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L'indicateur de risque 1 à 7 sur votre assurance-vie ou votre PER : ce qu'il mesure vraiment

Par Alexandre Pollet·Mis à jour le 22 septembre 2026·10 min de lecture
L'essentiel

Un chiffre de 1 à 7, affiché en gros sur la première page de chaque document d'informations clés : c'est le SRI, l'indicateur de risque imposé par la réglementation européenne PRIIPs. Beaucoup de clients — et pas mal de conseillers — le lisent comme une note de risque au sens courant : 1 ou 2, c'est sûr, 6 ou 7, c'est dangereux. Le texte réglementaire dit autre chose : le SRI mesure la volatilité de la valeur du support, à un horizon théorique donné, rien de plus. Un fonds obligataire noté 2 peut éroder votre pouvoir d'achat pendant dix ans sans que le chiffre bouge. Une SCPI notée 3 peut suspendre les retraits du jour au lendemain sans que le chiffre bouge non plus. Ce que dit exactement ce chiffre, comment il est calculé, et surtout ce qu'il ne capture jamais : la méthodologie officielle, terme à terme.

Sommaire · 10 sections
  1. 01D'où vient ce chiffre, et pourquoi il est partout depuis 2023
  2. 02Comment ce chiffre est calculé, terme à terme
  3. 03Le malentendu de fond : volatilité mesurée n'est pas risque perçu
  4. 04Un support « prudent » bloqué dix ans peut être le plus risqué de votre allocation
  5. 05À l'inverse : une note élevée peut décourager à tort un horizon long
  6. 06Ce que le SRI ne regarde jamais : la liquidité
  7. 07Le risque de crédit et le cas des produits structurés
  8. 08Ce que le SRI capture, et ce qu'il faut vérifier en plus
  9. 09Comment juger le risque réel de votre épargne, au-delà du chiffre
  10. 10Ce qu'il faut retenir

Prenons un cas illustratif — personnages fictifs, situation composite inspirée de configurations réelles. Karim, la trentaine, verse 100 € par mois sur un plan d'épargne retraite ouvert chez son assureur habituel, en gestion libre, sur deux supports obligataires que son conseiller lui a présentés comme « raisonnables ». Les deux affichent un indicateur de risque de 2 sur 7. Karim ne touchera pas cet argent avant sa retraite, dans plus de vingt-cinq ans. Il se dit qu'un chiffre bas, sur un placement bloqué aussi longtemps, c'est plutôt rassurant — un peu de prudence, ça ne peut pas faire de mal. Le problème n'est pas dans son raisonnement : il est dans ce que le chiffre est censé lui dire, et qu'il ne dit pas.

Ce chiffre de 1 à 7 s'appelle l'indicateur de risque, ou SRI (Summary Risk Indicator). Il figure obligatoirement sur la première page du document d'informations clés (DIC) de chaque support — fonds, SCPI en unité de compte, produit structuré, ETF — depuis la réglementation européenne PRIIPs. Il est construit pour être lu d'un coup d'œil, comparé d'un produit à l'autre, et il remplit plutôt bien cet office. Le problème n'est pas le chiffre lui-même : c'est l'écart entre ce que le mot « risque » évoque pour un épargnant et ce que le texte réglementaire a effectivement choisi de mesurer. Cet article détaille la méthodologie officielle, puis ce qu'elle laisse structurellement de côté — avec, à chaque fois, des cas concrets et datés plutôt que des mises en garde abstraites.

D'où vient ce chiffre, et pourquoi il est partout depuis 2023

L'indicateur de risque découle du règlement européen PRIIPs (Packaged Retail and Insurance-based Investment Products, règlement (UE) n° 1286/2014), complété par ses normes techniques de réglementation, le règlement délégué (UE) 2017/653. Depuis le 1er janvier 2018, tout produit d'investissement packagé ou fondé sur l'assurance vendu à un particulier en Europe doit être accompagné d'un document d'informations clés (DIC) avant la souscription — notre article sur la lecture d'un DIC détaille ce document rubrique par rubrique. Jusqu'à fin 2022, les fonds (OPCVM) échappaient encore à ce régime : ils utilisaient un document distinct, le DICI, avec son propre indicateur, le SRRI (Synthetic Risk and Reward Indicator), calculé selon une méthodologie plus ancienne définie par le régulateur européen des marchés (les lignes directrices CESR/10-673 de 2010).

Le règlement délégué (UE) 2021/2268, applicable depuis le 1er janvier 2023, a mis fin à cette coexistence : les fonds sont entrés dans le régime PRIIPs, le DICI a disparu au profit du DIC, et le SRRI a été remplacé par le SRI actuel, construit sur une méthodologie différente. C'est ce qui explique que le même fonds ait parfois changé de note sans que rien n'ait changé dans son portefeuille — un simple changement de règle de calcul, pas un changement de risque réel. Concrètement, aujourd'hui, que vous regardiez le DIC d'un fonds actions, d'une SCPI en unité de compte, d'un produit structuré ou d'un fonds euros, l'indicateur de 1 à 7 en première page suit désormais la même méthodologie PRIIPs pour tous.

Comment ce chiffre est calculé, terme à terme

Le SRI final résulte de la combinaison de deux mesures distinctes, décrites à l'annexe II du règlement délégué (UE) 2017/653. La première, le risque de marché (Market Risk Measure, MRM), s'appuie sur un calcul de volatilité appelé VEV — Value at Risk Equivalent Volatility, la volatilité qui, techniquement, correspondrait à une Value-at-Risk à 97,5 % de confiance sur la période de détention recommandée du produit. En clair : à quel point la valeur du support peut fluctuer sur l'horizon que le producteur du DIC lui-même a fixé comme référence — pas nécessairement le vôtre.

Classe MRM (risque de marché)Borne de VEV (volatilité)
1moins de 0,5 %
2de 0,5 % à 5,0 %
3de 5,0 % à 12 %
4de 12 % à 20 %
5de 20 % à 30 %
6de 30 % à 80 %
7plus de 80 %

La seconde mesure, le risque de crédit (Credit Risk Measure, CRM), n'intervient que pour les produits qui exposent l'épargnant à la solvabilité d'un émetteur déterminé — typiquement un produit structuré, une obligation, un fonds euros vu sous l'angle de l'assureur qui le porte. Elle se déduit d'une notation externe convertie en échelon de 1 à 6 ; à défaut de notation, le règlement attribue par défaut l'échelon 3 à un établissement de crédit ou un assureur de l'Union européenne, et l'échelon 5 à tout autre débiteur — un point que détaille notre article sur la lecture d'un document d'informations clés, qui reconstitue également le mécanisme complet de combinaison. Ce qui compte ici : la combinaison ne peut que dégrader la note, jamais l'améliorer. Avec un risque de crédit d'échelon 4 ou 5, par exemple, le SRI final ne peut pas descendre sous 5, quelle que soit la faible volatilité du support par ailleurs.

Deux points structurent tout le reste de cet article. D'abord, le calcul porte sur la période de détention recommandée choisie par le producteur du support, pas sur votre horizon réel — un décalage qui peut jouer dans les deux sens, comme on le voit plus loin. Ensuite, et c'est le plus important : la VEV est une mesure de dispersion statistique de la valeur du support, pas une estimation de probabilité de perte définitive, pas une mesure de liquidité, et pas une anticipation de choc futur. Le texte réglementaire ne prétend d'ailleurs rien de plus : c'est la lecture qu'en font ensuite les épargnants, et parfois les intermédiaires, qui déborde largement ce que le chiffre est construit pour dire.

Le malentendu de fond : volatilité mesurée n'est pas risque perçu

Better Finance, la fédération européenne des associations d'épargnants, alerte depuis plusieurs années sur cet écart entre méthodologie et lecture grand public. Son délégué général, Guillaume Prache, a notamment pointé le cas des fonds monétaires placés dans un plan d'épargne retraite collectif : notés 1, donc perçus comme les plus sûrs de l'échelle, alors que détenus sur vingt ou trente ans, leur rendement ne couvre historiquement pas l'inflation — la valeur réelle nette de l'inflation va être nettement plus faible que ce que suggère la note. Le risque que Better Finance pointe là n'est pas celui de perdre du capital nominal du jour au lendemain : c'est celui, plus lent et moins visible, de perdre du pouvoir d'achat pendant que le chiffre affiché reste calmement sur 1.

Ce n'est pas une anomalie du calcul : c'est une conséquence directe et prévisible de ce que la VEV mesure. Un support qui varie peu en valeur nominale — un fonds euros, un fonds monétaire, un fonds obligataire court terme — aura toujours une VEV faible et donc une note basse, quel que soit le rendement qu'il dégage une fois les frais et l'inflation déduits. La note dit « cette valeur ne bouge pas beaucoup ». Elle ne dit jamais « cet argent travaille suffisamment pour vous », ni « ce placement est adapté à votre horizon ». Les deux sections suivantes développent chacune une face de ce même malentendu.

Un support « prudent » bloqué dix ans peut être le plus risqué de votre allocation

Reprenons Karim. Ses deux supports obligataires, notés 2, sont bloqués sur un plan d'épargne retraite pour un horizon réel qui dépasse vingt ans — bien au-delà de la période de détention recommandée sur laquelle leur VEV a été calculée, généralement bien plus courte. Selon la publication Informations rapides n° 215 de l'INSEE du 28 août 2026, les prix à la consommation en France ont augmenté de 2,4 % sur un an en août 2026 (donnée provisoire). Un support obligataire prudent, une fois ses frais de gestion déduits, ne couvre pas toujours ce niveau d'inflation avec une marge confortable sur la durée — l'ordre de grandeur exact dépend de chaque fonds et se vérifie sur son historique publié, détaillé dans notre article sur les fonds obligataires datés. Le SRI de 2 affiché sur le DIC ne capture aucune part de ce risque d'érosion : il mesure que la valeur de part fluctue peu d'un mois sur l'autre, pas que le capital, une fois débloqué dans vingt ans, aura ou non conservé son pouvoir d'achat.

C'est exactement le renversement que la réglementation elle-même ne corrige pas : plus l'horizon réel de détention s'éloigne de la période recommandée utilisée pour le calcul, plus le SRI perd en pertinence pour juger si le support est réellement adapté à votre situation — dans un sens ou dans l'autre selon la classe d'actifs, comme le montre la section suivante. Sur un support obligataire ou monétaire, l'écart joue contre l'épargnant patient : le chiffre reste bas pendant que le risque réel, celui de l'érosion monétaire sur la durée, grossit avec le temps qui passe.

À l'inverse : une note élevée peut décourager à tort un horizon long

Le même décalage joue en sens inverse sur les supports actions, généralement notés 5, 6 ou 7. La VEV y est calculée sur la période de détention recommandée du producteur, souvent cinq ans — un horizon sur lequel la volatilité des marchés actions reste, historiquement, sensible. Au-delà de cette durée, pour un épargnant qui n'a structurellement pas besoin de vendre au mauvais moment, la probabilité de terminer en perte tend à diminuer avec le temps, sans jamais s'annuler complètement : ce n'est pas une garantie, c'est une tendance observée sur les séries longues, à nuancer selon les cycles de marché — notre article sur l'hypothèse de rendement des actions à long terme détaille ces séries et leurs limites. Un investisseur avec une capacité de perte réelle (un horizon suffisamment long, pas de besoin de liquidité prévisible sur ce support précis) peut donc être découragé à tort par une note de 6 qui ne reflète, là encore, que la fluctuation à court et moyen terme — pas le risque ajusté à son horizon effectif.

Ce constat n'efface pas la volatilité réelle des actions : un support noté 6 peut parfaitement perdre 30 ou 40 % de sa valeur sur une année de crise, et rien ne garantit qu'il aura remonté dans cinq ans. La nuance est ailleurs : le SRI ne distingue pas entre « ce support est structurellement risqué » et « ce support fluctue, ce qui n'est un problème que si vous devez le vendre à un mauvais moment ». Faire cette distinction suppose de croiser le chiffre avec votre horizon réel et votre tolérance au risque — deux éléments personnels que ni le SRI ni aucun document réglementaire standardisé ne peuvent connaître à votre place, développés dans notre article sur le profil de risque investisseur et celui sur le choix d'un placement selon l'horizon.

Ce que le SRI ne regarde jamais : la liquidité

La méthodologie PRIIPs ne comporte aucune composante dédiée à la liquidité — la capacité à revendre le support quand vous en avez besoin, au prix affiché, dans un délai raisonnable. Les SCPI l'illustrent bien : selon un décompte portant sur 136 fonds publié par un comparateur spécialisé du secteur, 97,8 % des SCPI suivies affichent un SRI de 3 ou 4 sur 7 — une note de risque modéré, cohérente avec la faible volatilité apparente de leur prix de part, fixé périodiquement par la société de gestion plutôt que coté en continu. Cette absence de cotation continue est précisément ce qui fait chuter artificiellement la VEV mesurée : moins de points de prix observables, moins de fluctuation mesurable, note plus basse — sans que le risque de liquidité sous-jacent en soit changé d'un iota.

Le risque que cette note ne voit pas s'est matérialisé concrètement début 2026 : plusieurs SCPI, dont Perial O2 et Perial Grand Paris selon la presse spécialisée de l'immobilier, ont suspendu la création de nouvelles parts et vu leurs délais de retrait s'allonger, forçant certains porteurs vers un marché secondaire moins favorable — un point que nous n'avons pas vérifié directement auprès des sociétés de gestion concernées et qui mérite d'être recoupé au moment de votre lecture. Rien, dans le SRI affiché sur le DIC de ces fonds avant l'épisode, ne permettait de l'anticiper : la note mesure une volatilité de valorisation, pas une probabilité de blocage à la sortie. Notre article sur le blocage des retraits en SCPI détaille ce mécanisme et les précautions à prendre en amont, indépendamment du chiffre affiché sur le DIC.

Le risque de crédit et le cas des produits structurés

Un produit structuré distribué en assurance-vie est une créance sur la banque qui l'émet, pas une part de fonds — notre article sur le fonctionnement des produits structurés en assurance-vie détaille cette mécanique. Son SRI intègre donc en théorie une composante CRM liée à la qualité de crédit de l'émetteur, en plus de la VEV calculée sur la formule de remboursement. Mais cette VEV elle-même est modélisée à partir des caractéristiques du produit à la date de sa construction — barrières, sous-jacent, présence ou non d'un mécanisme de décrément — pas à partir d'un scénario où le dividende réel du sous-jacent viendrait à être coupé en cours de vie. Notre article sur l'autocall et l'effet mémoire chiffre, données du régulateur à l'appui, à quel point un même produit peut se comporter très différemment de ce que son indicateur initial suggérait une fois qu'un tel choc survient — le cas des produits liés à Stellantis, détaillé dans notre article sur les produits structurés en assurance-vie, en est l'illustration la plus documentée à ce jour.

Le point à retenir n'est pas que le SRI des produits structurés serait « faux » : c'est qu'il reflète, comme pour tout support, un calcul figé à un instant donné, sur une formule et des données disponibles à ce moment-là — jamais un scénario de choc spécifique au sous-jacent qui n'était pas encore survenu. Plus une formule cumule de mécanismes (barrière, décrément, sous-jacent unique), plus l'écart entre la note affichée à la souscription et le comportement réel du produit en cas de choc peut être important, sans que le chiffre de 1 à 7 seul permette de l'anticiper.

Ce que le SRI capture, et ce qu'il faut vérifier en plus

DimensionLe SRI la capture-t-il ?
Fluctuation de la valeur du support sur la période de détention recommandéeOui — c'est sa fonction première (composante MRM)
Risque de solvabilité de l'émetteur, pour un produit avec risque de contrepartiePartiellement, via la composante CRM, uniquement quand elle s'applique
Érosion du pouvoir d'achat par l'inflation sur un support « stable »Non — la VEV mesure une fluctuation de valeur nominale, pas un rendement réel
Risque de liquidité : délais de retrait, marché secondaire, blocageNon — aucune composante dédiée dans la méthodologie PRIIPs
Adéquation à votre horizon réel de détentionNon — le calcul porte sur la période recommandée par le producteur, pas la vôtre
Choc soudain sur le sous-jacent non présent dans les données historiques ou le modèle utiliséNon — la note est un calcul figé à un instant donné, pas une anticipation

Comment juger le risque réel de votre épargne, au-delà du chiffre

Le SRI reste un point de départ utile pour comparer deux supports de même nature entre eux — il est d'ailleurs conçu et calibré pour cet usage précis. Le problème commence quand il devient le seul critère, ou quand on lui fait dire ce qu'il ne mesure pas. Quatre vérifications complètent utilement la lecture du chiffre :

  • —Votre horizon réel, pas la période de détention recommandée affichée sur le DIC : un PER bloqué vingt-cinq ans et un support « recommandé cinq ans » ne se lisent pas de la même façon — voir notre article sur le choix d'un placement selon l'horizon.
  • —Votre tolérance et votre capacité à subir une perte, deux notions distinctes que le SRI ne mesure ni l'une ni l'autre : la tolérance est psychologique, la capacité dépend de vos revenus, de votre épargne de précaution et de votre horizon — détaillées dans notre article sur le profil de risque investisseur.
  • —Les scénarios de performance du DIC, en particulier le scénario de tensions (« stress »), qui donne un ordre de grandeur de perte possible bien plus parlant qu'une note de 1 à 7 seule — voir notre article sur la lecture d'un document d'informations clés.
  • —La liquidité concrète du support : délai de retrait annoncé, existence ou non d'un marché secondaire organisé, conditions de sortie anticipée — des éléments à demander explicitement, car ils ne figurent dans aucune case obligatoire du DIC au même endroit que le SRI.

Ce qu'il faut retenir

  • —Le SRI (indicateur de risque, ex-SRRI pour les fonds avant 2023) mesure la volatilité de la valeur d'un support sur sa période de détention recommandée — pas une probabilité de perte définitive, pas un risque de liquidité, pas un risque d'inflation.
  • —Sa méthodologie officielle combine deux mesures : le risque de marché (VEV, sept classes de 1 à 7 selon des bornes de volatilité précises) et, quand il s'applique, le risque de crédit de l'émetteur (CRM).
  • —Un support « prudent » noté 1 ou 2, détenu vingt ou trente ans, peut éroder votre pouvoir d'achat sans que le chiffre en tienne compte : le risque d'inflation n'entre pas dans le calcul.
  • —Une note élevée sur un support actions peut, à l'inverse, décourager à tort un horizon long où la probabilité de perte tend historiquement à diminuer avec le temps — sans jamais disparaître complètement.
  • —La liquidité n'est jamais mesurée par le SRI : des SCPI notées 3 ou 4, jugées à risque modéré, ont pourtant suspendu des retraits début 2026 sans que leur note en soit changée.
  • —Pour un produit structuré, le SRI reflète un calcul figé à la souscription, pas un scénario où le sous-jacent subirait un choc encore inconnu à cette date.

Pour vérifier si l'allocation actuelle de votre épargne correspond réellement à votre horizon et à votre capacité de perte — au-delà des notes affichées sur vos relevés — réalisez votre bilan patrimonial en ligne.

Le SRI et le SRRI, c'est la même chose ?

Non. Le SRRI était l'indicateur utilisé par les fonds (OPCVM) jusqu'à fin 2022, calculé uniquement à partir de la volatilité historique sur cinq ans. Le SRI, en vigueur depuis le 1er janvier 2023 pour tous les produits sous PRIIPs, dont les fonds, combine une mesure de risque de marché (VEV) et, quand elle s'applique, une mesure de risque de crédit. Les deux utilisent la même échelle de 1 à 7, mais pas la même méthode de calcul — un fonds a pu changer de note sans que rien n'ait changé dans son portefeuille.

Un SRI de 1 ou 2 signifie-t-il que je ne peux pas perdre d'argent ?

Non. Cela signifie que la valeur du support a historiquement peu fluctué sur la période observée, ou que le modèle utilisé pour l'estimer projette peu de fluctuation. Un fonds euros ou monétaire peut afficher une note basse et pourtant, une fois l'inflation et les frais pris en compte, ne pas préserver le pouvoir d'achat du capital sur la durée — un risque que la note ne mesure pas.

Pourquoi une SCPI affiche-t-elle un SRI aussi bas alors qu'elle peut bloquer mes retraits ?

Parce que le prix de part d'une SCPI est fixé périodiquement par la société de gestion plutôt que coté en continu sur un marché : la volatilité mesurée (la VEV) en est mécaniquement plus faible. La méthodologie PRIIPs ne comporte aucune composante dédiée au risque de liquidité, donc le risque de blocage des retraits — bien réel, comme l'ont montré plusieurs suspensions de SCPI début 2026 — n'apparaît nulle part dans le chiffre.

Faut-il ignorer le SRI ?

Non : c'est un point de départ utile pour comparer deux supports de même nature, et il reste une obligation réglementaire construite avec une méthodologie précise, pas un chiffre arbitraire. Le problème n'est pas le chiffre, c'est de s'y fier seul, sans croiser votre horizon réel, votre capacité de perte et la liquidité concrète du support.

Le SRI est-il calculé sur mon horizon de placement à moi ?

Non. Il est calculé sur la période de détention recommandée choisie par le producteur du support et indiquée dans le DIC — qui peut être très différente de votre horizon réel, dans un sens qui peut jouer contre vous (support obligataire détenu bien plus longtemps que sa période de calcul) ou en votre faveur (support actions détenu bien plus longtemps, avec une probabilité de perte qui tend à diminuer avec le temps).

Un produit structuré avec un décrément a-t-il un SRI plus élevé qu'un produit sans décrément ?

Pas nécessairement de façon visible : la note dépend du calcul de volatilité modélisée à la construction du produit, qui peut rester dans la même classe malgré la présence d'un décrément. C'est justement ce qui rend ce mécanisme difficile à évaluer sur la seule lecture du SRI — notre article sur l'autocall et l'effet mémoire détaille comment lire une brochure de produit structuré au-delà du chiffre affiché.

Où puis-je vérifier la méthodologie exacte utilisée pour un support précis ?

Le document d'informations clés (DIC) de chaque support, remis obligatoirement avant souscription, doit préciser la classe de risque et peut, selon les émetteurs, indiquer les éléments de calcul retenus. Le texte réglementaire complet figure dans le règlement délégué (UE) 2017/653, annexe II, et ses modifications ultérieures.

Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'acheter, de conserver ou de céder un support déterminé : le SRI d'un produit précis doit être vérifié sur son document d'informations clés (DIC) à jour au moment de votre lecture, ce chiffre pouvant évoluer. Le cas illustratif de Karim en ouverture d'article est un cas composite et fictif, construit pour illustrer un mécanisme réel, pas le récit d'une personne identifiée. Les bornes de la classe MRM (tableau des sept classes de volatilité) sont citées d'après le texte du règlement délégué (UE) 2017/653, annexe II, consulté via une version consolidée de la réglementation ; elles doivent être vérifiées sur la version en vigueur au moment de votre lecture, ce texte ayant fait l'objet de modifications depuis son adoption. Ce que nous n'avons pas pu vérifier avec une certitude suffisante au moment de la rédaction : le détail complet, cellule par cellule, du tableau de combinaison entre les classes MRM et CRM (point 52 de l'annexe II) au-delà du principe général et de l'exemple cités dans cet article ; la situation précise et à jour des fonds Perial O2 et Perial Grand Paris, mentionnée d'après la presse spécialisée de l'immobilier et non recoupée directement auprès de la société de gestion ; le texte intégral et littéral des publications de Better Finance sur l'indicateur de risque, dont les positions sont ici rapportées d'après des reprises journalistiques et non consultées à la source. Le chiffre d'inflation cité (2,4 % sur un an en août 2026) est une donnée provisoire de l'INSEE (Informations rapides n° 215 du 28 août 2026), à recouper avec la publication définitive. Le Rempart Financier est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, rémunéré notamment par rétrocessions sur les produits qu'il distribue ; cet article ne recommande aucun support déterminé et rappelle que tout investissement comporte un risque de perte en capital, y compris sur des supports affichant un indicateur de risque bas. Sources : règlement (UE) n° 1286/2014 du 26 novembre 2014 (PRIIPs) ; règlement délégué (UE) 2017/653 de la Commission du 8 mars 2017, annexe II ; règlement délégué (UE) 2021/2268 du 6 septembre 2021 ; règlement (UE) 2016/1800 (échelons de qualité de crédit) ; lignes directrices CESR/10-673 (méthodologie SRRI, pour mémoire) ; INSEE, Informations rapides n° 215, 28 août 2026 ; nos articles sur le fonctionnement des produits structurés en assurance-vie, sur l'autocall et l'effet mémoire, sur la lecture d'un document d'informations clés, sur le profil de risque investisseur, sur le choix d'un placement selon l'horizon et sur le blocage des retraits en SCPI.

Alexandre Pollet
Écrit par
Alexandre Pollet
Fondateur, Le Rempart Financier · ORIAS n° 25005915

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.

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Sources : Tarifs et transparence

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