Pension de réversion en 2026 : 54 % du régime général sous plafond de 25 001,60 €, 60 % à l'Agirc-Arrco sans condition de ressources, 50 % dans la fonction publique — conditions, calcul et démarche
La pension de réversion est la part de la retraite d'une personne décédée versée à son conjoint ou ex-conjoint marié : le PACS et le concubinage n'y ouvrent aucun droit, dans aucun régime. Au régime général, elle représente 54 % de la retraite de base du défunt, à partir de 55 ans, si les ressources du survivant ne dépassent pas 25 001,60 € par an en 2026 (40 002,56 € pour un couple) ; au-delà, elle est réduite du montant du dépassement. À l'Agirc-Arrco, elle est de 60 % sans condition de ressources, mais définitivement supprimée en cas de remariage. Dans la fonction publique, elle est de 50 %, sans condition d'âge ni de ressources, mais sous conditions de durée de mariage et perdue en cas de nouvelle union. Elle se partage entre conjoint survivant et ex-conjoints divorcés au prorata de la durée de chaque mariage. Fin 2023, 4,4 millions de personnes en percevaient une, à 87 % des femmes, pour un montant moyen de l'ordre de 726 € par mois. Avant 55 ans, une allocation veuvage de 719,58 € par mois peut prendre le relais pendant deux ans. Aucune réforme de la réversion n'a été adoptée en 2025-2026 ; le Conseil d'orientation des retraites a publié en novembre 2025 des scénarios d'harmonisation, sans traduction législative. Cet article détaille les conditions régime par régime, la démarche, et trois cas chiffrés.
Sommaire · 11 sections
- 01Qu'est-ce que la pension de réversion, et qui peut y prétendre ?
- 02Régime général : 54 %, à partir de 55 ans, sous plafond de ressources
- 03Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources, mais perdus en cas de remariage
- 04Fonction publique : 50 %, sans condition d'âge ni de ressources, mais sous conditions de mariage
- 05Professions libérales, indépendants, agriculteurs : la base est alignée, les complémentaires divergent
- 06Trois cas chiffrés
- 07La démarche : une demande unique en ligne, à déposer dans l'année qui suit le décès
- 08Avant 55 ans : l'allocation veuvage
- 09Ce qui pourrait changer : les scénarios du COR de novembre 2025
- 10Ce que la réversion ne remplace pas
- 11Ce qu'il faut retenir
La réversion est presque toujours découverte au pire moment : dans les semaines qui suivent un décès, entre les démarches bancaires et la succession, avec une question simple — de quoi vais-je vivre — et des règles qui varient selon le régime du défunt, l'âge et les ressources du survivant, l'existence d'un mariage antérieur. Les montants sont rarement ceux que l'on imagine, dans un sens comme dans l'autre. Cet article expose les règles applicables en 2026 pour le régime général, l'Agirc-Arrco, la fonction publique et les indépendants, puis la démarche et les cas particuliers. Il complète notre comparatif de la réversion dans les caisses de professions libérales et notre guide sur la protection du partenaire pacsé, qui traite de ce qui reste possible quand la réversion n'existe pas.
Qu'est-ce que la pension de réversion, et qui peut y prétendre ?
La pension de réversion est une fraction de la retraite que percevait, ou aurait perçue, une personne décédée, versée à son conjoint survivant (article L353-1 du Code de la sécurité sociale). Une seule condition est commune à tous les régimes obligatoires : avoir été marié avec le défunt. Le partenaire de PACS et le concubin n'ont aucun droit, quelle qu'ait été la durée de la vie commune — la fiche officielle F13104 de service-public.fr le résume en une ligne : « Mariage obligatoire (PACS et concubinage exclus) ». Les ex-conjoints divorcés, en revanche, y ont droit, en partage avec le conjoint survivant. Selon la DREES (fiche « effectifs de retraités de droit dérivé », édition 2025), 4,4 millions de personnes percevaient une pension de réversion fin 2023 ; 87 % étaient des femmes, et pour 884 000 personnes cette pension était l'unique retraite. Le montant moyen du droit dérivé était de 726 € par mois (données fin 2020, dernières disponibles), 780 € pour les femmes et 381 € pour les hommes.
Régime général : 54 %, à partir de 55 ans, sous plafond de ressources
Pour les salariés du privé, les indépendants relevant des régimes alignés, les salariés agricoles et les professions libérales (dont le régime de base renvoie expressément aux mêmes articles), la réversion de base obéit à quatre règles.
- —Taux : 54 % de la retraite de base du défunt, calculée ou reconstituée (article D353-1). Si le défunt n'avait pas encore liquidé sa retraite, elle est calculée comme s'il l'avait fait au jour du décès.
- —Âge : 55 ans au moins à la date d'effet (article D353-3). Avant cet âge, l'allocation veuvage peut prendre le relais (voir plus bas).
- —Ressources : un plafond annuel égal à 2 080 fois le Smic horaire brut au 1er janvier (article D353-1-1), soit 25 001,60 € en 2026 pour une personne seule (2 080 × 12,02 €) et 40 002,56 € pour un ménage (1,6 fois le plafond), en tenant compte des ressources du nouveau conjoint, partenaire ou concubin. Le passage du Smic à 12,31 € au 1er juin 2026 ne modifie pas le plafond de l'année.
- —Ni condition de durée de mariage, ni perte en cas de remariage : depuis le 1er juillet 2004, le remariage ne supprime pas la réversion de base, mais les ressources du nouveau ménage entrent dans le calcul du plafond.
| Ressources du survivant (article R353-1 et renvois) | Prises en compte ? | Précision |
|---|---|---|
| Retraites personnelles de base et complémentaires | Oui | Sans abattement |
| Revenus d'activité | Oui, après abattement de 30 % | Abattement applicable si le survivant a 55 ans ou plus |
| Revenus de remplacement (chômage, indemnités journalières) | Oui | — |
| Biens mobiliers et immobiliers (hors résidence principale) | Oui, pour 3 % de leur valeur vénale par an | Une assurance-vie de 200 000 € est comptée pour 6 000 € de revenu annuel, quels que soient ses gains réels |
| Résidence principale | Non | Article R815-22, par renvoi |
| Biens acquis du chef du conjoint décédé (héritage, communauté, assurance-vie reçue du défunt) | Non | — |
| Réversions des régimes complémentaires obligatoires (Agirc-Arrco…) | Non | Seule la réversion de base est écrêtée par le plafond |
| Revenus d'activité et de remplacement du défunt | Non | — |
Le plafond n'est pas un couperet mais un écrêtement : lorsque la somme des ressources et de la réversion le dépasse, « la pension de réversion est réduite à due concurrence du dépassement » (article L353-1, dernier alinéa). Une survivante dont les ressources propres s'élèvent à 23 000 € ne perçoit donc pas la totalité d'une réversion de 5 000 €, mais 2 001,60 €. Les ressources sont examinées sur les trois mois civils précédant la demande, puis sur douze mois si elles dépassent le quart du plafond. Point essentiel, souvent ignoré : la pension peut être révisée à la hausse ou à la baisse en fonction des ressources, jusqu'à une date butoir fixée par l'article R353-1-1 — trois mois après le jour où le survivant a liquidé l'ensemble de ses propres retraites de base et complémentaires, ou, s'il n'en a pas, à son âge légal de départ. Passé ce délai, le montant est figé, quelle que soit l'évolution ultérieure des ressources ; les droits acquis ensuite en cumul emploi-retraite ne sont pas pris en compte.
Trois majorations et un minimum complètent le dispositif. Une majoration de 11,1 % est accordée au survivant qui a atteint 67 ans lorsque le total de ses retraites personnelles et de réversion ne dépasse pas 3 020,07 € par trimestre en 2026, soit 1 006,69 € par mois (articles L353-6 et D353-4, montant fixé par la circulaire Cnav 2025-29). La pension est majorée de 10 % si le survivant a eu ou élevé au moins trois enfants (article R353-2). Une majoration forfaitaire de 113,59 € par mois par enfant à charge s'applique au survivant de moins de 67 ans qui ne perçoit pas de retraite personnelle (article L353-5). Enfin, si le défunt totalisait au moins 60 trimestres au régime général, la réversion ne peut être inférieure à 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois en 2026, ce minimum étant réduit en soixantièmes en deçà de 60 trimestres.
Agirc-Arrco : 60 % sans condition de ressources, mais perdus en cas de remariage
La réversion de la complémentaire des salariés du privé se calcule simplement : total des points du défunt × valeur du point × 60 % (page officielle Agirc-Arrco). Elle est ouverte à partir de 55 ans pour les décès survenus depuis le 1er janvier 2019, sans condition d'âge si le survivant a deux enfants à charge ou est en situation d'invalidité. Elle n'est soumise à aucune condition de ressources, ce qui en fait, pour un survivant disposant d'une bonne pension propre, le seul étage de réversion effectivement perçu.
La contrepartie est stricte : le remariage supprime définitivement la réversion Agirc-Arrco, y compris si la nouvelle union est ensuite dissoute par divorce ou décès. Un PACS ou un concubinage postérieurs au décès n'ont en revanche aucun effet sur le versement — mais ils n'ouvrent jamais le droit initial. En présence d'ex-conjoints divorcés non remariés, la pension est partagée entre eux et le conjoint survivant proportionnellement à la durée de chaque mariage rapportée à la durée totale des mariages ; lorsqu'il n'y a que des ex-conjoints, la part de chacun est calculée par rapport à la durée d'assurance du défunt. Les majorations pour enfants nés ou élevés dont bénéficiait le défunt sont réversibles à 100 % pour les décès survenus depuis 2019. La pension prend effet le premier jour du mois suivant le décès si la demande est déposée dans les douze mois.
Fonction publique : 50 %, sans condition d'âge ni de ressources, mais sous conditions de mariage
Pour les fonctionnaires de l'État (articles L38 à L46 du Code des pensions civiles et militaires de retraite) comme pour les agents territoriaux et hospitaliers (CNRACL), la réversion est égale à 50 % de la pension obtenue ou qu'aurait obtenue le fonctionnaire, attribuée « sans condition d'âge ni de ressources » selon le service des retraites de l'État. Les conditions portent sur le mariage : il faut, au choix, qu'un enfant soit issu du mariage, que le mariage ait duré au moins quatre ans, ou qu'il ait été célébré au moins deux ans avant la cessation d'activité du fonctionnaire (article L39). Le survivant qui contracte un nouveau mariage ou vit en concubinage notoire perd son droit (article L46) ; les caisses assimilent le PACS à cette situation, alors même que le texte ne le nomme pas — un point que le survivant doit anticiper avant toute nouvelle union. Le droit peut être rétabli si la nouvelle union est dissoute. Chaque orphelin de moins de 21 ans reçoit en outre 10 % de la pension (article L40), et la loi de finances pour 2026 (article 205) a prévu que la réversion d'un fonctionnaire de l'État est portée, pour les pensions liquidées depuis le 1er janvier 2025, au montant maximal de l'allocation de solidarité aux personnes âgées lorsqu'elle lui est inférieure.
Professions libérales, indépendants, agriculteurs : la base est alignée, les complémentaires divergent
Le régime de base des professions libérales (CNAVPL) applique, par renvoi de l'article L643-7, exactement les règles du régime général : 54 %, 55 ans, plafond de 25 001,60 € ou 40 002,56 €. Il en va de même pour la base des exploitants agricoles et des artisans-commerçants. Ce sont les régimes complémentaires qui divergent, chaque caisse fixant ses taux, ses âges, ses conditions de durée de mariage et de non-remariage. La caisse des notaires (CPRN) en donne un exemple précis : sa réversion complémentaire est de 60 % des droits acquis dans les sections B et C, dès 52 ans, sans condition de ressources, mais sous condition d'une durée de mariage de deux ans si le mariage a été célébré pendant l'activité du notaire et de cinq ans s'il l'a été après la fin d'exercice, cette condition disparaissant si un enfant est issu du mariage (statuts approuvés par arrêté du 31 mai 2017, article 25). Le survivant qui se remarie avant la liquidation perd définitivement ses droits ; après, ils sont suspendus et rétablis en cas de nouveau veuvage ou divorce. Notre comparatif par caisse détaille les règles de la CARMF, de la CIPAV, de la CARPIMKO, de la CNBF, de la CAVEC et de la CPRN.
| Régime du défunt | Taux | Âge minimum du survivant | Condition de ressources | Durée de mariage | Effet d'un remariage |
|---|---|---|---|---|---|
| Régime général (base), régimes alignés, base des libéraux et des agriculteurs | 54 % | 55 ans | Oui : 25 001,60 € seul / 40 002,56 € en couple (2026) | Aucune | Aucun sur le droit ; ressources du nouveau ménage prises en compte |
| Agirc-Arrco | 60 % | 55 ans (aucun si 2 enfants à charge ou invalidité) | Non | Aucune | Suppression définitive |
| Fonction publique (État, CNRACL) | 50 % | Aucun | Non | 4 ans, ou enfant issu du mariage, ou 2 ans avant la cessation d'activité | Perte (remariage, PACS, concubinage notoire), rétablissement possible |
| CPRN — notaires (complémentaire) | 60 % | 52 ans | Non | 2 ans (mariage pendant l'activité) ou 5 ans (après), sauf enfant | Perte définitive avant liquidation, suspension après |
Trois cas chiffrés
Situations types construites pour illustrer les règles, à partir des paramètres 2026. Elles ne tiennent pas compte des majorations ni des cas particuliers, et ne remplacent pas une demande instruite par les caisses.
| Situation du survivant | Réversion de base (régime général) | Réversion Agirc-Arrco | Lecture |
|---|---|---|---|
| 58 ans, salarié, 30 000 € de salaire annuel, vit seul ; retraite de base du défunt : 12 000 € par an | Ressources retenues : 30 000 € − 30 % = 21 000 €. Réversion théorique : 54 % × 12 000 = 6 480 €. Plafond : 25 001,60 €. Réversion versée : 4 001,60 € par an (écrêtement de 2 478,40 €) | 60 % des points du défunt, intégralement | Le droit existe malgré l'activité. Le montant sera révisé lorsque le survivant liquidera ses propres retraites, puis figé trois mois après |
| Retraité, 2 100 € de retraites personnelles par mois (25 200 € par an), vit seul | Ressources supérieures au plafond de 25 001,60 € : réversion de base nulle | 60 % des points du défunt, intégralement | Seule la complémentaire est perçue. Si le survivant vit en couple, le plafond passe à 40 002,56 € et intègre les ressources du nouveau conjoint |
| Défunt marié deux fois : 10 ans avec un premier conjoint (divorcé, non remarié), 20 ans avec le second (survivant) | Partage au prorata de la durée de chaque mariage : un tiers pour le premier, deux tiers pour le second, chacun sous son propre plafond de ressources | Même partage un tiers / deux tiers | Si le premier conjoint décède, sa part accroît celle du second au régime général |
La démarche : une demande unique en ligne, à déposer dans l'année qui suit le décès
- 1.Une seule demande pour tous les régimes. Depuis juillet 2020, le service « Demander ma réversion » d'info-retraite.fr transmet une demande unique à l'ensemble des régimes auxquels le défunt a cotisé, base et complémentaires. Il reste possible de déposer un formulaire papier auprès de chaque caisse.
- 2.Le délai qui compte : douze mois. Au régime général, la pension prend effet le premier jour du mois suivant le décès si la demande est reçue dans l'année qui le suit ; au-delà, elle ne prend effet que le premier jour du mois suivant la réception de la demande (article R353-7), sans rattrapage. L'Agirc-Arrco applique la même règle des douze mois.
- 3.Les pièces. Acte de décès, livret de famille ou acte de mariage, justificatifs de ressources des trois derniers mois (avis d'imposition, relevés de pension, bulletins de salaire), relevé d'identité bancaire, et, pour les ex-conjoints, jugement de divorce.
- 4.Après l'attribution. Tout changement de ressources ou de situation (reprise d'activité, liquidation d'une retraite, nouvelle union) doit être déclaré tant que la pension de base n'est pas figée ; un remariage doit être signalé à l'Agirc-Arrco et aux régimes de la fonction publique, qui suppriment le droit.
Avant 55 ans : l'allocation veuvage
Le survivant de moins de 55 ans n'a pas droit à la réversion de base. Il peut percevoir l'allocation veuvage (articles L356-1 et suivants), d'un montant maximal de 719,58 € par mois en 2026, si le défunt était affilié au régime général pendant au moins trois mois au cours des douze mois précédant son décès, si ses propres ressources trimestrielles ne dépassent pas 2 698,42 € (3,75 fois le montant mensuel de l'allocation), et s'il ne s'est pas remarié, pacsé ni mis en concubinage. L'allocation est versée pendant deux ans au maximum ; si le survivant avait 50 ans ou plus au décès, elle est prolongée jusqu'à ses 55 ans, âge auquel la réversion prend le relais. Elle est en pratique très inférieure à ce que percevait le ménage : c'est l'intervalle que la prévoyance décès et l'assurance-vie ont vocation à couvrir — voir notre guide sur la prévoyance.
Ce qui pourrait changer : les scénarios du COR de novembre 2025
Aucune disposition de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 ne modifie la réversion, et aucune proposition de loi la réformant n'a été adoptée au moment où nous écrivons. Le Conseil d'orientation des retraites a en revanche publié en novembre 2025 un rapport sur les droits familiaux et conjugaux, qui constate un « consensus » en faveur d'une « plus grande harmonisation des dispositifs entre régimes, notamment sur les taux et les âges minimaux ». Il simule « à titre illustratif » une formule unique — deux tiers de la pension du défunt moins un tiers de la pension du survivant — qui « s'accompagnerait de la suppression de la condition de ressources », et indique que l'extension aux couples pacsés ou concubins « ouvre la réflexion ». Ce sont des scénarios, pas un texte. Dans une réponse ministérielle du 7 avril 2026, le gouvernement a estimé qu'« il apparaît justifié de lier réversion et mariage » et que le rapport constituera un socle pour « examiner l'opportunité » d'une évolution, sans annoncer de projet de loi. Toute décision patrimoniale doit donc être prise sur la base des règles actuelles, en sachant qu'elles peuvent évoluer.
Ce que la réversion ne remplace pas
Pour un couple de retraités, la disparition de l'un des deux transforme deux pensions en une pension et demie au mieux : 54 % de la base et 60 % de la complémentaire du défunt s'ajoutent à la retraite propre du survivant, mais les charges fixes du logement ne baissent pas de moitié. Pour un survivant qui dispose d'une pension personnelle correcte, la réversion de base disparaît sous l'effet du plafond ; pour un partenaire pacsé, tout disparaît. Pour un survivant encore en activité, l'allocation veuvage puis la réversion arrivent tard et bas. La réversion est un filet, pas un plan : elle se complète par une prévoyance décès dimensionnée sur les années où le foyer a des enfants et un crédit, par une assurance-vie dont la clause bénéficiaire désigne précisément le conjoint ou le partenaire, et, pour les couples non mariés, par les outils que nous détaillons dans notre guide PACS ou mariage. Les premières démarches à accomplir après un décès, dont la demande de réversion, sont listées dans notre guide « après un décès ». Enfin, parce que 87 % des bénéficiaires sont des femmes, la réversion est indissociable de la question de leur retraite propre, que nous traitons dans notre guide sur la retraite des femmes.
Le partenaire de PACS ou le concubin a-t-il droit à la réversion ?
Non, dans aucun régime de retraite obligatoire, quelle que soit la durée de la vie commune. Seuls le conjoint marié et les ex-conjoints divorcés y ont droit. Un partenaire de PACS ne peut être protégé que par un testament, une assurance-vie, une prévoyance ou le mariage.
Si je me remarie, est-ce que je perds ma réversion ?
Cela dépend du régime. Au régime général et dans les régimes de base alignés, non : le remariage n'a pas d'effet sur le droit depuis 2004, mais les ressources du nouveau ménage sont prises en compte pour le plafond. À l'Agirc-Arrco, la réversion est définitivement supprimée. Dans la fonction publique, le remariage, le PACS ou le concubinage notoire font perdre le droit, qui peut être rétabli si la nouvelle union prend fin.
Puis-je cumuler la réversion avec ma propre retraite ?
Oui. La réversion s'ajoute à vos droits propres. Au régime général, vos retraites personnelles entrent toutefois dans les ressources comparées au plafond de 25 001,60 € (personne seule) ou 40 002,56 € (couple) en 2026, ce qui peut réduire ou annuler la réversion de base. La réversion Agirc-Arrco et celles de la fonction publique ne sont pas soumises à ce plafond.
Un ex-conjoint divorcé a-t-il droit à la réversion ?
Oui, au prorata de la durée de son mariage avec le défunt rapportée à la durée totale des mariages. Au régime général, ce droit subsiste même s'il s'est remarié ; à l'Agirc-Arrco et dans la fonction publique, il est réservé à l'ex-conjoint non remarié. Chaque bénéficiaire est examiné séparément au regard des conditions d'âge et de ressources.
Dans quel délai faut-il faire la demande ?
Il n'y a pas de délai de forclusion, mais la date d'effet dépend du dépôt : si la demande est reçue dans les douze mois suivant le décès, la pension est due à compter du premier jour du mois suivant le décès ; au-delà, seulement à compter du premier jour du mois suivant la réception, sans rappel des mois écoulés.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de ressources de quelques centaines d'euros ?
La réversion de base n'est pas supprimée mais réduite du montant du dépassement. Elle peut être révisée, à la hausse comme à la baisse, jusqu'à trois mois après la liquidation de l'ensemble de vos retraites personnelles ; elle est ensuite figée définitivement.
Y a-t-il un montant minimum de réversion ?
Au régime général, oui : 4 019,13 € par an, soit 334,92 € par mois en 2026, si le défunt justifiait d'au moins 60 trimestres au régime général, ce minimum étant réduit proportionnellement en deçà. La pension ne peut par ailleurs pas dépasser 54 % de la pension maximale du régime.
Ce qu'il faut retenir
La réversion suppose un mariage, se calcule régime par régime — 54 % sous plafond de ressources au régime général, 60 % sans plafond mais perdus en cas de remariage à l'Agirc-Arrco, 50 % sous conditions de mariage dans la fonction publique —, se partage entre conjoints successifs et se demande dans l'année du décès pour ne rien perdre. Elle protège d'autant moins que le survivant a lui-même une bonne retraite, qu'il n'était pas marié, ou qu'il est jeune. Ce sont précisément ces trois situations qu'un bilan patrimonial permet d'anticiper : dimensionner la prévoyance, rédiger les clauses bénéficiaires, et, pour les couples non mariés, décider en connaissance de cause. Réalisez votre bilan patrimonial en ligne pour chiffrer ce que percevrait votre conjoint — ou vous-même — dans chacun de vos régimes.
Rappel important — Cet article décrit les règles de la pension de réversion applicables en 2026 telles qu'elles résultent du Code de la sécurité sociale, du Code des pensions civiles et militaires de retraite, des règlements de l'Agirc-Arrco et des statuts des caisses citées, à la date de mise à jour. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une garantie d'attribution : les conditions s'apprécient sur votre dossier par chaque caisse. Les montants (plafonds de ressources, majorations, minimum, allocation veuvage) sont revalorisés chaque année et doivent être vérifiés au moment de votre lecture ; les cas chiffrés sont des situations types construites à des fins pédagogiques. Les scénarios du Conseil d'orientation des retraites ne préjugent d'aucune évolution législative. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
Sources : Ouvrir une assurance vie avec 1 000 € pour « prendre date » · Assurance vie après 70 ans · Faut-il plusieurs contrats d'assurance vie ? · Assurance vie en banque ou chez un courtier : ce qui change au décès