Le Rempart FinancierLe Rempart Financier
← Apprendre·Protection & transmission
COÛT

Sans enfant, la fiscalité de succession change de catégorie

Par Alexandre Pollet·Mis à jour le 2 septembre 2026·9 min de lecture
L'essentiel

Le barème que tout le monde connaît — 5 % à 45 % en ligne directe — ne s'applique qu'aux enfants et parents. Sans descendance, transmettre à un frère, une sœur, un neveu ou une nièce bascule sur un barème beaucoup plus lourd : 35 à 45 % après un abattement de 15 932 € pour un frère ou une sœur, 55 % pour un neveu, 60 % pour un tiers. Sur une part de 100 000 € reçue par un frère, les droits atteignent environ 35 400 € — plus du tiers du montant transmis, contre 0 € pour un enfant sur la même somme.

Sommaire · 6 sections
  1. 01Quel est le barème entre frères et sœurs ?
  2. 02Existe-t-il une exonération totale entre frères et sœurs ?
  3. 03Et pour un neveu, une nièce, ou un ami sans lien de parenté ?
  4. 04L'assurance-vie corrige-t-elle ce barème ?
  5. 05La donation permet-elle d'anticiper, sans enfant ?
  6. 06Ce qu'il faut retenir

Sans enfant ni conjoint, transmettre son patrimoine à un frère, une sœur ou un neveu bascule sur un tout autre barème que celui, connu de tous, applicable en ligne directe. Le choc fiscal est réel — mais des leviers existent pour l'atténuer, à condition de les activer avant qu'il ne soit trop tard.

Quel est le barème entre frères et sœurs ?

Après un abattement de 15 932 € par bénéficiaire, la part taxable d'un frère ou d'une sœur est imposée à 35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 % au-delà — sans les tranches progressives douces de la ligne directe.

Part taxable après abattementTaux
Jusqu'à 24 430 €35 %
Au-delà de 24 430 €45 %

Sur une part de 100 000 € reçue par un frère ou une sœur, une fois l'abattement de 15 932 € déduit, les droits atteignent environ 35 400 € — plus du tiers du montant transmis, contre 0 € pour un enfant sur la même somme (abattement de 100 000 €).

Existe-t-il une exonération totale entre frères et sœurs ?

Oui, mais elle est strictement encadrée (art. 796-0 ter du CGI) : un frère ou une sœur célibataire, veuf, divorcé ou séparé, âgé de plus de 50 ans ou en situation d'invalidité, qui a été constamment domicilié avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès, est exonéré de droits de succession. C'est une exonération de cohabitation, pas de simple lien familial — elle concerne surtout les frères et sœurs qui ont vécu ensemble toute leur vie, souvent sans enfant ni conjoint.

Et pour un neveu, une nièce, ou un ami sans lien de parenté ?

Le barème s'alourdit encore à mesure que le lien de parenté s'éloigne :

Lien avec le défuntAbattementTaux
Frère ou sœur15 932 €35 % puis 45 %
Neveu ou nièce7 967 €55 %
Sans lien de parenté (ami, concubin, filleul…)1 594 €60 %

À ce niveau de taxation, la question n'est plus « quel outil choisir » mais « comment sortir une partie du patrimoine de l'assiette successorale avant qu'elle n'y entre » — c'est là que l'assurance-vie change la donne.

L'assurance-vie corrige-t-elle ce barème ?

Oui, et c'est le levier le plus puissant en l'absence d'enfant. Le régime de l'assurance-vie (art. 990 I du CGI) est indépendant du lien de parenté : un frère, un neveu ou un ami bénéficiaire profite du même abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis d'une taxation forfaitaire de 20 % (31,25 % au-delà de 700 000 €) — très inférieure au 45 % ou 55 % du barème successoral classique. Un capital transmis à un frère via une assurance-vie plutôt qu'en succession directe peut ainsi voir sa fiscalité divisée par deux ou plus. Le mécanisme complet, avec ses pièges les plus fréquents, est détaillé dans notre article dédié — et la rédaction concrète de la clause, pour désigner un frère ou une sœur sans risque de caducité, dans notre guide de la clause bénéficiaire. Un cas particulier mérite d'être vérifié : les contrats souscrits avant le 20 novembre 1991 échappent à l'article 757 B même pour des versements après 70 ans et restent sous le prélèvement de 20 % après 152 500 € par bénéficiaire, un avantage décisif lorsque le bénéficiaire est un frère, une sœur ou un neveu — voir notre article sur l'assurance-vie souscrite avant 1991.

La donation permet-elle d'anticiper, sans enfant ?

Oui : les mêmes abattements de 15 932 € (frère/sœur) ou 7 967 € (neveu/nièce) sont renouvelables tous les 15 ans en donation comme en succession. Donner tôt et régulièrement, plutôt que transmettre en une fois au décès, permet de reconstituer l'abattement à chaque cycle de 15 ans — un principe identique à celui qui s'applique en ligne directe.

Peut-on échapper totalement aux droits entre frères et sœurs ?

Seulement en cas de cohabitation d'au moins 5 ans avant le décès, avec conditions d'âge ou d'invalidité, et de situation civile (célibataire, veuf, divorcé ou séparé). Sinon, le barème de 35-45 % s'applique.

Un neveu paie-t-il plus qu'un frère ?

Oui : abattement plus faible (7 967 € contre 15 932 €) et taux fixe de 55 % contre 35-45 % pour un frère ou une sœur.

L'assurance-vie est-elle taxée pareil pour un frère et pour un enfant ?

Oui, exactement pareil. Le régime de l'article 990 I du CGI ne tient pas compte du lien de parenté du bénéficiaire.

Peut-on donner à un neveu tous les combien ?

L'abattement de 7 967 € se renouvelle tous les 15 ans, comme les autres abattements de donation.

Faut-il un testament sans enfant ni conjoint ?

Fortement recommandé : sans testament, l'ordre légal des héritiers (parents, puis frères et sœurs, puis degrés plus éloignés) peut désigner des personnes très différentes de vos souhaits — voir notre guide après un décès pour la suite des démarches.

Ce qu'il faut retenir

Sans enfant, le barème successoral change radicalement de nature dès qu'on sort de la ligne directe — 35 à 60 % selon le lien, contre 5 à 45 % pour un enfant. Face à ce constat, l'assurance-vie et la donation anticipée restent les deux leviers les plus efficaces pour ne pas laisser le barème par défaut s'appliquer à la totalité du patrimoine.

Pour organiser une transmission à des frères et sœurs, neveux ou proches sans lien de parenté, réalisez votre bilan patrimonial en ligne.

Rappel important — Les informations de cet article sont fournies à titre général, informatif et éducatif uniquement. Elles ne constituent pas un conseil en investissement au sens de la réglementation AMF, ni un conseil fiscal ou juridique personnalisé : les règles applicables dépendent de chaque situation individuelle. La fiscalité et la réglementation évoluent chaque année : les chiffres et plafonds cités sont ceux connus à la date de mise à jour de cet article et doivent être vérifiés au moment de votre lecture. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.

Alexandre Pollet
Écrit par
Alexandre Pollet
Fondateur, Le Rempart Financier · ORIAS n° 25005915

Master 2 Banque et Finance d'Entreprise, EDHEC Nice. 10 ans sur les marchés financiers, 5 ans à conseiller des particuliers — formé sur les marchés avant de se former à la gestion de patrimoine, ce qui change la façon de regarder un produit.

Assurance vie : trois dates qui changent tout

Trois repères comptent dans une assurance vie : les 8 ans du contrat, les 70 ans de l'assuré, et la date de chaque versement, avant ou après cet âge.

Sources : Ouvrir une assurance vie avec 1 000 € pour « prendre date » · Assurance vie après 70 ans · Faut-il plusieurs contrats d'assurance vie ? · Assurance vie en banque ou chez un courtier : ce qui change au décès

À lire aussi
PREMIÈRE CONSULTATION OFFERTE

Votre patrimoine mérite une stratégie claire. Prenons 30 minutes pour en poser les bases.

Un entretien en visio, offert et sans engagement, avec un conseiller du cabinet. Vous repartez avec une lecture honnête de vos placements actuels et des leviers à étudier — rien n'est signé en rendez-vous.

⏱ 30 min en visio🔒 ConfidentielAucune souscription requise
Réserver mon entretien offert
Adrian Girard
Sébastien Petrisot
Sylvain Van Dijkhuizen
Vous serez reçu par Adrian, Sébastien ou Sylvain.
Pas encore prêt pour un rendez-vous ?

EXP Capital — Conseil en Gestion de Patrimoine. ORIAS n° 25005915. Les informations publiées sur ce site ont un caractère pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.