Fonds en euros bonifié : les taux 2025 servis selon la part d'unités de compte, les conditions réelles des bonus 2026 (30 à 60 % d'UC, fenêtres de versement, prorata temporis) et ce que rapporte vraiment +1,50 % sur 70 % d'un versement
En 2025, les fonds en euros ont servi 2,63 % en moyenne, mais l'ACPR précise que ce chiffre « intègre les bonifications de revalorisation quel qu'en soit le motif » et qu'un assuré qui n'en bénéficie d'aucune est « inférieur d'au moins 0,4 point » à cette moyenne : sans bonus, le taux réel se situe plutôt autour de 2,2 %. Les bonus, « souvent de 100 points de base, et allant jusqu'à plus de 200 », sont presque toujours conditionnés à une part d'unités de compte — 30 % chez Generali et Spirica, 40 % chez Suravenir, 50 % chez CNP et Predica, plus de 60 % chez Swiss Life ou pour le palier de 2,50 % de Lucya Cardif — et à une fenêtre de versement, avec application prorata temporis et perte en cas de rachat. Sur un versement de 100 000 € investi à 30 % en unités de compte, un bonus de 1,50 % rapporte 1 050 € par an bruts sur la seule poche en euros, soit 869 € après prélèvements sociaux ; une baisse de 3,5 % de la poche en unités de compte l'efface intégralement. Voici les chiffres assureur par assureur, les clauses à lire, et d'où vient l'argent.
Sommaire · 9 sections
- 01Le taux moyen de 2,63 % inclut les bonus : ce que mesure l'ACPR
- 02Les taux 2025 servis selon la part d'unités de compte, assureur par assureur
- 03Les offres 2026 sur versements : conditions réelles, offre par offre
- 04D'où vient l'argent du bonus : une participation aux bénéfices globale, répartie « à la discrétion de l'assureur »
- 05L'arithmétique réelle d'un bonus de 1,50 % sur un versement de 100 000 €
- 06Ce que l'ACPR impose aux publicités, et ce qu'elle n'a jamais dit
- 07Les clauses à lire avant de verser
- 08Questions fréquentes
- 09Ce qu'il faut retenir
Le scénario est banal : un épargnant a ouvert deux ou trois contrats en ligne en 2023 et 2024 pour profiter de taux « boostés » à 4 % ou 5 % sur ses versements, en acceptant la part d'unités de compte exigée. Deux ans plus tard, les bonus ont expiré, le fonds en euros est revenu à son taux de base — 2,10 % sur Suravenir Rendement 2, 1,67 % sur Eurossima, 2,15 % sur Predissime 9 au titre de 2025 — et les unités de compte choisies dans l'urgence ont fait ce que font les marchés. La question n'est pas de savoir si les bonus sont « une arnaque » : ce sont des sommes réellement versées. Elle est de savoir ce qu'ils rapportent net, ce qu'ils coûtent en risque et en frais, et qui les finance.
Le taux moyen de 2,63 % inclut les bonus : ce que mesure l'ACPR
L'ACPR publie chaque année la revalorisation des supports en euros de l'ensemble du marché — 116 organismes et 36 053 versions de contrats pour 2025, soit 1 207 milliards d'euros de provisions sur les contrats individuels. Le taux moyen 2025 s'établit à 2,63 %, « comme en 2024 », net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux (Analyses et Synthèses n° 180, 30 juin 2026). Les organismes représentant la moitié des encours servent entre 2,3 % et 2,9 % ; les bancassureurs, qui pèsent 65 % des encours, 2,70 % ; les assureurs traditionnels 2,48 % ; les mutuelles 3,17 %. Mais le document ajoute une phrase que les palmarès omettent : « le taux de revalorisation moyen de 2,63 % intègre les bonifications de revalorisation quel qu'en soit le motif. Le taux de revalorisation pour un assuré ne bénéficiant d'aucune de ces bonifications est donc inférieur à ce taux moyen. »
L'ACPR mesure cet effet. Au sein de chaque assureur, l'écart entre le groupe de contrats le mieux revalorisé et le moins bien revalorisé atteint 0,99 point en 2025, contre 0,77 point en 2024 ; l'écart entre le groupe le moins bien revalorisé et la moyenne est de 0,39 point. L'autorité en conclut que « l'écart dû à ces mécanismes est significatif, d'au moins 0,4 point de pourcentage », et qu'il s'agit d'un minorant, les différences entre assurés d'un même groupe n'étant pas prises en compte. Par simple soustraction — que l'ACPR n'écrit pas — un assuré sans aucune bonification a donc touché au plus 2,63 − 0,39 = 2,24 % environ en 2025. L'origine des écarts est nommée : « des propositions commerciales en cas de nouveaux versements ou de détention d'un certain pourcentage d'unités de compte », avec des bonifications « souvent de 100 points de base, et allant jusqu'à plus de 200 points de base ». Le rapport 2026 de l'Observatoire des produits d'épargne financière du CCSF confirme la convention : la performance moyenne de 2,6 % des fonds en euros en 2025 est calculée « incluant les éventuels bonus », et la performance annualisée sur 2016-2025 ressort à 1,93 %.
Les taux 2025 servis selon la part d'unités de compte, assureur par assureur
Les communiqués de janvier 2026 rendent la mécanique visible : le même fonds sert des taux différents selon ce que détient l'assuré à côté. Tous les taux ci-dessous sont nets de frais de gestion et avant prélèvements sociaux, tels qu'annoncés par les assureurs ou repris par les dépêches spécialisées lorsque le communiqué n'était pas accessible.
| Assureur et fonds | Taux 2025 sans condition | Taux 2025 selon la part d'unités de compte | Source |
|---|---|---|---|
| Suravenir Rendement 2 (contrats internet, frais 0,60 %) | 2,10 % (2,50 % en mandat d'arbitrage) | Pas de palier lié aux UC sur ce fonds | Communiqué du 23 janvier 2026 |
| Suravenir Opportunités 2 chez Fortuneo | 3,00 % | 3,50 % dès 30 % d'UC, 4,00 % dès 50 %, 4,50 % dès 70 % (encours moyen investi en UC sur 2025) | Communiqué du 23 janvier 2026 |
| Suravenir, contrats patrimoniaux (actif général) | 2,50 % (2,80 % en mandat) | 3,00 % si UC ≥ 50 % de l'encours, 3,20 % si ≥ 70 % | Communiqué du 23 janvier 2026 |
| Spirica, Fonds Euro Nouvelle Génération | 3,08 % | Bonus sur versements (voir tableau suivant) ; Fonds Euro Général : 1,60 % | Annonce du 28 janvier 2026 |
| Generali, Netissima | 3,00 % | Jusqu'à 4,60 % avec le boost 2025 de +1,60 % sur versements ; Eurossima : 1,67 % | Communiqué du 27 janvier 2026 |
| Swiss Life, fonds en euros des multisupports | 1,70 % si moins de 40 % d'UC | 2,20 % entre 40 et 60 % d'UC, 3,05 % au-delà de 60 % ; +0,20 point en gestion privée ; jusqu'à 4,40 % avec bonus sur versement | Dépêches du 27 et 31 janvier 2026 |
| CNP Assurances, Cachemire 2 série 2 (La Banque Postale) | 2,30 % (100 % en euros) | 2,99 % dès 30 % d'UC, 3,22 % au-delà de 50 %, 5,22 % au maximum en période de bonus sur versement | Communiqué du 22 janvier 2026 |
| Predica, Predissime 9 série 2 (Crédit Agricole) | 2,15 % (moins de 30 % d'UC), contre 2,40 % de base en 2024 | 2,55 % à 30 %, 2,75 % à 40 %, 2,95 % dès 50 % d'UC ; Anaé jusqu'à 4,60 % en cumulant les bonifications | Communiqué du 20 janvier 2026 |
| AXA France, support en euros | 2,25 % (taux plancher) | De 2,25 % à 4,25 % « selon la part d'unités de compte et le mode de gestion » ; aucun taux moyen publié | Communiqué du 15 janvier 2026 |
| BNP Paribas Cardif | Au moins 2,75 % hors bonus pour 97 % des contrats ; moyenne 2,92 % | Jusqu'à 4,55 % avec bonus sur versements | Communiqué du 22 janvier 2026 |
| Sogécap (Société Générale) | Moyenne 3,12 % | Bonus 2026-2027 de +1 à +2 points selon la part d'UC (voir tableau suivant) | Communiqué du 14 janvier 2026 |
| AFER (Abeille Assurances) | 2,65 %, « sans condition » | Aucun palier lié aux UC | Annonce du 19 janvier 2026 |
| MACSF, RES Multisupport | 3,15 %, « distribué de manière équitable entre tous les assurés, sans condition » | Aucun palier lié aux UC | Communiqué du 6 janvier 2026 |
Deux enseignements. Le premier est que le « taux de base » n'est pas stable : Predissime 9 est passé de 2,40 % de base pour 2024 à 2,15 % pour 2025, Suravenir Rendement 2 de 2,20 % à 2,10 %. Une offre qui annonce « 4,50 % objectif » additionne un taux de base supposé et un bonus contractuel ; seul le second est acquis. Le second est que les fonds sans condition ne sont pas nécessairement les moins bien servis : la MACSF, l'AFER ou Spirica (Fonds Euro Nouvelle Génération) ont servi 2,65 % à 3,15 % à tous leurs assurés, quand le palier « 100 % euros » de plusieurs bancassureurs se situe entre 1,70 % et 2,30 %.
Les offres 2026 sur versements : conditions réelles, offre par offre
FranceTransactions recensait début 2026 « près de 100 offres de bonus » sur les fonds en euros. Le tableau ci-dessous reprend les conditions publiées par les assureurs ou les distributeurs pour huit d'entre elles, telles que consultées le 14 septembre 2026 — plusieurs fenêtres ont été prolongées en cours d'année, et chaque assureur se réserve le droit de clore son offre à tout moment.
| Offre | Bonus annoncé | Part d'UC exigée | Versement et fenêtre | Années et clauses |
|---|---|---|---|---|
| Generali Netissima (Linxea Vie, Placement-direct Essentiel, BoursoVie) | +1,50 % net | 30 % au moment du versement et aux 31 décembre 2026 et 2027 | Versements du 1er janvier 2026, fenêtre prolongée jusqu'à fin 2026 ; plafond 500 000 € | 2026 et 2027 ; limite globale 4,50 % ; prorata temporis ; désinvestissement prioritaire sur la poche bonifiée ; transferts Pacte et versements issus d'un rachat Generali exclus |
| Spirica Fonds Euro Nouvelle Génération (Linxea Spirit 2, Meilleurtaux) | +1,10 % si moins de 30 % d'UC, +1,50 % si 30 % ou plus | 0 à 30 %, ou 30 % à maintenir jusqu'au 31 décembre 2027 | Minimum 100 000 € ; fenêtre du 8 janvier 2026, prolongée jusqu'au 31 décembre 2026 | 2026 et 2027 ; rachat total ou décès avant le 31 décembre annule la bonification de l'année |
| Suravenir Opportunités 2 (Meilleurtaux Placement Vie, Linxea Avenir 2, Altaprofits) | +1,00 % sans UC, +1,50 % avec 40 % d'UC | 0 % ou 40 % | Minimum 100 000 € en gestion libre, du 1er janvier au 31 mars 2026, hors versements programmés et hors transfert d'un contrat Suravenir | Appliqué aux 31 décembre 2026 et 2027 prorata temporis ; désinvestissement prioritaire sur l'épargne bonifiée ; contrats avec avance exclus |
| La France Mutualiste (Meilleurtaux Essentiel Vie) | +1,50 % net | Aucune (l'offre précédente exigeait 30 %) | Minimum 5 000 €, du 1er avril au 30 juin 2026 | Prorata temporis ; rachat total annule le bonus, rachat partiel le réduit |
| BNP Paribas Cardif (Lucya Cardif) | +1,30 % / +1,50 % / +2,50 % | 35 % / 45 % / 60 % | Minimum 10 000 €, du 8 septembre au 31 décembre 2026 | 2026 et 2027 ; seul le Fonds général est éligible ; arbitrage ou rachat ramenant la part d'UC sous le seuil avant le 31 décembre 2026 fait perdre le bonus |
| Abeille Vie (Lucya Abeille, « Abeille Bonus 2027 ») | +2 % ou +1,5 % | 30 % (option +2 %) ou moins de 30 % (option +1,5 %) | Minimum 5 000 €, maximum cumulé 1 000 000 €, du 24 janvier au 18 décembre 2026 | Complément au titre de 2026 et/ou 2027 ; aucun rachat ni arbitrage avant le 1er janvier 2028 ne doit ramener la part d'UC sous le minimum |
| Société Générale Assurances (Ebène, Erable, Antarius…) | +1,00 % / +1,50 % / +2,00 % | 15-35 % / 35-50 % / 50-100 % | Minimum 75 000 €, du 30 avril au 26 août 2026 | Fin 2026 prorata temporis et fin 2027 ; rachat ou arbitrage sur le support en euros fait perdre la majoration |
| AXA France | +2 % sur les versements 2026, +0,50 % sur les encours antérieurs | 45 % minimum, ou gestion pilotée, ou convention de gestion | Versements réalisés en 2026 | « Selon le mode de gestion ou la part d'unités de compte » |
D'où vient l'argent du bonus : une participation aux bénéfices globale, répartie « à la discrétion de l'assureur »
L'article L132-29 du Code des assurances oblige les assureurs vie à faire participer les assurés « aux bénéfices techniques et financiers qu'ils réalisent ». Le minimum est fixé par les articles A132-10 et suivants : 85 % du solde du compte financier et l'essentiel du résultat technique doivent revenir aux assurés — mais ce minimum « est déterminé globalement », au niveau de l'entreprise, pas contrat par contrat. La conséquence est explicitée dans une réponse ministérielle du 12 juin 2018 : « la répartition de cette participation aux bénéfices entre les différents assurés et les différents contrats est toutefois laissée à la discrétion de l'assureur », et « il n'existe donc pas de droit individuel à la participation aux bénéfices ». L'ACPR le formule à sa manière : « le partage de la participation aux bénéfices présente ainsi un certain degré d'hétérogénéité entre assurés d'un même organisme, en lien avec la politique commerciale et distributive de chacun ».
Un bonus n'est donc pas un rendement supplémentaire créé pour l'occasion : c'est une part plus grande d'une enveloppe commune, financée par le rendement de l'actif (2,8 % en 2025 pour les principaux assureurs vie), par la reprise de la provision pour participation aux bénéfices — tombée de 4,9 % des provisions fin 2023 à 4,0 % fin 2025 pour les contrats individuels — et, mécaniquement, par les assurés qui ne remplissent pas les conditions et qui touchent moins que la moyenne. L'ACPR a mesuré cette redistribution dans le temps : les réserves permettent chaque année de redistribuer environ 1,6 % des encours, « des assurés investissant en période haussière vers les assurés investissant en période baissière » ; les contrats détenus entre 2006 et 2011 ont ainsi gagné 1,6 % par an de plus que le rendement de l'actif, et ceux détenus entre 2012 et 2021 ont contribué à hauteur de 2,3 % par an aux réserves (Analyses et Synthèses n° 180, encadré 2). Le bonus conditionné aux unités de compte ajoute une seconde redistribution, entre assurés d'une même année, au profit de ceux qui prennent du risque — et qui, ce faisant, paient aussi des frais de gestion sur les unités de compte que l'assureur encaisse.
L'arithmétique réelle d'un bonus de 1,50 % sur un versement de 100 000 €
Le calcul ci-dessous est le nôtre ; il utilise des données d'entrée publiées (taux, frais, prélèvements sociaux) mais reste une illustration, pas une simulation contractuelle. Hypothèses : versement de 100 000 € au 1er janvier, 30 % en unités de compte (30 000 €) pour remplir la condition, 70 % sur un fonds en euros à 3,00 % de base bonifié de +1,50 %, soit 4,50 % nets de frais de gestion sur la poche en euros ; prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés chaque année sur les intérêts du fonds en euros ; frais de gestion sur unités de compte de 0,60 % (contrat en ligne) ou 0,79 % (moyenne 2025 des contrats en gestion libre selon l'Observatoire du CCSF) ; frais courants des supports de 1,32 % pour un fonds d'actions moyen (AMF, Lettre de l'Observatoire de l'épargne n° 65, avril 2026) ou 0,33 % pour un ETF actions.
| Poste | Montant annuel | En % du versement de 100 000 € |
|---|---|---|
| Bonus brut sur la poche en euros (70 000 € × 1,50 %) | +1 050 € | +1,05 % |
| Bonus net après 17,2 % de prélèvements sociaux | +869 € | +0,87 % |
| Frais de gestion du contrat sur les 30 000 € en unités de compte | −180 € (0,60 %) à −237 € (0,79 %) | −0,18 % à −0,24 % |
| Frais courants des supports en unités de compte | −99 € (ETF à 0,33 %) à −396 € (fonds d'actions à 1,32 %) | −0,10 % à −0,40 % |
| Gain net du bonus, frais des unités de compte déduits | +236 € à +590 € selon les supports et le contrat | +0,24 % à +0,59 % |
| Variation de la poche en unités de compte qui annule le bonus brut | −3,5 % sur 30 000 € = −1 050 € | Effacement complet |
Trois corrections s'ajoutent à ce tableau. Le prorata temporis : un versement fait en septembre ne touche que le tiers du bonus de la première année, alors que la condition d'unités de compte, elle, s'apprécie au 31 décembre. Le taux de base : s'il baisse de 3,00 % à 2,75 % l'année suivante, l'objectif affiché de 4,50 % devient 4,25 % sans que l'assureur ait rompu aucun engagement. La performance des unités de compte, enfin, domine tout le reste : en moyenne, les supports en unités de compte ont rapporté +4,7 % nets en 2025 selon l'Observatoire du CCSF, mais les fonds d'actions avaient perdu plus de 10 % en 2022 selon les données de l'ACPR. Le bonus vaut donc, au mieux, un demi-point de rendement supplémentaire sur l'ensemble du versement ; il ne transforme pas un placement, et il ne doit jamais dicter une allocation en unités de compte que l'on n'aurait pas choisie sans lui — le même raisonnement que pour les livrets bancaires à taux boosté, avec un horizon plus long. Quand l'unité de compte retenue pour satisfaire la condition est un fonds obligataire daté, ses frais, ses objectifs et ses scénarios officiels se lisent dans notre article fonds obligataires datés.
Ce que l'ACPR impose aux publicités, et ce qu'elle n'a jamais dit
La recommandation 2019-R-01 du 6 décembre 2019 encadre la présentation des taux : exprimer le taux annoncé « sous la forme d'un taux annualisé, net de frais de gestion supportés par le contrat, ou les supports promus, avant prélèvements sociaux et fiscaux » ; mentionner « de manière apparente, la période d'application du rendement annoncé et les conditions de souscription pour en bénéficier », dont « les conditions de ventilation sur les supports ou les différentes unités de compte, ce qui implique de mentionner le cas échéant le risque de perte en capital » ; indiquer « le taux minimal servi » lorsque plusieurs taux ont été servis sur le même support ; et préciser « si le taux annoncé est appliqué aux versements effectués antérieurement ou aux seuls versements effectués pendant la durée de l'offre ». Le 30 janvier 2020, l'ACPR a publié un appel à la vigilance sur « des offres à caractère promotionnel conditionnant le bénéfice de primes financières et des réductions (ou gratuités) temporaires des frais sur versement à un investissement minimum sur des supports en unités de compte », en relevant que « dans plus du tiers des publicités » les principes de clarté et d'équilibre n'étaient pas respectés, et en indiquant être intervenue « auprès de 30 professionnels ». Sa revue de juillet 2022 constatait que les offres promotionnelles restaient « très majoritairement conditionnées à une obligation de versement minimal sur des supports en unités de compte (75 %) », tout en notant un meilleur équilibre dans plus de 80 % des publicités, et rappelait que « la simple présence d'un avertissement sous la forme d'une mention située dans les renvois de bas de page ne permet pas de répondre à ce principe d'équilibre ».
En revanche, nous n'avons trouvé aucune mise en garde officielle — ACPR, CCSF, Sénat ou Cour des comptes — visant nommément les taux de fonds en euros bonifiés selon la part d'unités de compte. L'ACPR les décrit et les mesure dans ses Analyses et Synthèses sans les critiquer ; le CCSF se borne à préciser que la part des bénéfices conservée par l'assureur « ne s'assimile pas, aux termes de la réglementation, à des frais ». La régulation porte sur la présentation, pas sur le mécanisme : c'est donc au souscripteur de faire le calcul.
Les clauses à lire avant de verser
- —La date d'appréciation de la part d'unités de compte. Au moment du versement seulement, ou aussi aux 31 décembre de chaque année de bonus (Generali, Cardif, Abeille) : dans le second cas, une baisse des marchés qui ramène la part d'UC sous le seuil peut faire perdre le bonus sans aucun acte de votre part.
- —L'assiette. Le bonus s'applique à la part du versement placée sur le fonds en euros, jamais au versement entier ni à l'encours déjà constitué (sauf les rares bonifications « sur encours » comme les +0,50 % d'AXA ou les paliers Suravenir et CNP).
- —Le prorata temporis. Le taux annuel plein n'est acquis que sur un versement du 1er janvier ; la première année est proportionnelle à la durée de détention.
- —Le désinvestissement prioritaire. Chez Generali et Suravenir, tout rachat ou arbitrage sortant porte d'abord sur l'épargne bonifiée : un retrait partiel détruit d'abord le bonus.
- —Les exclusions. Versements programmés, transferts Pacte, versements issus du rachat d'un contrat du même assureur, contrats avec avance en cours, produits structurés ou fonds en euros secondaires souvent exclus.
- —Le plafond. Par versement (500 000 € chez Generali, 1 000 000 € chez Abeille) et parfois par client toutes offres confondues.
- —La limite globale du taux. Un « jusqu'à 4,50 % » est un plafond, pas une promesse : base 3,00 % supposée + 1,50 % ; si la base baisse, le total suit.
- —Le sort du bonus en cas de décès. Chez Spirica, un décès avant le 31 décembre annule la bonification de l'année en cours.
Ces clauses ne rendent pas les offres inintéressantes ; elles délimitent ce qu'elles valent. Pour un épargnant qui aurait de toute façon investi 30 % ou 40 % en unités de compte, sur un contrat aux frais bas, avec un horizon de plusieurs années et sans besoin de retrait, le bonus est un supplément réel de quelques centaines d'euros par tranche de 100 000 €. Pour celui qui choisit ses unités de compte parce qu'il faut en avoir, ou qui retire son épargne dans les dix-huit mois, il est au mieux neutre. Dans les deux cas, il pèse moins que les frais du contrat sur la durée — sujet de notre analyse sur ce qui rend une assurance-vie peu rentable — et moins que la question de fond sur la nature du fonds en euros lui-même, traitée dans notre article sur le fonds en euros et la dette de l'État français.
Questions fréquentes
Le taux de 2,63 % annoncé pour 2025, est-ce ce que touche un assuré ordinaire ?
Non. L'ACPR précise que cette moyenne « intègre les bonifications de revalorisation quel qu'en soit le motif » et que le taux d'un assuré sans bonification lui est inférieur « d'au moins 0,4 point ». Par soustraction, un contrat sans bonus a touché au plus 2,24 % environ en 2025 ; la moitié des encours du marché est servie entre 2,3 % et 2,9 %.
Le bonus est-il garanti ?
Le bonus contractuel (par exemple +1,50 % en 2026 et 2027) est un engagement de l'assureur sous conditions ; le taux de base auquel il s'ajoute ne l'est pas. Un « objectif 4,50 % » suppose que le fonds serve 3,00 % de base : si ce taux baisse à 2,75 %, le total baisse d'autant.
Que se passe-t-il si mes unités de compte baissent et passent sous le seuil de 30 % ?
Cela dépend de la date d'appréciation prévue dans les conditions de l'offre. Chez Generali, Cardif ou Abeille, la part d'unités de compte est vérifiée au 31 décembre de chaque année de bonus : un passage sous le seuil, même dû aux marchés, fait perdre la bonification de l'année. Chez d'autres, seule la ventilation au moment du versement compte. Il faut lire l'annexe de l'offre, pas la page d'accueil.
Combien rapporte réellement un bonus de 1,50 % ?
Sur 100 000 € versés avec 30 % d'unités de compte, 1 050 € bruts par an sur les 70 000 € en euros, soit 869 € après 17,2 % de prélèvements sociaux, avant de compter les frais de gestion et les frais courants des 30 000 € d'unités de compte (de 279 € à 633 € selon le contrat et les supports). Le gain net se situe entre 0,24 % et 0,59 % du versement, et une baisse de 3,5 % des unités de compte l'efface.
Les prélèvements sociaux sur le fonds en euros sont-ils passés à 18,6 % en 2026 ?
Non. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur la plupart des revenus du capital, mais l'article L136-8, IV, du Code de la sécurité sociale maintient les produits d'assurance-vie à 9,2 % de CSG, soit 17,2 % de prélèvements sociaux au total, prélevés chaque année sur les intérêts du fonds en euros.
Un fonds en euros sans bonus est-il forcément moins bon ?
Non. En 2025, la MACSF a servi 3,15 % et l'AFER 2,65 % sans aucune condition, quand le palier « 100 % euros » de plusieurs bancassureurs se situait entre 1,70 % et 2,30 %. Le taux de base du fonds, les frais du contrat et la réserve de l'assureur pèsent davantage sur dix ans que deux années de bonus.
Qui finance les bonus ?
La participation aux bénéfices est un minimum global (85 % du compte financier) que l'assureur répartit librement entre ses contrats, selon une réponse ministérielle de 2018. Les bonus sont donc financés par le rendement de l'actif, par la reprise de la provision pour participation aux bénéfices (4,0 % des provisions fin 2025, contre 4,9 % fin 2023) et par les assurés qui ne remplissent pas les conditions et reçoivent moins que la moyenne.
Ce qu'il faut retenir
- —2,63 % est une moyenne gonflée par les bonus. Sans bonification, le taux 2025 se situe au plus autour de 2,2 % (ACPR, Analyses et Synthèses n° 180) ; la performance annualisée des fonds en euros sur 2016-2025 est de 1,93 % (CCSF).
- —Les paliers sont publics. Swiss Life : 1,70 % / 2,20 % / 3,05 % selon moins de 40 %, 40-60 %, plus de 60 % d'UC ; Predissime 9 : 2,15 % à 2,95 % ; Cachemire 2 : 2,30 % à 3,22 % ; Fortuneo : 3,00 % à 4,50 %. La MACSF (3,15 %) et l'AFER (2,65 %) servent le même taux à tous.
- —Les offres 2026 exigent 30 à 60 % d'UC, un versement dans une fenêtre donnée, souvent 100 000 € minimum, le maintien de la part d'UC au 31 décembre, et s'appliquent prorata temporis à la seule poche en euros ; rachat ou arbitrage font perdre le bonus.
- —L'arithmétique : +1,50 % sur 70 % d'un versement = 1,05 % brut, 0,87 % net de prélèvements sociaux, 0,24 % à 0,59 % après les frais des unités de compte ; −3,5 % sur les UC efface tout.
- —Le financement : participation aux bénéfices globale répartie à la discrétion de l'assureur, réserve en baisse depuis 2022, assurés sans bonus servis en dessous de la moyenne.
- —La règle simple : ne prendre le bonus que sur une allocation en unités de compte qu'on aurait choisie sans lui, sur un contrat aux frais bas, sans retrait prévu pendant la période.
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Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF ni une recommandation personnalisée : le choix d'un contrat, d'une part d'unités de compte ou d'une offre commerciale dépend de votre situation, de votre horizon et de votre tolérance au risque. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ; les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les taux et conditions cités sont ceux publiés par les assureurs et distributeurs aux dates indiquées, susceptibles de modification ou de clôture à tout moment ; le taux « au plus 2,24 % » pour un assuré sans bonus est une soustraction de notre part à partir des chiffres de l'ACPR, et l'exemple à 100 000 € est un calcul illustratif construit par nos soins. Sources : ACPR, Analyses et Synthèses n° 175 (août 2025) et n° 180 (30 juin 2026) ; ACPR, communiqué du 30 janvier 2020, recommandation 2019-R-01 du 6 décembre 2019, Revue de l'ACPR (juillet 2022) ; CCSF, rapport 2026 de l'Observatoire des produits d'épargne financière (25 juin 2026) ; AMF, Lettre de l'Observatoire de l'épargne n° 65 (avril 2026) ; Code des assurances, articles L132-29, A132-10, A132-11 et A132-16 ; réponse ministérielle à la question écrite AN n° 1963 (12 juin 2018) ; Code de la sécurité sociale, article L136-8 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 ; communiqués de taux 2025 de Suravenir (23 janvier 2026), Altaprofits pour Suravenir et Generali (26 et 27 janvier 2026), CNP Assurances (22 janvier 2026), BNP Paribas Cardif (22 janvier 2026), Société Générale Assurances (14 janvier 2026), Crédit Agricole Assurances (20 janvier 2026), AXA France (15 janvier 2026), MACSF (6 janvier 2026) ; dépêches Tribune de l'assurance et FranceTransactions (Swiss Life, AFER, janvier 2026) ; pages d'offres Linxea, Lucya, Meilleurtaux Placement, Société Générale et annexe « Abeille Bonus 2027 » consultées le 14 septembre 2026.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
Sources : Ouvrir une assurance vie avec 1 000 € pour « prendre date » · Assurance vie après 70 ans · Faut-il plusieurs contrats d'assurance vie ? · Assurance vie en banque ou chez un courtier : ce qui change au décès