Garantie plancher en assurance-vie : comment son coût est calculé, et faut-il la garder
« Garantie plancher », « garantie décès », « option plancher » : le nom change d'un contrat à l'autre, mais la question qu'elle pose reste la même — que touchent vos bénéficiaires si vous décédez pendant que votre assurance-vie est en moins-value ? Cette option, proposée sur la quasi-totalité des contrats multisupport français, a un coût réel, prélevé chaque semaine ou chaque mois, qui va dans les grilles tarifaires que nous avons consultées de 0,05 % à plus de 8 % par an selon l'assureur et selon votre âge. C'est rarement le poste de frais qu'on vous détaille au moment de cocher la case — et pourtant il est écrit noir sur blanc, âge par âge, dans les conditions générales de chaque contrat.
Sommaire · 9 sections
- 01Ce que couvre réellement la garantie plancher
- 02Le « capital sous risque », la notion qui détermine le prix
- 03Ce que facturent réellement cinq assureurs, chiffres à l'appui
- 04Le paradoxe du capital sous risque : le coût grimpe quand la garantie compterait le plus
- 05Les variantes qui changent la définition du capital garanti
- 06Ce que dit le droit — et ce qu'il ne dit pas
- 07La fiscalité au décès : un supplément qui suit presque le régime classique
- 08Faut-il la garder ? Le raisonnement, pas une réponse toute faite
- 09Ce qu'il faut retenir
Cet article détaille comment ce coût est calculé, ce que facturent réellement cinq assureurs français nommés — chiffres lus directement dans leurs conditions générales — ce que dit et ne dit pas le droit sur cette garantie, comment le supplément versé est fiscalisé au décès, et comment raisonner la décision de la garder ou de la retirer plutôt que de la laisser courir par défaut pendant vingt ans.
Ce que couvre réellement la garantie plancher
Sans cette option, le capital transmis à vos bénéficiaires en cas de décès est la valeur de rachat du contrat au jour du décès — c'est-à-dire sa valeur de marché, qui peut être inférieure au total de ce que vous avez versé si les unités de compte ont baissé. La garantie plancher fixe un plancher minimal : si la valeur de rachat est inférieure à ce plancher au moment du décès, l'assureur verse la différence en complément, de sorte que vos bénéficiaires touchent au moins le capital garanti — le plus souvent les versements nets de frais, parfois revalorisés selon la variante choisie (voir plus bas). Elle ne joue que dans un seul scénario : décéder pendant une période où le contrat est en moins-value. Elle n'a aucun effet sur un rachat de votre vivant, aucun effet si le contrat est en gain au moment du décès, et elle doit être choisie explicitement à la souscription (ou parfois ajoutée ensuite) — ce n'est pas une caractéristique automatique du contrat multisupport.
Le « capital sous risque », la notion qui détermine le prix
La quasi-totalité des assureurs tarifient cette garantie en pourcentage annuel du « capital sous risque » — la différence, quand elle est positive, entre le capital garanti et la valeur de rachat actuelle du contrat. Un exemple lu directement dans la notice d'un contrat réel l'illustre bien : pour un assuré de 44 ans ayant versé 400 000 € nets sur un contrat dont l'épargne vaut aujourd'hui 350 000 €, le capital sous risque est de 50 000 € (400 000 − 350 000). Au tarif de cet assureur pour cet âge (0,384 % par an, soit 0,0320 % par mois), la prime mensuelle prélevée s'élève à 16 €. Dès que la valeur de rachat dépasse le capital garanti — le contrat repasse en gain —, le capital sous risque retombe à zéro et, chez la plupart des assureurs tarifiant sur cette base, plus aucun prélèvement n'intervient ce mois-là.
Ce que facturent réellement cinq assureurs, chiffres à l'appui
Nous avons recherché et lu directement les conditions générales ou notices d'information de plusieurs contrats multisupport commercialisés en France pour en extraire les grilles tarifaires réelles de leur garantie plancher. Le tableau qui suit rapporte ce que nous y avons trouvé, avec la méthode de calcul, des points d'âge comparables et les plafonds applicables.
| Assureur (contrat) | Méthode de tarification | ~40 ans | ~60 ans | ~70 ans | Plafond du capital sous risque | Âge limite |
|---|---|---|---|---|---|---|
| AXA France Vie (LUCYA by AXA) | % du capital sous risque, mensuel | 0,248 %/an | 1,357 %/an | 3,487 %/an | 1 800 000 € | Souscription < 75 ans, cesse à 80 ans |
| Spirica (LINXEA Spirit 2) | % du capital sous risque, calculé chaque semaine | 0,28 %/an | 1,40 %/an | 2,85 %/an (max 4,08 % à 74 ans) | 300 000 € | Souscription 12-75 ans, cesse à 75 ans |
| Suravenir (Puissance Avenir) | % du capital sous risque, mensuel | ≈ 0,60 %/an (45 ans) | ≈ 2,58 %/an (65 ans) | ≈ 6,18 %/an (max, 75 ans) | 100 000 € | Souscription 18-70 ans ; document daté 2016, à revérifier |
| APICIL (Liberalys Vie) | % du capital sous risque, par tranche d'âge, mensuel | 0,33 %/an (40-44 ans) | 1,78 %/an (60-64 ans) | 3,81 %/an (max, 70-74 ans) | 300 000 € | Souscription 18-70 ans, cesse à 75 ans |
| AFER (contrat collectif, Abeille Vie) | Taux fixe, % de l'épargne totale en UC — pas du capital sous risque | 0,055 %/an | 0,055 %/an | 0,055 %/an | Non applicable (assiette = épargne totale) | Souscription < 75 ans, cesse à 75 ans |
Le contraste entre les quatre premières lignes et la ligne AFER n'est pas une anomalie : c'est une différence de méthode. Les quatre premiers assureurs tarifient sur le capital sous risque — un coût qui n'existe que si, et dans la mesure où, le contrat est en moins-value ce mois-là, et qui grimpe fortement avec l'âge parce que la probabilité de décès dans l'année augmente. AFER applique un taux fixe et beaucoup plus bas sur l'épargne totale investie en unités de compte, indépendamment de l'âge et du fait que le contrat soit en gain ou en perte — vous payez cette ligne en continu, même quand le contrat n'a statistiquement aucune chance de déclencher la garantie. Aucune des deux méthodes n'est universellement « la moins chère » : cela dépend de votre âge, de la part de votre capital réellement exposée, et de l'horizon sur lequel vous raisonnez. Nous n'avons pas trouvé de grille tarifaire publique précise pour Generali, BNP Paribas Cardif, Allianz, Predica (Crédit Agricole) ou Sogecap (Société Générale) — ces derniers indiquent seulement que le coût est « inclus dans les frais de gestion » du contrat, sans détailler ni le taux ni la méthode de calcul dans les documents que nous avons pu consulter.
Le paradoxe du capital sous risque : le coût grimpe quand la garantie compterait le plus
Deux effets se cumulent dans les grilles ci-dessus, et il vaut la peine de les distinguer. Le premier est l'effet d'âge : chez les quatre assureurs tarifiant au capital sous risque, le taux appliqué est multiplié par dix à vingt-cinq entre le bas et le haut de la grille (par exemple, chez AXA, de 0,136 % avant 33 ans à 8,627 % à 79 ans) — une hausse qui reflète l'augmentation réelle de la probabilité de décès dans l'année, mesurée par les tables de mortalité réglementaires. Le second est l'effet de moins-value : plus le contrat est profondément en perte au moment du prélèvement, plus le capital sous risque en euros est élevé, et plus la prime — un pourcentage de ce capital sous risque — l'est également en valeur absolue. Combinés, ces deux effets signifient qu'un souscripteur âgé, sur un contrat traversant une mauvaise passe de marché, paie en euros nettement plus qu'un souscripteur jeune dans la même situation de perte relative — précisément la configuration où la garantie, si elle se déclenchait, aurait le plus d'utilité pour ses héritiers. Ce n'est pas un défaut de conception : c'est le reflet d'un risque actuariel réel. Mais cela change la nature de la question « faut-il la garder » à mesure que vous avancez en âge — ce n'est pas la même décision à 45 ans qu'à 68 ans.
Les variantes qui changent la définition du capital garanti
Le marché français distingue plusieurs formes de garantie plancher, qui ne définissent pas toutes le capital garanti de la même façon — une distinction que nous avons trouvée détaillée dans un mémoire d'actuariat réalisé au sein d'un assureur (Fédération Continentale, filiale du groupe Generali France), et qui n'apparaît pas, à notre connaissance, dans un texte réglementaire dédié : c'est une classification technique du secteur, pas une nomenclature légale.
- —Garantie plancher simple : le capital garanti est égal aux versements nets de frais — la définition la plus courante et la moins coûteuse, puisque le capital garanti ne progresse jamais.
- —Garantie majorée : un capital décès fixe, choisi à la souscription, supérieur aux versements — l'écart avec la valeur de rachat, donc le capital sous risque, est structurellement plus élevé.
- —Garantie de capital supplémentaire : un montant fixe et constant s'ajoute au capital garanti, indépendamment du montant versé.
- —Garantie indexée : les versements nets sont revalorisés chaque année à un taux fixé au contrat, ce qui fait progresser le capital garanti dans le temps même sans versement complémentaire.
- —Garantie cliquet : le capital garanti est la plus haute valeur jamais atteinte par le contrat au cours de sa vie — la variante qui maintient le capital sous risque le plus élevé et le plus persistant dans le temps, donc structurellement la plus coûteuse des cinq précédentes.
- —Garantie de bonne fin : spécifique aux contrats à versements programmés, elle garantit aux bénéficiaires le cumul des versements programmés restant à effectuer jusqu'au terme prévu, comme si les versements futurs avaient eu lieu.
Nous n'avons pas trouvé de document affichant, pour un même assureur et un même âge, les tarifs de ces différentes variantes côte à côte — seules des affirmations qualitatives (« la garantie cliquet coûte plus cher ») circulent, cohérentes avec l'explication structurelle ci-dessus mais non chiffrées par une source que nous avons pu vérifier. Le point à retenir est qualitatif et non chiffré : une garantie indexée ou cliquet coûte, à situation égale, plus cher qu'une garantie simple, parce qu'elle maintient un capital garanti — et donc un capital sous risque potentiel — plus élevé dans la durée.
Ce que dit le droit — et ce qu'il ne dit pas
Il n'existe, à notre connaissance, aucune disposition du Code des assurances qui nomme ou définisse la « garantie plancher » comme catégorie juridique autonome — une recherche en texte intégral sur Légifrance n'en a trouvé aucune occurrence. Elle relève de la liberté contractuelle générale qui gouverne l'assurance-vie multisupport (articles L132-1 et suivants du Code des assurances) : chaque assureur la définit, la tarife et la plafonne comme il l'entend dans ses conditions générales, sans texte-cadre imposant une méthode de calcul ou un taux maximal.
Sur le devoir de conseil, une précision s'impose : l'article L132-27-1 du Code des assurances, souvent cité comme fondement de cette obligation, est abrogé depuis le 1er octobre 2018 (ordonnance n° 2018-361 du 16 mai 2018, transposant la directive sur la distribution d'assurances). Le texte aujourd'hui en vigueur est l'article L522-5 du Code des assurances, modifié en dernier lieu par la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023, qui impose de préciser par écrit les exigences et besoins du souscripteur, de fournir une information « compréhensible, exacte et non trompeuse », de motiver l'adéquation du contrat conseillé, avec des obligations de suivi après la souscription. Aucune de ces obligations ne cible nommément la garantie plancher.
La recommandation de l'ACPR la plus récente sur le devoir de conseil en assurance-vie — la recommandation 2024-R-03 du 21 novembre 2024, qui remplace la recommandation 2013-R-01 à compter du 31 décembre 2025 — ne mentionne, après vérification en texte intégral du document officiel, jamais l'expression « garantie plancher ». Elle impose seulement, de façon générique, d'« expliquer de manière claire et équilibrée le produit d'assurance [...] ainsi que les éventuelles garanties d'assurance » (point 2.1.8.2) et d'« attirer l'attention [...] sur l'ensemble des frais relatifs au contrat [...] et leur incidence sur la performance » (point 2.1.8.4). Pour les contrats assimilables à une assurance temporaire décès — catégorie à laquelle la garantie plancher s'apparente fonctionnellement —, elle demande seulement d'attirer l'attention sur l'importance de la clause bénéficiaire (point 2.1.7.4), pas sur le coût de la garantie elle-même.
Le règlement délégué (UE) 2017/653 sur le document d'information clé (DIC, « PRIIPs »), dans sa version révisée applicable depuis le 1er janvier 2023, prévoit que le DIC des contrats d'assurance-vie fasse apparaître une « prime de risque biométrique » — qui inclut le coût d'une garantie décès comme la garantie plancher — comme ligne distincte dans la section des scénarios de performance, exprimée en euros. En revanche, dans le tableau de composition des coûts du même document, il n'existe pas de ligne dédiée à ce coût biométrique : il est absorbé dans la ligne générique « frais de gestion et autres frais administratifs et d'exploitation ». Autrement dit, le coût de votre garantie plancher est en principe visible quelque part dans le DIC de votre contrat, mais pas isolé comme poste identifiable dans le tableau des frais — il faut le chercher dans la bonne section, ou le demander directement. Ce point s'appuie sur une copie de travail des annexes réglementaires diffusée par une fédération professionnelle plutôt que sur une lecture directe du texte consolidé sur EUR-Lex ; nous recommandons de le vérifier auprès du DIC de votre propre contrat avant toute décision.
La fiscalité au décès : un supplément qui suit presque le régime classique
Aucun texte du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP) que nous avons consulté n'emploie littéralement l'expression « garantie plancher » : le supplément versé au titre de cette garantie ne fait pas l'objet d'une règle fiscale dédiée, et reste couvert par le cadre général de taxation du capital-décès en assurance-vie — article 990 I du CGI pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, article 757 B pour celles versées après. Ce qui suit est une application de ce cadre général au cas de la garantie plancher ; le BOFiP ne le formule pas dans ces termes exacts, et une vérification par un professionnel reste recommandée avant toute décision.
Pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I), le BOFiP décompose l'assiette taxable des « contrats mixtes [...] dans lesquels le capital en cas de décès est différent de celui en cas de vie » — exactement la situation d'un contrat avec garantie plancher — en deux fractions. La première, dite « fraction rachetable », correspond à la valeur de rachat du contrat au jour du décès : elle est taxée pour sa valeur pleine, après l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. La seconde, dite « fraction non rachetable », correspond au supplément de garantie plancher lui-même (le capital-décès dû, diminué de la valeur de rachat) — mais elle n'est pas taxée à sa valeur nominale : le BOFiP prévoit qu'elle soit multipliée par le taux de mortalité correspondant à l'âge de l'assuré au décès, tiré de la table réglementaire de l'article A. 132-18 du Code des assurances, avant d'entrer dans l'assiette taxable. Concrètement, le supplément versé grâce à la garantie plancher est fiscalement traité plus favorablement que la valeur de rachat elle-même, dans des proportions qui dépendent de l'âge au décès. Le BOFiP précise par ailleurs, de façon générale, que l'assiette du prélèvement de l'article 990 I ne peut jamais excéder le capital réellement versé.
Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B), le mécanisme est différent : l'assiette taxable repose sur le montant des primes versées après le 70e anniversaire, à l'exclusion expresse des « produits attachés au contrat » — intérêts, plus-values, participations aux bénéfices —, qui restent hors du champ de la taxation, comme le détaille notre article sur l'assurance-vie après 70 ans. Le BOFiP ne prévoit ici aucune décomposition équivalente à celle de l'article 990 I. Un supplément de garantie plancher s'apparentant davantage à un produit attaché au contrat qu'à une prime versée, il échapperait en principe à l'assiette de l'article 757 B — mais ce point précis n'est énoncé nulle part littéralement dans les textes consultés ; c'est une déduction logique du cadre général, pas une position administrative publiée sur ce cas précis.
Nous n'avons trouvé aucune jurisprudence ni aucune doctrine administrative publiée traitant d'un cas où l'ampleur d'une garantie plancher (un capital garanti très supérieur à la valeur de rachat réelle) aurait entraîné une requalification du contrat en un autre régime fiscal.
Faut-il la garder ? Le raisonnement, pas une réponse toute faite
Aucune statistique officielle publiée par l'ACPR, l'AMF, France Assureurs ou le Comité consultatif du secteur financier ne renseigne la part des contrats multisupport souscrits avec une garantie plancher, ni la fréquence réelle à laquelle un contrat se trouve en moins-value au moment du décès de son souscripteur — les deux rapports annuels de l'Observatoire des produits d'épargne financière (2025 et 2026), pourtant consacrés spécifiquement à la performance et aux frais de l'assurance-vie, ne traitent pas ce sujet. La décision ne peut donc pas s'appuyer sur une probabilité moyenne de marché : elle dépend de la trajectoire de votre propre contrat.
Deux éléments concrets structurent le raisonnement. D'abord, votre capital sous risque actuel : plus un contrat a capitalisé longtemps — surtout s'il est investi pour tout ou partie en fonds euros, dont le rendement net moyen s'est établi à 2,6 % en 2025 selon l'Observatoire des produits d'épargne financière (rapport 2026, données Banque de France/CCSF), contre 1,93 % en moyenne annualisée sur les dix dernières années —, plus il est statistiquement probable que sa valeur de rachat dépasse déjà le capital garanti, rendant le capital sous risque proche de zéro et le coût de la garantie, de fait, proche de zéro également. À l'inverse, un contrat récent, ou fortement exposé en unités de compte après une année de baisse — les unités de compte immobilières ont par exemple affiché -2,93 % en 2025, seule catégorie négative de l'année selon ce même rapport —, présente un capital sous risque réel, et donc un coût réel.
Ensuite, l'objectif poursuivi. Une garantie plancher a le plus de sens pour un souscripteur dont l'objectif dominant est la transmission d'un capital minimal garanti à des bénéficiaires qui en dépendent, en particulier si le contrat est encore jeune ou fortement exposé aux marchés au moment de la souscription. Elle a nettement moins de sens pour un souscripteur dont l'objectif principal est la croissance du capital sur un horizon long, avec un contrat déjà ancien et capitalisé — puisqu'il paie, à un tarif qui grimpe avec son âge, un risque qui s'est déjà largement résorbé de lui-même par l'effet de la capitalisation. Entre les deux, il n'y a pas de règle générale : c'est un arbitrage individuel entre le coût affiché dans votre grille tarifaire à votre âge actuel, votre capital sous risque réel aujourd'hui, et ce que représenterait pour vos bénéficiaires la différence entre valeur de rachat et capital garanti si le pire scénario se réalisait.
En pratique, trois vérifications suffisent pour objectiver la décision : relire dans vos conditions générales la méthode de calcul exacte (pourcentage du capital sous risque, comme la plupart des assureurs documentés ici, ou taux fixe sur l'épargne totale comme AFER) et le taux applicable à votre âge ; calculer votre capital sous risque actuel (versements nets moins valeur de rachat actuelle, ou l'inverse si vous êtes en gain) ; et refaire ce calcul à chaque anniversaire du contrat plutôt que de laisser l'option courir par défaut pendant des décennies sans la revisiter.
La garantie plancher coûte-t-elle quelque chose si mon contrat est en gain ?
Chez les assureurs qui tarifient la garantie en pourcentage du capital sous risque (AXA, Spirica, Suravenir, APICIL dans les documents que nous avons consultés), ce capital sous risque tombe à zéro dès que la valeur de rachat dépasse le capital garanti — en principe, aucun prélèvement n'intervient ce mois-là. Ce n'est pas universel : un assureur qui tarife sur l'épargne totale plutôt que sur le capital sous risque, comme AFER, prélève le même taux fixe que le contrat soit en gain ou en perte. Vérifiez la méthode exacte dans les conditions générales de votre propre contrat.
Puis-je souscrire une garantie plancher à n'importe quel âge ?
Non. Les cinq contrats documentés dans cet article fixent tous un âge maximal à la souscription, entre 70 et 75 ans selon l'assureur, et un âge de cessation de la garantie, entre 75 et 80 ans, au-delà duquel elle n'est plus disponible ni active — quelle que soit la date de souscription initiale du contrat lui-même.
Le supplément versé au décès est-il taxé comme le reste du capital ?
Pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI), le BOFiP distingue la valeur de rachat, taxée pleinement, du supplément de garantie plancher, qui est réduit par un coefficient de mortalité avant d'entrer dans l'assiette taxable — un traitement plus favorable que celui de la valeur de rachat. Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B), le supplément s'apparente à un produit attaché au contrat et échapperait en principe à l'assiette taxable, qui ne porte que sur les primes versées. Aucun de ces deux textes ne nomme littéralement la garantie plancher : il s'agit d'une application du cadre général, à faire confirmer par un professionnel pour votre situation.
Quelle est la variante la plus coûteuse : garantie simple, indexée ou cliquet ?
Selon une étude actuarielle académique consacrée au sujet, la garantie cliquet — qui garantit la plus haute valeur jamais atteinte par le contrat — maintient structurellement le capital sous risque le plus élevé et le plus persistant dans le temps, et serait donc la plus coûteuse des variantes courantes. Nous n'avons pas trouvé de grille tarifaire publiant les trois variantes côte à côte pour un même assureur et un même âge afin de chiffrer précisément l'écart.
Existe-t-il des statistiques officielles sur la fréquence à laquelle cette garantie se déclenche réellement ?
Non, à notre connaissance. Ni l'ACPR, ni l'AMF, ni France Assureurs, ni le Comité consultatif du secteur financier n'ont publié de statistique sur la part des contrats souscrits avec cette garantie, ni sur la probabilité qu'un contrat soit en moins-value au moment du décès de l'assuré. La décision de la garder ou non doit donc s'appuyer sur la situation de votre propre contrat, pas sur une moyenne de marché qui n'existe pas publiquement.
Mon assureur ou mon courtier est-il tenu de m'expliquer le coût exact de cette option ?
La réglementation impose une information générale sur les garanties et les frais (recommandation ACPR 2024-R-03) et l'apparition d'une « prime de risque biométrique » dans les scénarios de performance du document d'information clé — mais aucun texte ne cible nommément la garantie plancher, et le tableau des coûts du même document ne l'isole pas comme poste séparé. En pratique, le chiffre exact applicable à votre âge se trouve dans les conditions générales de votre contrat ou s'obtient en le demandant explicitement.
Ce qu'il faut retenir
La garantie plancher n'est ni un gadget commercial ni un filet gratuit : c'est une assurance temporaire décès réelle, tarifée sur un capital sous risque qui varie avec votre âge et avec la performance de votre contrat, selon des grilles qui vont, dans les documents que nous avons consultés, de 0,05 % à plus de 8 % par an. Aucun texte ne l'encadre spécifiquement — ni sur son coût, ni sur sa fiscalité, ni sur son mode de calcul — ce qui laisse chaque assureur libre de sa propre méthode, d'où des écarts de prix considérables pour un même service. La bonne question n'est pas « faut-il l'avoir » en général, mais « son coût actuel, à mon âge, sur mon capital sous risque réel, se justifie-t-il encore au regard de mon objectif » — une question à reposer à chaque anniversaire du contrat, pas une seule fois à la souscription. Pour objectiver cette décision dans l'ensemble de votre patrimoine, réalisez votre bilan patrimonial en ligne. Sur les autres risques réels de l'assurance-vie, notre article les risques réels de l'assurance-vie va plus loin ; sur l'ensemble des options à examiner avant de choisir un contrat, voir comment choisir son contrat d'assurance-vie.
Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé : les taux, plafonds et conditions cités dépendent de chaque contrat, de chaque assureur et de la date de consultation des documents, et doivent être vérifiés au moment de votre lecture directement auprès de votre assureur et dans vos conditions générales. Le Rempart Financier est lui-même courtier en assurance : les contrats cités le sont à titre d'illustration documentaire, pas de recommandation, et nous n'avons pas de lien capitalistique avec les assureurs mentionnés. Sources : Code des assurances, articles L132-1, L131-1, L132-27-1 (abrogé le 1er octobre 2018 par l'ordonnance n° 2018-361 du 16 mai 2018) et L522-5 (modifié par la loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023) ; ACPR, recommandation 2024-R-03 du 21 novembre 2024 (applicable à compter du 31 décembre 2025, en remplacement de la recommandation 2013-R-01) ; règlement délégué (UE) 2017/653 (RTS PRIIPs) et ses annexes révisées applicables depuis le 1er janvier 2023 ; Code général des impôts, articles 990 I et 757 B ; BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 et BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 ; article A. 132-18 du Code des assurances (table de mortalité réglementaire) ; AXA France Vie, notice d'information du contrat LUCYA by AXA (édition janvier 2026) ; Spirica, notice d'information valant conditions générales du contrat LINXEA Spirit 2 (réf. CG4445, 1er juillet 2025) ; Suravenir, conditions générales valant note d'information du contrat Puissance Avenir (réf. 3852-1, mars 2016) ; APICIL Assurances, conditions générales valant note d'information des contrats Liberalys Vie et Performance Absolue Vie ; AFER / Abeille Vie, notice du contrat collectif d'assurance-vie multisupport AFER (édition juillet 2023) ; Mélanie Corre, « Description de la garantie plancher et méthodes de calcul du provisionnement de la garantie plancher en cas de vie », mémoire d'actuariat, Institut de science financière et d'assurances, promotion 2005 ; Observatoire des produits d'épargne financière, rapports 2025 et 2026, CCSF / Banque de France. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision relative à la garantie plancher de votre contrat, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.
Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.
Sources : Ouvrir une assurance vie avec 1 000 € pour « prendre date » · Assurance vie après 70 ans · Faut-il plusieurs contrats d'assurance vie ? · Assurance vie en banque ou chez un courtier : ce qui change au décès