Trading, CFD et finfluenceurs : ce que mesurent les études (89 % de perdants chez les clients de CFD et de Forex étudiés par l'AMF), le calcul du levier à 30:1, ce que la loi interdit, la loi de 2023 sur l'influence commerciale, l'impôt sur les gains et les pertes, et ce que nous n'avons pas trouvé
Une étude de l'AMF sur 14 799 clients de prestataires agréés de CFD et de Forex, entre 2009 et 2013, compte 89,4 % de perdants, avec une perte moyenne de 10 887 € (médiane 1 843 €) ; les courtiers affichent aujourd'hui 72 à 82 % de comptes perdants, des chiffres qu'ils déclarent eux-mêmes. Avec un levier de 30:1, la limite imposée depuis 2018, une variation de 3,33 % efface la marge, et le financement d'un CFD sur EUR/USD coûte 3,2 % de la valeur nominale par an selon un document d'informations clés de mars 2026. Les options binaires sont interdites, la publicité électronique pour certains contrats financiers l'est aussi, et la loi du 9 juin 2023 encadre les influenceurs. Les gains sont imposés au PFU de 12,8 % plus les prélèvements sociaux, les pertes se reportent sur dix ans, et un compte chez un courtier étranger doit être déclaré. Nous n'avons trouvé aucune étude de l'AMF plus récente que 2014 sur les résultats des clients.
Sommaire · 8 sections
- 01De quoi parle-t-on : CFD, Forex, options binaires, turbos
- 02Ce que mesurent les études
- 03Levier, marge, spread et financement : le calcul à 30:1
- 04Ce que la loi interdit ou encadre
- 05Finfluenceurs : la loi du 9 juin 2023
- 06Formations, cas lus et recours
- 07Gains et pertes vus par le fisc
- 08Vérifier un intermédiaire, et ce que nous n'avons pas trouvé
« Trading » recouvre des produits que la loi traite très différemment : des contrats à effet de levier vendus de gré à gré (CFD, Forex), des options binaires interdites en France, des turbos et warrants cotés en bourse, et des services qui gravitent autour (signaux, copy trading, comptes « financés », formations). Cet article donne, pour chacun, ce que disent les textes, ce que mesurent les études, ce que coûte le levier, ce que la loi permet de promouvoir sur les réseaux sociaux, comment le fisc traite les gains et les pertes, et ce que nous n'avons pas trouvé.
Il ne recommande ni ne déconseille personnellement un produit à quiconque : c'est de l'information. Un point d'honnêteté : le cabinet est rémunéré sur d'autres placements que ceux dont il est question ici, ce qui est un intérêt à connaître avant de lire un article qui les compare implicitement. Pour la grille que nous appliquons à tout placement, voir notre article sur les crypto-actifs : que verse l'actif à celui qui le détient, et de quel recul dispose-t-on.
De quoi parle-t-on : CFD, Forex, options binaires, turbos
| Produit | Statut lu | Restriction ou interdiction |
|---|---|---|
| CFD (contrat financier avec paiement d'un différentiel) | Dérivé de gré à gré, contrat financier au sens du code monétaire et financier (L. 211-1, III) ; vendu par un prestataire agréé | Conditions de commercialisation fixées par l'AMF (décision du 1er août 2019) ; publicité électronique et démarchage encadrés |
| Forex (rolling spot) | CFD sur devises, inclus dans la décision de l'AMF sur les CFD | Mêmes restrictions |
| Options binaires | Dérivé à gain ou perte fixes | Interdites en France ou depuis la France aux non-professionnels (décision de l'AMF du 2 juillet 2019), sauf exceptions étroites |
| Turbos, warrants, certificats | Titres financiers cotés ; exclus de la décision sur les CFD et de l'interdiction de publicité électronique | Aucune interdiction spécifique trouvée ; 3 % des Français interrogés détiennent des produits boursiers spéculatifs (turbos, warrants, options), selon le baromètre AMF 2025 |
| Futures et options négociables | Contrats standardisés admis sur marché réglementé | Pas d'interdiction ; parmi les produits à risque très élevé selon la fiche AMF et ESMA de janvier 2026 |
| Copy trading | Souvent une gestion de portefeuille pour compte de tiers, non un conseil (doctrine AMF, DOC-2008-23) | La DGCCRF écrit que la plupart des participants finissent par perdre leur capital, sans chiffre |
| Signaux et alertes payants | Une alerte liée à un événement n'est en principe pas une recommandation personnalisée ; une information sélective sur un instrument peut l'être | Agrément de prestataire ou de conseiller si recommandation personnalisée |
| Comptes « financés » (prop firms) | Aucun texte, décision ni mise en garde de l'AMF ou de l'ESMA trouvé | Non trouvé |
| Formations au trading | Pas un service d'investissement en soi | Une offre de formation qui renvoie vers un prestataire de CFD ou de Forex est une communication visée par la doctrine de l'AMF |
Ce que mesurent les études
La seule étude de l'AMF que nous ayons trouvée sur les résultats des particuliers date du 13 octobre 2014 : elle porte sur 14 799 clients actifs de prestataires agréés (les fraudeurs sont hors champ), sur quatre ans (2009-2012, 2010-2013 pour un intermédiaire) et 16 181 843 transactions, soit environ 54 % des traders actifs de CFD et 45 % de ceux de Forex en 2013. Résultat : 89,4 % de perdants (de 84 à 92 % selon l'intermédiaire), une perte moyenne de 10 887 €, une médiane de 1 843 € et une perte totale de 161 115 493 €. Environ 84 % des clients perdent chaque année. Les frais explicites (commissions et financement) représentent 14,2 % des pertes ; les spreads ne sont pas communiqués.
Sur une cohorte fixe de 1 881 clients actifs pendant les quatre ans, la part de perdants passe de 82,5 % à 87,6 % et la perte moyenne cumulée de 4 989 € à 26 745 €. Les clients qui passent au moins 250 ordres (52 % de l'échantillon) perdent 18 741 € en moyenne. L'AMF conclut que plus on négocie plus on perd, sans effet d'apprentissage. Limites : données déclaratives, période 2009-2013. Pour les options binaires, l'AMF cite en 2019 des données de régulateurs européens : des pertes dans plus de 80 % des cas.
Depuis 2019, chaque prestataire doit afficher dans ses communications le pourcentage de comptes de ses clients non professionnels qui perdent, recalculé chaque trimestre sur douze mois glissants, tous coûts inclus ; à défaut, la décision de l'AMF prévoit un texte standard : « entre 74 et 89 % ». Lus le 21 septembre 2026, trois courtiers affichent 77 % (XTB France), 72 % (IG France) et 74 % (Capital.com) ; le document d'informations clés de XTB France de mars 2026 affiche 82 % pour le même fournisseur, ce qui montre que la valeur change d'une mise à jour à l'autre. Ces pourcentages sont auto-déclarés, portent sur des comptes et non sur des clients, et leur période n'est pas affichée.
Côté recherche académique, deux études sur des day traders, lues dans leur version publiée ou de travail. Barber, Lee, Liu et Odean (Journal of Financial Markets, 2014) : à Taïwan entre 1992 et 2006, environ 20 % des day traders gagnent net de frais, dont une part par chance, et moins de 1 % (environ 4 000) gagnent de façon prévisible. Chague, De-Losso et Giovannetti (document de travail de l'université de São Paulo, 2019) : au Brésil, sur des contrats à terme, 19 646 nouveaux day traders entre 2013 et 2015, dont 1 551 persistent plus de 300 jours ; 97 % de ceux-là perdent de l'argent, et environ 0,5 % (0,4 % dans le résumé) gagnent plus que le salaire initial d'un employé de banque. Aucune n'est française ni ne porte sur des CFD.
Levier, marge, spread et financement : le calcul à 30:1
La décision de l'AMF du 1er août 2019, qui reprend une mesure de l'ESMA applicable depuis le 1er août 2018 et s'applique jusqu'à sa révocation (nous n'en avons pas trouvé), impose cumulativement pour vendre des CFD à un non-professionnel : une marge initiale minimale, la clôture des positions lorsque les fonds plus les gains latents tombent sous 50 % de la marge initiale, la protection contre le solde négatif, l'interdiction de tout avantage monétaire ou non monétaire, et l'avertissement de risque.
| Sous-jacent | Marge initiale | Levier maximal équivalent |
|---|---|---|
| Paires de devises entre USD, EUR, JPY, GBP, CAD, CHF | 3,33 % | 30:1 |
| Grands indices, or, autres paires de devises | 5 % | 20:1 |
| Autres matières premières et indices | 10 % | 10:1 |
| Actions, autres sous-jacents | 20 % | 5:1 |
| Actifs numériques | 50 % | 2:1 |
Un exemple chiffré à partir d'un document réel : le document d'informations clés d'un CFD sur EUR/USD de XTB France (dernière modification mars 2026) indique, pour 10 000 € de valeur nominale détenus un an, un coût total de 342,76 € (3,4 %), soit 318,06 € de points de swap (3,2 %) et 24,70 € de spread. Appliqué à une marge de 1 000 € au levier de 30:1, avec des coûts proportionnels à la valeur nominale, un swap linéaire sur 365 jours et un marché stable (hypothèses de notre calcul) :
| Ligne | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Exposition | 1 000 € × 30 | 30 000 € |
| Variation adverse qui efface la marge, hors coûts | 1 000 / 30 000 | 3,33 % |
| Variation adverse qui déclenche la clôture à 50 % | 500 / 30 000 | 1,67 % |
| Spread, aller-retour | 24,70 × 3 | 74,10 € (7,4 % de la marge) |
| Swap sur un an | 318,06 × 3 | 954,18 € (95,4 % de la marge) |
| Coûts après 30 jours, marché stable | 74,10 + 2,614 × 30 | 152,53 € (15,3 % de la marge) |
| Variation adverse qui efface la marge, après ces coûts | (1 000 − 152,53) / 30 000 | 2,82 % |
| Variation adverse qui déclenche la clôture, après ces coûts | (500 − 152,53) / 30 000 | 1,16 % |
| Coût annuel si la position est gardée un an | 342,76 × 3 | 1 028,28 € (102,8 % de la marge) |
Autrement dit, à 30:1, une baisse de moins de 2 % du sous-jacent, coûts compris, suffit à déclencher la clôture forcée, et garder la position un an coûte, en financement et en spread, l'équivalent de la marge. Sur un indice majeur (20:1), la marge est effacée par une baisse de 5 % et la clôture intervient à 2,5 % ; sur une action (5:1), à 20 % et 10 % ; sur un actif numérique (2:1), à 50 % et 25 %. En 2014, l'AMF citait déjà un dépôt de 100 € pour un ordre de 20 000 €, un levier de 200 qu'une variation de 0,5 % suffisait à effacer.
Ce que la loi interdit ou encadre
Les options binaires sont interdites aux non-professionnels en France ou depuis la France (décision de l'AMF du 2 juillet 2019, relais d'une décision de l'ESMA de 2018). Pour les CFD, les conditions ci-dessus s'appliquent à la commercialisation. Les publicités électroniques sont visées de deux façons : l'article L. 533-12-7 du code monétaire et financier interdit aux prestataires d'adresser par voie électronique des communications promotionnelles sur certains contrats financiers non admis sur un marché réglementé (risque maximal inconnu, perte supérieure à l'apport, ratio risque et avantage incompréhensible), et l'article L. 222-16-1 du code de la consommation étend l'interdiction à tout annonceur, avec une amende administrative d'au plus 100 000 € pour l'annonceur, l'intermédiaire, l'acheteur ou vendeur d'espace et le diffuseur ; l'article L. 222-16-2 interdit aussi le parrainage et le mécénat pour ces produits.
La doctrine de l'AMF (DOC-2017-01) précise le périmètre : tout contenu qui mentionne « Forex, FX, CFD, options binaires » ou renvoie vers un prestataire qui en propose (formulaire, application, affiliation, comparateur, offre de formation), y compris sur les réseaux sociaux, webinaires ou par reciblage publicitaire ; sont exclus la presse écrite, l'affichage et la réponse à la demande du client. Il ne faut donc pas écrire que tous les CFD sont interdits de publicité : le texte vise certains contrats, et les turbos et warrants n'en font pas partie. Le démarchage par téléphone ou par prise de contact non sollicitée est interdit pour les produits dont la perte peut excéder l'apport ou qui ne sont pas négociés sur un marché réglementé (articles L. 341-1 et L. 341-10 du code monétaire et financier).
Deux notes de l'ESMA de 2026, lues, précisent que le nom commercial est sans effet : les dérivés vendus comme « perpetual futures », y compris sur crypto-actifs, sont probablement des CFD (note du 24 février 2026), et les « event contracts » des marchés de prédiction qui sont des instruments financiers relèvent de l'interdiction des options binaires (note du 3 juillet 2026).
Finfluenceurs : la loi du 9 juin 2023
La loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 définit l'influence commerciale comme le fait de mobiliser à titre onéreux sa notoriété pour promouvoir des biens, des services ou une cause. Elle interdit toute promotion, directe ou indirecte, des contrats financiers visés à l'article L. 533-12-7 du code monétaire et financier et, sauf annonceur agréé, des services sur crypto-actifs (article 4, V) ; impose la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale » (article 5) ; et exige un contrat écrit, sous peine de nullité, l'annonceur, le mandataire et l'influenceur étant solidairement responsables des dommages causés aux tiers (article 8), au-delà d'un seuil de 1 000 € hors taxes par an fixé par le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 depuis le 1er janvier 2026. Nous avons lu ces articles dans une version reprise par un outil de synthèse, faute d'accès direct à Légifrance : à recouper avant tout usage. L'ordonnance n° 2024-978 du 6 novembre 2024 a assoupli la formule de la mention ; nous n'avons pas trouvé le statut de sa ratification.
La sanction d'un influenceur qui promeut ces produits est contradictoire dans nos sources : une amende administrative d'au plus 100 000 € (article L. 222-16-1 du code de la consommation et page de la DGCCRF), ou jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 300 000 € dans la version initiale de la loi. Nous n'avons pas pu l'arbitrer. La DGCCRF est l'autorité de contrôle, y compris à l'égard des influenceurs ; l'AMF tient une liste noire ; l'ARPP délivre depuis 2023, avec l'AMF, un certificat « publicité financière ». La fiche AMF et ESMA « Finfluenceurs » de janvier 2026 rappelle que la promotion des options binaires, de certains CFD et du Forex est interdite en France et que la mention « ceci n'est pas un conseil » ne protège pas.
Reste la frontière avec le conseil en investissement. La doctrine de l'AMF (DOC-2008-23) qualifie de recommandation personnalisée celle qui est adressée à une personne en qualité d'investisseur et présentée comme adaptée à elle ou fondée sur sa situation ; une recommandation diffusée par courriel, site, réseaux sociaux ou formation n'est pas d'office « destinée au public ». Une formation peut devenir du conseil si l'organisateur recueille des éléments personnels puis recommande. Pour vérifier un intervenant, voir le statut de mandataire et la vérification à l'ORIAS et comment juger un conseiller indépendant.
Ce que l'on sait de l'ampleur : selon le bilan 2024 de la DGCCRF, plus de 260 influenceurs ont été contrôlés, tous secteurs confondus, avec 40 % d'anomalies, 40 avertissements, 65 injonctions et 8 procès-verbaux pénaux ; le chiffre propre à la finance n'est pas donné. Selon le baromètre de l'AMF 2025 (2 120 personnes, septembre-octobre 2025), 42 % des sondés s'informent auprès d'un conseiller bancaire ou financier avant d'investir et 4 % auprès d'influenceurs, de communautés en ligne ou de célébrités ; 9 % détiennent des crypto-actifs et 3 % des produits boursiers spéculatifs ; 16 % se disent victimes d'une escroquerie à l'investissement (15 % en 2024), 32 % chez les moins de 35 ans. La détention de CFD ou de Forex n'y est pas mesurée.
Formations, cas lus et recours
La DGCCRF alerte sur « le leurre des formations de trading » (SignalConso, 27 janvier 2025) : des sites de Forex ou d'options binaires promettent des formations courtes, et l'investisseur novice perd très probablement tout son capital ou s'endette. Nous n'avons trouvé aucun chiffre officiel propre à ces formations. Une transaction avec la DGCCRF publiée le 28 juillet 2021, 20 000 € pour la promotion sur Snapchat d'une formation au trading par une personnalité de télé-réalité, n'est connue de nous que par la presse spécialisée. Pour un contrat conclu à distance, la rétractation est de quatorze jours, sauf service pleinement exécuté avec accord exprès du consommateur (articles L. 221-18 et L. 221-28 du code de la consommation) ; la médiation de la consommation est gratuite.
Deux décisions publiques de la Commission des sanctions de l'AMF, lues, montrent ce que contrôle le régulateur. Le 8 novembre 2021 (décision n° 15), la société X-Trade Brokers, succursale française XTB France, a été sanctionnée de 300 000 € et d'un avertissement, pour des communications promotionnelles interdites (62 bannières vers un site offrant des comptes sans protection contre les pertes supérieures à l'apport), l'absence de mention des risques dans des annonces, des insuffisances dans l'analyse du caractère approprié et des défaillances de catégorisation des clients, dont un courriel invitant à passer « professionnel » la veille de la limitation du levier ; le contrôle portait sur 13 692 clients non professionnels sur 13 706. Le 10 novembre 2023 (SAN-2023-15), France Safe Media, agent lié d'un prestataire chypriote, a été sanctionnée de 300 000 € et d'une interdiction de dix ans d'être agent lié, son dirigeant de 100 000 € et de dix ans, notamment pour un questionnaire de connaissances vidé de sens par les conseillers et des bannières sans avertissement ; le Conseil d'État a rejeté le recours le 16 juin 2025 (n° 490826).
Gains et pertes vus par le fisc
Pour un résident fiscal de France, les profits nets occasionnels sur contrats financiers (CFD compris, bons d'option et warrants visés) relèvent de l'article 150 ter du CGI, quel que soit le lieu de l'opération (BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-70-10). Ils sont imposés au prélèvement forfaitaire de 12,8 % (option globale pour le barème possible), sans abattement pour durée de détention, et aux prélèvements sociaux, par voie de rôle. Le taux de 18,6 % applicable aux revenus du capital depuis le 1er janvier 2026 donne 31,4 % au total ; son application aux gains réalisés en 2025 n'a pas été vérifiée. Sur un profit net de 10 000 € : 1 280 € d'impôt, 1 860 € de prélèvements sociaux, 3 140 €.
Les pertes sont imputables sur les profits de même nature de l'année, puis des dix années suivantes, jamais sur le revenu global (article 150-0 D, 11 ; BOFiP § 230). Exemple : une perte de 5 000 € l'année N puis un profit de 8 000 € l'année N+1 laissent une base de 3 000 €, soit 942 € au lieu de 2 512 € (à 31,4 %, en supposant les prélèvements sociaux calculés sur le profit net après imputation). Si l'activité est habituelle, elle relève des bénéfices non commerciaux (article 92, 2, 5°), avec option possible pour les bénéfices industriels et commerciaux : le BOFiP retient le nombre et la fréquence des opérations, leur échelonnement, la technicité, la diversité des contrats et l'importance du portefeuille et du profit, et précise que le courtage en ligne ne suffit pas en soi ; les pertes ne s'imputent pas alors sur le revenu global et se reportent six ans.
Un courtier étranger n'émet pas d'imprimé fiscal unique (IFU) : le contribuable détermine lui-même son profit ou sa perte et le déclare avec la déclaration 2074 et ses justificatifs (nous n'avons pas pu vérifier les cases exactes de la 2042 C). Le compte lui-même doit être déclaré, ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger, avec la déclaration de revenus (formulaire 3916, 3916-bis pour les actifs numériques) : l'amende est de 1 500 € par compte non déclaré, et de 10 000 € si l'État n'a pas de convention d'assistance administrative (article 1736, IV, 2) ; les fonds transférés par un compte non déclaré sont présumés être des revenus imposables (article 1649 A). Un taux de 50 % s'applique, sauf preuve contraire, si le teneur de compte ou le cocontractant est établi dans un État ou territoire non coopératif (article 150 ter, 3). Les CFD ne sont pas éligibles au PEA, dont l'article L. 221-31 du code monétaire et financier dresse la liste limitative des emplois. Les profits d'un non-résident sur ces contrats sont exonérés en France (BOFiP § 190). Le régime des turbos et certificats n'a pas été trouvé dans les BOFiP lus ; des sites secondaires les rattachent à l'article 150-0 A, ce que nous ne confirmons pas. Voir aussi PFU ou barème et compte-titres offshore ou français.
Vérifier un intermédiaire, et ce que nous n'avons pas trouvé
Un particulier peut vérifier un prestataire dans le registre de l'ORIAS et celui des agents financiers (REGAFI, ACPR), avec l'outil « Vérifier une autorisation » de l'AMF, les listes noires de l'AMF et de l'ACPR (abe-infoservice.fr) et, pour les crypto-actifs, le registre européen des prestataires. La DGCCRF reçoit les signalements sur SignalConso. Plus de 1 300 sites ou acteurs ont été ajoutés aux listes noires en 2025 selon une source secondaire que nous n'avons pas recoupée.
Ce que nous n'avons pas trouvé : une étude de l'AMF sur les résultats des clients de CFD plus récente que 2014 ; la part des Français détenant des CFD ou du Forex ; une mise en garde officielle sur les comptes financés (prop firms) ; le régime fiscal des turbos et certificats ; les cases exactes de la déclaration 2042 C ; une décision pénale sur le procès des options binaires à Paris ; le statut de la ratification de l'ordonnance de 2024 ; le texte consolidé de la loi de 2023 sur Légifrance. Les pertes des courtiers sont auto-déclarées, celles de l'AMF anciennes : aucune de nos sources ne permet d'estimer aujourd'hui la part de perdants d'un particulier donné.
Pour ce que fait un placement de long terme de l'argent qu'on lui confie, voir les séries longues du rendement des actions ; pour lire une performance annoncée, le cas d'un fonds actif qui « fait 13 % par an » ; et, avant toute décision de prise de risque, la tolérance et la capacité à subir des pertes.
Un CFD est-il légal ?
Oui pour un prestataire agréé, sous les conditions de la décision de l'AMF du 1er août 2019 : marge initiale minimale, clôture à 50 % de la marge, protection contre le solde négatif, aucun avantage, avertissement de risque. Les options binaires sont interdites aux non-professionnels, et la publicité électronique pour certains contrats financiers est interdite.
Que perd un particulier ?
Dans la seule étude de l'AMF trouvée (2014, 14 799 clients de prestataires agréés, 2009-2013), 89,4 % des clients ont perdu, 10 887 € en moyenne (médiane 1 843 €) sur quatre ans. Les courtiers affichent aujourd'hui de 72 à 82 % de comptes perdants, chiffres auto-déclarés.
Pourquoi le levier est-il plafonné ?
Parce que la décision de l'AMF impose une marge initiale de 3,33 % à 50 % selon le sous-jacent, soit un levier de 30:1 à 2:1 : à 30:1, une baisse de 3,33 % efface la marge, et la clôture forcée intervient à 1,67 %.
Un finfluenceur peut-il promouvoir des CFD ?
Non pour les contrats financiers visés à l'article L. 533-12-7 du code monétaire et financier, selon la loi du 9 juin 2023 telle que nous l'avons lue par un outil de synthèse et selon la fiche AMF et ESMA de janvier 2026 (options binaires, certains CFD et Forex). La sanction est contradictoire dans nos sources : amende administrative jusqu'à 100 000 € ou, dans la version initiale de la loi, deux ans et 300 000 €.
« Ceci n'est pas un conseil » suffit-il ?
Non. Selon la fiche AMF et ESMA de janvier 2026, cette mention ne protège pas : ce qui compte est le contenu, une recommandation étant personnalisée si elle est adressée à une personne en qualité d'investisseur et présentée comme adaptée à elle (doctrine AMF DOC-2008-23).
Comment sont imposés les gains et les pertes ?
Les profits sur contrats financiers (article 150 ter) sont imposés à 12,8 % (ou au barème sur option) plus les prélèvements sociaux, sans abattement pour durée de détention. Les pertes s'imputent sur les profits de même nature de l'année puis des dix années suivantes. Une activité habituelle relève des bénéfices non commerciaux.
Faut-il déclarer un compte chez un courtier étranger ?
Oui : tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l'étranger se déclare avec la déclaration de revenus (formulaire 3916). L'amende est de 1 500 € par compte non déclaré, 10 000 € si l'État n'a pas de convention d'assistance administrative (article 1736, IV, 2 du CGI).
Comment vérifier un courtier ?
Dans le registre de l'ORIAS et le REGAFI, avec l'outil « Vérifier une autorisation » de l'AMF, et en consultant les listes noires de l'AMF et de l'ACPR. Les signalements se font sur SignalConso.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'acheter, de vendre ou d'éviter un produit, ni un conseil fiscal personnalisé. Les produits à effet de levier exposent à la perte de tout ou partie du capital, voire, selon les contrats, au-delà ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Points non vérifiés ou divergents : la loi du 9 juin 2023 (articles 4, 5 et 8) a été lue par un outil de synthèse, Légifrance bloquant l'accès direct, et la sanction d'un influenceur est contradictoire entre nos sources (amende administrative d'au plus 100 000 € ou deux ans et 300 000 €) ; le guide de la DGCCRF de 2026 et le protocole AMF-DGCCRF n'ont pas été lus ; la seule étude de l'AMF trouvée sur les résultats des clients date de 2014, les pourcentages récents étant les avertissements des courtiers, auto-déclarés et de période non affichée ; Chague et al. donnent 0,4 % dans le résumé et 0,5 % dans le texte, la version de 2020 n'a pas été lue ; la transaction DGCCRF de 2021 n'est connue que par la presse spécialisée ; le taux de prélèvements sociaux de 18,6 % pour les gains réalisés en 2025 n'a pas été vérifié ; le régime des turbos et certificats et les cases exactes de la 2042 C n'ont pas été trouvés ; les comptes financés, la part des Français détenant des CFD, la décision pénale sur les options binaires et la ratification de l'ordonnance de 2024 n'ont pas été trouvés. Sources : Code monétaire et financier, articles L. 211-1, L. 221-31, L. 341-1, L. 341-10 et L. 533-12-7 ; code de la consommation, articles L. 221-18, L. 221-28, L. 222-16-1 et L. 222-16-2 ; Code général des impôts, articles 92, 150 ter, 150-0 D, 200 A, 1649 A et 1736 ; Code de la sécurité sociale, articles L. 136-6 et L. 136-8 ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-70-10 et 70-20, BOI-BNC-SECT-50-20 et BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-10 ; loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 ; ordonnance n° 2024-978 du 6 novembre 2024 ; décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025 ; AMF, étude du 13 octobre 2014 sur les résultats des investisseurs particuliers sur le trading de CFD et de Forex, décisions du 2 juillet 2019 (options binaires) et du 1er août 2019 (CFD), positions DOC-2017-01 et DOC-2008-23, fiche « Finfluenceurs » (janvier 2026), baromètre 2025, décisions de la Commission des sanctions du 8 novembre 2021 (n° 15) et SAN-2023-15 du 10 novembre 2023 ; ESMA, notes des 24 février et 3 juillet 2026 ; DGCCRF, SignalConso (18 avril 2024, 27 janvier 2025) et bilan 2024 ; Conseil d'État, 16 juin 2025, n° 490826 ; Barber, Lee, Liu et Odean, Journal of Financial Markets, 2014 ; Chague, De-Losso et Giovannetti, « Day trading for a living? », 2019 ; documents d'informations clés et pages de risque de courtiers consultés le 21 septembre 2026. Faites le point sur votre situation avec un professionnel dont vous avez vérifié l'immatriculation avant toute décision.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Un ou deux points de frais de gestion par an, ça a l'air de rien. Sur 20 ans, avec 100 000 € placés, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.
Sources : Simulateur de frais de placements · Tarifs et transparence