PEL et CEL en 2026 : le taux est figé à l'ouverture, pas aujourd'hui — plafond, fiscalité PFU et clôture automatique à 15 ans
Un PEL ne rapporte jamais le taux du moment : il rapporte le taux figé à sa date d'ouverture, pour toute sa durée de vie — 2,25 % pour un PEL ouvert en 2024, 1,75 % pour 2025, 2 % pour 2026. Depuis 2018, les intérêts d'un PEL ou d'un CEL nouvellement ouvert sont taxés au PFU de 30 % dès le premier euro, contre une exonération d'impôt sur le revenu pendant douze ans pour les plans plus anciens. Et depuis mars 2011, un PEL a une durée de vie maximale de 15 ans : passé ce délai, la banque le transforme d'office en livret fiscalisé à un taux qu'elle fixe elle-même — une clôture automatique qui touche, en ce moment même, les PEL ouverts en 2011.
Sommaire · 8 sections
- 01PEL et CEL, deux produits qu'on confond souvent
- 02Le taux d'un PEL n'est jamais le taux du moment : il est figé à l'ouverture
- 03La fiscalité a changé en 2018 : ce qui distingue un vieux PEL d'un PEL récent
- 04Le plafond atteint : le plan continue de vivre, il ne se ferme pas tout seul pour cette seule raison
- 05La clôture automatique à 15 ans : ce qui touche, en ce moment, les PEL ouverts en 2011
- 06Le droit à prêt : l'avantage qu'on oublie, utile seulement dans certaines configurations de taux
- 07Faut-il garder, fermer, ou ouvrir un PEL ou un CEL aujourd'hui ?
- 08Ce qu'il faut retenir
C'est une confusion qui revient régulièrement en rendez-vous : un épargnant a ouvert un PEL ou un CEL, parfois sans trop savoir pourquoi si ce n'est que « c'était le placement suivant une fois le Livret A plein », et découvre des années plus tard qu'il ne sait ni quel taux réel il perçoit, ni ce qui se passera si son plan atteint son plafond ou sa durée maximale. Ce n'est pas surprenant : le PEL et le CEL sont, de tous les produits d'épargne réglementée, ceux dont les règles ont le plus changé depuis quinze ans — taux, fiscalité, durée de vie — sans que ces changements soient toujours bien expliqués au moment de l'ouverture.
PEL et CEL, deux produits qu'on confond souvent
Le Plan Épargne Logement (PEL) et le Compte Épargne Logement (CEL) sont deux produits réglementés distincts, tous deux conçus à l'origine pour préparer un achat immobilier ou des travaux, et tous deux ouvrant un « droit à prêt » à taux préférentiel après une période d'épargne. Mais ils fonctionnent différemment sur presque tous les autres points : le PEL a un taux fixé une fois pour toutes à l'ouverture et un versement minimum imposé chaque année pendant dix ans, tandis que le CEL a un taux révisé périodiquement, sans versement minimum imposé au-delà du dépôt initial, et une bien plus grande souplesse de retrait.
| PEL | CEL | |
|---|---|---|
| Taux | Fixé à l'ouverture, pour toute la durée de vie du plan | Révisé périodiquement (1,25 % net depuis le 1er août 2026) |
| Plafond de versements | 61 200 € | 15 300 € |
| Dépôt initial minimum | 225 € | 300 € |
| Versements ultérieurs | 540 €/an minimum pendant 10 ans | 75 € minimum, pas de minimum annuel imposé |
| Retraits | Un retrait avant 2 ans clôture le plan (avant 3 ans pour les prêts) ; interdits ensuite avant clôture | Retraits partiels possibles à tout moment, sous réserve du solde minimum de 300 € |
| Droit à prêt | Ouvert après 3 ans, taux de 3,20 % pour un PEL ouvert en 2026 | Ouvert après 18 mois, taux de 2,75 % depuis le 1er août 2026 |
Le taux d'un PEL n'est jamais le taux du moment : il est figé à l'ouverture
C'est le point le plus mal compris du PEL, y compris par des épargnants qui en détiennent un depuis des années : le taux qui s'applique à votre plan n'est pas le taux affiché aujourd'hui sur le site de votre banque, c'est celui qui était en vigueur au jour de son ouverture — et il reste identique jusqu'à la clôture du plan, quelles que soient les révisions ultérieures. Deux PEL ouverts à quelques mois d'écart peuvent ainsi avoir des taux sensiblement différents pour toute leur durée de vie.
| PEL ouvert entre le… | Taux brut | Taux du prêt associé |
|---|---|---|
| 1er janvier et le 31 décembre 2023 | 2,00 % | 3,20 % |
| 1er janvier et le 31 décembre 2024 | 2,25 % | 3,45 % |
| 1er janvier et le 31 décembre 2025 | 1,75 % | 2,95 % |
| 1er janvier 2026 et aujourd'hui | 2,00 % | 3,20 % |
Ce taux brut n'est pas non plus ce que vous touchez réellement : depuis 2018, il faut lui appliquer la fiscalité en vigueur pour connaître le rendement net, ce que la section suivante détaille. Ces taux évoluent par arrêté ministériel à intervalles irréguliers : ils sont à vérifier au moment de votre lecture, notamment si vous envisagez d'ouvrir un plan dans les prochains mois.
La fiscalité a changé en 2018 : ce qui distingue un vieux PEL d'un PEL récent
Avant le 1er janvier 2018, les intérêts d'un PEL ou d'un CEL étaient exonérés d'impôt sur le revenu pendant les douze premières années du plan — seuls les prélèvements sociaux (aujourd'hui 17,2 %) restaient dus, prélevés chaque année sur les intérêts courus. Les plans ouverts avant 2011 pouvaient en plus bénéficier d'une prime d'État, aujourd'hui supprimée pour toute ouverture postérieure au 1er janvier 2018.
Pour un PEL ou un CEL ouvert depuis le 1er janvier 2018, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % dès le premier euro généré, sans les douze années d'exonération : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Concrètement, sur un PEL ouvert en 2026 à 2,00 % brut, le rendement net tombe à environ 1,40 % après cette ponction — un chiffre qui explique pourquoi, dans un rendez-vous patrimonial, le taux « net » cité pour un PEL récent semble toujours nettement inférieur au taux « brut » affiché en façade.
| Date d'ouverture | Fiscalité des intérêts | Prime d'État |
|---|---|---|
| Avant le 1er janvier 2011 | Exonération d'impôt sur le revenu sans limite de durée ; PS de 17,2 % dus chaque année | Oui, selon les règles en vigueur à l'ouverture |
| Du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2017 | Exonération d'impôt sur le revenu pendant 12 ans ; PS de 17,2 % dus chaque année | Supprimée |
| Depuis le 1er janvier 2018 | PFU de 30 % dès le premier euro d'intérêt (12,8 % IR + 17,2 % PS) | Supprimée |
Le plafond atteint : le plan continue de vivre, il ne se ferme pas tout seul pour cette seule raison
Une fois le plafond de versements atteint — 61 200 € pour un PEL, 15 300 € pour un CEL —, il n'est plus possible d'y déposer de nouveaux versements, mais le plan continue en principe à produire des intérêts sur l'encours existant, au taux qui lui a été fixé à l'ouverture. Le blocage porte sur les versements, pas sur la vie du plan lui-même. Des expériences de clôture au moment où le plafond est atteint sont parfois rapportées par des épargnants ; nous n'avons pas trouvé de règle générale qui ferait du seul franchissement du plafond une cause de clôture automatique, et la pratique peut varier d'un établissement à l'autre selon l'ancienneté du contrat — un point à faire confirmer par écrit auprès de votre banque si votre situation s'en approche, plutôt que de supposer l'une ou l'autre réponse.
Ce qui, en revanche, peut réellement entraîner une clôture par la banque, c'est le non-respect du versement annuel minimum imposé sur un PEL — de l'ordre de 540 € par an pendant les dix premières années. Un plan sur lequel les versements s'interrompent sans respecter ce minimum peut être clos à l'initiative de l'établissement, indépendamment de tout plafond.
La clôture automatique à 15 ans : ce qui touche, en ce moment, les PEL ouverts en 2011
Depuis une réforme applicable aux PEL ouverts à compter du 1er mars 2011, un PEL a une durée de vie maximale de 15 ans. Une fois ce délai écoulé, la banque a l'obligation de clôturer le plan, qu'il ait ou non atteint son plafond de versements. Un PEL ouvert en mars 2011 atteint ainsi sa limite de durée en mars 2026 — ce qui signifie que des centaines de milliers de plans ouverts au tout début de cette réforme arrivent en clôture forcée cette année même.
La clôture n'est pas neutre pour l'épargnant. Le capital et les intérêts accumulés sont transférés sur un compte d'épargne classique fiscalisé, dont le taux est fixé librement par la banque — sans lien avec le taux garanti qui s'appliquait au PEL, et sans garantie de niveau dans le temps. Concrètement, un épargnant qui ne surveille pas cette échéance peut voir son capital transféré, du jour au lendemain, d'un support au taux garanti connu à un support dont le rendement peut être nettement inférieur, sans action de sa part et parfois sans préavis clairement identifié.
Les PEL ouverts avant le 1er mars 2011 échappent à cette règle : ils peuvent, selon les informations disponibles, être conservés aussi longtemps que le souscripteur le souhaite, sans limite de durée. C'est précisément ce qui rend ces plans anciens particulièrement recherchés lorsqu'ils ont été ouverts à une époque de taux élevés : un PEL ouvert par exemple entre février 1994 et janvier 1997 continue de produire autour de 3,84 % brut, soit environ 2,68 % net d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les plans antérieurs à 2011 — un rendement sans risque qu'aucun produit réglementé actuel n'égale. Si vous détenez un PEL ouvert avant mars 2011, vérifiez sa date d'ouverture exacte avant d'envisager sa clôture : il peut valoir bien plus que ce qu'un simple relevé de taux laisse penser.
Le droit à prêt : l'avantage qu'on oublie, utile seulement dans certaines configurations de taux
Après 3 ans de détention pour un PEL et 18 mois pour un CEL, l'épargne accumulée ouvre un droit à un prêt immobilier à un taux fixé à l'avance, calculé à partir des intérêts acquis. Pour un CEL, ce prêt est plafonné à 23 000 € ; pour un PEL seul ou combiné avec un CEL, le plafond de prêt cumulé atteint 92 000 €. Ce droit peut être cédé, en tout ou partie, à un membre de la famille — enfant, petit-enfant, parent — qui l'utilisera pour son propre achat, ce qui en fait un outil de transmission ponctuel rarement exploité alors qu'il existe déjà dans le contrat.
Ce prêt n'a d'intérêt que lorsque son taux, fixé par le taux du PEL ou du CEL majoré d'une marge réglementaire, reste inférieur aux taux de marché du moment. Avec un taux de prêt PEL à 3,20 % pour les plans ouverts en 2026 et un taux de crédit immobilier moyen autour de 3,3 % à 3,6 % assurance comprise en septembre 2026 selon les données Crédit Logement et Banque de France (voir notre comparatif apport ou crédit maximal pour une résidence principale), l'écart reste faible mais réel — et il peut se creuser fortement pour un PEL plus ancien, ouvert à un taux de prêt plus élevé, ou au contraire disparaître si les taux de marché baissent en dessous du taux du prêt épargne logement.
Faut-il garder, fermer, ou ouvrir un PEL ou un CEL aujourd'hui ?
La réponse dépend presque entièrement de la date d'ouverture. Un PEL ouvert avant 2011, à un taux élevé et sans limite de durée, est un actif rare qu'il n'y a en général aucune raison de fermer tant que le taux garanti reste supérieur à ce qu'offrent les alternatives sans risque du moment — le rendement moyen 2025 d'un fonds en euros s'établit à 2,63 % selon l'ACPR, à comparer avec les 2,68 % nets d'un PEL 1994-1997, par exemple. Un PEL ouvert entre 2011 et 2017, encore exonéré d'impôt sur le revenu pour ses douze premières années, garde également de l'intérêt tant que cette période d'exonération n'est pas écoulée.
Pour un PEL ou un CEL ouvert depuis 2018, en revanche, l'arbitrage est plus défavorable qu'il n'y paraît : le rendement net, une fois le PFU de 30 % appliqué, se situe le plus souvent entre 1 % et 1,6 % selon l'année d'ouverture — un niveau que le Livret A (disponible à tout moment, plafonné à 22 950 €, et totalement exonéré d'impôt et de prélèvements sociaux) égale ou dépasse selon les périodes, sans aucune des contraintes de versement ni de blocage du PEL. La seule raison de privilégier malgré tout un PEL récent à ce stade est un projet immobilier concret dans les prochaines années, pour lequel le droit à prêt a une valeur réelle — pas la recherche d'un simple rendement, sur laquelle un versement régulier vers des supports plus diversifiés fait mieux sur la durée.
| Support | Rendement net indicatif | Disponibilité | Fiscalité |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % (taux réglementé au 1er août 2026) | Immédiate | Totalement exonéré |
| PEL ouvert en 2026 | ≈ 1,40 % net | Bloqué sans perte des avantages avant 4 ans | PFU 30 % dès le premier euro |
| CEL | 1,25 % net (depuis le 1er août 2026) | Retraits partiels possibles à tout moment | PFU 30 % depuis 2018 |
| PEL ouvert avant 2011 | Jusqu'à environ 2,7 % à 3,8 % net selon le millésime | Bloqué sans perte des avantages avant 4 ans | Exonération d'impôt sur le revenu sans limite de durée |
| Fonds en euros (assurance-vie) | 2,63 % net de frais de gestion en moyenne pour 2025 (ACPR), avant PS | Rachat possible à tout moment | Abattement après 8 ans, PS 17,2 % |
Pour situer précisément votre propre PEL ou CEL dans cette grille — date d'ouverture, taux figé, fiscalité applicable et échéance des 15 ans le cas échéant — réalisez votre bilan patrimonial en ligne plutôt que de vous fier à un ordre de grandeur générique.
Le taux affiché aujourd'hui pour un PEL s'applique-t-il à mon ancien plan ?
Non. Le taux d'un PEL est fixé une fois pour toutes à la date d'ouverture et reste identique pour toute la durée de vie du plan, quelles que soient les révisions ultérieures du taux affiché pour les nouvelles ouvertures.
Mon PEL a 15 ans : que va-t-il se passer ?
S'il a été ouvert à compter du 1er mars 2011, la banque doit le clôturer automatiquement à cette échéance. Le capital et les intérêts sont transférés sur un compte d'épargne fiscalisé classique, à un taux fixé librement par la banque — sans garantie de niveau. Les PEL ouverts avant mars 2011 échappent à cette clôture automatique.
Que se passe-t-il si j'atteins le plafond de mon PEL ou de mon CEL ?
Vous ne pouvez plus y déposer de nouveaux versements, mais le plan continue en principe à produire des intérêts sur l'encours existant. Nous n'avons pas trouvé de règle générale faisant du seul franchissement du plafond une cause de clôture automatique ; vérifiez ce point par écrit auprès de votre établissement si votre solde s'en approche.
Vaut-il encore la peine d'ouvrir un PEL en 2026 ?
Pour la seule recherche de rendement, rarement : après le PFU de 30 %, le rendement net (environ 1,40 % pour une ouverture en 2026) reste proche de celui du Livret A, sans sa disponibilité immédiate. L'intérêt principal d'un PEL récent est le droit à prêt à taux fixé à l'avance, utile surtout en cas de projet immobilier concret dans les années à venir.
Puis-je céder mon droit à prêt PEL ou CEL à mon enfant ?
Oui, ce droit peut être cédé en tout ou partie à un membre de la famille — enfant, petit-enfant, parent — qui l'utilisera pour son propre projet immobilier, dans la limite des plafonds de prêt applicables (23 000 € pour un CEL, 92 000 € pour un PEL et un CEL cumulés).
Un PEL ancien à taux élevé vaut-il mieux qu'un fonds en euros ?
Souvent, oui, en rendement net comparé : un PEL ouvert entre 1994 et 1997, par exemple, produit encore autour de 2,68 % net d'impôt et de prélèvements sociaux, contre 2,63 % net de frais de gestion (avant prélèvements sociaux) pour la moyenne 2025 des fonds en euros selon l'ACPR. Vérifiez la date d'ouverture exacte de votre plan avant d'envisager de le clôturer.
Ce qu'il faut retenir
Un PEL rapporte le taux du jour de son ouverture, pas celui affiché aujourd'hui ; depuis 2018, ses intérêts et ceux d'un CEL sont taxés au PFU de 30 % dès le premier euro, contre une exonération de douze ans pour les plans plus anciens ; et depuis mars 2011, un PEL a une durée de vie maximale de 15 ans, au-delà de laquelle il est transformé d'office en livret fiscalisé à un taux non garanti. Avant de fermer, garder ou ouvrir l'un de ces produits, la date d'ouverture exacte — la vôtre ou celle d'un plan familial — compte plus que le taux affiché en façade.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil fiscal personnalisé : les règles applicables dépendent de la date d'ouverture exacte de chaque plan et sont susceptibles d'évoluer à chaque arrêté ministériel ou loi de finances. Les taux, plafonds et échéances cités sont ceux en vigueur ou connus à la date de rédaction (septembre 2026) et doivent être vérifiés au moment de votre lecture, notamment auprès de votre établissement pour les règles propres à votre contrat, qui peuvent varier d'une banque à l'autre sur certains points de pratique (clôture, préavis). Le point relatif à l'absence de clôture automatique au seul franchissement du plafond reflète notre lecture des sources disponibles, faute de texte réglementaire général identifié sur ce point précis. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
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