quatre exemples chiffrés, ce que disent les chiffres officiels, et ce que nous n'avons pas pu établir. Il ne recommande aucune décision : le calcul d'un foyer dépend de tous ses revenus.

Deux contributions, deux logiques

CEHRCDHR
TexteCGI, article 223 sexies (loi de finances pour 2012)CGI, article 224 (loi n° 2025-127, article 10 ; loi n° 2026-103, article 2)
PériodeDepuis les revenus de 2011, jusqu'à l'année où le déficit public est nul (BOFiP)Revenus de 2025 et suivants, jusqu'à l'année où le déficit du budget général de l'État repasse sous 3 % du PIB
RedevablesFoyers passibles de l'impôt sur le revenu, non-résidents compris (revenus de source française)Foyers domiciliés en France ; non-résidents exclus, sauf « Schumacker » ; Français résidant à Monaco inclus
SeuilsRevenu fiscal de référence (RFR) supérieur à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple)Revenu retraité supérieur aux mêmes seuils, et premier terme de la formule supérieur au second
Calcul3 % de 250 000 à 500 000 € (couple : 500 000 à 1 000 000 €), 4 % au-delà20 % du revenu retraité, moins l'impôt, la CEHR, les prélèvements libératoires, 1 500 € par personne à charge et 12 500 € pour un couple
PaiementAvec l'impôt sur le revenu, sans acompteAcompte de 95 % entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition, solde avec l'avis d'impôt
DoctrineBOI-IR-CHR (11 juillet 2017)BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30 (30 juin 2026)

La CEHR : 3 % puis 4 % du revenu fiscal de référence

La contribution s'applique au revenu fiscal de référence du foyer (article 1417, IV, 1° du CGI), sans le mécanisme du quotient de l'article 163-0 A et sans les plus-values d'apport-cession de l'article 150-0 B ter dont le report expire. Les charges de famille ne comptent pas (BOFiP, § 110) : le barème distingue le célibataire et le couple, mais le nombre d'enfants n'y change rien.

Pour un célibataire, le taux est de 3 % sur la fraction du RFR comprise entre 250 000 et 500 000 € (7 500 € au plus) puis de 4 % au-delà. Pour un couple, 3 % entre 500 000 et 1 000 000 € (15 000 € au plus) puis 4 %. Un célibataire à 300 000 € de RFR paie 1 500 €, à 400 000 € 4 500 € (exemple du BOFiP), à 600 000 € 11 500 € ; un couple à 700 000 € paie 6 000 €, à 1 200 000 € 23 000 €.

Un quotient propre à la CEHR atténue l'effet d'un revenu exceptionnel (article 223 sexies, II-1). Il joue si trois conditions sont réunies : le RFR de chacune des deux années précédentes n'a pas dépassé 250 000 € (500 000 € pour un couple), le RFR de l'année atteint au moins une fois et demie la moyenne de ces deux années, et le foyer était passible de l'impôt sur le revenu pour plus de la moitié de ses revenus de même nature. La fraction du RFR supérieure à la moyenne est alors divisée par deux et ajoutée à la moyenne, et la cotisation obtenue est multipliée par deux. Exemple de notre calcul : un RFR de 1 260 000 € après une cession, avec 60 000 € les deux années précédentes, donne 3 % × 250 000 + 4 % × 760 000 = 37 900 € sans quotient ; avec le quotient, la base est 60 000 + (1 260 000 − 60 000) / 2 = 660 000 €, la cotisation sur cette base 7 500 + 4 % × 160 000 = 13 900 €, doublée : 27 800 €.

La CEHR frappe aussi les non-résidents qui disposent de revenus de source française compris dans leur revenu fiscal de référence (BOFiP, § 30), sous réserve des conventions fiscales. Elle est déclarée, contrôlée et recouvrée comme l'impôt sur le revenu, sans acompte.

La CDHR : la formule, la décote et ce que « 20 % » veut dire

La CDHR (article 224 du CGI) est due par les foyers domiciliés en France dont le « revenu » au sens de l'article dépasse 250 000 € (célibataire, veuf, séparé ou divorcé) ou 500 000 € (imposition commune). Ce revenu est le revenu fiscal de référence, sans quotient, diminué notamment des abattements de 40 % sur les dividendes soumis au barème, des bénéfices exonérés, des revenus exonérés des impatriés (article 155 B), des produits imposés à 10 % (brevets), des plus-values d'apport-cession dont le report expire et des revenus exonérés par une convention fiscale. Le BOFiP l'appelle « revenu de référence » ; nous l'appelons revenu retraité.

La contribution est égale à la différence, si elle est positive, entre deux montants (article 224, III et IV). Le premier est 20 % du revenu retraité. Le second est la somme de l'impôt sur le revenu (barème, plus 12,8 % pour le PFU, majoré de l'avantage de certaines réductions et crédits d'impôt), de la CEHR, des prélèvements libératoires, de 1 500 € par personne à charge et, pour un couple soumis à imposition commune, de 12 500 €.

Une décote adoucit l'entrée dans le dispositif : quand le revenu retraité ne dépasse pas 330 000 € (660 000 € pour un couple), le premier terme n'est pas 20 % du revenu mais 82,5 % de la fraction située au-dessus de 250 000 € (500 000 € pour un couple). Les deux valeurs se rejoignent à 330 000 € : 82,5 % × 80 000 = 66 000 = 20 % × 330 000 (article 224, V).

Conséquence arithmétique, selon notre lecture du texte : pour un redevable, l'impôt sur le revenu, la CEHR et la CDHR réunis valent 20 % du revenu retraité, moins 12 500 € pour un couple et moins 1 500 € par personne à charge. Le « minimum de 20 % » n'est donc exact que pour un célibataire sans charge. Dans la zone de décote, chaque euro de revenu supplémentaire ajoute 82,5 centimes d'impôt total. Pour un célibataire dont tous les revenus sont au PFU, la contribution commence vers 298 000 € (calcul de notre part).

Pour le PFU, seule la part d'impôt sur le revenu de 12,8 % est retenue ; les prélèvements sociaux ne comptent ni dans le revenu ni dans le calcul (BOFiP ; rapport du Sénat n° 760). L'impôt retenu est majoré de l'avantage des réductions et crédits d'impôt que liste l'article 224 (IV, A, 2°) : ceux qui concernent des investissements et dépenses jusqu'au 31 décembre 2025 (article 10 de la loi de 2025) et, à partir des revenus de 2026, les dons de l'article 200 (voir dons et mécénat). Une réduction hors liste, comme l'emploi d'un salarié à domicile, réduit donc le second terme, et la CDHR la reprend chez un redevable : c'est notre lecture du texte, sans exemple officiel.

Quel revenu compte : PFU, dividendes, plus-values, apport-cession

RevenuCEHR (revenu fiscal de référence)CDHR (revenu retraité)
Dividendes, intérêts et plus-values de titres au PFUMontant brutMontant brut ; impôt retenu : 12,8 %
Dividendes avec option pour le barèmeMontant brut (l'abattement de 40 % est réintégré dans le RFR)Abattement de 40 % retiré (article 224, II, 1°)
Plus-value avec abattement pour durée de détention (titres acquis avant 2018)Avant abattementAvant abattement ; impôt retenu après abattement
Abattement fixe du dirigeant partant en retraite (article 150-0 D ter)Gain avant abattementGain après abattement, selon notre lecture du texte (aucun exemple officiel lu)
Plus-value d'apport-cession (article 150-0 B ter)Report non réintégré au RFR ; exclue à l'expiration du reportExclue du revenu retraité (II, 6°) ; l'impôt correspondant n'est retiré du second terme qu'à partir des revenus de 2026
Rachats d'assurance-vieGains dans le RFR (anciens contrats à prélèvement libératoire compris)Gains dans le revenu ; prélèvements libératoires retenus au second terme, sauf ceux effectués avant le 15 février 2025 (revenus de 2025)
Revenus de source étrangèreInclusInclus ; ceux exonérés par une convention sont retirés (II, 7°)
Dividendes reçus de sa propre holdingComptent à la perceptionIdem ; aucune règle lue qui prenne en compte les bénéfices conservés dans la holding

Un cas particulier, selon notre lecture du texte : l'option pour le barème retire l'abattement de 40 % du revenu retraité, et la CSG déductible de 6,8 points réduit le RFR. Dans l'exemple (b) plus bas, l'option ramène le revenu retraité à 240 880 €, sous le seuil de 250 000 € : plus de CDHR, mais un impôt de 84 920 € et une CEHR de 3 806 €, soit 88 726 € contre 80 000 € au PFU avec CDHR. Échapper à la CDHR par l'option n'est donc pas gratuit ; pour la comparaison des deux régimes, voir PFU ou barème.

Revenus exceptionnels : le quart

La CDHR prévoit un traitement des revenus qui, « par leur nature », ne sont pas susceptibles d'être recueillis chaque année et dont le montant dépasse la moyenne des revenus nets des trois dernières années : ils ne sont retenus que pour un quart de leur montant (article 224, II ; BOFiP BOI-IR-CDHR-20). Deux conditions cumulatives : la nature, car une activité habituelle est exclue même si ses revenus varient beaucoup, et le montant. Pour une plus-value de cession de titres, le BOFiP retient le caractère exceptionnel si l'opération est ponctuelle, pas si des opérations de même nature existent avant et après ; la gestion de portefeuille est sans incidence.

Le quart s'applique au revenu retraité (avant abattements pour durée de détention, admis par la doctrine) et à l'impôt correspondant (après abattements), sans quotient de l'article 163-0 A. C'est une faculté, à demander sur la déclaration complémentaire 2042-C (cases 8KD à 8KG pour les revenus à taux proportionnel) ; en cas de demande à tort, l'administration peut la remettre en cause par une proposition de rectification (BOI-IR-CDHR-30). Trois mécanismes distincts sont à ne pas confondre : le quotient de l'impôt sur le revenu (article 163-0 A), le quotient propre de la CEHR (article 223 sexies, II-1) et ce « quart » de la CDHR.

Quatre exemples chiffrés

Hypothèses : barème de l'impôt sur le revenu 2026 (revenus de 2025), célibataire à une part ou couple à deux parts sans personne à charge, salaires exprimés en revenu net imposable après la déduction de 10 %, dividendes et plus-values au PFU pour leur part d'impôt de 12,8 %, aucun autre revenu, aucune réduction ni crédit d'impôt, aucun prélèvement libératoire, prélèvements sociaux ignorés, revenus non exceptionnels sauf au cas (d). Premier terme : 20 % du revenu retraité, ou 82,5 % de la fraction au-dessus du seuil si le revenu ne dépasse pas 330 000 € (660 000 € pour un couple). Second terme : impôt, plus CEHR, plus 12 500 € pour un couple.

CasRevenu (RFR)Impôt sur le revenuCEHRPremier termeSecond termeCDHR
(a) Salarié célibataire, 300 000 € de salaire300 000 €111 524 €1 500 €41 250 €113 024 €0 €
(b) Dirigeant célibataire, 60 000 € de salaire et 340 000 € de dividendes au PFU400 000 €54 624 € (11 104 € + 43 520 €)4 500 €80 000 €59 124 €20 876 €
(c) Couple, 100 000 € de salaires et 600 000 € de dividendes au PFU700 000 €93 008 € (16 208 € + 76 800 €)6 000 €140 000 €111 508 €28 492 €

Lecture : au cas (a), le premier terme est celui de la décote (82,5 % × 50 000 = 41 250 €) et l'impôt sur le revenu du salarié, de 37,2 % de son revenu, le dépasse largement : pas de CDHR. Au cas (b), l'impôt sur le revenu, la CEHR et la CDHR réunis font 54 624 + 4 500 + 20 876 = 80 000 €, soit 20 % de 400 000 € : la CDHR complète jusqu'au minimum. Au cas (c), le total est 93 008 + 6 000 + 28 492 = 127 500 €, soit 20 % de 700 000 € moins 12 500 €. À revenu comparable, un foyer tout au PFU (400 000 € au PFU : impôt de 51 200 €, CEHR de 4 500 €, CDHR de 24 300 €) paie donc moins d'impôt qu'un salarié, mais la CDHR réduit l'écart.

Cas (d), une cession de titres. Un célibataire réalise 1 200 000 € de plus-value, imposée au PFU (153 600 €), et perçoit 60 000 € de salaire (impôt de 11 104 €) : son RFR est de 1 260 000 €. Sa CEHR est de 37 900 € (27 800 € avec le quotient de l'article 223 sexies si ses RFR des deux années précédentes valaient 60 000 €, mais la CDHR retient la CEHR sans quotient). Si la plus-value n'est pas qualifiée d'exceptionnelle : premier terme 252 000 €, second terme 11 104 + 153 600 + 37 900 = 202 604 €, CDHR de 49 396 €. Si elle l'est (nature ponctuelle, montant supérieur à la moyenne des trois années précédentes, supposée de 60 000 €), pour les revenus de 2025 : revenu retraité 60 000 + 1 200 000 / 4 = 360 000 €, premier terme 72 000 €, second terme 49 504 € d'impôt (11 104 € + 153 600 € / 4) plus 37 900 € de CEHR, soit 87 404 € : CDHR nulle. Pour les revenus de 2026, où la CEHR n'est retenue que pour un quart de sa part exceptionnelle, notre calcul donne un second terme de 60 333 € et une CDHR de 11 667 €.

Cas (d), hypothèseRevenu retenuPremier termeSecond termeCDHR
Plus-value non exceptionnelle1 260 000 €252 000 €202 604 €49 396 €
Plus-value exceptionnelle, revenus de 2025360 000 €72 000 €87 404 €0 €
Plus-value exceptionnelle, revenus de 2026360 000 €72 000 €60 333 €11 667 €

Le même cas donne 49 396 €, 0 € ou 11 667 € selon la qualification et l'année, ce qui explique pourquoi la doctrine sur le caractère exceptionnel compte. Les hypothèses du cas (d) sont les nôtres : une plus-value sans abattement pour durée de détention, une moyenne des trois années précédentes de 60 000 €, un quart demandé sur la déclaration 2042-C, et, pour 2026, une CEHR répartie au prorata des revenus.

L'acompte de décembre et les pénalités

La CDHR donne lieu à un acompte, versé entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition (revenus de 2025 : décembre 2025 ; revenus de 2026 : du 1er au 15 décembre 2026 selon service-public.gouv.fr). Il est égal à 95 % de la contribution que le contribuable estime devoir ; il n'est pas pris en compte dans le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu (BOI-IR-CDHR-30). Le contribuable le déclare dans l'espace « Gérer mon prélèvement à la source » et le règle par prélèvement, sans fractionnement ni délai ; aucune déclaration n'est demandée si sa contribution est nulle. Le solde, ou l'excédent d'acompte, est régularisé avec l'avis d'impôt de l'été suivant : l'excédent est imputé sur l'impôt sur le revenu ou les prélèvements sociaux, sinon restitué.

Une majoration de 20 % s'applique en cas de défaut ou de retard de paiement de l'acompte, ou lorsque l'acompte versé est inférieur de plus de 20 % à 95 % de la contribution due (article 10 de la loi de 2025, III et III bis, C). Le guide de la DGFiP invite à l'indulgence pour les redevables de bonne foi ; ce n'est pas une règle opposable. Les estimations doivent donc être faites avec prudence : la qualification d'un revenu exceptionnel, par exemple, change le résultat du tout au tout.

Non-résidents, départ et arrivée en France

La CEHR atteint les non-résidents pour leurs revenus de source française. La CDHR, elle, ne vise que les personnes domiciliées fiscalement en France : les non-résidents en sont exclus, sauf les non-résidents dits « Schumacker », assimilés à des résidents (BOFiP BOI-IR-CDHR-10), et les Français résidant à Monaco, assujettis à l'impôt en France (même BOFiP, § 40). Les conventions fiscales peuvent en limiter l'application.

Pour un contribuable qui quitte la France ou s'y installe, le texte modifié par la loi de finances pour 2026 prévoit, à compter des revenus de 2026, une imposition l'année du départ sur les revenus dont il a disposé jusqu'au départ, et l'année de l'arrivée sur les revenus imposés à compter de l'établissement du domicile. Pour les revenus de 2025, le BOFiP applique la CDHR aux personnes domiciliées en France au 31 décembre 2025. Voir l'exit tax et résident ou non-résident fiscal.

Ce que disent les chiffres officiels

AttenduConstaté
CDHR, revenus de 2025 (budget 2025)2,0 Md€ selon le Gouvernement ; 1 873,5 M€ à l'état A de la loi de finances pour 20250,4 Md€ (Cour des comptes, avril 2026)
CDHR, foyers concernés62 500 foyers dans le champ, dont 24 300 redevables (Gouvernement)10 871 foyers déclarants ; acompte moyen de 54 000 € (Sénat, rapport n° 760)
CEHR, année 2022—1,46 Md€ et 58 700 foyers, dont 40 700 au taux de 3 % (Sénat, rapport général n° 139)

Le rapport d'information du Sénat n° 760 (« Imposition des hauts patrimoines », juillet 2026) qualifie la CDHR d'échec patent : pas de neutralisation des holdings, dérogations, complexité. Il cite l'Institut des politiques publiques, selon lequel 90 % des revenus des redevables attendus étaient hors barème, dont 76 % de revenus du capital au PFU. Nous avons relevé des écarts entre publications (7 117 ou 7 717 payeurs d'acompte dans le même rapport ; environ 16 000 contribuables selon service-public.gouv.fr contre 10 871 déclarants ; des chiffres de CEHR pour 2024 et 2025 de l'ordre de 1,5 à 2 Md€) : nous ne retenons pas de montant plus récent que celui de 2022 pour la CEHR, et nous n'avons pas trouvé le rendement définitif de la CDHR sur les revenus de 2025 après les avis d'impôt de l'été 2026.

Les décisions du Conseil constitutionnel sur les lois de finances pour 2025 (n° 2025-874 DC) et pour 2026 (n° 2026-901 DC) n'examinent pas la CDHR ; nous n'avons trouvé aucune question prioritaire de constitutionnalité ni jurisprudence sur elle.

Jusqu'à quand ?

La CEHR s'applique jusqu'à l'imposition des revenus de l'année au titre de laquelle le déficit public est nul, ce qui n'est pas près d'arriver. La CDHR s'applique, selon la loi de finances pour 2026 (article 2), à compter des revenus de 2025 et jusqu'à l'imposition des revenus de l'année au titre de laquelle le projet de loi relatif aux résultats de la gestion constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du PIB. La Cour des comptes chiffre le déficit de l'État pour 2025 à 124,2 Md€. Le texte ne précise pas si « jusqu'à » inclut l'année où le seuil est atteint.

Le projet de loi de finances pour 2027 n'était pas déposé au 21 septembre 2026 : le Conseil des ministres est annoncé le 30 septembre, le dépôt au plus tard le 6 octobre. Nous n'avons pas trouvé le sort qu'il réserve à la CDHR. La loi de finances pour 2026 a par ailleurs créé une taxe sur les holdings patrimoniales (article 7), sujet distinct que nous ne traitons pas ici. La prochaine échéance certaine est l'acompte des revenus de 2026, du 1er au 15 décembre 2026. Pour un cédant ou un dirigeant, voir aussi l'apport-cession, la rémunération du dirigeant et une sortie unique d'assurance-vie ; pour la tranche marginale, tranches d'imposition et TMI.

CEHR et CDHR : quelle différence ?

La CEHR (article 223 sexies du CGI) est un barème à deux taux sur le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (500 000 € pour un couple), en vigueur depuis les revenus de 2011. La CDHR (article 224) est un complément qui ramène, pour un foyer domicilié en France, l'impôt sur le revenu et la CEHR vers 20 % du revenu retraité ; elle s'applique aux revenus de 2025 et suivants et retient la CEHR dans son calcul.

Un revenu supérieur à 250 000 € rend-il redevable de la CDHR ?

Non. Le seuil ouvre seulement le calcul : la contribution n'est due que si 20 % du revenu retraité (avec une décote jusqu'à 330 000 €) dépasse l'impôt, la CEHR, les prélèvements libératoires et les majorations de 12 500 € pour un couple et de 1 500 € par personne à charge. Dans nos exemples, un salarié à 300 000 € n'est pas redevable ; un foyer dont tous les revenus sont au PFU peut l'être dès 298 000 € environ (calcul de notre part).

Les prélèvements sociaux comptent-ils ?

Non. Pour le PFU, seule la part d'impôt sur le revenu de 12,8 % est retenue ; les prélèvements sociaux ne comptent ni dans le revenu ni dans le second terme de la formule (BOFiP ; rapport du Sénat n° 760).

Les dividendes de ma holding comptent-ils ?

Ils comptent à la perception, comme des dividendes de toute société. Nous n'avons trouvé aucune règle qui prenne en compte les bénéfices conservés dans la holding ; le Sénat juge que la CDHR ne neutralise pas les holdings.

Une plus-value unique compte-t-elle en entier ?

En principe oui. Elle peut n'être retenue que pour un quart si elle est exceptionnelle par sa nature (opération ponctuelle) et par son montant (supérieur à la moyenne des revenus nets des trois années précédentes), sur demande à la déclaration 2042-C. Nous n'avons pas trouvé de position de l'administration sur un rachat total d'assurance-vie, des dividendes exceptionnels de holding ou une plus-value d'apport-cession.

Un non-résident est-il concerné ?

Par la CEHR, oui pour ses revenus de source française compris dans son revenu fiscal de référence, sous réserve des conventions fiscales. Par la CDHR, non, sauf les non-résidents dits « Schumacker », assimilés à des résidents, et les Français résidant à Monaco.

Quand payer, et que risque une erreur d'estimation ?

La CDHR donne lieu à un acompte de 95 % de la contribution estimée, entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition (du 1er au 15 décembre 2026 pour les revenus de 2026), payé par prélèvement. Une majoration de 20 % s'applique en cas de défaut, de retard ou d'acompte inférieur de plus de 20 % à 95 % de la contribution due. Le solde est régularisé avec l'avis d'impôt.

Jusqu'à quand la CDHR s'applique-t-elle ?

Jusqu'à l'imposition des revenus de l'année au titre de laquelle le projet de loi relatif aux résultats de la gestion constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du PIB (loi de finances pour 2026, article 2). Le projet de loi de finances pour 2027 n'était pas déposé au 21 septembre 2026 et nous n'avons pas trouvé le sort qu'il réserve à la CDHR.

Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil fiscal personnalisé, ni une recommandation de choix de structure, de régime ou de calendrier. Les exemples chiffrés sont illustratifs : ils reposent sur le barème 2026 (revenus de 2025) et sur des hypothèses explicites (célibataire à une part ou couple à deux parts sans charge, salaires en net imposable après déduction de 10 %, PFU à 12,8 % pour sa part d'impôt, aucune réduction ni crédit d'impôt, aucun prélèvement libératoire, prélèvements sociaux ignorés) ; ils ne remplacent pas le simulateur de la DGFiP. Points non vérifiés ou divergents : la version consolidée de l'article 224 applicable aux revenus de 2025 n'a pas été lue sur Légifrance (accès bloqué) et a été reconstituée à partir du texte définitif de la loi de finances pour 2025 et du BOFiP ; le caractère « exceptionnel » d'un revenu est apprécié par l'administration et nous n'avons trouvé aucune position sur un rachat d'assurance-vie, des dividendes exceptionnels de holding ou une plus-value d'apport-cession ; l'effet chiffré de l'option pour le barème (cas b, 88 726 € contre 80 000 €), le retrait de l'abattement des dirigeants partant à la retraite, la reprise par la CDHR des réductions d'impôt hors liste, la formule « 20 % moins 12 500 € » pour un couple et l'asymétrie possible du régime des plus-values d'apport-cession pour les revenus de 2025 sont des lectures du texte, sans exemple officiel ; le cas (d) suppose une plus-value sans abattement pour durée de détention, une moyenne de 60 000 € sur trois ans, un quart demandé à la déclaration et une CEHR répartie au prorata pour 2026 ; les chiffres de réalisation divergent entre publications (voir plus haut) et le rendement définitif de la CDHR sur les revenus de 2025 n'a pas été trouvé ; aucune décision du Conseil constitutionnel n'examine la CDHR (décisions n° 2025-874 DC et n° 2026-901 DC lues) ; le sens de « jusqu'à l'imposition des revenus de l'année » n'est pas tranché ; le projet de loi de finances pour 2027 n'était pas déposé au 21 septembre 2026. Sources : Code général des impôts, articles 223 sexies, 224, 1417, 150-0 B ter, 150-0 D, 155 B, 163-0 A, 197 et 200 A ; loi n° 2025-127 du 14 février 2025, article 10 ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 2 ; BOFiP BOI-IR-CHR (11 juillet 2017), BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30 et actualité ACTU-2026-00104 (30 juin 2026) ; impots.gouv.fr (page, questions-réponses du 22 décembre 2025 et guide de l'acompte du 1er décembre 2025 sur la CDHR) ; service-public.gouv.fr (actualité du 15 avril 2026) ; Cour des comptes, « Le budget de l'État en 2025 » (avril 2026) ; Sénat, rapport d'information n° 760 (2025-2026), « Imposition des hauts patrimoines », et rapport général n° 139 (2025-2026) ; évaluations préalables du projet de loi de finances pour 2026 ; DGFiP, Statistiques n° 41 (novembre 2025) ; Conseil constitutionnel, décisions n° 2025-874 DC du 13 février 2025 et n° 2026-901 DC du 19 février 2026. Faites le point sur votre situation avec un professionnel dont vous avez vérifié l'immatriculation avant toute décision.

Alexandre Pollet
Écrit par
Alexandre Pollet
Fondateur, Le Rempart Financier · ORIAS n° 25005915

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.

Un point de frais en plus : ce que ça coûte sur 20 ans

Un ou deux points de frais de gestion par an, ça a l'air de rien. Sur 20 ans, avec 100 000 € placés, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.

Sources : Simulateur de frais de placements · Tarifs et transparence

À lire aussi
PREMIÈRE CONSULTATION OFFERTE

Votre patrimoine mérite une stratégie claire. Prenons 30 minutes pour en poser les bases.

Un entretien en visio, offert et sans engagement, avec un conseiller du cabinet. Vous repartez avec une lecture honnête de vos placements actuels et des leviers à étudier — rien n'est signé en rendez-vous.

⏱ 30 min en visio🔒 ConfidentielAucune souscription requise
Réserver mon entretien offert
Adrian Girard
Sébastien Petrisot
Sylvain Van Dijkhuizen
Vous serez reçu par Adrian, Sébastien ou Sylvain.
Pas encore prêt pour un rendez-vous ?

EXP Capital — Conseil en Gestion de Patrimoine. ORIAS n° 25005915. Les informations publiées sur ce site ont un caractère pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.