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COMPARAISON

CARMF, CIPAV, CARPIMKO, CNBF, CAVEC, CAVP, CARCDSF : comparatif des caisses de retraite des professions libérales

Par Alexandre Pollet·Mis à jour le 3 septembre 2026·10 min de lecture
L'essentiel

Chaque profession libérale dépend d'une caisse de retraite différente, avec ses propres règles de cotisation et de calcul — impossible de choisir la sienne, mais essentiel de comprendre celle qui s'applique à vous avant de bâtir une stratégie d'épargne.

Contrairement à un salarié, une profession libérale ne cotise pas à l'Assurance retraite mais à l'une des dix sections professionnelles de la CNAVPL (Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales), ou à la CNBF si elle est avocat. L'affiliation dépend exclusivement de la profession exercée — elle ne se choisit pas. Chaque caisse fixe ses propres cotisations, son propre mode de calcul et sa propre valeur de point, ce qui rend les pensions difficilement comparables d'une profession à l'autre à revenu équivalent.

Quelle caisse pour quelle profession ?

CaisseProfessions concernéesRégime de baseStatut
CARMFMédecinsCNAVPLSection autonome (gère aussi son régime de base)
CNBFAvocatsRégime propreTotalement autonome, hors CNAVPL
CIPAVArchitectes, ingénieurs-conseils, professions non réglementées créées avant 2018 relevant de ce champCNAVPLSection CNAVPL
CARPIMKOInfirmiers libéraux, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistesCNAVPLSection CNAVPL
CAVECExperts-comptables, commissaires aux comptesCNAVPLSection CNAVPL
CAVPPharmaciens titulaires et adjoints, biologistesCNAVPLSection CNAVPL
CARCDSFChirurgiens-dentistes, sages-femmes libéralesCNAVPLSection CNAVPL

Retrouvez le détail par profession : avocat, chirurgien-dentiste, expert-comptable, infirmière libérale, kinésithérapeute, pharmacien titulaire et sage-femme libérale.

Comment est calculée la pension ?

La plupart de ces régimes fonctionnent par points : pension = nombre de points accumulés × valeur de service du point à la liquidation, avec décote ou surcote selon l'âge et la durée d'assurance validée tous régimes confondus. La CNBF fait exception pour sa base, calculée de façon forfaitaire et indépendante du revenu. Les dentistes et sages-femmes conventionnés bénéficient en plus d'un troisième étage, la PCV (prestations complémentaires de vieillesse), financée pour l'essentiel par l'Assurance Maladie — un avantage propre à ces deux professions, qui n'existe pas dans les autres caisses.

Le point commun à toutes les caisses : le taux de remplacement chute avec le revenu

Chaque caisse plafonne, d'une façon ou d'une autre, la part du revenu qui génère réellement des droits à pension — soit par un plafond de cotisation strict, soit par des tranches aux taux dégressifs au-delà d'un certain seuil. Concrètement, un revenu de 40 000 € par an et un revenu de 250 000 € par an ne produisent pas une pension dans les mêmes proportions : le second, en valeur relative, crée beaucoup moins de droits par euro cotisé. C'est ce mécanisme — plus que le montant affiché d'une pension moyenne, souvent tirée vers le bas par des carrières partielles ou récentes — qui explique pourquoi l'épargne par capitalisation (PER, assurance-vie) devient incontournable au-delà d'un certain niveau de revenu, quelle que soit la profession et la caisse concernées.

Les points faibles structurels, communs à la plupart de ces régimes

  • Plafonnement ou dégressivité des cotisations au-delà d'un certain revenu : au-delà de ce seuil, chaque euro cotisé en plus crée proportionnellement moins de droits.
  • Valeur du point revalorisée selon l'équilibre financier du régime, pas mécaniquement indexée sur l'inflation.
  • Réformes régulières des paramètres (âge, décote, durée d'assurance) : les règles connues aujourd'hui ne sont pas figées sur toute une carrière.
  • Peu ou pas de choix personnel dans le pilotage de la cotisation obligatoire — à l'exception notable de la CAVEC, qui laisse le libéral choisir sa classe de cotisation complémentaire chaque année.

Puis-je choisir ma caisse de retraite ?

Non. L'affiliation dépend exclusivement de la profession exercée, telle que définie par les statuts de chaque section de la CNAVPL ou par la loi pour la CNBF. En revanche, les compléments par capitalisation — PER, assurance-vie, SCPI — restent un choix entièrement libre.

Une profession libérale non réglementée dépend-elle systématiquement d'une de ces caisses ?

Pas nécessairement : les activités libérales non réglementées créées après le 1er janvier 2018 relèvent en principe du régime général (Sécurité sociale des indépendants), et non de la CIPAV. Le rattachement exact dépend de la nature précise de l'activité, à vérifier au cas par cas.

Pourquoi la pension moyenne affichée par une caisse semble-t-elle souvent basse ?

Ces moyennes agrègent l'ensemble des retraités actuels, y compris ceux dont la carrière libérale a été partielle, tardive, ou récente pour la profession concernée. Elles ne préjugent pas de la pension d'une carrière complète effectuée intégralement sous le régime actuel — seul votre relevé de carrière individuel donne une image fiable de votre situation.

Ce qu'il faut retenir

Aucune caisse de profession libérale, à elle seule, ne délivre une pension proportionnelle au dernier revenu d'activité au-delà d'un certain niveau : le mécanisme de plafonnement ou de dégressivité est la règle, pas l'exception. C'est la raison structurelle pour laquelle la capitalisation personnelle — PER, assurance-vie — n'est pas une option parmi d'autres pour un revenu élevé, mais un complément presque toujours nécessaire.

Pour chiffrer précisément l'écart entre votre pension probable et votre objectif de niveau de vie, réalisez votre bilan patrimonial en ligne : la caisse concernée et son mode de calcul y sont pris en compte.

Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil fiscal ou social personnalisé : les règles applicables dépendent de chaque caisse, de chaque situation individuelle et de la date de liquidation. Les règles et barèmes cités sont ceux connus à la date de mise à jour de cet article et doivent être vérifiés auprès de votre caisse au moment de votre lecture. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

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