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COMPARAISON

Private equity en assurance-vie : 10,7 % nets par an sur dix ans pour les fonds professionnels français, 5,4 % pour les fonds ouverts aux particuliers, 2,47 % de frais par an — ce que mesurent l'AMF et France Invest, les rachats plafonnés de 2026 et le décret du 30 avril 2026

Par Alexandre Pollet·Mis à jour le 20 septembre 2026·10 min de lecture
L'essentiel

Les 10 à 14 % par an avancés pour le private equity sont ceux des fonds professionnels : 10,7 % nets sur dix ans à fin 2025 et 14,6 % sur les fonds liquidés, selon France Invest et EY. Les fonds ouverts aux particuliers, distribués à 82 % en assurance-vie, ont rapporté 5,4 % par an en moyenne pondérée depuis leur création (6,0 % pour les fonds evergreen, 4,1 % pour les fonds fermés), avant les frais du contrat. L'AMF mesurait à fin 2023 des rendements médians de -2,4 % (FIP) à 7,5 % (FCPR fermés en fonds de fonds), et 0,3 % pour les « autres FIA » que le décret du 30 avril 2026 écarte des nouveaux contrats. Les frais annuels réellement appliqués sont de 2,47 % en moyenne, dont environ un point revient au distributeur. Aux États-Unis, deux fonds semi-liquides ont plafonné les rachats à 5 % par trimestre face à des demandes de 22 % et 41 %.

Sommaire · 6 sections
  1. 01Trois univers, trois chiffres : 10,7 %, 5,4 % et de -2,4 % à 7,5 %
  2. 02Pourquoi l'écart : appels de capital, frais, âge des fonds
  3. 03Frais : 2,47 % par an en moyenne, dont environ un point pour le distributeur
  4. 04Liquidité : ce que promet un fonds evergreen, et ce qui s'est passé ailleurs
  5. 05Le décret du 30 avril 2026 : les « autres FIA » écartés des nouveaux contrats
  6. 06Ce qu'il faut vérifier avant de souscrire

Le private equity se présente aujourd'hui aux épargnants avec un chiffre : 10 à 14 % de rendement annuel. Ce chiffre existe, mais il décrit un autre univers que celui des fonds vendus en assurance-vie. Les études disponibles en 2026 permettent de séparer trois populations : les fonds professionnels français (10,7 % nets par an sur dix ans à fin 2025), les fonds ouverts aux particuliers (5,4 % par an en moyenne depuis leur création) et les fonds fiscaux (FIP et FCPI), dont les médianes mesurées par l'AMF sont négatives. Entre les trois, les différences de calendrier des appels de capital, de frais et d'âge des fonds expliquent l'essentiel de l'écart.

Cet article rapproche quatre sources : l'étude de l'AMF de janvier 2025 sur la performance des fonds d'actifs financiers non cotés commercialisés à des clients non professionnels (données au 31 décembre 2023), l'étude France Invest d'avril 2026 sur l'accès des épargnants au non coté (données à fin 2025), l'étude France Invest et EY de juin 2026 sur la performance nette des acteurs français du capital-investissement, et le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026. Les deux études de France Invest sont réalisées par l'association professionnelle des gérants, sur des données déclarées par les sociétés de gestion ; celle de l'AMF est publiée par le régulateur. Nous les citons chacune pour ce qu'elle mesure, sans les additionner. Cet article est un élément d'information et non une recommandation d'investissement.

Trois univers, trois chiffres : 10,7 %, 5,4 % et de -2,4 % à 7,5 %

Univers mesuréSource et périodeRendementCe que le chiffre inclut
Fonds professionnels français de capital-investissement (1 417 fonds)France Invest et EY, juin 2026, à fin 202510,7 % nets par an sur 10 ans ; 10,8 % depuis 1987 ; 9,2 % sur 5 ans ; 14,6 % pour les fonds liquidés (1,91x)Net des frais de gestion et du carried interest, hors frais de distribution. Le TRI intègre des appels de capital progressifs
Fonds ouverts aux non-professionnels (70 véhicules créés de 2013 à 2023)France Invest, avril 2026, à fin 20255,4 % par an en moyenne pondérée depuis la création ; 5,7 % pour ceux distribués en assurance-vie ; 6,0 % pour les fonds evergreen ; 4,1 % pour les fonds fermésNet des frais de gestion et de distribution, avant les frais du contrat d'assurance-vie. Presque tous les fonds appellent 100 % du capital à la souscription
Mêmes catégories de fonds, par catégorie juridique (703 fonds vivants)AMF, janvier 2025, à fin 2023Médianes : FIP -2,4 % et FCPI -1,1 % (hors avantage fiscal) ; FCPR fermés en direct 2,4 % ; « autres FIA » en assurance-vie 0,3 % ; FCPR evergreen 5 % ; FCPR fermés en fonds de fonds 7,5 %TRI depuis la création pour les fonds fermés, rendement annuel de la valeur liquidative pour les fonds ouverts. Fonds evergreen : trois ans d'âge moyen
Repères cotésAMF (données Morningstar), fin 2023 ; France Invest et EY, fin 2025Fonds actions français ouverts aux non-professionnels : médiane de 6,2 % sur 10 ans. CAC 40 dividendes réinvestis : 9,1 % sur 10 ans à fin 2023, 9,5 % à fin 2025 (méthode PME)Périodes et méthodes différentes : ces repères ne se comparent pas point à point aux lignes du dessus

Le chiffre de 10 à 14 % correspond donc à la première ligne du tableau : 10,7 % pour les dix dernières années et 14,6 % pour les fonds liquidés depuis 2008, dans l'univers des fonds professionnels de l'étude France Invest et EY, que l'AMF distingue des fonds pour particuliers. Il ne correspond à aucune ligne des fonds ouverts aux particuliers. France Invest le note lui-même dans son étude de 2026 : le rendement moyen des fonds accessibles aux particuliers est proche des objectifs annoncés par les gérants, qui vont de 6 % à 9 % par an en moyenne, et non de 10 à 14 %. L'AMF précise de son côté que les performances des fonds destinés aux particuliers ne peuvent pas être assimilées, par défaut, à l'historique des fonds professionnels.

Pourquoi l'écart : appels de capital, frais, âge des fonds

Trois raisons apparaissent dans les études. La première tient au calendrier des appels de capital. Un fonds professionnel appelle le capital au fur et à mesure des investissements, ce qui raccourcit la durée pendant laquelle l'argent est immobilisé et relève le taux de rendement interne. France Invest et EY l'illustrent avec un exemple théorique : pour un même multiple de 2,1 fois la mise, le TRI est de 13,05 % avec des appels progressifs, de 10,6 % si tout le capital est appelé la première année. Or la quasi-totalité des fonds destinés aux non-professionnels appellent la totalité du capital à la souscription (109 des 113 véhicules de l'étude de 2026), parce que la gestion de trésorerie que suppose un appel progressif est peu adaptée aux particuliers. L'AMF attribue principalement à ce point l'écart entre les rendements historiques des fonds professionnels et ceux des fonds pour particuliers.

La deuxième raison est celle des frais, détaillée plus bas. La troisième est l'âge des fonds : l'offre pour les particuliers est récente, 77 % des fonds de l'étude de 2026 ont été créés à partir de 2020 et l'âge moyen est de 3 ans et 7 mois (3,1 ans pour les fonds distribués en assurance-vie). Les rendements mesurés portent sur des fonds qui n'ont pas encore traversé un cycle complet, et le début de vie d'un fonds est marqué par la « courbe en J » : la valeur liquidative baisse au début, le temps que le portefeuille se constitue et que les frais initiaux soient compensés (l'exemple de France Invest passe de 100 à 98 la première année). L'AMF le formule ainsi : les indicateurs sur les fonds vivants ne sont qu'une estimation à date, qui ne sera définitive qu'à la liquidation complète.

Ces données n'établissent pas que le private equity destiné aux particuliers soit un mauvais placement, ni que les fonds professionnels soient hors d'atteinte. Elles établissent que le rendement d'un fonds vendu en assurance-vie ne se lit pas avec le chiffre d'un fonds institutionnel. L'AMF relève d'ailleurs des écarts de dispersion importants au sein de chaque catégorie, de 5 à 7 points entre le premier et le troisième quartile : le gérant compte davantage que la catégorie.

Frais : 2,47 % par an en moyenne, dont environ un point pour le distributeur

France Invest mesure, sur les fonds accessibles aux particuliers, des frais annuels maximums prévus par les règlements de 2,92 % en moyenne et des frais réellement appliqués en 2025 de 2,47 % (données disponibles pour 47 fonds). Par composante, chacune moyennée sur les fonds qui la renseignent : frais récurrents de gestion et de fonctionnement (2,36 %), dont une rétrocession au distributeur de 0,99 % (79 fonds) ; frais de constitution (0,14 %) ; frais non récurrents (0,27 %) ; frais de gestion indirects, ceux des fonds détenus par le fonds (0,60 %, 77 fonds). Les droits d'entrée maximums atteignent 4,28 % du montant souscrit, soit 0,50 % par an sur la durée. La rétrocession représente ainsi environ 40 % des frais récurrents (0,99 sur 2,36, calcul de notre fait), soit la part de celui qui distribue le fonds (le mécanisme des rétrocessions est décrit ici).

StratégieFrais annuels maximums totauxDont rétrocession au distributeurFrais annuels maximums hors rétrocession
Equity en direct3,08 %0,96 %2,12 %
Equity en fonds de fonds2,85 %1,00 %1,85 %
Dette privée3,42 %1,08 %2,34 %
Infrastructure2,81 %0,83 %1,98 %
Fonds diversifiés2,33 %1,04 %1,29 %

Ces frais sont ceux des fonds. Ils ne comprennent pas les frais du contrat d'assurance-vie, qui s'y ajoutent : l'AMF cite les données de France Assureurs pour 2023, de 0,70 % à 1,01 % par an, 0,82 % en moyenne. L'étude de 2025 de l'AMF donne des médianes de frais totaux annuels de 2,4 % pour les FCPR evergreen, 2,5 % pour les FCPR fermés et 2,7 % pour les « autres FIA » distribués en assurance-vie, contre 3,5 % pour les FIP et 3,2 % pour les FCPI. L'AMF n'a relevé aucun lien marqué entre le niveau des frais annuels et la performance ; une fois le carried interest intégré, une relation apparente ressort entre ce coût économique total et la performance.

En additionnant les 2,47 % de frais réellement appliqués aux 0,82 % de frais moyens du contrat, un fonds evergreen détenu en assurance-vie coûte de l'ordre de 3,3 % par an, hors droits d'entrée et hors éventuelle commission de performance. C'est un calcul de notre fait, à partir de deux moyennes de sources différentes, à vérifier sur les documents d'informations clés du fonds et du contrat. Il éclaire un point simple : le rendement de 5,7 % des fonds distribués en assurance-vie est déjà net des frais du fonds et de la rétrocession, mais avant les frais du contrat. Une fois ceux-ci déduits, il se rapproche de 5 % par an, pour une valeur liquidative que le gérant établit lui-même à périodicité fixe.

Liquidité : ce que promet un fonds evergreen, et ce qui s'est passé ailleurs

Un fonds fermé a une durée de vie de 8 à 10 ans, prorogeable deux fois : on ne sort pas avant, sauf revente. Un fonds evergreen a une durée de vie de 99 ans et accepte des rachats en cours de vie. Pour honorer les rachats, il détient des actifs liquides : 10 % des encours de l'ensemble des fonds de l'étude de 2026, 12 % pour les fonds evergreen. Selon France Invest, cette poche de liquidités sert à répondre aux demandes de rachat des fonds evergreen : c'est elle, non la nature des actifs non cotés, qui permet la liquidité annoncée.

Une liquidité conditionnée par une poche de 12 % est une liquidité limitée par construction. Deux cas récents, tous deux américains, en donnent l'ordre de grandeur. Blue Owl Credit Income Corp et Blue Owl Technology Income Corp, deux fonds de crédit privé non cotés ouverts à des investisseurs particuliers, ont reçu au premier trimestre 2026 des demandes de rachat de 21,9 % et de 40,7 % de leurs parts, pour 5,4 milliards de dollars au total, et ont limité les rachats à 5 % des parts par trimestre (annonce du 2 avril 2026). Au deuxième trimestre, les demandes ont été de 18,8 % et de 38,1 % pour 4,7 milliards de dollars, avec le même plafond de 5 % (annonce du 2 juillet 2026).

Ces fonds américains ne sont pas, à notre connaissance, distribués dans les contrats d'assurance-vie français, et nous n'avons trouvé aucun cas public de rachats plafonnés ou suspendus sur un fonds evergreen français. Les fonds français sont plus récents, et leurs règles diffèrent. Mais un ordre de grandeur reste utile, calculé par nous : avec 12 % d'actifs liquides, un fonds ne peut satisfaire des demandes de rachat de 22 % sur un trimestre sans vendre des actifs non cotés ou plafonner. Nous n'avons pas trouvé d'exemple de vague de rachats comparable sur un fonds evergreen français, dont l'âge moyen est de trois ans et demi. Ce qu'un fonds français promet sur les rachats, en délai, en fréquence et en plafonds, figure dans son règlement : à lire avant la souscription.

La sortie des fonds fermés pose un autre problème. L'AMF constate dans son étude sur les fonds soldés que les difficultés de cession des actifs en fin de vie allongent le remboursement des porteurs et réduisent le taux de rendement, ce que confirme le rapport du groupe de travail de l'AMF sur la fin de vie des fonds de capital-investissement fermés, publié le 28 juillet 2022. Parmi les 18 FCPR fermés soldés recensés, la majorité des performances finales se situe entre -6 % et 6 %, avec deux fonds au-dessus de 10 % et un à -20 % : un échantillon restreint, que l'AMF invite à lire avec prudence. Pour les autres blocages de rachats sur des produits distribués aux particuliers, le cas des SCPI offre une illustration française.

Le décret du 30 avril 2026 : les « autres FIA » écartés des nouveaux contrats

Le décret n° 2026-341 du 30 avril 2026, « renforçant l'encadrement de l'univers d'investissement de l'assurance vie et du plan d'épargne retraite », publié au Journal officiel du 5 mai 2026, modifie l'article R131-1 du Code des assurances, qui définit les unités de compte, ainsi que des dispositions du Code monétaire et financier. Selon les synthèses spécialisées que nous avons recoupées (Club Patrimoine, France Épargne, Échanges Assurances) et le résumé de Légifrance, dont le site bloque la lecture automatisée du texte intégral, les « autres FIA », c'est-à-dire des fonds d'investissement alternatifs qui ne relèvent d'aucun cadre destiné aux investisseurs non professionnels, ne peuvent plus être référencés comme unités de compte dans les nouveaux contrats depuis le 6 mai 2026. Restent admis notamment les ELTIF commercialisables aux particuliers, les FPCI qui respectent les règles des FCPR, les FCPR, les OPCI et les SCPI. Les supports déjà référencés doivent se conformer aux nouvelles règles avant le 1er janvier 2029, faute de quoi ils ne pourront plus recevoir de versements ni d'arbitrages ; les parts déjà souscrites restent admissibles.

Le rapprochement avec l'étude de l'AMF est instructif, sans que nous puissions dire que l'une explique l'autre : les « autres FIA » distribués en assurance-vie affichaient à fin 2023 la plus faible médiane de rendement des fonds ouverts aux particuliers en dehors des FIP et FCPI (0,3 %) et 2,7 % de frais annuels médians. Les motifs cités par les synthèses consultées tiennent à la transparence et à la gouvernance des supports proposés aux non-professionnels. Un détenteur d'un tel support n'a pas à vendre : les contrats existants ne sont pas liquidés. Le calendrier exact, et les dispositions propres aux ELTIF en fonds de fonds, sont à vérifier sur le texte au moment de votre lecture.

Ce qu'il faut vérifier avant de souscrire

  1. 1.La forme juridique du fonds. FCPR fermé, FCPR evergreen, FPCI, ELTIF, « autre FIA » : les rendements médians de l'AMF vont de 0,3 % à 7,5 % selon la catégorie, et l'éligibilité en assurance-vie dépend désormais du décret de 2026.
  2. 2.Le rendement mesuré, non annoncé. Demander le rendement net depuis la création, sa méthode (TRI pour un fonds fermé, variation de la valeur liquidative pour un fonds ouvert), son ancienneté et l'échantillon de fonds comparables.
  3. 3.Le coût total, en euros par an. Frais du fonds (récurrents, indirects, constitution, commission de performance), droits d'entrée, rétrocession au distributeur, frais du contrat d'assurance-vie : l'addition atteint de l'ordre de 3 % par an d'après les moyennes citées ici (calcul de notre fait).
  4. 4.Les conditions de rachat. Fréquence, préavis, plafond, part d'actifs liquides du fonds, sort des demandes non servies : ces éléments figurent au règlement, non dans la présentation.
  5. 5.Le calendrier des appels de capital. Presque tous les fonds pour particuliers appellent 100 % du capital à la souscription : le rendement proposé s'entend sur cette base.
  6. 6.L'âge du fonds et de l'équipe. Un fonds de moins de cinq ans n'a pas de rendement final observable ; l'étude de 2026 estime à 3,1 ans l'âge moyen des fonds distribués en assurance-vie.
  7. 7.La place dans le contrat. Un fonds evergreen se loge dans un contrat d'assurance-vie ; les contrats luxembourgeois ouvrent d'autres possibilités, pour des montants plus élevés.
  8. 8.Le niveau de risque. Une grande majorité des fonds de l'étude de 2026 porte un indicateur de risque de 6 ou 7 sur 7 : une perte en capital est possible, et sa taille se décide au regard de la liquidité dont on a besoin.

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Le private equity rapporte-t-il 10 à 14 % par an en assurance-vie ?

Pas selon les études disponibles. Les 10,7 % nets sur dix ans (14,6 % pour les fonds liquidés) sont ceux des fonds professionnels français, selon France Invest et EY. Les fonds ouverts aux particuliers ont rapporté 5,4 % par an en moyenne depuis leur création selon France Invest (5,7 % en assurance-vie, avant les frais du contrat), avec des médianes de l'AMF de -2,4 % à 7,5 % selon la catégorie à fin 2023.

Qu'est-ce qu'un fonds evergreen ?

Un fonds à durée de vie de 99 ans, ouvert aux souscriptions et aux rachats en cours de vie, qui détient une part d'actifs liquides (12 % en moyenne selon France Invest) pour honorer les rachats. Il s'oppose au fonds fermé, dont la durée est de 8 à 10 ans, prorogeable deux fois.

Peut-on sortir d'un fonds evergreen à tout moment ?

Pas sans condition. Fréquence, préavis, plafonds et sort des demandes non servies sont fixés par le règlement du fonds. Les cas récents de rachats plafonnés que nous avons trouvés concernent des fonds américains (Blue Owl, 2026), non des fonds distribués en assurance-vie en France ; nous n'avons pas trouvé de cas français.

Combien coûte un fonds evergreen en assurance-vie ?

France Invest mesure 2,47 % de frais annuels réellement appliqués en 2025 en moyenne, dont environ un point de rétrocession au distributeur, avec des droits d'entrée maximums de 4,28 %. S'y ajoutent les frais du contrat d'assurance-vie, 0,82 % en moyenne en 2023 selon France Assureurs cité par l'AMF : de l'ordre de 3,3 % par an au total, calcul de notre fait à vérifier fonds par fonds.

Que change le décret n° 2026-341 pour un contrat existant ?

Selon les synthèses consultées, rien d'immédiat : aucune liquidation forcée, les parts déjà souscrites restent admissibles, et les supports déjà référencés doivent se mettre en conformité avant le 1er janvier 2029. Les « autres FIA » ne peuvent plus être référencés dans les nouveaux contrats depuis le 6 mai 2026. À vérifier sur le texte de Légifrance.

Le private equity destiné aux particuliers va-t-il suivre la trajectoire des SCPI ?

Personne ne peut le dire. Les faits mesurés : un marché de 14,5 milliards d'euros à fin 2025 dont 11,8 milliards en assurance-vie, des fonds jeunes (3 ans et 7 mois en moyenne), une liquidité fondée sur une poche de 10 à 12 % d'actifs liquides, et des blocages de rachats sur des fonds comparables aux États-Unis en 2026. Le cas des SCPI montre comment un produit distribué aux particuliers peut voir ses retraits bloqués ; l'analogie est un point d'attention, pas une prévision.

Les frais du contrat d'assurance-vie s'ajoutent-ils à ceux du fonds ?

Oui. Les rendements de France Invest sont nets des frais de gestion et de distribution du fonds mais bruts des frais du contrat. L'AMF cite 0,70 % à 1,01 % par an de frais de gestion de contrat en 2023, 0,82 % en moyenne (France Assureurs).

Quelle part de son patrimoine placer dans ce type de fonds ?

Aucun chiffre général n'est établi par les études citées. Le niveau de risque indiqué sur la majorité des fonds est de 6 ou 7 sur 7, la liquidité est conditionnée et le rendement final n'est connu qu'à la liquidation : la décision se prend au regard des besoins de liquidité de chacun, avec un professionnel, sur pièces.

Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni une recommandation d'acheter ou de vendre un fonds, et ne visent aucun produit en particulier. Un investissement dans des fonds non cotés comporte un risque de perte en capital, pouvant être élevé, et une liquidité limitée ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Le Rempart Financier est lui-même courtier en assurance et conseiller en investissements financiers, rémunéré pour partie par des rétrocessions et des commissions sur encours : cet article décrit un mécanisme dont nous sommes partie prenante. Les deux études de France Invest reposent sur des données déclarées par les sociétés de gestion ; celle d'avril 2026 porte sur 46 sociétés interrogées et 33 réponses (72 %), 113 véhicules et 70 fonds pour les rendements. Le total de 3,3 % de frais annuels, l'arithmétique des 12 % d'actifs liquides face à des demandes de 22 % et l'estimation d'un rendement net des frais du contrat proche de 5 % sont des calculs de notre fait, non des statistiques officielles. La description du décret n° 2026-341 s'appuie sur des synthèses spécialisées et sur le résumé de Légifrance, le texte intégral n'ayant pu être lu en version brute : à vérifier sur Légifrance au moment de votre lecture. Les cas de rachats plafonnés de Blue Owl concernent des fonds américains, non distribués à notre connaissance en France. Sources : AMF, « Étude de la performance des fonds d'actifs financiers non cotés commercialisés à des clients non-professionnels », janvier 2025 (703 fonds vivants et 678 fonds soldés, 48 sociétés de gestion, données au 31 décembre 2023) ; France Invest, « Étude sur l'accès des épargnants au non coté », 3e édition, 14 avril 2026 ; France Invest et EY, « Performance nette des acteurs français du capital-investissement », 32e édition, juin 2026 (1 417 fonds, données à fin 2025) ; décret n° 2026-341 du 30 avril 2026 renforçant l'encadrement de l'univers d'investissement de l'assurance vie et du plan d'épargne retraite (JORF du 5 mai 2026), synthèses de Club Patrimoine, France Épargne et Échanges Assurances ; Code des assurances, article R131-1 ; Zonebourse (2 avril 2026) et Boursorama (2 juillet 2026) sur les demandes de rachat de Blue Owl Credit Income Corp et Blue Owl Technology Income Corp ; France Assureurs, étude assurance-vie et unités de compte 2023 (chiffres cités par l'AMF) ; rapport du groupe de travail de l'AMF sur la fin de vie des fonds de capital-investissement fermés, 28 juillet 2022 (cité par l'AMF). Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Alexandre Pollet
Écrit par
Alexandre Pollet
Fondateur, Le Rempart Financier · ORIAS n° 25005915

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.

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