Vivre de son patrimoine sans travailler : ce que coûtent la cotisation PUMa, la retraite et la prévoyance
Vivre de ses loyers et de ses placements sans revenu d'activité déclenche la cotisation subsidiaire maladie, dite « taxe PUMa » : 6,5 % des revenus du capital qui dépassent la moitié du plafond de la Sécurité sociale (24 030 € pour les revenus de 2026), soit 2 663 € par an pour 65 000 € de revenus du patrimoine. Elle diminue avec le moindre revenu d'activité et disparaît à partir de 9 612 € par an. Ce que l'on perd pèse davantage que ce que l'on paie : plus aucun trimestre de retraite validé et, douze mois après l'arrêt de l'activité, plus d'indemnités journalières, de pension d'invalidité ni de capital décès de la Sécurité sociale. Les frais de santé, eux, restent remboursés.
Sommaire · 13 sections
- 01Est-on encore remboursé de ses soins quand on ne travaille plus ?
- 02Qui doit payer la cotisation subsidiaire maladie, dite « taxe PUMa » ?
- 03Quels revenus entrent dans le calcul de la taxe PUMa ?
- 04Comment se calcule la taxe PUMa ? L'exemple de 65 000 € de revenus du capital
- 05Un petit revenu d'activité suffit-il à faire disparaître la taxe PUMa ?
- 06Quand l'URSSAF réclame-t-elle la cotisation, et peut-on la contester ?
- 07Combien de trimestres de retraite perd-on en vivant de ses revenus du patrimoine ?
- 08Peut-on continuer à cotiser pour sa retraite sans travailler ?
- 09Que devient la prévoyance quand on n'a plus de revenu d'activité ?
- 10Salarié, indépendant, rentier : qui est couvert pour quoi ?
- 11De combien cette ligne relève-t-elle le taux de retrait nécessaire ?
- 12Questions fréquentes
- 13Ce qu'il faut retenir
Nous recevons un héritier d'une quarantaine d'années, père d'un très jeune enfant et séparé de la mère. Il a cessé son activité : un métier fait de déplacements fréquents, incompatible avec la garde de l'enfant et la gestion des biens reçus. Il ne sait pas s'il reprendra « dans trois ans, cinq ans, dix ans ». Son patrimoine approche 3 millions d'euros, presque entièrement en immobilier locatif, avec quelques centaines de milliers d'euros de liquidités et près d'un million à replacer après la vente d'appartements peu rentables. Il lui faut entre 60 000 et 70 000 € par an, loyers et retraits confondus, « pas forcément mensuel, ça peut être annuel », pour « garder le même train de vie toute ma vie ». La situation est présentée ici de façon anonymisée et simplifiée.
Dans son tableau, une ligne manquait — la même qui manque dans presque toutes les simulations de « rente » que l'on nous présente : ce que coûte, socialement, le fait de ne plus avoir de revenu d'activité. Cet article la chiffre : ce que vous payez (la cotisation subsidiaire maladie), ce que vous ne validez plus (les trimestres de retraite), ce qui s'éteint sans bruit (la prévoyance), et ce que l'ensemble change dans le taux de retrait demandé à votre patrimoine.
Est-on encore remboursé de ses soins quand on ne travaille plus ?
Oui. Depuis 2016, la protection universelle maladie rattache le remboursement des soins à la résidence et non plus à l'emploi : toute personne qui, sans exercer d'activité professionnelle, réside en France « de manière stable et régulière » bénéficie de la prise en charge de ses frais de santé (article L160-1 du Code de la sécurité sociale). Un enfant mineur est couvert comme ayant droit de son parent. Arrêter de travailler ne fait perdre ni la carte Vitale ni les remboursements.
La contrepartie est double. Cette couverture ne porte que sur les soins : ce qui remplace un revenu — indemnités journalières, pension d'invalidité, capital décès — reste attaché à l'activité. Et celui qui ne cotise plus sur un revenu professionnel mais dispose de revenus du patrimoine contribue autrement : selon la décision du Conseil constitutionnel du 27 septembre 2018, le législateur a voulu faire participer « les personnes ne percevant pas de revenus professionnels » ou des revenus professionnels insuffisants.
Qui doit payer la cotisation subsidiaire maladie, dite « taxe PUMa » ?
L'article L380-2 du Code de la sécurité sociale pose deux conditions, appréciées année par année. Vos revenus d'activité professionnelle de l'année sont inférieurs à 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 9 612 € pour les revenus de 2026 (9 420 € pour ceux de 2025, appelés d'ici fin novembre 2026). Et vous n'avez perçu dans l'année ni pension de retraite ou d'invalidité, ni rente, ni allocation de chômage. Si les deux sont réunies, la cotisation frappe la fraction de vos revenus du capital qui dépasse 50 % du plafond : 24 030 € pour 2026, 23 550 € pour 2025.
Pour un couple marié ou pacsé, il suffit que l'un des deux ait un revenu d'activité au moins égal au seuil, ou perçoive une pension ou une allocation de chômage, pour que ni l'un ni l'autre ne soit redevable. À défaut, la cotisation est individuelle : chacun la doit sur sa part des revenus du foyer, répartis par moitié sauf preuve contraire (article D380-5). Notre client, séparé, sans pension ni allocation, entre dans le champ dès la première année où ses revenus d'activité passent sous le seuil. Les exonérations sont résumées sur la page de l'URSSAF consacrée à la PUMa.
Quels revenus entrent dans le calcul de la taxe PUMa ?
L'assiette est fiscale : ce sont les revenus du patrimoine tels qu'ils ressortent de votre déclaration, transmis à l'URSSAF par l'administration des impôts. La circulaire interministérielle du 15 novembre 2017 en donne le détail, case par case.
- —Revenus fonciers, pour leur montant net : après l'abattement de 30 % en micro-foncier, après déduction des charges et des déficits au régime réel.
- —Revenus de capitaux mobiliers : intérêts, dividendes (avant l'abattement de 40 %, que l'article 1417 du CGI réintègre) et produits des contrats d'assurance-vie et de capitalisation, c'est-à-dire la part de gains comprise dans vos rachats.
- —Plus-values mobilières et immobilières imposables de l'année.
- —Location meublée non professionnelle et autres bénéfices non professionnels : bénéfice après abattement du régime micro, ou résultat du régime réel.
Deux conséquences pratiques. La cotisation ne suit pas votre train de vie mais vos revenus imposables : que les retraits soient mensuels ou, comme le souhaite notre client, « pas forcément mensuel, ça peut être annuel », seule compte la nature de ce qui est retiré. Un rachat de 30 000 € sur un contrat qui contient 20 % de gains ajoute 6 000 € à l'assiette, pas 30 000 €. Ensuite, sur des loyers nus, la cotisation s'ajoute aux prélèvements sociaux de 17,2 % : au-delà du seuil, chaque euro de revenu foncier net supporte 23,7 % de prélèvements à caractère social, avant impôt sur le revenu.
Point de vigilance pour qui arbitre son immobilier : la plus-value imposable d'une vente entre dans l'assiette de l'année. Un bien reçu par succession, dont le prix d'acquisition est la valeur déclarée dans la succession (article 150 VB du CGI), en dégage peu s'il est vendu rapidement à un prix voisin ; plus tard, le calcul est à refaire avant de signer.
Comment se calcule la taxe PUMa ? L'exemple de 65 000 € de revenus du capital
La formule figure à l'article D380-1 du Code de la sécurité sociale : 6,5 % × (A − 0,5 × PASS) × [1 − R ÷ (0,2 × PASS)], où A désigne les revenus du capital, retenus dans la limite de huit fois le plafond (384 480 € pour 2026), et R les revenus d'activité. Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation : une personne seule, sans pension ni allocation, déclare pour 2026 45 000 € de revenus fonciers nets, 12 000 € d'intérêts et de dividendes et 8 000 € de gains compris dans des rachats d'assurance-vie, soit 65 000 € — l'ordre de grandeur du besoin de notre client, si tout son train de vie provenait de revenus imposables.
- 1.Revenus d'activité : 0 €, donc inférieurs à 9 612 €. La cotisation est due, sans dégressivité.
- 2.Assiette : 65 000 € − 24 030 € (50 % du plafond) = 40 970 €.
- 3.Cotisation : 40 970 € × 6,5 % = 2 663 €, soit 4,1 % des revenus du capital.
- 4.Appel par l'URSSAF au plus tard fin novembre 2027.
| Revenus du capital imposables (2026) | Sans revenu d'activité | Avec 4 806 € de revenus d'activité (10 % du plafond) | À partir de 9 612 € de revenus d'activité |
|---|---|---|---|
| 30 000 € | 388 € | 194 € | 0 € |
| 50 000 € | 1 688 € | 844 € | 0 € |
| 65 000 € | 2 663 € | 1 332 € | 0 € |
| 100 000 € | 4 938 € | 2 469 € | 0 € |
| 150 000 € | 8 188 € | 4 094 € | 0 € |
| 384 480 € et plus | 23 429 € | 11 715 € | 0 € |
Ce barème date de 2019. Jusque-là, la cotisation était de 8 % au-delà de 25 % du plafond, sans limite d'assiette, dès que les revenus d'activité étaient inférieurs à 10 % du plafond. Le Conseil constitutionnel a validé le dispositif en 2018 sous réserve que le taux et les modalités n'entraînent pas de rupture caractérisée de l'égalité devant les charges publiques ; le décret du 23 avril 2019 a ramené le taux à 6,5 %, doublé l'abattement et plafonné l'assiette. Le maximum est aujourd'hui de 23 429 € par an et par personne.
Un petit revenu d'activité suffit-il à faire disparaître la taxe PUMa ?
Oui. Le taux décroît en ligne droite à mesure que le revenu d'activité augmente et s'annule à 9 612 € (revenus de 2026). Pour un salaire, la circulaire retient le net imposable avant la déduction forfaitaire de 10 % ; pour un micro-entrepreneur, le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire. Une activité à temps très partiel suffit donc, à condition qu'elle soit réelle.
Mais ne raisonnez pas à l'envers. À 65 000 € de revenus du capital, reprendre une activité dans le seul but d'effacer 2 663 € n'a pas de sens : les seules cotisations de retraite d'un salarié, parts salariale et patronale réunies, dépassent 28 % de son salaire brut. L'intérêt est que ces cotisations-là ouvrent des droits — trimestres, points de retraite complémentaire, indemnités journalières. Reprendre « dans trois ans, cinq ans, dix ans » change donc trois lignes du budget à la fois.
Un cas concerne les propriétaires : la location meublée devient professionnelle lorsque ses recettes dépassent 23 000 € par an et excèdent les autres revenus d'activité du foyer (article 155, IV du CGI), seconde condition remplie d'office quand ces revenus sont nuls. Le loueur relève alors de la sécurité sociale des indépendants (article L611-1, 6° du Code de la sécurité sociale) : ses bénéfices deviennent des revenus d'activité, soumis à cotisations, et sortent de l'assiette de la taxe PUMa. Ce basculement se chiffre à l'avance : voir notre article sur le passage du LMNP au LMP et le seuil de 23 000 €.
Quand l'URSSAF réclame-t-elle la cotisation, et peut-on la contester ?
La cotisation d'une année est appelée l'année suivante, au plus tard le dernier jour ouvré de novembre, et exigible dans les trente jours (article R380-4 du Code de la sécurité sociale). Elle peut être réglée en trois échéances ; passé le délai, la majoration est de 5 %, puis de 0,2 % par mois. Le premier appel arrive donc près de deux ans après le début de la première année sans activité : mieux vaut l'avoir provisionné. Si le montant vous paraît inexact, le même article permet de payer la somme que vous estimez due, justificatifs à l'appui. Un appel tardif, en revanche, n'annule rien : la Cour de cassation a jugé que le dépassement de la date limite avait « pour seul effet de reporter » l'exigibilité (2e chambre civile, 28 janvier 2021, n° 19-25.853). Enfin, la cotisation se déduit en principe du revenu global de l'année de son paiement (article 156, II-4° du CGI ; BOFiP BOI-IR-BASE-20-60-10, § 40), point à faire valider lors de votre déclaration.
Combien de trimestres de retraite perd-on en vivant de ses revenus du patrimoine ?
Tous. Un trimestre de retraite n'est pas une durée, c'est un montant de revenu soumis à cotisations : 150 fois le Smic horaire, soit 1 803 € de salaire brut en 2026, et 7 212 € pour valider l'année. Loyers, dividendes et rachats ne sont pas des revenus d'activité : une année vécue sur son seul patrimoine valide zéro trimestre et n'acquiert aucun point de retraite complémentaire. Or, pour les générations nées à partir de 1969, il faut 172 trimestres pour le taux plein, l'âge légal est de 64 ans et le taux plein automatique de 67 ans. Chaque trimestre manquant pèse deux fois, sur le taux et sur le prorata, comme le montre notre guide du calcul de la retraite de base.
| Durée sans activité | Trimestres manquants | Pension de base en partant à 64 ans | Pension de base en partant à 67 ans |
|---|---|---|---|
| 3 ans | 12 | 79 % de la pension complète (− 21 %) | 93 % (− 7 %) |
| 5 ans | 20 | 75 % (− 25 %) | 88 % (− 12 %) |
| 10 ans | 40 | 65 % (− 35 %) | 77 % (− 23 %) |
Lecture : calcul illustratif pour un assuré né à partir de 1969 dont la carrière aurait été complète sans l'interruption, à salaire annuel moyen inchangé. À 64 ans, la décote est plafonnée à 12 trimestres (taux de 42,5 % au lieu de 50 %) mais le prorata s'applique en entier ; à 67 ans, le taux est plein, le prorata demeure. La complémentaire est amputée des points non acquis.
On entend souvent, y compris de la part de professionnels, qu'il suffira de « racheter ses trimestres » le moment venu. Le texte est plus étroit : le versement pour la retraite est limité à douze trimestres au total et ne vise que les années d'études supérieures et les années civiles « ayant donné lieu à affiliation » au régime général mais validées par moins de quatre trimestres (article L351-14-1). Une année entièrement blanche n'entre pas à la lettre dans cette définition : faites-le confirmer par votre caisse. Les prix sont dans notre article sur le rachat de trimestres, et un contrôle de votre relevé de carrière s'impose avant tout chiffrage.
Peut-on continuer à cotiser pour sa retraite sans travailler ?
Oui, par l'assurance volontaire vieillesse (article L742-1 du Code de la sécurité sociale), qui valide quatre trimestres par an au régime de base, pas à la complémentaire. Deux portes existent, et la première se referme vite.
- —Ancien salarié : il faut avoir été affilié au moins six mois et déposer sa demande à la CPAM dans les six mois qui suivent la fin de l'affiliation obligatoire (articles R742-2 et R742-3). Selon le barème 2026 de l'URSSAF, la cotisation vieillesse est de 2 158 € par trimestre pour un ancien revenu au moins égal au plafond, 1 618 € entre la moitié du plafond et le plafond, 1 079 € en dessous.
- —Parent chargé de famille : la faculté est ouverte à celui qui se consacre à l'éducation d'au moins un enfant de moins de vingt ans à sa charge, ne relève d'aucun régime obligatoire de retraite et n'exerce pas d'activité professionnelle (articles D742-1 et D742-2). La cotisation est forfaitaire : 1 095 € par trimestre en 2026, soit 4 380 € par an. Une assurance invalidité « parentale » peut s'y ajouter pour 108 € par trimestre.
Pour un parent dans la situation de notre client, une fois le délai de six mois passé, la seconde porte reste ouverte : la condition tient à la situation de famille au jour de la demande, que la CPAM vérifie. Elle ne joue que pour l'avenir, à compter du trimestre civil qui suit le dépôt. Ces cotisations volontaires sont en principe déductibles du revenu global. Dernier point : les quatre trimestres d'éducation accordés pour chaque enfant reviennent par défaut à la mère ; le père peut s'en voir attribuer jusqu'à deux, sur option exprimée dans les six mois qui suivent le quatrième anniversaire de l'enfant (article L351-4).
Que devient la prévoyance quand on n'a plus de revenu d'activité ?
Elle s'éteint en silence. Celui qui cesse de remplir les conditions d'activité conserve ses droits aux prestations en espèces — maladie, maternité, invalidité, décès — pendant douze mois (articles L161-8 et R161-3). Ensuite, plus d'indemnités journalières ; plus de pension d'invalidité, qui suppose 600 heures de travail, ou un montant équivalent de cotisations, sur les douze mois précédents (article R313-5) ; plus de capital décès de la Sécurité sociale, au demeurant modeste (4 009 € à ce jour). S'y ajoute la fin du contrat collectif de l'employeur, décrit dans notre comparatif entre contrat employeur et contrat individuel.
Pour un rentier, le besoin n'est pas celui d'un salarié : ses loyers continuent de tomber s'il est malade. Ce qu'il doit couvrir lui-même est ailleurs.
- —La santé : une complémentaire individuelle, entièrement à sa charge. La DREES relève une prime moyenne de 36 € par mois à 20 ans et de 142 € à 85 ans sur les contrats individuels (données 2023).
- —L'incapacité de gérer : qui encaisse les loyers et signe les baux s'il ne le peut plus ? Le mandat de protection future (article 477 du Code civil) désigne cette personne à l'avance.
- —Le décès, avec un enfant mineur : il ne s'agit pas de remplacer un revenu mais de payer les droits de succession sans brader l'immeuble. Sur 3 millions d'euros transmis à un enfant unique, le barème en ligne directe aboutit, après l'abattement de 100 000 €, à environ 1,07 million d'euros (articles 777 et 779 du CGI), hors assurance-vie et avant toute organisation. Un testament peut aussi confier l'administration des biens légués à un tiers de confiance (article 384 du Code civil).
Salarié, indépendant, rentier : qui est couvert pour quoi ?
| Risque | Salarié | Indépendant | Rentier sans activité |
|---|---|---|---|
| Frais de santé | Remboursés ; cotisations assises sur le salaire | Remboursés ; cotisation assise sur le revenu professionnel | Remboursés ; cotisation subsidiaire de 6,5 % au-delà de 50 % du plafond |
| Arrêt de travail, invalidité, décès | Indemnités journalières, pension d'invalidité et capital décès (4 009 €), sous conditions ; prévoyance d'entreprise le cas échéant | Prestations propres à chaque régime, sous conditions | Rien au-delà de douze mois, sauf assurance volontaire invalidité |
| Retraite | 4 trimestres dès 7 212 € de salaire brut en 2026, plus des points Agirc-Arrco | Trimestres et points selon le revenu cotisé | Ni trimestre ni point, sauf assurance volontaire (base seulement) |
| Complémentaire santé | Contrat collectif financé au moins pour moitié par l'employeur | Contrat individuel, déductible dans le cadre Madelin | Contrat individuel, entièrement à sa charge |
De combien cette ligne relève-t-elle le taux de retrait nécessaire ?
Reprenons les chiffres du rendez-vous, arrondis. Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation : un train de vie visé de 65 000 € par an, un patrimoine de 3 millions d'euros, 65 000 € de revenus du capital imposables, un parent sans activité qui continue de cotiser pour sa retraite. La complémentaire santé est une hypothèse de travail, à remplacer par un devis ; la couverture décès, tarifée selon l'âge et la santé, n'est pas chiffrée.
| Poste annuel | Montant | Origine du chiffre |
|---|---|---|
| Train de vie visé | 65 000 € | Hypothèse |
| Cotisation subsidiaire maladie | 2 663 € | Calcul ci-dessus (revenus de 2026) |
| Assurance volontaire vieillesse, parent chargé de famille | 4 380 € | Barème URSSAF 2026 : 4 × 1 095 € |
| Assurance volontaire invalidité parentale | 432 € | Barème URSSAF 2026 : 4 × 108 € |
| Complémentaire santé, un adulte et un enfant | 1 200 € | Hypothèse, à remplacer par un devis |
| Total de la ligne sociale | 8 675 € | 13 % du train de vie |
| Besoin annuel complet | 73 675 € | Avant impôt sur le revenu et prélèvements sociaux |
Rapporté à 3 millions d'euros, le retrait passe de 2,17 % à 2,46 % du patrimoine par an. L'écart paraît mince ; il ne l'est pas quand il s'agit de « garder le même train de vie toute ma vie », capital préservé de l'inflation. Les études analysées dans notre article sur le taux de retrait d'un capital situent le niveau soutenable entre 2,3 % et 4 % : la ligne sociale suffit à faire passer ce dossier du dessous à l'intérieur de la fourchette. Autre lecture : financer 8 675 € par an mobilise environ 290 000 € de capital à 3 % de retrait, 217 000 € à 4 %. Et ce besoin s'entend avant impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.
Questions fréquentes
À partir de quel montant de loyers paie-t-on la taxe PUMa ?
Il n'y a pas de seuil propre aux loyers : c'est le total de vos revenus du capital imposables (loyers nets, intérêts, dividendes, gains de rachats, plus-values) qui est comparé à 50 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 24 030 € pour 2026. La cotisation n'est due que si vos revenus d'activité sont inférieurs à 9 612 € et que vous ne percevez ni pension ni allocation de chômage.
Mon conjoint travaille : suis-je quand même redevable ?
Non, si vous êtes mariés ou pacsés et que ses revenus d'activité atteignent 20 % du plafond, ou s'il perçoit une pension ou une allocation de chômage. Le texte ne vise que les époux et les partenaires de PACS, pas les concubins.
Les retraits sur mon assurance-vie comptent-ils dans le calcul ?
Seulement pour la part de gains qu'ils contiennent, qui est un revenu de capitaux mobiliers. Un retrait de 30 000 € sur un contrat composé à 20 % de gains ajoute 6 000 € à l'assiette.
Pourrai-je racheter plus tard les trimestres des années sans activité ?
Très partiellement. Le rachat est limité à douze trimestres sur toute la carrière et vise les années d'études supérieures ou les années affiliées mais incomplètes. Pour ne pas créer le trou, la voie prévue est l'assurance volontaire vieillesse, qui ne vaut que pour l'avenir.
La taxe PUMa est-elle déductible de mes impôts ?
En principe oui, du revenu global de l'année où vous la payez, au titre des cotisations de sécurité sociale (article 156, II-4° du CGI). Faites confirmer le traitement déclaratif par votre service des impôts.
Ce qu'il faut retenir
Vivre de son patrimoine sans travailler ne vous prive pas de l'Assurance maladie, et la cotisation qui en est la contrepartie se calcule à l'avance : 6,5 % au-delà de 24 030 € de revenus du capital, soit 2 663 € pour 65 000 €, et rien dès 9 612 € de revenus d'activité. Le vrai coût est celui de ce qui ne se rattrape pas : chaque année sans activité est une année sans trimestre, que le rachat ne répare qu'à la marge ; l'assurance volontaire des anciens salariés se demande dans les six mois ; la prévoyance de la Sécurité sociale s'éteint au bout de douze ; et, à l'échelle de notre exemple, un décès non préparé laisse à un enfant mineur plus d'un million d'euros de droits à régler. Une fois cette ligne chiffrée, la suite logique est d'organiser les retraits eux-mêmes : c'est l'objet de notre article sur la décumulation. Au cabinet, nous intégrons ce poste à toute projection de revenus tirés d'un patrimoine. Pour poser vos propres chiffres, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil juridique, fiscal ou social personnalisé. Les seuils et montants cités sont ceux applicables aux revenus de 2026 (plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 €) ou de 2025 lorsqu'ils sont signalés comme tels ; ils changent chaque année avec le plafond et le Smic. L'assiette exacte de votre cotisation subsidiaire, votre éligibilité à l'assurance volontaire vieillesse (notamment comme parent chargé de famille), la possibilité de racheter des trimestres, la déductibilité fiscale des cotisations et le calcul des droits de succession doivent être vérifiés avec l'URSSAF, votre CPAM, votre caisse de retraite, votre notaire ou votre expert-comptable. Les tableaux relatifs à la retraite et au taux de retrait sont des calculs illustratifs. Sources : Code de la sécurité sociale, articles L160-1, L160-2, L161-8, R161-3, R313-5, L351-4, L351-14-1, R351-9, L361-1, L380-2, R380-4, D380-1, D380-5, L611-1, L742-1, R742-2, R742-3, D742-1 à D742-4 et L911-7 ; décret n° 2019-349 du 23 avril 2019 ; circulaire interministérielle DSS/5B/2017/322 du 15 novembre 2017 ; Conseil constitutionnel, décision n° 2018-735 QPC du 27 septembre 2018 ; Cour de cassation, 2e chambre civile, 28 janvier 2021, n° 19-25.853 et 6 janvier 2022, n° 20-16.379 ; URSSAF, pages « Bénéficiaire de la protection universelle maladie », « Les assurés volontaires » (mise à jour du 21 septembre 2026), barème des bases forfaitaires et plafonds de la Sécurité sociale 2025 et 2026 ; circulaire Cnav n° 2026-07 du 5 mars 2026 ; Code général des impôts, articles 150 VB, 155, 156, 777, 779 et 1417 ; BOFiP BOI-IR-BASE-20-60-10 ; Code civil, articles 384 et 477 ; service-public.fr, fiche F3005 (vérifiée le 1er avril 2026) ; DREES, jeu de données sur les organismes complémentaires santé (23 septembre 2025). Le Rempart Financier est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, rémunéré notamment par rétrocessions sur les opérations qu'il accompagne. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Un ou deux points de frais de gestion par an, ça a l'air de rien. Sur 20 ans, avec 100 000 € placés, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.
Sources : Simulateur de frais de placements · Tarifs et transparence