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Quelle rente mensuelle avec 150 000 € : 1 500 € par mois représentent 12 % du capital par an, un taux de retrait sûr se situe entre 2,3 % et 4 % selon les études, et le capital durerait entre 8 et 11 ans

Par Alexandre Pollet·Mis à jour le 20 septembre 2026·10 min de lecture
L'essentiel

Un revenu de 1 500 € par mois tiré de 150 000 € représente 12 % du capital chaque année. Aucun placement ne verse durablement ce taux sans entamer le capital : les études de taux de retrait situent le niveau soutenable entre 2,3 % et 4 % par an, soit 290 à 500 € par mois, et un retrait de 1 500 € par mois épuise 150 000 € en 8 à 11 ans selon le rendement. Le calcul, les sources, ce que rapportent aujourd'hui les supports courants, la rente viagère et la fiscalité des retraits.

Sommaire · 9 sections
  1. 01Le calcul de départ : 12 % du capital chaque année
  2. 02Consommer le capital : 8 à 11 ans, pas davantage
  3. 03Ce que disent les études sur le taux de retrait
  4. 04Ce que rapportent aujourd'hui les supports courants
  5. 05La rente viagère : un revenu qui dure, un capital qu'on cède
  6. 06Retirer de l'assurance-vie ou du PEA : l'impôt sur la part de gains
  7. 07L'inflation et l'ordre des rendements grignotent la rente
  8. 08Ce qu'un plan peut honnêtement promettre avec 150 000 €
  9. 09Les questions à poser à quiconque promet une rente

La question se pose souvent dans ces termes : avec 150 000 € à 170 000 € d'épargne, peut-on se constituer une rente de 1 500 € par mois pour changer de vie, passer à temps partiel ou partir à l'étranger ? La réponse tient dans une division. 1 500 € par mois font 18 000 € par an ; 18 000 € divisés par 150 000 € donnent 12 %. Un rendement de 12 % par an, versé chaque année et durablement, sans consommer le capital, n'existe sur aucun support courant. Tout le reste de cet article détaille ce qui est possible, à partir de sources et non de promesses.

Le calcul de départ : 12 % du capital chaque année

Deux questions se cachent derrière le mot « rente ». La première : quel capital faut-il pour que 1 500 € par mois soient versés sans jamais entamer ce capital ? La seconde : combien de temps un capital donné peut-il financer 1 500 € par mois si on le consomme ? Elles n'ont pas la même réponse, et confondre les deux est la source de la plupart des promesses irréalistes.

Rendement net servi chaque annéeCapital nécessaire pour 18 000 € par an sans entamer le capitalRevenu mensuel durable tiré de 150 000 €
2 %900 000 €250 €
3 %600 000 €375 €
4 %450 000 €500 €
5 %360 000 €625 €
6 %300 000 €750 €

Lecture du tableau : pour vivre de 1 500 € par mois sans toucher au capital, avec un rendement net de 4 %, il faut 450 000 €, soit trois fois plus que 150 000 €. Avec 150 000 €, un rendement net de 4 % laisse 500 € par mois. Ce sont des calculs arithmétiques, avant impôts, sans lien avec un produit particulier.

Consommer le capital : 8 à 11 ans, pas davantage

Si l'on accepte de consommer le capital, la durée dépend du rendement des sommes restantes. Le tableau suppose un retrait de 1 500 € à la fin de chaque mois, sans indexation sur l'inflation, avant impôts et frais.

Rendement net annuel du capital restantDurée avec 150 000 €Durée avec 170 000 €
0 %8,3 ans9,4 ans
2 %9,1 ans10,5 ans
3 %9,6 ans11,1 ans
4 %10,2 ans11,9 ans
5 %10,8 ans12,8 ans

Un retrait de 1 500 € par mois épuise donc 150 000 € en 8 à 11 ans, que l'on place l'argent sur un livret ou en actions avec un rendement de 5 %. La différence entre 0 % et 5 % de rendement n'est que de deux ans et demi, parce que le retrait est très supérieur aux intérêts. Pour tenir plus longtemps, il faut un capital de départ plus élevé, ou un retrait plus faible.

Rendement net annuelCapital pour 1 500 € par mois pendant 20 ansCapital pour 1 500 € par mois pendant 30 ans
0 %360 000 €540 000 €
2 %296 511 €405 823 €
3 %270 466 €355 784 €
4 %247 533 €314 192 €

Pour tenir trente ans avec un rendement net de 3 %, il faut environ 356 000 €, soit plus de deux fois le capital de départ. Ces chiffres sont des calculs arithmétiques à rendement constant ; un rendement réel varie d'une année sur l'autre, ce qui change le résultat, comme le montrent les études ci-dessous.

Ce que disent les études sur le taux de retrait

Le taux de retrait est la part du capital initial que l'on retire la première année, ensuite revalorisée de l'inflation. La règle dite « des 4 % » vient d'une étude américaine ; d'autres études, plus récentes ou plus larges, donnent des chiffres plus bas. Toutes partagent des limites : elles portent sur des marchés américains ou développés, sur des horizons de 30 ans, et elles ne tiennent compte ni des frais ni des impôts.

ÉtudeMéthodeRésultat
William Bengen, Journal of Financial Planning (octobre 1994)Données historiques américaines depuis 1926, 50 % d'actions et 50 % de Treasuries, retrait indexé sur l'inflation4 % au départ n'a jamais épuisé le portefeuille avant 33 ans ; l'auteur juge 5 % risqué et 6 % ou plus assimilable à un pari (« gambling »)
Cooley, Hubbard et Walz, AAII Journal (février 1998), dite « Trinity study »Données américaines 1926-1995, retrait indexé, horizon de 30 ans, ni impôts ni frais4 % de retrait : 95 à 98 % de réussite ; 12 % : 15 % de réussite en 100 % actions, 0 % avec 75 % ou 50 % d'actions
Wade Pfau (2010), 17 pays développés, 109 ans de donnéesRetrait réel de 4 % sur 30 ans dans chaque pays« Sûr » dans 4 pays sur 17 seulement ; une allocation 50/50 fixe échoue au moins une fois dans les 17
Morningstar, « The State of Retirement Income: 2025 » (3 décembre 2025)Simulations sur rendements attendus, 30 ans, 90 % de réussite, 30 à 50 % d'actions, dépenses réelles constantesTaux de départ de 3,9 %, contre 3,7 % en 2024 ; jusqu'à 5,7 % avec des règles d'ajustement des dépenses
Anarkulova, Cederburg, O'Doherty et Sias, Journal of Pension Economics & Finance (juillet 2025)38 pays développés, couple de 65 ans, retrait proportionnel au solde, 5 % de risque de ruine acceptés2,31 % par an

Le taux de 12 % correspondant à 1 500 € par mois sur 150 000 € est très au-dessus de toutes ces valeurs. Dans l'étude de 1998, il n'a réussi sur 30 ans que dans 15 % des cas pour un portefeuille entièrement en actions, et dans aucun cas pour des portefeuilles de 75 % ou 50 % d'actions. Sur les mêmes données historiques américaines, Morningstar note que le taux de départ soutenable d'un portefeuille 50/50 sur 30 ans a varié de 3,9 % pour le pire départ (fin 1968) à 10,5 % pour le meilleur (mi-1982) : même le meilleur cas historique reste sous 12 %.

Ces études ne se transposent pas directement à un épargnant français. Elles reposent sur des marchés américains, une allocation actions-obligations, un horizon de 30 ans, et ne déduisent ni frais de gestion ni impôts ; l'étude de 2025 portant sur 38 pays donne un niveau nettement plus bas que celle de 1994. Retenez la fourchette, pas un chiffre : de 2,3 % à 4 % selon les hypothèses, soit, sur 150 000 €, de 290 € à 500 € par mois.

Ce que rapportent aujourd'hui les supports courants

Le tableau applique les rendements observés en 2025 et 2026 à 150 000 €, pour un revenu mensuel brut. C'est un exercice de calcul sur des moyennes passées ou des taux du jour, non une prévision de ce que rapportera un placement.

SupportRendement observéRevenu mensuel brut sur 150 000 €À savoir
Livret A1,7 % depuis le 1er août 2026Environ 33 €, car le plafond de 22 950 € limite le placementLe livret est exonéré d'impôt ; l'inflation atteint 2,4 % sur un an en août 2026 (INSEE)
Fonds en euros2,63 % en moyenne en 2025 (ACPR), net de frais avant prélèvements sociaux329 €, environ 272 € après prélèvements sociaux de 17,2 %Moyenne incluant les bonifications ; un contrat sans bonus rapporte moins
Actions mondiales (dividendes)1,50 % de rendement du dividende (MSCI World, 31 août 2026)188 €Un retrait supérieur suppose de vendre des titres, donc de consommer le capital
Taux de l'État à 10 ans (TEC 10)4,47 % le 18 septembre 2026 (Agence France Trésor)559 €Taux d'une obligation théorique à 10 ans, non le rendement garanti d'un titre ; revenus imposables
SCPI4,91 % de taux de distribution en 2025 (ASPIM et IEIF)614 €Capital non garanti : performance globale de +1,46 % en 2025, prix de part en baisse de 1,89 % à 3,45 %
Retrait de 3,9 % (Morningstar 2025)3,9 % du capital, revalorisé de l'inflation488 €Consomme peu à peu le capital dans les scénarios défavorables
Rente viagère à 65 ans4,32 % (Afer, mars 2024, sans réversion)540 €Le capital est aliéné ; taux non contractuel, modifiable

Le meilleur cas du tableau est la SCPI avec 614 € par mois, soit 41 % de l'objectif de 1 500 €. Il manque donc 886 € par mois. Ce revenu est de surcroît le plus risqué de la liste : un taux de distribution n'est pas un rendement total, et une SCPI qui distribue 4,91 % avec un prix de part qui recule de 1,89 % à 3,45 % consomme une partie du capital de ses porteurs. Notre article sur le blocage des retraits en SCPI détaille ce risque de liquidité.

La rente viagère : un revenu qui dure, un capital qu'on cède

La rente viagère convertit un capital en un revenu versé jusqu'au décès. Elle répond au risque que l'on redoute le plus dans ce type de projet : vivre plus longtemps que son capital. Le taux de conversion dépend de l'âge, des tables de mortalité et du taux technique choisi par l'assureur. Pour un contrat d'association d'épargnants, la fiche pratique de mars 2024 indiquait 4,32 % à 65 ans pour une rente sans réversion, avec un taux technique de 1,75 % ; la même fiche de septembre 2019 donnait 3,42 % avec un taux technique nul. Ces taux ne sont pas contractuels. La fourchette de 4 % à 5 % que donne notre article sur la décumulation est un ordre de grandeur non sourcé dans cet article : le chiffre sourcé que nous avons pu lire est de 4,32 % en 2024, et les taux varient selon les assureurs.

Avec 150 000 € à 4,32 %, la rente serait de 6 480 € par an, soit 540 € par mois. Pour obtenir 1 500 € par mois par une rente viagère à ce taux, il faudrait environ 417 000 € de capital. Sans réversion ni garantie de capital, 150 000 € ne seraient « remboursés » par les versements qu'au bout de 23 ans, soit à 88 ans pour un départ à 65 ans, à comparer à une espérance de vie à 65 ans de 20,0 ans pour les hommes et de 23,6 ans pour les femmes en 2025 (INSEE, données provisoires). La rente couvre le risque de longévité ; son prix est un capital qui ne se transmet plus, sauf option payante.

Fiscalement, une rente viagère à titre onéreux est imposée à l'impôt sur le revenu sur une fraction de son montant, fixée à l'entrée en jouissance et invariable ensuite (CGI, art. 158, 6) : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans. Pour une rente de 1 000 € par mois démarrant à 65 ans, 4 800 € par an sont imposables. Les prélèvements sociaux portent sur cette fraction ; selon notre lecture de l'article L136-8 du Code de la sécurité sociale, leur taux global est de 18,6 % en 2026, soit 893 € sur 4 800 €, alors que plusieurs sites indiquent encore 17,2 % : ce point est à vérifier auprès de l'assureur ou de l'administration.

Retirer de l'assurance-vie ou du PEA : l'impôt sur la part de gains

Un retrait partiel n'est pas imposé en totalité : seule la part de gains contenue dans le retrait l'est. Pour l'assurance-vie, le BOFiP (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50, § 80) donne la formule : produit imposable = montant du rachat − [primes versées × (rachat ÷ valeur du contrat)]. Exemple, pour un contrat de plus de huit ans valant 150 000 € pour 120 000 € de primes, et un retrait de 18 000 € : la part de gains est de 18 000 − 120 000 × 18 000 ÷ 150 000 = 3 600 €. Sous l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple), il n'y a pas d'impôt sur le revenu ; les prélèvements sociaux restent dus au taux de 17,2 %, soit 619 € (3,4 % du retrait).

Pour un PEA de plus de cinq ans, un retrait partiel n'entraîne plus la clôture du plan : le gain est calculé selon la même logique de prorata et les gains échappent à l'impôt sur le revenu (CGI, art. 157, 5° bis), mais supportent les prélèvements sociaux, à 18,6 % en 2026. Exemple pour un plan de 150 000 € dont 100 000 € versés et un retrait de 18 000 € : le gain compris dans le retrait est de 18 000 − 18 000 ÷ 150 000 × 100 000 = 6 000 €, soit 1 116 € de prélèvements sociaux (6,2 % du retrait). Ces deux exemples sont des calculs illustratifs qui dépendent des primes, de l'ancienneté et de la situation de chaque foyer ; notre article sur le choix d'un placement selon l'horizon rappelle les taux en vigueur.

L'inflation et l'ordre des rendements grignotent la rente

Une rente fixe de 1 500 € perd du pouvoir d'achat. À 2 % d'inflation par an, la cible de stabilité des prix de la BCE, 1 500 € nominaux valent l'équivalent de 1 231 € d'aujourd'hui dans dix ans, 1 009 € dans vingt ans et 828 € dans trente ans. L'inflation n'est pas régulière : +0,9 % en moyenne en 2025, mais +2,4 % sur un an en août 2026 (INSEE). Un livret à 1,7 % est aujourd'hui inférieur à l'inflation ; nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur les livrets réglementés.

Le second risque est l'ordre des rendements. Selon l'étude Morningstar de 2025, pour un portefeuille entièrement en actions, le taux de départ soutenable tombe à 3,4 % ; parmi les scénarios d'échec, près de 70 % avaient un portefeuille en perte à la fin de la cinquième année. Un marché qui baisse au début du retrait oblige à vendre des titres bas pour financer le revenu, et le capital ne s'en remet pas. Ce risque de séquence est d'autant plus fort que le taux de retrait est élevé : à 12 %, un seul mauvais début suffit à épuiser le capital.

Ce qu'un plan peut honnêtement promettre avec 150 000 €

ObjectifCe que 150 000 € permettentCondition
Un revenu qui ne s'épuise pasDe 290 à 625 € par mois selon la source et le placementCapital exposé aux variations de prix, revenus imposables
1 500 € par mois pendant quelques années8 à 11 ans en consommant le capitalAucun capital à transmettre ensuite
1 500 € par mois sur 20 ansEnviron 250 000 à 300 000 € à 2 %-4 % de rendementCapital de départ 1,7 à 2 fois plus élevé
1 500 € par mois sur 30 ansEnviron 314 000 à 406 000 € à 2 %-4 % de rendementCapital de départ 2,1 à 2,7 fois plus élevé
1 500 € par mois à vie sans entamer le capitalEnviron 450 000 € à 4 %, 462 000 € à 3,9 %Capital de départ trois fois plus élevé

La conclusion est arithmétique : avec 150 000 €, une rente de 1 500 € par mois est un revenu complémentaire de durée limitée, non un revenu de remplacement. Ce constat peut se combiner avec d'autres ressources (activité à temps partiel, loyer, pension) et avec des choix de calendrier, mais il interdit de financer un changement de vie durable sur ce seul capital. Un placement ou un produit dont la documentation annonce 8 % à 12 % par an de rendement cible doit être lu avec la même règle : un rendement supérieur au niveau que les études jugent soutenable a pour contrepartie un risque de perte en capital, et la question se pose de la même façon pour les rendements d'actions de long terme ou pour les fonds obligataires datés.

Les questions à poser à quiconque promet une rente

  1. 1.La rente vient-elle des revenus du capital ou d'une consommation du capital ? Demander le montant de capital restant après 10, 20 et 30 ans.
  2. 2.Quel rendement net est supposé ? Net de frais de gestion, de frais du contrat et d'impôts, non brut. Un rendement brut de 4 % laisse moins.
  3. 3.Que se passe-t-il dans un scénario où les marchés baissent de 30 % la première année ? Le taux de retrait doit tenir dans ce cas, pas seulement en moyenne.
  4. 4.La rente est-elle indexée sur l'inflation ? Une rente fixe perd un tiers de son pouvoir d'achat en vingt ans à 2 % d'inflation environ.
  5. 5.Quelle est la liquidité ? Une SCPI, un fonds non coté ou un produit structuré peut ne pas être vendable au prix affiché au moment où l'on en a besoin.
  6. 6.Quelle est la fiscalité de chaque retrait ? Faire chiffrer l'impôt et les prélèvements sociaux en euros, sur la part de gains, selon l'enveloppe.
  7. 7.L'épargne de précaution est-elle maintenue à part ? Un revenu qui dépend de marchés ne remplace pas plusieurs mois de dépenses immédiatement disponibles.

Pour comparer votre situation à ces ordres de grandeur, et situer votre capital, vos revenus et votre horizon dans un ensemble cohérent, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.

Quelle rente mensuelle peut-on tirer de 150 000 € ?

Sans entamer le capital, de l'ordre de 375 à 625 € par mois avec un rendement net de 3 à 5 %. Les études de taux de retrait situent le niveau soutenable entre 2,3 % et 4 % par an, soit environ 290 à 500 € par mois. Ce sont des ordres de grandeur avant impôts.

Combien faut-il de capital pour 1 500 € par mois ?

Environ 450 000 € avec un taux de retrait de 4 %, environ 462 000 € avec 3,9 % (Morningstar 2025), environ 417 000 € pour une rente viagère à 4,32 % sans réversion (taux Afer de mars 2024), et jusqu'à 780 000 € si l'on retient 2,31 %.

Combien de temps 150 000 € durent-ils avec 1 500 € retirés par mois ?

De 8 ans et 3 mois avec un rendement nul à environ 10 ans et 10 mois avec 5 % net, pour un retrait fixe non indexé, avant impôts. Avec 170 000 €, de 9,4 ans (rendement nul) à environ 12 ans (4 %).

La règle des 4 % est-elle sûre ?

Elle vient d'une étude américaine de 1994 sur des marchés américains et 30 ans. Une étude de 17 pays la juge « sûre » dans 4 seulement, et une étude de 2025 sur 38 pays donne 2,31 % avec 5 % de risque de ruine. Morningstar retient 3,9 % en 2025 dans un modèle prospectif. Aucune ne tient compte des frais ni des impôts.

Rente viagère ou retraits programmés ?

La rente supprime le risque de vivre plus longtemps que son capital, au prix d'un capital non transmissible sans option payante, avec un taux de conversion de 4,32 % à 65 ans en 2024 pour un contrat sans réversion. Les retraits conservent le capital mais exposent à l'ordre des rendements. Notre article sur la décumulation compare les deux.

Les retraits d'assurance-vie sont-ils imposés ?

Seule la part de gains du retrait l'est. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique sur l'impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la part de gains. Un retrait de 18 000 € contenant 3 600 € de gains coûte 619 € de prélèvements sociaux dans l'exemple de l'article.

Un placement peut-il verser 12 % par an durablement ?

Aucun support courant ne le fait sans risque de perte en capital. Dans la « Trinity study », un retrait de 12 % sur 30 ans n'a réussi que dans 15 % des cas en 100 % actions et dans aucun cas avec 50 % d'actions. Un rendement cible à deux chiffres a pour contrepartie un risque que la documentation doit détailler.

Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil juridique ou fiscal personnalisé, et ne visent aucun produit en particulier : le niveau de revenu soutenable dépend de votre âge, de votre patrimoine, de vos autres ressources, de votre horizon et de votre situation fiscale. Un placement peut entraîner une perte en capital, pouvant être totale. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les tableaux de chiffres sont des calculs arithmétiques illustratifs à rendement constant, avant impôts et frais, sans lien avec un produit réel, et les rendements cités (Livret A, fonds en euros, dividendes, TEC 10, SCPI, rente viagère) sont des valeurs observées à une date donnée. Le taux de 18,6 % de prélèvements sociaux sur la fraction imposable d'une rente viagère à titre onéreux est notre lecture de l'article L136-8 du Code de la sécurité sociale et est à vérifier. Le taux de conversion de 4,32 % est celui d'une fiche pratique d'un contrat d'association d'épargnants de mars 2024 : il n'est ni contractuel ni actuel. Les études de taux de retrait reposent sur des données américaines ou de pays développés, sans frais ni impôts. Sources : William Bengen, Journal of Financial Planning, octobre 1994 ; Cooley, Hubbard et Walz, AAII Journal, février 1998 ; Wade Pfau, NGI Discussion Paper 10-12 (2010) ; Anarkulova, Cederburg, O'Doherty et Sias, Journal of Pension Economics & Finance, vol. 24 (2025) ; Morningstar, The State of Retirement Income: 2025 (3 décembre 2025) ; ASPIM et IEIF, communiqué du 10 février 2026 ; ACPR, Analyses et Synthèses n° 179 et n° 180 ; info.gouv.fr (taux du Livret A au 1er août 2026) ; Agence France Trésor (TEC 10, 18 septembre 2026) ; MSCI World, fiche indicielle au 31 août 2026 ; INSEE, espérance de vie à divers âges (13 janvier 2026), Informations rapides n° 8 et n° 218 ; BCE, déclaration sur la stratégie de politique monétaire (2021) ; Code général des impôts, articles 125-0 A, 157 et 158 ; BOFiP BOI-RSA-PENS-30-20 et BOI-RPPM-RCM-20-10-20-50 ; Code de la sécurité sociale, articles L136-6, L136-7 et L136-8.

Alexandre Pollet
Écrit par
Alexandre Pollet
Fondateur, Le Rempart Financier · ORIAS n° 25005915

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.

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