Girardin industriel : l'associé de la SNC peut-il devoir des cotisations à l'Urssaf ?
Selon l'Urssaf, les associés d'une société en nom collectif, gérants ou non, relèvent du régime des travailleurs indépendants, et sa page sur les statuts juridiques cite expressément les SNC constituées pour la défiscalisation outre-mer. Le principe est donc l'affiliation, pas l'exception : ce qui reste inconnu, c'est la fréquence réelle des appels de cotisations, qu'aucune statistique publique ne donne. Quand l'affiliation joue, le barème 2026 affiché par l'Urssaf prévoit des cotisations minimales d'environ 1 255 € par an, même pour un salarié ou un retraité et même si la SNC ne dégage aucun bénéfice. La « garantie sociale » que proposent certains monteurs est une clause contractuelle, sans définition légale : elle vaut ce que valent son texte, son plafond et la solidité de celui qui la porte.
Sommaire · 8 sections
- 01Un associé de SNC dans un Girardin industriel est-il affilié à l'Urssaf ?
- 02Salarié, retraité, fonctionnaire : l'activité principale protège-t-elle de l'affiliation ?
- 03Que paie-t-on quand l'Urssaf affilie un associé de SNC ?
- 04La domiciliation de la SNC outre-mer écarte-t-elle les cotisations ?
- 05Combien cela peut-il coûter, face au gain d'un Girardin ? Un exemple chiffré
- 06Que recouvre la « garantie sociale », et que ne couvre-t-elle pas ?
- 07Questions fréquentes
- 08Ce qu'il faut retenir
Lors d'une présentation commerciale réservée aux conseillers en gestion de patrimoine, la question de l'Urssaf a tenu en une phrase. Le souscripteur est associé de la société qui porte l'investissement ; s'il est salarié ou retraité, il pourrait être affilié, « mais c'est très rare » ; et si cela arrive, le monteur, c'est-à-dire la société qui conçoit et distribue l'opération, prend en charge la contribution réclamée : c'est ce qu'on appelle la « garantie sociale ». La phrase est rassurante. Elle est aussi très courte pour un sujet qui touche au statut social de l'investisseur. La scène est présentée de façon anonymisée et simplifiée.
On entend souvent, y compris de la part de professionnels, que l'affiliation d'un associé de SNC à l'Urssaf serait une curiosité administrative, réglée par une clause commerciale. Les textes et les documents publics disent autre chose sur trois points : le principe de l'affiliation, le montant minimal qui s'y attache, et la nature d'une « garantie sociale » qui n'a de garantie que le nom que lui donne le contrat. Cet article les prend dans cet ordre, avec un foyer fictif pour mesurer l'enjeu. Il ne décrit aucune garantie commerciale précise : ces clauses varient d'un montage à l'autre et ne se jugent que sur pièces, d'où une liste de questions à poser par écrit.
Un associé de SNC dans un Girardin industriel est-il affilié à l'Urssaf ?
La réponse officielle est oui, en principe. Sur sa page consacrée au choix du statut juridique, l'Urssaf écrit que les associés de sociétés en nom collectif à objet commercial, artisanal ou libéral, gérants ou non, relèvent de la législation des travailleurs indépendants (article L611-1 du Code de la sécurité sociale), puis que sont « également assujettis » les associés des SNC constituées pour la défiscalisation d'investissements outre-mer. Elle ajoute que, dans une SNC, tous les associés, gérants ou non, paient leurs cotisations sociales sur leur revenu d'activité professionnelle. Pour un investisseur qui n'a jamais mis les pieds dans l'exploitation, la formule surprend ; elle est pourtant claire, et elle vise exactement le cas du Girardin industriel monté en SNC.
Le raisonnement tient en deux étages. L'article L221-1 du Code de commerce donne à tous les associés en nom collectif la qualité de commerçant et les rend responsables indéfiniment et solidairement des dettes sociales. Et l'article L611-1 du Code de la sécurité sociale place les travailleurs non salariés dans le champ du régime des indépendants. Jusqu'en mai 2020, l'article D611-1 du même code énumérait d'ailleurs expressément les associés des sociétés en nom collectif ; un décret du 22 mai 2020 a retiré cette liste du texte, mais l'Urssaf continue d'afficher la règle sur son site. Le ministère l'avait déjà rappelée dans une réponse du 15 octobre 2019 (question écrite n° 21355), à propos d'un associé nu-propriétaire de parts de SNC : il reste affilié, parce qu'il reste associé. Le même article range aussi, dans son 7°, les personnes dont l'activité de location de biens meubles dépasse 20 % du plafond de la sécurité sociale en recettes (9 612 € en 2026) ; la page de l'Urssaf ne dit pas si elle s'en sert pour les SNC de portage, dont l'objet est de louer du matériel. C'est une question à poser, pas une conclusion à tirer.
La Cour de cassation a tranché très tôt, dans un dossier qui ressemble au nôtre. Dans un arrêt du 11 octobre 2005 (2e chambre civile, n° 04-30437, publié au Bulletin), une associée soutenait que sa SNC avait pour objet de faire bénéficier ses associés de mesures de défiscalisation et qu'en l'absence de participation effective à la gestion, elle ne pouvait être affiliée. Le pourvoi est rejeté : le fonctionnement d'une société en nom collectif implique nécessairement, de la part de ses associés, une activité professionnelle de contrôle et de surveillance de la société ; l'associée relevait donc obligatoirement du régime des non-salariés et devait les cotisations. La décision est ancienne, elle portait sur l'assurance maladie des indépendants de l'époque, et ne précise pas le dispositif fiscal en cause. Mais son raisonnement vise la qualité d'associé, pas la nature du montage.
Le rapport de l'Inspection générale des finances de juillet 2023 sur le régime d'aide fiscale à l'investissement productif en outre-mer (rapport n° 2023-M-047-04) consacre une ligne de son tableau des « schémas de fraude et de contournement » à ce sujet. La mission y relève que les intermédiaires financiers « n'informent jamais » les contribuables, devenus associés de ces SNC, des obligations de cotisations sociales qui en découlent, alors que la qualité d'associé de SNC leur confère celle de commerçant et impose donc, « sous réserve de vérifications complémentaires », de cotiser au régime des indépendants. Elle recommande de saisir la direction de la sécurité sociale et les Urssaf des obligations des associés de SNC et, le cas échéant, de « programmer des opérations de redressement » (annexe III, p. 48).
Reste la question que tout investisseur se pose : combien d'associés sont réellement appelés en cotisations ? Aucune statistique publique ne le dit. Le « très rare » entendu en présentation peut donc décrire fidèlement l'expérience d'un monteur donné, sans rien changer à la règle : l'Urssaf affiche un principe d'affiliation, pas une exception. Deux éléments invitent à ne pas s'en remettre à la seule rareté. Les monteurs déclarent chaque année à l'administration fiscale les noms et adresses des investisseurs de chaque opération (article 242 septies du Code général des impôts), et le rapport de l'IGF recommande précisément de saisir les Urssaf. Le risque principal d'un Girardin reste la reprise fiscale, que nous avons détaillée dans un article dédié ; l'exposition sociale s'y ajoute, elle ne la remplace pas.
Salarié, retraité, fonctionnaire : l'activité principale protège-t-elle de l'affiliation ?
Non. Dans le tableau de ses cotisations minimales, l'Urssaf précise que l'indépendant dont les revenus sont déficitaires ou inférieurs à certains seuils cotise sur une base annuelle minimale « même si vous êtes par ailleurs salarié ou retraité ». L'activité principale du foyer ne dispense donc ni de l'affiliation, ni du minimum. Elle change en revanche l'intérêt de ces cotisations : elles financent des droits propres (retraite de base, indemnités journalières, invalidité-décès, articles L633-1, L621-2 et L632-1 du Code de la sécurité sociale), mais un salarié qui valide déjà ses droits par son emploi, ou un retraité, n'en retire pas nécessairement de couverture supplémentaire.
Pour un retraité, une question de plus se pose. L'article L161-22 du Code de la sécurité sociale encadre le cumul d'une pension et d'une activité, et son III, E, oblige l'assuré qui reprend ou poursuit une activité relevant de l'article L611-1 à en informer sa caisse. Comment les caisses traitent la quote-part de résultat d'un associé passif de SNC au regard de ce cumul n'est pas précisé par ces textes : c'est une question à poser par écrit avant la souscription, pas après le premier courrier.
Enfin, la qualité de commerçant pose un problème de statut pour certaines professions : notre article sur qui peut investir en Girardin industriel passe les statuts en revue et notre article sur les professions réglementées explique pourquoi la forme juridique de la société de portage compte davantage que le nom du produit. Le rapport de l'IGF range d'ailleurs les fonctionnaires dans la même catégorie de contribuables dont le statut peut être incompatible avec cette qualité ; leur situation relève de leur statut particulier, à faire confirmer auprès de leur administration.
Que paie-t-on quand l'Urssaf affilie un associé de SNC ?
La base de calcul est la quote-part de l'associé dans le résultat de la SNC. Fiscalement, la SNC est transparente : l'article 8 du CGI soumet personnellement à l'impôt sur le revenu ses associés pour la part de bénéfices correspondant à leurs droits. Socialement, l'article L136-3 du Code de la sécurité sociale retient, en cas d'exercice en société, les bénéfices en proportion des droits de l'associé, puis applique un abattement de 26 %. Depuis la réforme de l'assiette, mise en œuvre en 2026 lorsque sont connus les revenus de 2025, cette assiette unique sert à la fois aux cotisations et à la CSG-CRDS, au taux de 9,70 % sur les revenus d'activité selon le tableau de l'Urssaf. Le résultat comptable de la SNC dépend du montage (loyers, intérêts du prêt, amortissement, prix de cession du matériel à l'exploitant au terme) et peut être faible, négatif ou, certaines années, positif : le résultat prévisionnel exercice par exercice, y compris celui de la cession, est un document à réclamer.
Quand le résultat est nul, déficitaire ou faible, ce sont les cotisations minimales qui s'appliquent. Le tableau publié par l'Urssaf pour 2026 les fixe comme suit pour un commerçant, avec les mêmes montants en métropole et en outre-mer hors Mayotte.
| Cotisation minimale 2026 | Assiette minimale | Taux | Montant annuel |
|---|---|---|---|
| Indemnités journalières (maladie 2) | 19 224 € (40 % du plafond) | 0,50 % | 96 € |
| Retraite de base | 5 409 € (450 × Smic horaire) | 17,87 % | 967 € |
| Invalidité-décès | 5 527 € (11,5 % du plafond) | 1,30 % | 72 € |
| Formation professionnelle (commerçant) | 48 060 € (1 plafond) | 0,25 % | 120 € |
| Total des minima (somme calculée) | 1 255 € |
Si la quote-part est positive et élevée, les cotisations deviennent proportionnelles au bénéfice (retraite complémentaire, maladie et allocations familiales selon les tranches du barème) et la CSG-CRDS s'y ajoute. Si elle est négative, la perte ne procure pas, pour un associé passif, d'avantage fiscal supplémentaire : l'article 156, I, 1° bis du CGI n'autorise l'imputation des déficits de BIC d'une activité sans participation personnelle, continue et directe que sur des bénéfices de même nature, durant la même année ou les six suivantes. Deux logiques coexistent d'ailleurs sans se neutraliser. La loi fiscale traite l'investisseur de Girardin comme un associé qui ne participe pas à l'exploitation : l'article 199 undecies B distingue lui-même ces contribuables, et c'est pour eux que l'agrément s'impose au-delà de 250 000 € par programme. La sécurité sociale, elle, prête à tout associé de SNC une activité de contrôle et de surveillance.
Un dernier paramètre se joue dans la durée. Les cotisations des indépendants se prescrivent par trois ans à compter du 30 juin de l'année qui suit celle au titre de laquelle elles sont dues (article L244-3) : celles de 2026 peuvent donc être réclamées jusqu'au 30 juin 2030. Or, d'après la description de l'IGF, la SNC de portage est dissoute au terme des cinq années de location, après avoir cédé le matériel à l'exploitant. L'exposition peut ainsi survivre à la société. Et l'article R611-1 oblige la personne immatriculée à faire connaître dans les trente jours les changements de situation qui peuvent entraîner sa radiation : la fin de l'opération est un moment à organiser, pas à laisser passer. Le mécanisme n'est pas propre au Girardin : le loueur en meublé qui franchit le seuil de 23 000 € de recettes bascule lui aussi chez les indépendants, comme le détaille notre article sur le passage du LMNP au LMP.
La domiciliation de la SNC outre-mer écarte-t-elle les cotisations ?
On lit parfois, dans la documentation commerciale de ces montages, que la SNC domiciliée outre-mer exonérerait ses associés de cotisations tant que le résultat reste sous un seuil très bas. Le Code de la sécurité sociale contient bien des exonérations de ce type, mais leur portée est plus étroite que la formule. L'article L756-5 exonère, pour les travailleurs indépendants « exerçant leur activité » en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin, les cotisations d'assurance maladie sous un seuil de revenu et les cotisations d'assurance vieillesse sous un montant fixé par décret. Ce décret, l'article D756-6, retient 13 % du plafond de la sécurité sociale pour la maladie et un revenu d'activité de 390 € ou moins pour la vieillesse (retraite de base et retraite complémentaire).
Trois réserves sont à lever par écrit. D'abord, ces textes visent ceux qui exercent leur activité outre-mer : leur rédaction ne dit pas qu'ils s'appliquent à un associé résidant en métropole parce que sa SNC y est domiciliée. Ensuite, ils ne couvrent que la maladie et la vieillesse : les cotisations d'indemnités journalières, d'invalidité-décès et de formation professionnelle ne sont pas visées. Enfin, ce sont des exonérations de cotisations, pas des dispenses d'affiliation : l'associé reste affilié, avec les obligations déclaratives qui l'accompagnent. Le rapport de l'IGF relève au passage que les SNC de portage sont souvent immatriculées en Martinique, y compris lorsque l'équipement est exploité dans un autre département d'outre-mer : environ 2 820 SNC y ont été créées par an en moyenne de 2020 à 2022, contre 424 en Guadeloupe et 196 à La Réunion.
Combien cela peut-il coûter, face au gain d'un Girardin ? Un exemple chiffré
Hypothèses fournies à titre illustratif, qui ne constituent ni une garantie ni une recommandation. Foyer fictif : un salarié verse 10 000 € dans une SNC de portage et obtient, une fois la réduction d'impôt imputée, un gain net de 1 200 €, hypothèse prudente située dans la fourchette basse décrite dans notre article de référence sur le fonctionnement du Girardin industriel. La quote-part de résultat de la SNC est supposée nulle ou déficitaire, ce qui ramène aux cotisations minimales du tableau ci-dessus ; on suppose en outre que l'affiliation produit effet chaque année, sans exonération de début d'activité. Deux lectures sont comparées : les minima au barème complet (1 255 € par an), et les minima après l'exonération « vieillesse » de l'article D756-6 si elle s'appliquait, ce qui laisserait 96 + 72 + 120 = 288 € par an, lecture littérale à faire confirmer.
| Années d'affiliation effective | Cotisations au barème complet | Solde avec 1 200 € de gain net | Cotisations si l'exonération vieillesse s'applique | Solde avec 1 200 € de gain net |
|---|---|---|---|---|
| 1 an | 1 255 € | − 55 € | 288 € | + 912 € |
| 2 ans | 2 510 € | − 1 310 € | 576 € | + 624 € |
| 5 ans | 6 275 € | − 5 075 € | 1 440 € | − 240 € |
L'exemple ne montre pas qu'un Girardin ne rapporte jamais rien. Il montre que, si l'affiliation est effective et les minima dus, la question de savoir qui paie suffit à décider du résultat de l'opération : dans ce foyer fictif, une seule année de cotisations minimales complètes dépasse déjà le gain net supposé. Il ne valorise pas non plus les droits que ces cotisations ouvrent, ni les dispositifs de début d'activité éventuellement applicables. C'est précisément ce qui rend la lecture du texte de la garantie plus importante que la phrase qui la résume.
Que recouvre la « garantie sociale », et que ne couvre-t-elle pas ?
Ni le Code général des impôts, ni le Code de la sécurité sociale, ni le Code de commerce ne contiennent l'expression « garantie sociale » : ce n'est ni une prestation de la sécurité sociale, ni une garantie légale, ni un label. C'est une clause du contrat ou de la note d'information du monteur, par laquelle celui-ci promet, dans les termes qu'il choisit, de prendre en charge tout ou partie des cotisations réclamées à l'associé. Le raisonnement est celui que nous avons détaillé pour les garanties de bonne fin fiscale : l'Urssaf n'en tient aucun compte, elle s'adresse à l'associé, qui est le débiteur personnel des cotisations, et, sauf stipulation contraire, c'est à lui de se retourner ensuite vers le garant.
Il ne faut pas non plus supposer qu'une garantie fiscale couvre le volet social. Les offres décrites dans notre comparatif des garanties de bonne fin fiscale visent la reprise de l'avantage fiscal et, selon les cas, les sommes appelées par un créancier de la société de portage. Une cotisation due personnellement par l'associé n'est ni l'une ni l'autre. Seul le texte du contrat dit si un volet social existe, et les conditions générales de ces garanties ne sont généralement pas publiées. Voici les questions à poser par écrit avant de souscrire.
- 1.Qui est le garant : le monteur lui-même, ou un assureur nommément désigné ? La promesse d'une entreprise disparaît avec elle ; une assurance identifiée, avec un numéro de police, lui survit dans la limite de ses plafonds.
- 2.Quels postes sont pris en charge : les seules cotisations minimales, ou aussi les cotisations proportionnelles si la quote-part de résultat devient positive, la CSG-CRDS, la contribution à la formation professionnelle, les majorations de retard ?
- 3.Quel plafond, par associé, par année et au total ?
- 4.Jusqu'à quand : la garantie s'éteint-elle à la dissolution de la SNC, alors que les cotisations d'une année peuvent être réclamées jusqu'au 30 juin de la quatrième année qui suit ?
- 5.Qui avance l'argent : l'associé paie-t-il l'Urssaf puis demande un remboursement, ou le garant règle-t-il directement ? Dans quel délai ?
- 6.Quelles démarches incombent à l'associé : déclaration de ses revenus d'indépendant, transmission des appels de cotisations au garant, sous quel délai et sous peine de quelle déchéance ?
- 7.Qui effectue la radiation à la fin de l'opération dans les trente jours prévus par l'article R611-1 : le monteur ou l'associé ?
- 8.La garantie vaut-elle quelle que soit la situation de l'associé (salarié, retraité, sans emploi) et lorsqu'il détient des parts dans plusieurs SNC la même année ?
- 9.Quel est le résultat prévisionnel de la SNC, exercice par exercice, y compris celui de la cession du matériel, et à quel moment une quote-part positive peut-elle apparaître ?
- 10.Les conditions générales de la garantie sont-elles remises par écrit avant la souscription, et non seulement résumées à l'oral ?
Même une garantie bien rédigée ne règle pas tout. Elle ne change ni l'affiliation, ni la qualité de commerçant et la responsabilité indéfinie et solidaire de l'article L221-1, qui ne dépendent d'aucune clause, ni la compatibilité du statut de l'associé avec ces règles. Elle ne couvre pas non plus la reprise de la réduction d'impôt. Quant aux prélèvements sociaux sur les autres revenus du foyer, la réduction Girardin ne les diminue pas : elle s'impute sur l'impôt sur le revenu, alors que la CSG et les contributions voisines sont assises sur le revenu net retenu pour l'impôt (article L136-6, I du Code de la sécurité sociale). Ce sont deux terrains distincts.
Questions fréquentes
Un salarié ou un retraité peut-il vraiment être affilié à l'Urssaf à cause d'un Girardin ?
Oui, en principe. L'Urssaf indique que les associés de SNC, gérants ou non, relèvent des travailleurs indépendants, y compris pour la défiscalisation outre-mer, et que les revenus déficitaires ou faibles donnent lieu à des cotisations minimales même si l'on est par ailleurs salarié ou retraité. La fréquence réelle des appels de cotisations n'est pas publiée.
Si la SNC ne gagne rien ou perd de l'argent, y a-t-il quand même des cotisations ?
Oui : selon l'Urssaf, un revenu déficitaire ou inférieur à certains seuils conduit à cotiser sur une base annuelle minimale. Le barème 2026 affiche 96 €, 967 €, 72 € et 120 € pour un commerçant, soit 1 255 € par an, sous réserve des exonérations particulières.
La domiciliation de la SNC outre-mer m'exonère-t-elle ?
Pas de façon générale. Les articles L756-5 et D756-6 exonèrent, pour les indépendants qui exercent leur activité outre-mer, les cotisations de maladie sous 13 % du plafond de la sécurité sociale et les cotisations de retraite à partir d'un revenu d'activité de 390 € ou moins. Ils ne visent ni les indemnités journalières, ni l'invalidité-décès, ni la formation professionnelle, et leur application à un associé résidant en métropole se fait confirmer par écrit.
Combien de temps l'Urssaf peut-elle réclamer des cotisations ?
Trois ans à compter du 30 juin de l'année qui suit celle au titre de laquelle elles sont dues (article L244-3 du Code de la sécurité sociale). Les cotisations de 2026 peuvent ainsi être réclamées jusqu'au 30 juin 2030, c'est-à-dire après la dissolution probable de la SNC.
Un Girardin monté en société soumise à l'impôt sur les sociétés pose-t-il le même problème ?
Le rattachement décrit par l'Urssaf tient à la qualité d'associé en nom collectif. Il ne se transpose pas mécaniquement à une société soumise à l'impôt sur les sociétés, dont l'analyse sociale est différente : la forme de la société de portage se vérifie avant de signer.
La garantie de bonne fin fiscale couvre-t-elle aussi les cotisations sociales ?
Rien ne le suppose. Les garanties décrites dans notre comparatif visent la reprise de l'avantage fiscal et, selon les offres, les sommes appelées par un créancier de la société de portage. Une cotisation personnelle de l'associé relève d'un volet distinct du contrat, s'il existe, qui se demande par écrit.
Que se passe-t-il à la fin de l'opération ?
La SNC est dissoute au terme de la location. L'article R611-1 oblige la personne immatriculée à faire connaître dans les trente jours les changements de situation qui peuvent entraîner sa radiation : mieux vaut savoir à l'avance qui accomplit cette démarche, le monteur ou l'associé.
Ce qu'il faut retenir
Selon l'Urssaf, un associé de SNC dans un Girardin industriel est un travailleur indépendant, y compris lorsqu'il est par ailleurs salarié ou retraité : le « très rare » entendu en présentation décrit au mieux la fréquence des appels, pas la règle. Ce qui rassure vraiment, c'est un écrit : une garantie sociale lisible, plafonnée, datée et adossée à un garant identifié. L'erreur, elle, coûte chaque année : dans notre foyer fictif, une seule année de cotisations minimales complètes (1 255 €) dépasse déjà le gain net supposé (1 200 €), et l'exposition peut survivre à la SNC elle-même.
Pour poursuivre, notre avis sur le Girardin industriel situe l'opération dans une stratégie d'ensemble, et l'article sur les reprises fiscales rappelle le risque principal. Chez Le Rempart Financier, nous lisons ces contrats avec une grille simple : qui est le garant, que couvre-t-il, jusqu'à quand. Pour situer une opération de ce type dans l'ensemble de votre fiscalité et de votre protection sociale, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent ni un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil juridique, fiscal ou social personnalisé : l'affiliation d'un associé de SNC, le calcul des cotisations et la portée des exonérations applicables outre-mer dépendent de la situation de chacun et de la pratique des organismes, et doivent être confirmés par écrit auprès de l'Urssaf et d'un expert-comptable ou d'un avocat avant toute souscription. Les montants de cotisations minimales sont ceux affichés par l'Urssaf pour 2026 et évoluent chaque année. L'exemple chiffré repose sur un foyer fictif et des hypothèses illustratives, sans valeur de promesse ni de recommandation. Les clauses dites de « garantie sociale » sont des stipulations commerciales variables d'un montage à l'autre : l'article ne décrit aucune offre précise et ne recommande aucun montage ni aucun fournisseur. Le Girardin industriel comporte un risque de perte totale et définitive du capital investi et un risque de reprise de l'avantage fiscal. Sources : Code de la sécurité sociale, articles L136-3, L136-6, L161-22, L244-3, L611-1, L621-2, L632-1, L633-1, L756-5, D611-1 (version en vigueur du 1er janvier 2018 au 25 mai 2020), D756-6 et R611-1 ; décret n° 2020-621 du 22 mai 2020 ; Code de commerce, article L221-1 ; Code général des impôts, articles 8, 156 (I, 1° bis), 199 undecies B et 242 septies ; Cour de cassation, 2e chambre civile, 11 octobre 2005, n° 04-30437 (Bulletin 2005 II n° 245) ; réponse ministérielle du 15 octobre 2019 à la question écrite n° 21355 (Assemblée nationale) ; Inspection générale des finances, rapport n° 2023-M-047-04 de juillet 2023 (rapport, annexes I et III) ; Urssaf, pages « Choisir votre statut juridique », « Taux de cotisations : artisan, commerçant et profession libérale non réglementée » (mise à jour du 27 février 2026) et « Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations sociales » (mise à jour du 7 mai 2026), consultées en octobre 2026. Le Rempart Financier est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine, rémunéré notamment par rétrocessions sur les opérations qu'il accompagne. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Un ou deux points de frais de gestion par an, ça a l'air de rien. Sur 20 ans, avec 100 000 € placés, l'écart se compte en dizaines de milliers d'euros.
Sources : Simulateur de frais de placements · Tarifs et transparence