LMNP ou locatif nu : lequel choisir pour la retraite ?
Le locatif nu et le LMNP taxent les mêmes loyers dans deux catégories fiscales différentes — revenus fonciers pour le nu, BIC pour le meublé — avec des abattements et des règles de charges déductibles distincts. À TMI élevée et sur un horizon long, le LMNP au régime réel a généralement l'avantage grâce à l'amortissement ; à TMI modérée ou pour privilégier la simplicité, le nu reste souvent préférable. Aucun des deux n'est supérieur dans l'absolu.
Deux façons de louer un même logement, deux régimes fiscaux qui n'ont presque rien en commun. Meublé ou nu, un investissement locatif en direct partage la même mécanique de base — un bien, un locataire, des loyers — mais la catégorie fiscale dans laquelle ces loyers tombent change à peu près tout : le mode de calcul de l'impôt, la lourdeur de la gestion, et souvent le montant qui reste net en poche chaque année. Cet article compare les deux régimes de location en direct, sans aborder les véhicules de type pierre-papier, qui répondent à une autre logique.
Le locatif nu : revenus fonciers et simplicité relative
Louer un logement non meublé place les loyers perçus dans la catégorie des revenus fonciers. Le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers déclarés, sous conditions de plafond de recettes ; le solde s'ajoute à vos autres revenus. Le régime réel permet de déduire les charges effectivement payées — intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, primes d'assurance —, ce qui devient nettement plus avantageux dès que ces charges dépassent 30 % des loyers perçus, ce qui est fréquent les premières années d'un crédit. Dans les deux cas, le revenu net imposable subit votre TMI, plus 17,2 % de prélèvements sociaux.
Côté rendement, la location nue affiche des taux bruts généralement compris entre 3 % et 7 % selon les villes. En contrepartie de cette fiscalité moins travaillée, la location nue conserve deux atouts réels : une gestion administrative plus légère (pas de mobilier à inventorier, pas de comptabilité BIC) et un marché locatif plus large, porté par les familles et les locations de longue durée.
Le LMNP : loyers en BIC et amortissement
Louer le même logement meublé fait basculer les loyers dans une tout autre catégorie fiscale : les BIC (bénéfices industriels et commerciaux). C'est cette bascule qui donne son nom au statut LMNP. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % — nettement plus généreux que le micro-foncier. Le régime réel permet de déduire les charges réelles et, surtout, l'amortissement, une charge comptable qui étale le prix du bien et du mobilier sur plusieurs années, sans sortie d'argent réelle. C'est ce mécanisme qui fait la réputation du LMNP au régime réel : il peut neutraliser une bonne partie, parfois la totalité, du revenu locatif imposable pendant plusieurs années. Nos guides les risques du LMNP et LMNP et amortissements réintégrés à la revente détaillent les limites de ce mécanisme, notamment sa fiscalité de sortie.
Le rendement locatif brut du meublé se situe dans un ordre de grandeur proche de celui du nu, la différence se jouant surtout après impôt. À loyers bruts comparables, le régime réel du LMNP est souvent plus favorable fiscalement que le régime réel du nu, précisément parce que l'amortissement s'ajoute aux charges déductibles — un avantage qui grandit avec votre TMI. La contrepartie est réelle : une comptabilité dédiée, souvent confiée à un expert-comptable, du mobilier à gérer et renouveler, et un marché locatif parfois plus étroit ou plus rotatif selon le type de bien.
| Critère | Locatif nu | LMNP (meublé) |
|---|---|---|
| Régime fiscal des loyers | Revenus fonciers (barème + prélèvements sociaux) | BIC (bénéfices industriels et commerciaux) |
| Abattement forfaitaire | 30 % (micro-foncier, sous plafond) | 50 % (micro-BIC, sous plafond) |
| Atout du régime réel | Déduction des charges réelles (intérêts, travaux, taxe foncière) | Déduction des charges réelles + amortissement du bien et du mobilier |
| Gestion requise | Relativement légère | Plus lourde : mobilier, bilan simplifié, souvent un expert-comptable |
| Horizon recommandé | Mécanique fiscale stable, convient aussi à un horizon plus court | Horizon long recommandé : l'amortissement déploie son effet sur plusieurs années |
| Pour quel profil | Simplicité, TMI modérée, marché familial local porteur | TMI élevée, appétence pour la gestion, horizon long |
Ce qui doit vraiment trancher
Le rendement brut affiché est rarement le bon critère de départ — nu et meublé affichent des fourchettes voisines, l'écart se joue ailleurs. Votre TMI, d'abord : plus elle est élevée, plus l'amortissement du LMNP au régime réel a de poids. Votre appétence pour la gestion, ensuite : tenir une comptabilité BIC, gérer du mobilier, produire un bilan simplifié chaque année n'est ni compliqué ni anodin. L'horizon de détention, enfin : le LMNP au régime réel se pense sur une durée longue, une revente précoce en amoindrit l'intérêt réel — voir notre guide les risques du LMNP.
Peut-on transformer un bien loué nu en LMNP sans le vendre ?
Oui, il suffit de le meubler selon la liste réglementaire d'équipements exigés et de déclarer le changement d'usage aux impôts. Ce basculement fait passer les loyers futurs en BIC.
Faut-il choisir le même régime pour tous ses biens locatifs ?
Non, rien n'impose une cohérence entre plusieurs biens : on peut détenir un bien en location nue et un autre en LMNP, chacun choisi selon sa situation propre.
Un investisseur avec une TMI basse a-t-il un intérêt à passer en LMNP ?
L'intérêt est plus limité : l'amortissement neutralise un revenu qui, à TMI basse, aurait été taxé légèrement de toute façon. La charge comptable supplémentaire pèse alors relativement plus lourd.
Ce qu'il faut retenir
Il n'existe pas de régime supérieur dans l'absolu : il existe des régimes mieux ou moins bien adaptés à une TMI, un goût pour la gestion et un horizon de détention donnés. Réalisez votre bilan retraite gratuit pour trancher sur votre situation.
Rappel important — Cette analyse est générale et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé : chaque situation doit faire l'objet d'une étude individuelle. Les taux et abattements cités sont les barèmes en vigueur à la date de mise à jour de cet article, susceptibles d'évoluer à chaque loi de finances ; les rendements mentionnés sont des constats passés, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un professionnel.