Calcul de la retraite de base du régime général : salaire annuel moyen, taux de 50 %, prorata de trimestres — la formule complète avec les paramètres 2026
La retraite de base d'un salarié du privé se calcule avec trois facteurs qui se multiplient : le salaire annuel moyen des 25 meilleures années (24 pour un enfant, 23 pour deux enfants ou plus, pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026), chaque année étant plafonnée au plafond de la Sécurité sociale de l'époque ; un taux de 50 % au maximum, réduit de 0,625 point par trimestre manquant ; et le rapport entre les trimestres validés au régime général et la durée exigée pour votre génération (170 à 172 trimestres). Un trimestre manquant pèse donc deux fois : sur le taux et sur le prorata. Le plafond de la Sécurité sociale est de 4 005 € par mois en 2026, ce qui borne la pension de base à 2 002,50 € bruts mensuels — un montant que presque personne n'atteint, parce que les années anciennes sont revalorisées sur les prix et non sur les salaires. La pension moyenne de droit direct, tous régimes, était de 1 666 € bruts par mois fin 2023 selon la DREES. Cet article donne la formule, les paramètres 2026 vérifiés, un exemple complet, et ce que la complémentaire Agirc-Arrco ajoute.
Sommaire · 11 sections
- 01Quelle est la formule de calcul de la retraite de base ?
- 02Comment se calcule le salaire annuel moyen ?
- 03Qu'est-ce que le taux plein de 50 %, et comment se calcule la décote ?
- 04Pourquoi un trimestre manquant compte deux fois : le prorata de durée
- 05Exemple complet : la même carrière à taux plein, puis avec 4, 8 ou 12 trimestres manquants
- 06Quels trimestres comptent, et comment les valider ?
- 07Surcote, minimum contributif, majoration pour enfants, revalorisation : les correctifs
- 08Et la retraite complémentaire Agirc-Arrco dans tout ça ?
- 09Combien touchent réellement les retraités : les ordres de grandeur de la DREES
- 10Comment vérifier votre propre calcul avant le départ
- 11Ce qu'il faut retenir
Le premier contact avec le calcul de sa retraite est presque toujours un chiffre reçu sans explication : une estimation sur info-retraite.fr, un relevé de situation individuelle, un montant annoncé par une caisse. Le chiffre paraît bas, et rien ne dit d'où il sort. Or la formule du régime général tient en une ligne, ses paramètres sont publics, et chacun de ses termes se lit sur un relevé de carrière. Plusieurs de nos guides — sur la décote et la surcote, la vérification du relevé de carrière ou le rachat de trimestres — supposent cette formule connue. Cet article la reprend depuis le début, avec les paramètres en vigueur en 2026 et les textes qui les fondent. Il porte sur la retraite de base des salariés du privé (régime général) ; les indépendants relevant des régimes alignés suivent la même mécanique, les fonctionnaires une logique différente que nous traitons dans notre guide sur la retraite des fonctionnaires.
Quelle est la formule de calcul de la retraite de base ?
La pension de base annuelle est le produit de trois facteurs : salaire annuel moyen × taux × (durée d'assurance au régime général ÷ durée de référence). C'est la formulation exacte de la fiche officielle F21552 de service-public.fr, qui traduit l'article L351-1 du Code de la sécurité sociale. Chaque facteur obéit à ses propres règles, et c'est précisément parce qu'ils se multiplient qu'une carrière incomplète est pénalisée plus fortement qu'on ne l'imagine : un trimestre manquant réduit à la fois le taux et le prorata.
| Facteur | Ce qu'il mesure | Valeur maximale | Texte de référence |
|---|---|---|---|
| Salaire annuel moyen (SAM) | Moyenne des 25 meilleures années de salaire (24 ou 23 pour les parents depuis le 1er septembre 2026), chaque année plafonnée au plafond de la Sécurité sociale de l'époque et revalorisée | Plafond de la Sécurité sociale de l'année de départ : 48 060 € en 2026 | CSS, art. R351-29 et R173-3-2 |
| Taux | 50 % si la durée requise est atteinte ou à 67 ans ; sinon minoré de 0,625 point par trimestre manquant | 50 % (majorable par surcote) | CSS, art. R351-27 et L351-8 |
| Prorata de durée | Trimestres validés au régime général ÷ trimestres exigés pour votre génération (170, 171 ou 172) | 1 (aucun dépassement possible) | CSS, art. L351-1, 3e alinéa ; L161-17-3 |
Comment se calcule le salaire annuel moyen ?
Le salaire annuel moyen retient, parmi toutes les années de votre carrière, celles dont « la prise en considération est la plus avantageuse » (article R351-29). Leur nombre est fixé à 25 pour les assurés nés à partir de 1948, une règle désormais inscrite à l'article R173-3-2 du Code de la sécurité sociale. Quatre précisions changent le résultat.
- —Seules comptent les années ayant validé au moins un trimestre. Une année de très faible activité, sous le seuil de validation (1 803 € de salaire brut pour un trimestre en 2026, voir plus bas), n'entre pas dans la moyenne — elle ne la fait donc pas baisser. En revanche, une année à mi-temps qui valide ses quatre trimestres compte pour son salaire réel, et peut se retrouver parmi les 25 meilleures si la carrière est courte.
- —Chaque année est plafonnée au plafond de la Sécurité sociale de l'époque. Ce qui a été gagné au-dessus n'a jamais cotisé au régime de base et n'y ouvre aucun droit. Un cadre à 90 000 € et un cadre à 48 060 € (plafond 2026) ont, pour l'année 2026, exactement le même salaire retenu.
- —Les salaires anciens sont revalorisés par des coefficients indexés sur les prix, pas sur l'évolution des salaires (article L351-11 renvoyant à l'article L161-23-1). Pour les pensions liquidées en 2026, la circulaire Cnav 2025-29 fixe par exemple les coefficients à 1,191 pour un salaire de 2015, 1,267 pour 2010 et 1,48 pour 2000. Comme les salaires — et le plafond — ont progressé plus vite que les prix sur trente ans, les années anciennes pèsent moins qu'à l'époque en valeur relative.
- —Moins de 25 années au régime général : la moyenne porte sur les années disponibles. Une carrière de dix-huit ans au régime général donne un SAM calculé sur dix-huit années — sans pénalité sur ce facteur, la pénalité étant reportée sur le prorata de durée.
La conséquence du troisième point est rarement chiffrée, et elle explique pourquoi la pension maximale théorique est presque inatteignable. Pour un salarié qui a gagné chaque année plus que le plafond, le SAM n'est pas le plafond 2026 (48 060 €) mais la moyenne des plafonds de ses 25 meilleures années, revalorisés sur les prix. Selon notre estimation à partir des plafonds historiques et des coefficients publiés par la Cnav — calcul dérivé, à titre indicatif, pas une donnée officielle —, cette moyenne se situe autour de 45 000 € pour un départ en 2026, soit une pension de base de l'ordre de 1 875 € bruts par mois, et non les 2 002,50 € (50 % du plafond) souvent présentés comme « la retraite maximale de la Sécurité sociale ».
Depuis le 1er septembre 2026, une nouveauté issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (article 104, décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026) réduit le nombre d'années retenues pour les parents : 24 meilleures années pour les assurés bénéficiant d'une majoration ou bonification de durée d'assurance au titre d'un enfant, 23 au titre d'au moins deux enfants. La règle vise les deux parents dès lors qu'ils bénéficient d'une majoration pour enfant, mais concerne en pratique surtout les mères, qui reçoivent la majoration maternité et au minimum la moitié de la majoration éducation. Écarter une ou deux années plus faibles de la moyenne relève mécaniquement le SAM ; l'Assurance retraite indique que la mesure sera appliquée aux nouveaux retraités courant 2027, avec un recalcul rétroactif pour les pensions ayant pris effet entre septembre 2026 et la mise en œuvre informatique (annonce officielle). Nous détaillons les majorations liées aux enfants dans notre guide sur la retraite des femmes.
Qu'est-ce que le taux plein de 50 %, et comment se calcule la décote ?
Le taux plein est de 50 % du salaire annuel moyen (article R351-27). Vous l'obtenez dans l'un des cas suivants : vous justifiez de la durée d'assurance exigée pour votre génération, tous régimes confondus ; ou vous avez atteint 67 ans, âge du taux plein automatique fixé par l'article L351-8 comme l'âge légal augmenté de trois ans ; ou vous relevez d'une situation particulière (inaptitude, invalidité, certaines carrières) qui le donne de plein droit.
Sinon, un coefficient de minoration s'applique : 1,25 % du taux par trimestre manquant, soit 0,625 point de taux (50 % × 1,25 %). Deux décomptes sont faits — les trimestres qui vous manquent pour atteindre la durée requise, et ceux qui vous séparent de votre 67e anniversaire — et c'est le plus petit des deux qui est retenu. Cette règle a une conséquence peu connue : le nombre maximal de trimestres pris en compte n'est plus de 20 que pour les générations dont l'âge légal était 62 ans. Il diminue mécaniquement à mesure que l'âge légal se rapproche de 67 ans, comme le détaille la circulaire Cnav 2026-07.
| Génération | Âge légal (après la suspension de 2026) | Trimestres manquants pris en compte au maximum | Taux plancher |
|---|---|---|---|
| Nés avant septembre 1961 | 62 ans | 20 | 37,5 % |
| Nés de 1963 au 31 mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 17 | 39,375 % |
| Nés du 1er avril au 31 décembre 1965 | 63 ans | 16 | 40 % |
| Nés en 1966 | 63 ans et 3 mois | 15 | 40,625 % |
| Nés en 1967 | 63 ans et 6 mois | 14 | 41,25 % |
| Nés en 1968 | 63 ans et 9 mois | 13 | 41,875 % |
| Nés à partir de 1969 | 64 ans | 12 | 42,5 % |
Le calendrier des âges légaux, remanié par la loi de financement pour 2026, est détaillé génération par génération dans notre guide sur l'âge légal de départ en 2026-2027. Le fonctionnement complet de la décote et de la surcote, avec les leviers pour agir dessus, est traité dans notre guide décote et surcote.
Pourquoi un trimestre manquant compte deux fois : le prorata de durée
Le troisième facteur est le plus souvent oublié. La pension calculée au taux est ensuite multipliée par le rapport entre votre durée d'assurance au régime général et la durée de référence de votre génération — 170, 171 ou 172 trimestres selon l'article L161-17-3. Ce rapport ne peut pas dépasser 1 : des trimestres au-delà de la durée requise n'augmentent pas la pension par ce canal (ils peuvent en revanche ouvrir une surcote, voir plus loin). Il peut en revanche être très inférieur à 1, et il joue même quand le taux plein est acquis : partir à 67 ans avec 160 trimestres sur 172 donne bien le taux de 50 %, mais sur 160/172 de la pension, soit 93 % — un point que beaucoup découvrent après avoir attendu « l'âge sans décote ».
Au numérateur, tous les trimestres validés au régime général comptent : cotisés, assimilés (chômage indemnisé, maladie, maternité, service national) et majorations pour enfants. Les régimes dits alignés (régime général, salariés agricoles, anciens affiliés au RSI) sont liquidés comme un seul régime depuis 2017, ce qui évite qu'une carrière mixte salarié-indépendant subisse un prorata dans chaque régime. En revanche, les trimestres acquis dans un régime non aligné — fonction publique, professions libérales — comptent pour le taux (la durée tous régimes) mais pas dans ce numérateur : chaque régime verse alors sa part au prorata de sa propre durée.
Exemple complet : la même carrière à taux plein, puis avec 4, 8 ou 12 trimestres manquants
Situation type construite pour illustrer le calcul, à partir de paramètres réalistes (génération 1966, règles applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026). Les montants sont bruts, avant prélèvements sociaux, et hors revalorisation ultérieure.
Claire est née en 1966 : son âge légal est de 63 ans et 3 mois, la durée requise de 172 trimestres. Son salaire annuel moyen, une fois ses 25 meilleures années plafonnées et revalorisées, s'établit à 40 000 €. Le tableau compare quatre situations à la date de son âge légal, puis deux alternatives : attendre 67 ans, ou travailler quatre trimestres de plus après le taux plein.
| Situation | Taux | Prorata | Pension annuelle | Par mois (brut) | Écart mensuel |
|---|---|---|---|---|---|
| 172 trimestres à 63 ans et 3 mois (taux plein) | 50 % | 172/172 | 20 000 € | 1 666,67 € | — |
| 168 trimestres (4 manquants) | 47,5 % | 168/172 | 18 558,14 € | 1 546,51 € | − 120 € |
| 164 trimestres (8 manquants) | 45 % | 164/172 | 17 162,79 € | 1 430,23 € | − 236 € |
| 160 trimestres (12 manquants) | 42,5 % | 160/172 | 15 813,95 € | 1 317,83 € | − 349 € |
| 160 trimestres, départ reporté à 67 ans | 50 % | 160/172 | 18 604,65 € | 1 550,39 € | − 116 € |
| 176 trimestres (4 de surcote après le taux plein) | 50 % + 5 % | 172/172 | 21 000 € | 1 750 € | + 83 € |
Lecture : avec 12 trimestres manquants, la pension de base baisse de 349 € par mois, dont environ 250 € imputables au taux et 100 € au prorata — c'est la « double peine ». Sur vingt ans de retraite, hors revalorisation, l'écart cumulé représente de l'ordre de 29 000 € (4 trimestres manquants), 57 000 € (8) et 84 000 € (12). Attendre 67 ans efface la minoration du taux mais pas le prorata : Claire retrouverait 1 550 € au lieu de 1 318 €, au prix de près de quatre années de travail supplémentaires — dont chacune aurait pu, en validant des trimestres, réduire aussi le prorata. C'est ce type d'arbitrage que traite notre guide sur le meilleur âge de départ. Enfin, les 25 meilleures années ne sont pas figées : pour une mère de deux enfants dans la même situation, le SAM serait calculé sur 23 années, ce qui, selon le profil des années écartées, relève l'ensemble des montants du tableau de quelques dizaines d'euros par mois.
Quels trimestres comptent, et comment les valider ?
Un trimestre de retraite n'est pas une durée de présence mais un montant de salaire soumis à cotisations : 150 fois le Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année (article R351-9), dans la limite de quatre trimestres par année civile. Avec un Smic horaire de 12,02 € au 1er janvier 2026, il faut 1 803 € de salaire brut pour un trimestre et 7 212 € pour quatre (circulaire Cnav 2025-33). Autrement dit, un peu plus d'un tiers d'un temps plein au Smic valide une année complète — ce qui explique qu'un temps partiel pénalise le salaire annuel moyen bien avant de pénaliser la durée.
| Type de trimestre | Comment il s'acquiert | Compte pour le taux | Compte pour le prorata |
|---|---|---|---|
| Cotisé | 1 803 € de salaire brut soumis à cotisations en 2026 (4 trimestres dès 7 212 €) | Oui | Oui |
| Assimilé | Chômage indemnisé, maladie, accident du travail, invalidité, service national ; maternité : un trimestre par période de 90 jours indemnisés depuis 2014 | Oui | Oui |
| Majoration pour enfant | 4 trimestres au titre de la maternité ou de l'adoption + 4 au titre de l'éducation par enfant (partage possible pour les enfants nés depuis 2010, avec un minimum de 2 pour la mère) | Oui | Oui |
| Assurance vieillesse des parents au foyer | Affiliation automatique par la Caf sous conditions de ressources, cotisation prise en charge sur une base forfaitaire | Oui | Oui |
| Racheté | Versement pour la retraite, 12 trimestres au maximum, de 1 055 € à 6 684 € le trimestre selon l'âge et l'option (barème 2026) | Oui | Oui si option « taux et durée » |
Ces trimestres ne s'inscrivent pas toujours spontanément sur le relevé : majorations pour enfants non rattachées, service national absent, années d'apprentissage ou d'expatriation manquantes sont les cas les plus fréquents. Les repérer entre 45 et 55 ans, tant que les justificatifs existent, est l'objet de notre guide sur la vérification du relevé de carrière. Le rachat, lui, n'a de sens qu'une fois le relevé fiabilisé : on ne paie pas un droit que l'on possède déjà.
Surcote, minimum contributif, majoration pour enfants, revalorisation : les correctifs
- —Surcote. Chaque trimestre cotisé après l'âge légal, une fois la durée requise atteinte, majore la pension de 1,25 % (article D351-1-4), sans plafond, dans la limite de quatre trimestres par an. Depuis la réforme de 2023, une surcote « parentale » de 1,25 % par trimestre, plafonnée à 5 %, est ouverte dès l'année précédant l'âge légal aux assurés qui ont déjà leur durée complète et au moins un trimestre de majoration pour enfant — à condition que leur âge légal soit d'au moins 63 ans, ce qui, après la suspension votée fin 2025, réserve le dispositif aux générations nées à partir du 1er avril 1965.
- —Minimum contributif. Si la pension calculée au taux plein est inférieure à un plancher, elle est portée à 756,29 € par mois en 2026 (9 075,50 € par an), ou 903,93 € (10 847,22 €) lorsque l'assuré justifie d'au moins 120 trimestres cotisés — sous réserve que le total de ses retraites de base et complémentaires ne dépasse pas 1 444,89 € par mois depuis le 1er juin 2026 (circulaires Cnav 2025-33 et 2026-16). Ce minimum, proratisé comme la pension, concerne une part importante des liquidations.
- —Majoration pour trois enfants. La pension est majorée de 10 % pour tout assuré, père ou mère, ayant eu ou élevé au moins trois enfants (article L351-12). L'Agirc-Arrco applique la même majoration de 10 %, plafonnée à 2 367,48 € par an pour les retraites versées depuis le 1er novembre 2025.
- —Plafond et revalorisation. La pension de base ne peut dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale (2 002,50 € par mois en 2026), sauf effet de la surcote et des majorations. Elle est ensuite revalorisée chaque 1er janvier sur l'inflation (article L161-25) : + 0,9 % au 1er janvier 2026, le gel un temps envisagé dans le projet de loi de financement ayant été retiré.
Et la retraite complémentaire Agirc-Arrco dans tout ça ?
La base ne fait qu'une partie de la pension d'un salarié du privé ; la complémentaire Agirc-Arrco fonctionne sur une logique différente, par points. Chaque année, les cotisations achètent des points au prix d'achat en vigueur (20,1877 € le point en 2026) ; à la liquidation, le nombre de points est multiplié par la valeur de service (1,4386 € depuis le 1er novembre 2024, maintenue au 1er novembre 2025 selon la compilation officielle des valeurs). Deux particularités méritent d'être connues. D'abord, les cotisations sont appelées à 127 % : 27 % de ce qui est prélevé finance le régime sans créer de points. Ensuite, le coefficient de solidarité — la minoration temporaire de 10 % pendant trois ans pour ceux qui liquidaient dès le taux plein — a été supprimé par l'accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023 pour les liquidations prenant effet depuis le 1er décembre 2023, et n'est plus appliqué aux pensions en cours depuis le 1er avril 2024. Une liquidation avant le taux plein de la base reste, elle, minorée par des coefficients propres au régime.
| Cotisation retraite 2026 (salarié du privé) | Part salariale | Part patronale | Assiette |
|---|---|---|---|
| Vieillesse plafonnée (régime de base) | 6,90 % | 8,55 % | Salaire jusqu'au plafond (4 005 €/mois) |
| Vieillesse déplafonnée (régime de base) | 0,40 % | 2,11 % | Totalité du salaire |
| Agirc-Arrco tranche 1 | 3,15 % | 4,72 % | Salaire jusqu'au plafond |
| Agirc-Arrco tranche 2 | 8,64 % | 12,95 % | Du plafond à 8 plafonds |
| Contribution d'équilibre général (CEG), tranche 1 / tranche 2 | 0,86 % / 1,08 % | 1,29 % / 1,62 % | Idem tranches 1 et 2 |
| Contribution d'équilibre technique (CET) | 0,14 % | 0,21 % | Totalité, si salaire > plafond |
Sous le plafond, la retraite obligatoire absorbe donc environ 11,5 % du salaire brut côté salarié et près de 17 % côté employeur, soit un peu plus de 28 % du brut (taux 2026, article D242-4 et barème Agirc-Arrco). Pour un salaire au plafond, cela représente plus de 1 100 € par mois qui ne sont pas capitalisés mais versés aux retraités actuels : c'est le principe même de la répartition, et la raison pour laquelle le montant de votre future pension ne dépend pas de ce que vous avez versé mais des règles en vigueur le jour de votre départ.
Combien touchent réellement les retraités : les ordres de grandeur de la DREES
La formule prend tout son sens rapportée aux montants effectivement versés. Selon l'édition 2025 du panorama « Les retraités et les retraites » de la DREES (données fin 2023, dernière édition disponible au moment où nous écrivons), la pension moyenne de droit direct, tous régimes confondus et majoration pour trois enfants comprise, s'élève à 1 666 € bruts par mois, soit 1 541 € nets de prélèvements sociaux, pour 17,2 millions de retraités. Les femmes perçoivent en moyenne 1 306 € bruts et les hommes 2 089 €. Le jeu de données publié en mai 2026 sur la situation fin 2024 indique une moyenne brute de 1 705 € (+ 0,8 % en un an) pour 17,3 millions de retraités.
| Régime principal d'affiliation (DREES, fin 2023) | Pension mensuelle brute moyenne de droit direct |
|---|---|
| Tous régimes | 1 666 € |
| Régime général (salariés du privé, base + complémentaire) | 1 530 € |
| Fonctionnaires civils de l'État | 2 440 € |
| Professions libérales | 2 740 € |
| Non-salariés agricoles | 910 € |
Ces moyennes mélangent des carrières complètes et incomplètes, des générations aux règles différentes, et n'incluent ni les réversions ni les revenus du patrimoine. Elles disent néanmoins une chose utile : pour un salarié qui a gagné au-dessus du plafond pendant une bonne partie de sa carrière, le taux de remplacement — pension rapportée au dernier salaire — est structurellement faible, parce que la base est bornée au plafond et que la complémentaire, seule à couvrir la tranche 2, ne le compense qu'en partie. Chiffrer cet écart et l'épargne nécessaire pour le combler est l'objet de notre guide « combien faut-il épargner pour la retraite ».
Comment vérifier votre propre calcul avant le départ
- 1.Le relevé de situation individuelle, envoyé automatiquement à 35, 40, 45 et 50 ans (article D161-2-1-6) et consultable à tout moment sur info-retraite.fr, liste vos trimestres et salaires régime par régime. C'est le document à confronter à vos bulletins de salaire.
- 2.L'estimation indicative globale, adressée à partir de 55 ans puis tous les quatre ans depuis le 1er janvier 2026 (article D161-2-1-8), projette le montant de la pension à plusieurs âges de départ.
- 3.Le simulateur « Mon estimation retraite » d'info-retraite.fr reproduit la formule ci-dessus avec vos données réelles, y compris les majorations pour enfants — à condition que celles-ci soient déjà enregistrées.
- 4.Un entretien information retraite est possible dès 45 ans auprès de vos régimes (article L161-17 du Code de la sécurité sociale, complété par la loi de financement pour 2026).
Le point de vigilance est toujours le même : ces outils calculent juste avec des données parfois fausses. Une année manquante, une majoration non rattachée ou une période à l'étranger absente se répercutent sur les trois facteurs à la fois. Fiabiliser le relevé d'abord, simuler ensuite, puis seulement décider d'un rachat, d'une date de départ ou d'un effort d'épargne complémentaire.
La pension est-elle calculée sur le salaire brut ou net ?
Sur le salaire brut soumis à cotisations, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de chaque année. La pension obtenue est elle-même un montant brut, sur lequel sont ensuite prélevés la CSG, la CRDS et la contribution additionnelle de solidarité selon votre revenu fiscal : la DREES mesure un écart moyen d'environ 7,5 % entre pension brute (1 666 €) et nette (1 541 €) fin 2023.
Que se passe-t-il si j'ai moins de 25 années de salaire au régime général ?
Le salaire annuel moyen est calculé sur les seules années disponibles ayant validé au moins un trimestre, sans pénalité sur ce facteur. La carrière courte est prise en compte ailleurs : dans le taux, si la durée tous régimes est incomplète, et surtout dans le prorata de durée, calculé sur les trimestres validés au régime général rapportés à la durée exigée.
Une année à temps partiel fait-elle baisser ma pension ?
Elle valide ses quatre trimestres dès 7 212 € de salaire brut en 2026, donc la durée n'en souffre généralement pas. Elle peut en revanche entrer dans les 25 meilleures années si la carrière est courte, et abaisser alors le salaire annuel moyen. Pour les parents, le passage à 24 ou 23 années retenues depuis septembre 2026 atténue précisément cet effet.
Quelle est la différence entre « 1,25 % par trimestre » et « 0,625 point » ?
Ce sont deux façons de dire la même chose. La minoration est de 1,25 % du taux par trimestre manquant ; appliquée au taux de 50 %, elle représente 0,625 point de taux. Quatre trimestres manquants ramènent ainsi le taux de 50 % à 47,5 %, soit une baisse de 5 % de la pension — à laquelle s'ajoute l'effet du prorata.
La pension maximale de 2 002,50 € par mois est-elle réellement atteignable ?
Rarement. Elle suppose un salaire annuel moyen égal au plafond 2026, alors que la moyenne des plafonds des 25 meilleures années, revalorisés sur les prix, se situe nettement en dessous — de l'ordre de 45 000 € selon notre estimation, soit environ 1 875 € bruts par mois pour une carrière entière au-dessus du plafond. Seules la surcote et la majoration pour trois enfants permettent de dépasser le plafond.
À 67 ans, ma retraite est-elle forcément « pleine » ?
Le taux est plein (50 %) quel que soit le nombre de trimestres, mais la pension reste proratisée si la durée validée au régime général est inférieure à la durée exigée. Avec 160 trimestres sur 172, vous percevez 50 % du salaire annuel moyen multiplié par 160/172, soit 93 % de la pension complète.
Le calcul sur 24 ou 23 meilleures années concerne-t-il aussi les pères ?
Le texte vise tout assuré bénéficiant d'une majoration ou bonification de durée d'assurance pour un ou plusieurs enfants, sans distinction de sexe. En pratique, la majoration maternité étant réservée à la mère et la majoration éducation lui revenant au minimum pour moitié, ce sont surtout les mères qui en bénéficient ; un père en bénéficie s'il s'est vu attribuer des trimestres d'éducation ou d'adoption. La mesure s'applique aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Ce qu'il faut retenir
La retraite de base du régime général se calcule en multipliant un salaire annuel moyen plafonné et revalorisé sur les prix, un taux de 50 % au mieux et un prorata de durée. Chacun de ces facteurs se lit sur votre relevé, et chacun peut être amélioré dans un délai raisonnable : une année manquante rétablie, une majoration pour enfant rattachée, un rachat ciblé, un départ décalé de quelques trimestres. Ce qui ne se corrige pas, en revanche, c'est le plafonnement : pour une carrière au-dessus du plafond de la Sécurité sociale, la pension de base sera de l'ordre de 1 900 € bruts par mois au mieux, quels qu'aient été vos revenus. L'écart avec votre niveau de vie ne se comblera pas par le régime obligatoire — c'est le point de départ de toute stratégie d'épargne retraite. Réalisez votre bilan retraite gratuit pour chiffrer votre pension attendue et l'effort d'épargne qui correspond à vos objectifs.
Rappel important — Cet article décrit les règles de calcul de la retraite de base du régime général telles qu'elles résultent du Code de la sécurité sociale, des fiches service-public.fr et des circulaires de la Cnav à la date de mise à jour ; il ne constitue ni une simulation de votre pension, ni un conseil personnalisé. Les paramètres cités (plafond de la Sécurité sociale, seuils de validation, minimum contributif, coefficients de revalorisation, valeurs du point Agirc-Arrco) sont ceux de 2026 et évoluent chaque année ; l'estimation du salaire annuel moyen d'une carrière au plafond est un calcul dérivé fourni à titre indicatif. Vérifiez toujours votre situation sur votre relevé de situation individuelle et sur les sources officielles (info-retraite.fr, lassuranceretraite.fr, service-public.fr). Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
Sources : Ouvrir une assurance vie avec 1 000 € pour « prendre date » · Assurance vie après 70 ans · Faut-il plusieurs contrats d'assurance vie ? · Assurance vie en banque ou chez un courtier : ce qui change au décès